jeudi 23 février 2017

Mesdames et Messieurs les politiques, vous ne mesurez pas notre ras-le-bol

Nous assistons quotidiennement au grand déballage des pratiques écoeurantes de nos élus. Et nous assistons, incrédules, au sauvetage désespéré de ce qui peut encore être préservé, par ceux qui se croient encore crédibles.


© Belga

Dans le genre, citons par exemple un élu qui s'exprime dans une page d'opinion publiée dans Le Vif du 14 février dernier où il tente, vainement, de nous faire croire qu'il est encore possible de "mettre fin aux pratiques politiques qui minent la confiance du citoyen". Mais nous insistons pour dire que, si son opinion nous semble exemplative, il n'est pas le seul à développer ces arguments, tous partis confondus.
Mesdames et Messieurs les politiques, vous êtes for-mi-dables !
En effet, vous vous indignez avec nous contre les propos indécents de certains élus et contre les agissements inacceptables de certains autres, voire des mêmes. Vous affirmez que vous travaillez beaucoup, que vous avez beaucoup de responsabilités, que votre motivation première est le service à la population, qu'il est donc normal que vous gagniez beaucoup d'argent. Bref, vous êtes formidables et vous êtes indûment pourchassés. Voyons ça d'un peu plus près.
QUELQUES POLITIQUES SEULEMENT ?
Le scandale ne touche que "quelques politiques" qui entretiennent un "rapport délétère" à l'argent... Quelques politiques ? Seulement ? Les démissions pleuvent depuis plusieurs semaines et pas seulement à Liège et la plupart des partis sont touchés... Et vous voudriez nous faire croire que c'est le fait de quelques-uns seulement ?
BEAUCOUP DE TRAVAIL ?
La semaine parlementaire se déroule principalement sur 3 jours. Du mardi au jeudi, les lundis et vendredis étant réservés aux bureaux de parti et aux éventuelles commissions d'enquête... L'année parlementaire, quant à elle, se déroule du deuxième mardi d'octobre au 21 juillet de l'année suivante, soit deux mois et demi d'interruption. Bien entendu, l'une ou l'autre séance peut toujours être organisée pendant cette période officielle d'interruption. Ouf, l'honneur est sauf. On comprend mieux pourquoi il vous reste du temps pour cumuler toutes sortes de mandats.
BEAUCOUP DE RESPONSABILITÉS ?
Quelles responsabilités ? Celle de voter des lois ? Bien souvent, la discipline de parti vous impose votre choix, les décisions se prennent la plupart du temps majorité contre opposition. Où est la prise de responsabilités ? Ne cherchez pas, nombre de lois mal torchées s'avèrent désastreuses pour la population, sans que ceux qui ont voté ces lois en soient le moins du monde inquiétés : le photovoltaïque, la loi sur les transactions pénales, les rapports de la cour des comptes sans suite, la gestion des centre-ville...
Celle de contrôler l'exécutif ? Nul besoin de rappeler les différentes affaires qui secouent le monde politique pour s'apercevoir que vous ne contrôlez pas grand-chose, que vous auriez même tendance à vous préserver entre vous. Sait-on jamais, vous connaissez le "Je te tiens, tu me tiens par la barbichette...".
En réalité, la principale responsabilité que vous assumez est de vous faire élire aux élections suivantes et, pour ça, de vous faire placer en ordre utile sur la liste électorale de votre parti.
LE SERVICE À LA POPULATION ?
Si vous offriez un véritable service à la population, on pourrait comprendre les salaires que vous vous octroyez. Mais les exemples pleuvent pour montrer que ce service n'est pas correctement rendu. La justice n'est toujours pas informatisée, le RER accuse au moins 15 ans de retard, un train sur quatre est en retard, quand il n'y a pas annulation pure et simple, l'enseignement est déliquescent, le manque de place dans les crèches est criant [1], la politique énergétique manque de cohérence [2], les centre-ville se désertent, les tunnels bruxellois sont dans un état délabré, l'état belge est condamné par l'Europe pour la pollution de ses grandes villes... Vous en voulez encore ? Quand êtes-vous sanctionnés, Mesdames et Messieurs les politiques, si le boulot n'est pas fait ?
UN GROS SALAIRE POUR ATTIRER LES PLUS COMPÉTENTS ?
L'argument choc est évidemment que si on veut les plus compétents, il faut offrir un salaire attractif. Ah, bon ? En politique, on recrute les plus compétents ? Et quand on inscrit le fils de... en place éligible sur une liste électorale, on le met là parce qu'il est parmi "les plus compétents" ? Quand les partis vont chercher des journalistes TV, des joueurs de foot... pour les mettre sur les listes, c'est aussi pour avoir le souci de choisir "les plus compétents" ? Un gros salaire est-il, en soi, une garantie d'attirer "les plus compétents" ? La question est posée et la réponse ne va pas de soi.
Ce qui apparaît clairement par contre, c'est que gagner un gros salaire, que moins de 10 % des gens touchent, éloigne la classe politique de la réalité de ceux qu'elle administre et induit un sentiment d'appartenance à une classe supérieure. Ceux qui gagnent moins sont-ils pour autant moins bons ?
LES SALAIRES DE NOS DÉPUTÉS, UNE BAGATELLE?
"Les sommes citées ne sont que des bagatelles par rapport à nos dépenses publiques". Une bagatelle ? Avec les 463 parlementaires et 55 ministres et secrétaires d'État [3] belges, rien qu'avec le salaire officiel, ça doit au moins chiffrer dans les centaines de millions d'euros. Sans compter les indemnités de départ et les pensions. Et vous voudriez nous faire croire qu'il s'agit d'une bagatelle ?
UNE RECONVERSION DIFFICILE ?
Vous prétendez également que, quand on s'investit en politique, c'est difficile de revenir à la vie civile. Rien n'est plus faux. S'être engagé en politique offre une plus-value incroyable sur le CV et un carnet d'adresses bien rempli. Voyez Sabine Laruelle et Melchior Watelet par exemple devenus dirigeants d'entreprises privées.
En conclusion, la confiance est rompue depuis un certain temps et probablement pour longtemps encore. Ce ne sont pas vos mesures tardives et sans doute cosmétiques qui y changeront quelque chose. Il faudra bien plus qu'un coup de balai magique pour effacer toutes vos turpitudes. En tant que citoyens, notre devoir est, d'une manière ou d'une autre, d'organiser la politique autrement. L'indignation ne suffit pas, les mouvements citoyens sont indispensables, mais le changement en profondeur passera d'office par un engagement politique pour changer les lois. Alors, informons-nous et osons... osons, par exemple, interpeller nos dirigeants, assister aux séances publiques, réclamer des comptes sur telle ou telle décision, présenter des listes citoyennes aux élections communales prochaines [4]... Faisons preuve d'audace et d'imagination. La suite nous appartient.
Barbara Dufour, enseignante
Walter Feltrin, patron de PME
ALTERNATIVES POUR LA WALLONIE-BRUXELLES
Qui sommes-nous?
WALTER FELTRIN
J’ai fondé, il y a 25 ans, avec mon frère une entreprise à Fleurus. Je suis passionné par la vraie politique, celle qui touche les gens. A 60 ans, je n’ai aucun plan de carrière politique, seulement au vu des aberrations à répétition qui sont décidées en haut et qui ne peuvent que nous conduire dans le lac, j’ai décidé de m’engager.
BARBARA DUFOUR
Je suis enseignante depuis plus de trente ans. J’ai aussi participé en tant que chercheuse à plusieurs organes de réflexion sur le thème de l’enseignement, en particulier au Pacte d’excellence. Dans un livre publié en 2014, j’explique que les enseignants sont souvent exclus du débat sur l’Ecole. Et que s’ils veulent continuer à croire à ce qu’ils font, il est impératif qu’ils bougent par eux-mêmes sinon, on leur imposera, par le haut, un changement déconnecté de la réalité, comme c’est d’ailleurs souvent le cas, depuis un certain temps déjà.
Vous trouvez que notre société part en sucette et que votre bien-être est gravement menacé ? Vous êtes inquiet(e) pour votre avenir et/ou celui de vos (futurs) enfants ? Vous êtes exaspéré(e) par l’inefficacité, sinon pire, de nos responsables politiques qu’ils soient de gauche, du centre ou de droite ? Vous êtes révolté(e) par la montée de l’injustice et pas seulement sociale. Vous êtes scandalisé(e) par le clientélisme des autorités politiques ?  Et peut-être encore bien d’autres choses…
Nous en tout cas, nous sommes tout cela. Et nous avons décidé d’agir…  Comment ?
D’ABORD COMPRENDRE LA SITUATION…
1.La situation est plus grave que nous le pensons.
2.La crise  dans laquelle la Wallonie et Bruxelles se trouvent n’est pas une fatalité.
3.La responsabilité de la classe politique est indiscutable.
4.On ne peut pas attendre simplement que la crise passe d’elle-même.
Attendre des jours meilleurs les bras croisés, non ! Se laisser séduire par les extrémistes autant de gauche (PTB…) que de droite (PP, FN…) non plus. Des alternatives raisonnables existent. Mais elles impliquent  une véritable révolution citoyenne menée par  la classe moyenne.
(…) Rejoignez-nous, construisons ensemble une vraie alternative politique pour la Wallonie-Bruxelles : ni de gauche, ni de droite.
Etc .


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LA CONFIANCE EST ROMPUE ET PROBABLEMENT POUR LONGTEMPS. »

« Il faudra bien plus qu'un coup de balai magique pour effacer toutes vos turpitudes. En tant que citoyens, notre devoir est, d'une manière ou d'une autre, d'organiser la politique autrement » « et osons... osons, par exemple, interpeller nos dirigeants, assister aux séances publiques, réclamer des comptes sur telle ou telle décision, présenter des listes citoyennes aux élections communales prochaines »
On retrouve dans cette carte blanche musclée aux relents populistes, l’esprit et la lettre, le ton surtout propres au style de Léon Degrelle.
Il faut savoir que, jusqu’ici, toutes les tentatives néo-rexistes ont été vouées à l'échec en Wallonie et à Bruxelles ; en Flandre c’est autre chose.
A partir des années 1950, plusieurs tentatives eurent lieu pour fonder en Belgique un nouveau parti rexiste. Les expériences en la matière furent toujours folkloriques, groupusculaires et éphémères, notamment à cause d’innombrables conflits internes. Résultat : plusieurs groupuscules néo rexistes – adoptant ouvertement l’héritage idéologique de Rex – se succédèrent tour à tour, des années 1950 aux années 1990.
La dernière tentative politique néo rexiste connue eut lieu en 1995, avec la création dans la région liégeoise du mouvement Référendum, qui se présentait aussi sous le nom de «Mouvement REF». Son slogan principal était «Ref vaincra», référence directe au «Rex vaincra» de Degrelle. LE BALAI REXISTE – POUR BALAYER LES «POURRIS» DU MONDE POLITIQUE, symbole du parti de Léon Degrelle est repris également par Modrikamen, comme par hasard, bien entendu ! Le style degrelliste – simpliste, populiste et anti-politique, à la Trump – semble bel et bien de retour.
Cela dit, la classe politique au pouvoir se surpasse en turpitudes en tous genres, ce qui la discrédite évidemment et ce dont le PTB fait actuellement ses choux gras plus que  d’éventuels néo rexistes. Il n’empêche que cette carte blanche populiste figure en tête sur la liste des articles  plébiscités par les lecteurs du Vif. Voilà qui est révélateur d’un état d’esprit assez particulier, celui qui donne des ailes  à Marine Le Pen, Wilders et compagnie.
Dufour et Feltrin militent ensemble pour ALTERNATIVES POUR LA WALLONIE-BRUXELLES. Comme Alternativ Für Deutschland, le parti AFD d’extrême droite qui monte, qui monte en Allemagne.
Soyons donc vigilants et exerçons, plus que jamais notre esprit critique. 
MG


MODRIKAMEN ET LA MÉTAPHORE DE LÉON DEGRELLE
STÉPHANE TASSIN  La Libre


Décidément, plus rien n’arrête le PP. Tentant de surfer sur la victoire du Brexit en Angleterre ou de Donald Trump aux USA, le président et avocat d’affaires Mischaël Modrikamen fait du recyclage de méthodes particulièrement nauséabondes.
Lors de son congrès, organisé dimanche passé, en province de Namur, le président a donc fait preuve d’une très grande créativité devant une petite centaine de militants selon nos sources, près de 250 selon les organisateurs.
Il a sorti… un balai, pour encourager ses adeptes à balayer la corruption, le politiquement correct et les médias, l’islam radical et la classe politique belge. Les membres du parti criant à sa suite de vibrants "du balai, du balai, du balai…".
Si, pour justifier le recours à cet accessoire, il se revendique de Margaret Thatcher (ancienne Première ministre anglaise) et d’Arnold Schwarzenegger (ancien gouverneur de Californie) qui ont utilisé la même image en campagne électorale, le patron du PP doit quand même se souvenir que d’autres personnages moins glorieux ont utilisé la même métaphore bien avant lui en Belgique.
DEGRELLE ET LES REXISTES
Le premier de la liste étant Léon Degrelle, le rexiste qui, avant d’être un collaborateur zélé de l’Allemagne nazie, utilisait déjà un balai pour conspuer la classe politique belge des années trente face à laquelle il se présentait en sauveur. Plus récemment, le Vlaams Blok (devenu Belang) a aussi manifesté avec des balais pour nettoyer la politique belge. On a les références que l’on se choisit.
Il y a fort à craindre que le recours à ce type de référence est loin d’être fini. L’histoire est riche d’autres ignominies du genre.
On peut imaginer que le Parti populaire et son organe de propagande "Le Peuple", considéreront cette analyse comme faisant partie d’un grand complot ourdi par les médias et le monde politique pour nuire à un parti qui affirme détenir la vérité.
Il s’agit simplement de faits réels liés à l’histoire récente en Belgique. Des idées et des métaphores aux actes, il n’y a qu’un pas.
Que, fort heureusement, le PP n’a pas encore osé franchir… Pas encore !


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