jeudi 9 février 2017

L'honneur perdu d'Elio Fillon et François Di Rupo


© Belga

Luc Delfosse Le Vif 

Une commission d'enquête " Publifin ". Bravo ! Enfin ! Voilà qui est autrement crédible que quelques dons à la Croix rouge, même si l'on voit bien qu'il s'agit de faire porter le bonnet d'âne à la seule fédération liégeoise du PS. N'empêche : quelle affaire pathétique !

Onze ans et quatre mois après avoir lancé son martial et célèbre "J'en ai marre des parvenus", Elio Di Rupo semble découvrir qu'il ne s'en prenait pas à des fantômes mais une caste en chair et en os. Lui! Oui lui, assurément l'un des six hommes les mieux informés de Belgique sur les turpitudes, petits arrangements et grenouillages du microcosme politique.
Chante fifi ! Pendant onze ans et quatre mois, ces élites socialo-rupines dont plusieurs chefs de cabinets et experts nommés par le président en personne, ont évidemment continué à se comporter en toute impunité en véritables pilleurs du système. C'est beau comme du Fillon, n'est-ce pas? Sauf que, en l'occurrence, le candidat à l'investiture présidentielle plongeait lui-même les doigts dans le pot à confiture pour en gaver sa moitié et ses héritiers. Le président à vie du PS, lui, ne faisait "que" savoir que certains de ses hommes liges s'empiffraient de marmelade. Raaah, les immondes "parvenus !". Il ne s'est contenté, pourtant, que d'un léger beuglement. D'une pichenette. D'un trépignement énervé. Disant cela comme cela, sans agir, il a évidemment conforté l'impunité des nababs de sa famille. Et, du même coup, révélé à la face du monde qu'il n'avait pas plus d'autorité qu'une mère d'enfants trop gâtés.
Car enfin, s'il n'y avait eu cette dénonciation d'un "petit" élu du CDH et les remarquables enquêtes de quelques journalistes, croyez-vous que quoi que ce soit aurait changé? Non, évidemment non ! Pendant onze ans et quatre mois (pour ne pas dire remonter au siècle dernier !), Di Rupo n'a pas cru bon de mener la moindre investigation interne. Pire : une fois son petit couplet chanté, il n'a manifestement pas fait preuve de la plus élémentaire des vigilances. Voila pourquoi, sans me lasser, je m'étonne que le président à vie du PS qui se révèle être, comme on disait naguère, un "tigre de papier", n'ait pas la décence d'engager sa propre responsabilité dans cet épisode sordide qui discrédite sa personne, son parti et -c'est beaucoup plus préoccupant, la démocratie.
Il ne suffit pas de hurler à la face du monde, que l'on est un "honnête homme". Encore faut-il le prouver. A droite, Fillon y a failli. A gauche, Di Rupo aussi. Qui croyez-vous qui, tôt ou tard, va tirer profit de ces orgueilleux aveuglements? A vous cramponner dans la pose de l'innocent crucifié, il y a gros à parier que c'est nous que vous condamnez au plus noir des avenirs.


PUBLIFIN : OLGA ZRIHEN TIENT LA CORDE POUR PRÉSIDER LA COMMISSION D’ENQUÊTE
David Coppi  Le Soir

En fonction des règles de dévolution des présidences de commission, c’est le PS qui devrait prendre la tête de cette commission d’enquête. 

• © Libert 

Qui présidera la commission d’enquête parlementaire Publifin au parlement wallon ? En fonction des règles de dévolution des présidences de commission, c’est le PS qui devrait prendre la tête de cette commission d’enquête.
Alors que le nom de Patrick Prévot est cité avec insistance, on nous indique, à bonne source à Namur, que Olga Zrihen, député wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles, conseillère communale à La Louvière, pourrait prendre les commandes de cette instance, dont les travaux débuteront la semaine prochaine.
Pour rappel, des experts ont été mandatés pour étudier ce processus complexe et rendront leur verdict ce mercredi. Les membres du parlement passeront aux votes vendredi au plus tôt. Une fois que la résolution sur la commission d’enquête aura été votée en plénière, la cour d’appel sera saisie pour désigner un magistrat instructeur, ce qui pourrait être fait dans les 48 heures suivant ce vote. Il n’est donc pas exclu que la commission d’enquête soit installée dès la semaine prochaine. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUI EST OLGA ZRIHEN ZAARI ? 

Google répond : « Née à Casablanca le 10 janvier 1953 dans une famille juive marocaine, Olga est une femme politique belge membre du Parti socialiste répond Google. Et d’ajouter :Zrihen est licenciée en traduction. »
Voilà qui à l’évidence lui donne toute les compétences utiles et nécessaires pour débrouiller l’écheveau financier de Publifin.
« Élue au conseil communal de La Louvière en Belgique aux élections communales d'octobre 2000 en tant que citoyenne française, elle est réélue en 2006 et devient échevine en 2007. »
Autrement dit cette élue de 63 ans est devenue belge il y a dix ans à peine.
« Candidate aux élections européennes de juin 1999, elle est appelée à siéger en tant que suppléante en avril 2001. Elle acquiert ensuite la nationalité belge, n'est pas réélue en 2004, est cooptée au Sénat quelques mois plus tard et, en juin 2007, appelée à siéger en tant que suppléante au Sénat en remplacement de Philippe Busquin, déjà élu au Parlement européen, qui choisit de continuer à siéger dans cette instance. »
« « Élue en 2009 comme député wallon, elle remplacera Joëlle Kapompolé en tant que sénateur de communauté jusque 2014.
Elle est conseillère communale à La Louvière. »
En somme, cette femme à la veste amarante, totalement inconnue du grand public est redevable de sa carrière et de son beau salaire au PS, rien qu’au PS. C’est dire si elle mettra tout son zèle à défendre les intérêts de son parti au sein de la commission qu’elle présidera et où on imagine difficilement qu’elle soit autre chose que juge et parti.
Le PTB a tort de vouloir faire partie de cette commission qui se coulera toute seule. Décidément Elio di Rupo a perdu la main magique.
MG

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