jeudi 23 février 2017

Telenet: Bracke s'accroche à son perchoir, Ecolo veut l'en faire tomber.


MATHIEU COLLEYN Le Vif




Cinquante signatures. C’est ce dont le groupe Ecolo/Groen à la Chambre a besoin pour qu’un avis extérieur et indépendant, celui d’une commission de déontologie, se prononce sur le cas de Siegfried Bracke. Le président N-VA de la Chambre est au cœur des débats qui s’entament au Parlement fédéral sur les questions éthiques. Rappelons rapidement les faits : l’ex-journaliste fut également conseiller pour le groupe télécoms Telenet alors qu’il était déjà en poste à la Chambre.
Ce cumul, mis en lumière suite au scandale Publipart en Flandre, a conduit Siegfried Bracke à renoncer à ses ambitions mayorales à Gand. Il a laissé ce leadership local à Elke Sleurs qui dans le même temps, quitte le gouvernement fédéral où elle était secrétaire d’Etat. La N-VA a annoncé ce jeu de chaises musicales lors d’une conférence de presse à laquelle seuls les médias flamands furent conviés, malgré l’enjeu fédéral de l’épisode.
Si Siegfried Bracke a lui-même admis qu’il ne jouissait plus de la crédibilité nécessaire pour poursuivre sa route gantoise, il s’accroche plus que jamais au perchoir de la Chambre. Le nationaliste ne serait donc plus assez crédible à Gand mais le serait toujours suffisamment pour occuper une des fonctions les plus importantes de l’Etat. Cherchez l’erreur.
(...) 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA « CULTURE DE LA CUPIDITÉ ». 

Une onde de choc ébranle le monde politique belge et pas que belge, évidemment. La SPa gantoise n’est pas épargnée et la N-VA est frappée de plein fouet. C’est tout bénéfice pour les partisans de l’anti système qui partout lèvent la tête.
L’analyse de Béatrice Delvaux est implacable, irréfutable : sur le plan de la cupidité, la N-VA est devenue un parti comme les autres ce qui devrait lui valoir un déficit de crédibilité au profit de Vlaams Belang. « Bracke s'accroche à son perchoir, Ecolo veut l'en faire tomber. »
Un gros souci en perspective pour Charles Michel qui les accumule.
Bracke est un gros poisson « een vette vis », le numéro deux du parti de Bart De Wever dont l’étoile pâlit. S’il perd  son perchoir, sa carrière politique est terminée.  Bart perdra la face, une fois de plus et il semble avoir horreur de ça. 
Groen/écolo est partout à la manœuvre : une véritable escouade de sapeurs-fouineurs déterminés à saper la crédibilité des parvenus de la politique au Sud comme au Nord du pays, tous partis confondus.
Reste à savoir à qui profitera leur croisade de chevaliers blancs.
Une question est sur toutes les lèvres : le cartel SPa/groen survivra-t-il au tumulte gantois ? C’est important car un cartel du même genre est en négociation Anvers avec le but avoué  de conquérir le maïorat dans la métropole et de chasser De Wever de son bastion : l’hôtel de ville d ‘Anvers. A surveiller de très près donc.
MG


CE QUE LA N-VA FAIT, ELLE LE FAIT MIEUX? NON, ELLE FAIT PAREIL

PAR BÉATRICE DELVAUX
Bart De Wever ne peut plus accuser le PS comme ayant le monopole de la « culture de la cupidité ». 


Bart De Wever. © Photo News 

Alors qu’il est désormais de bon ton – mondialement – de fustiger les lanceurs d’alerte et les journalistes, un petit bilan belge s’impose après qu’une révélation partie d’un petit échevin wallon d’Olne est en train, par secousses successives, de chavirer aussi la N-VA, lui faisant porter l’appellation honnie par les siens, de « parti comme les autres ».
En effet, si Cédric Halin n’avait pas mis au jour les rémunérations exorbitantes données à certains mandataires locaux par la galaxie Publifin et si avant, pendant et depuis, des journalistes n’avaient pas fait leur travail d’investigation avec l’aide d’autres lanceurs d’alerte :
– trois barons liégeois, un MR, un CDH, un PS, n’auraient pas renoncé à un cumul de mandats qui les amenait à gagner plus de 300.000 euros par an chacun ;
–  Stéphane Moreau, patron de Nethys, n’aurait pas révélé son salaire et choisi entre son poste de bourgmestre et de patron (pour information et à l’attention des distraits, il reste conseiller communal à Ans) ;
– les responsables de la galaxie Publifin/Nethys ne seraient pas obligés de faire publiquement toute la clarté sur la structure et la stratégie menée ;
– les responsables politiques francophones ne se seraient pas attaqués à l’opacité dans les intercommunales, les cumuls de mandats, les pseudo-statuts privés, etc. ;
– les responsables politiques flamands ne se seraient pas attaqués aux exagérations de leurs propres intercommunales qui comptent encore, à leur grande surprise, comme leurs sœurs wallonnes, trop de mandataires, de hauts salaires et de cumuls ;
– Siegfried Bracke n’aurait pas renoncé à son poste de conseiller chez Telenet, évidemment incompatible sur le plan éthique avec sa présidence de la Chambre ;
– la politique scientifique (dont quelques grands musées) belge ne serait pas libérée d’une gestionnaire invisible mais surtout calamiteuse au sein du gouvernement fédéral ;
– et, enfin, il ne serait pas clairement apparu que la N-VA, parti de pouvoir, est devenue dans la foulée le énième parti traditionnel du pays, c’est-à-dire qu’il truste, comme les autres, les nominations politiques, s’empare d’un maximum de postes de décision dans l’appareil d’Etat belge, cumule les mandats et s’insère dans les intercommunales, non pour en améliorer la gouvernance et l’efficacité publiques, mais pour en tirer sa part de mandats, de rémunérations et de jeux d’influences locaux.
Ce que la N-VA fait, elle le fait mieux que les autres ? Non, aujourd’hui, tout le monde sait qu’elle fait pareil. Et c’est un coup terrible porté à sa crédibilité. Son président, Bart De Wever, en faisait hier l’aveu. Il ne peut plus accuser le PS comme ayant le monopole de la « graaicultuur » – la « culture de la cupidité ». 

PUBLIPART: LE BOURGMESTRE DE GAND REGRETTE LA DÉMISSION DE L’ÉCHEVIN TOM BALTHAZAR
Le Soir
L’échevin socialiste gantois et candidat bourgmestre a démissionné de son mandat communal. 


• Daniël Termont © Belga 

Le bourgmestre de Gand Daniël Termont (SP.A) regrette la décision de l’échevin socialiste Tom Balthazar de démissionner de son mandat ainsi que de son poste de tête de liste pour le prochain scrutin communal, prévu en 2018. «Mais j’ai aussi du respect pour son point de vue et son attitude», ajoute-t-il.
«Je trouve cela très dommage car nous perdons l’un des plus robustes échevins», déplore le maïeur gantois. «Nous avons beaucoup discuté aujourd’hui mais il a pris cette décision lui-même. Je le comprends.»
Tom Balthazar n’est pas à blâmer, poursuit Daniël Termont. «Il aurait peut-être dû un peu mieux contrôler ce qui se passait derrière (les investissements et les participations de Publipart, ndlr) mais c’est sans doute la seule chose (à lui reprocher)», conclut-il, assurant qu’il n’a entrepris aucune action illégale.



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