lundi 27 février 2017

Y’en a marre de la politique par caricature



PAR BÉATRICE DELVAUX 
Le Soir


Marre de cette manière de faire de la politique sans connaître les dossiers, par caricature et contre-vérités avant même, dans le cas de Mme Demir, de rencontrer Unia.
Le degré zéro de la politique ? Il nous a été servi ce week-end sur un plateau par deux ministres. Zuhal Demir , la nouvelle secrétaire d’Etat fédérale à l’Égalité des chances, a ainsi, au jour 1 de son entrée en fonction, déclaré la guerre à Unia, en charge de la lutte contre le racisme et les discriminations : «  Unia fait-il encore ce pour quoi il a été établi ? Les gens ne comprennent pas pourquoi il est si obsédé par des discours sur le Père Fouettard alors que d’autres vrais problèmes demeurent.  »
Liesbeth Homans , ministre flamande de l’Egalité des chances, flinguait ensuite à son tour le Centre au bazooka : «  Si une femme blonde aux yeux bleus introduit une plainte parce qu’on l’a traitée de prostituée nazie, ses chances d’être entendues sont nulles. Alors que si une femme voilée, etc.  »
Degré zéro de la politique ? Oui ! Et cela donne envie de dire « y’en a marre ». Marre de cette manière de faire de la politique sans connaître le dossier, par caricature et contre-vérités avant même, dans le cas de Mme Demir, de rencontrer les personnes qu’on attaque, qui plus est à contre-courant de la ministre du même parti (!), à qui elle succède.
On va nous accuser de tirer à vue sur deux ministres parce que N-VA. C’est faux. Le même genre de propos caricaturaux dans la bouche à l’époque d’une Jacqueline Galant attiraient des critiques identiques.
Si nous poussons ce cri, c’est parce que nous sommes inquiets. Les hommes et femmes politiques qui exercent des responsabilités sont-ils conscients de l’état de nos sociétés ? De l’inflammabilité des rapports entre les uns et les autres, qui exige des constats imparables s’ils sont critiques, de la sérénité dans la façon de les exprimer, de la détermination pour les résoudre ? Surtout ne comprennent-ils pas que les citoyens, désespérés de l’impuissance de la politique et fatigués de celle des mandats, des cumuls et de l’argent , attendent des solutions et non pas des sorties qui font bruit ou diversion (s’agissait-il ce week-end de noyer la N-VA « comme les autres » de Bracke dans celle, testostéronée et identitaire, des Demir/Homans ?).
Ils n’ont pas envie de guillotines publiques, mais qu’on fasse tout pour assurer l’égalité de chances. Et, bon sang, le but n’est pas de ne pas dire ce qui irait mal, mais de le faire à bon escient, avec des arguments de fond et le sens des responsabilités et du futur. A la manière des Bellot ou Juncker qui se mouillent « pour » et pas « contre ».
Aujourd’hui, ceux qui exercent le pouvoir peuvent soit pratiquer les simplismes et les contre-vérités (non, Unia n’est pas obsédé par le Père Fouettard), nourrissant la polarisation entre les citoyens, ou vouloir nous sortir de la mouise en étant producteurs de solutions et de vie en commun.
Les citoyens récemment diagnostiqués comme n’en ayant Plus Rien À Faire de la politique (Praf), en ont assez des premiers, mais ont faim des seconds. Ils veulent qu’on leur joue Demain, et pas qu’au cinéma. C’est une chance à saisir, pas à salir. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRAVO BÉATRICE 

La N-VA se coulera toute seule, non pas par le talent réel de son président mais par l’indigence mentale des seconds violons et de la soliste Homans qui accumule les fausses notes en se prenant pour une PH Dewinter aux petits pieds.  Bart méfie-toi de tes amis politiques : ils te seront plus nuisibles que tes pires ennemis. 
MG

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