dimanche 19 mars 2017

Andrea Rea (ULB): «La dimension du repli a pris le dessus depuis les attentats»


Le Soir
Pour le sociologue de l’ULB, un an après les attentats de Bruxelles, l’urgence de la rencontre de l’autre ne figure pas encore en haut de l’agenda politique, ni de celui de la population belge.

Un an après les attentats de Bruxelles, alors que les commémorations rendront hommage aux victimes la semaine prochaine, notre vie a-t-elle changé ?
« Le Soir » a interrogé citoyens et experts, qui expliquent comment ils ont adapté (ou non) leur quotidien, comment l’ombre du terrorisme plane sur leurs déplacements, quels mécanismes permettent à l’esprit humain et à la société de se relever après un tel choc.
«  La dimension du repli semble bien avoir pris le dessus, et elle se cristallise sur la question de l’autre, du musulman, de l’étranger, alors qu’elle ne se situe pas qu’à cet endroit  », analyse le sociologue de l’ULB Andrea Rea.
Selon lui, l’urgence de la rencontre de l’autre ne figure pas encore en haut de l’agenda politique, ni de celui de la population belge. Les attentats n’ont en ce sens pas suscité de sursaut suffisant.
«  Le besoin de communauté qu’on sent aujourd’hui tant chez les minoritaires que chez les majoritaires est lié à une impossibilité de gérer une incertitude. Plus cette insécurité augmente, plus le repli augmente, explique Andrea Rea. Et aujourd’hui cette insécurité porte davantage sur l’identité culturelle que sur le salaire, l’appartenance sociale, etc.  »

VINCENT DE COOREBYTER SUR LE 22 MARS : «NOUS VIVONS COMME AVANT, MAIS NOUS PENSONS PLUS EXACTEMENT COMME AVANT»

Le professeur de l’ULB estime que « le débat public est resté digne » après les attentats de Zaventem et Maelbeek du 22 mars. Mais il ne faut pas pour autant sous-estimer les crises sous-jacentes que vit notre société.
Vincent de Coorebyter constate « très peu de récupération politique par l’extrême-droite » après les attentats. 

©Pierre-Yves Thienpont/Le Soir.
« Il faut distinguer le visible et l’invisible » pour tenter d’établir un diagnostic nuancé des répliques provoquées dans notre société par la secousse du 22 mars, estime le professeur de l’ULB Vincent De Coorebyter.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE RÈGNE DE LA TERREUR ?

Les Belges et les Européens en général ont intégré une donnée désormais  partagée par tous :  nous sommes en guerre et l’ennemi peut frapper n’importe où et à n’importe quel moment. Ce message subliminal s’est inscrit en lettres de feu dans l’inconscient de nos contemporains. Plus rien, plus jamais, ne sera comme avant mais qu’entendons-nous exactement par « avant » ? Il s’agit bien entendu d’un « avant » dont la durée ne dépasse pas sept décennies parce que « avant cet avant », l’Europe était plongée dans une guerre totale dans laquelle l’ont entraîné les nationalismes totalitaires. Ce qui est sûr pour tous désormais c’est que les terroristes islamistes participent d’une mouvance totalitaire peu encline à faire des quartiers. Nous assistons au retour du règne de la terreur totalitaire.
MG

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