samedi 18 mars 2017

Bruxelles recule dans le classement des villes où il fait bon vivre


Hélène Henriet (st.)
Le Soir
Le classement Mercer classe les villes où il fait bon vivre sur base de 10 critères. 


• © Photo News

Comme pour les universités, les villes du monde font l’objet d’un classement où il fait bon vivre. Pour la 8e année consécutive, c’est Vienne en Autriche qui est en tête du classement. L’indice Mercer, nom du classement publié ce mardi, est établi sur base du coût et de qualité de la vie qui prend en compte le logement, l’habillement, la nourriture…
Cette année l’Europe est très présente dans le top dix en comptabilisant pas moins de huit villes, dont trois allemandes et trois suisses. On retrouve Auckland en 3e, Vancouver, en 5e, et Sydney, ex aequo avec Bâle en 10e place, complètent les premières places.
Top dix  :
1. Vienne
2. Zurich
3. Auckland
4. Munich
5. Vancouver
6. Dusseldorf
7. Francfort
8. Genève
9. Copenhague
10. Bâle et Sydney
...
27. Bruxelles
BRUXELLES PERD DES PLACES
En ce qui concerne Bruxelles, elle a reculé à 27e place du classement en perdant 6 places par rapport à l’année passée. Les raisons de recul seraient dues aux questions de sécurité liées au terrorisme. Rome, elle, a reculé de 4 places à la 57e place suite à des problèmes de ramassage d’ordures. C’est Bagdad en Irak qui ferme la marche à la 231e place.
UN CLASSEMENT BASÉ SUR 10 CRITÈRES
Le classement, basé sur 10 critères qui vont des services de santé et autres services publics à l’éducation en passant par les opportunités de divertissement, les biens de consommation communs, l’environnement naturel, l’aspect socio-culturel et le cadre politique et social dans un sens large, est destiné à l’origine aux multinationales qui doivent déterminer où détacher des travailleurs à l’international et quelles compensations financières prévoir. «  Malgré une volatilité politique et financière accrue en Europe, nombre de ses villes offrent la meilleure qualité de vie au monde et restent des destinations attractives pour développer ses opérations commerciales et envoyer des travailleurs expatriés en détachement  », note Mercer.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES MA BELLE

Bruxelles
Bruxelles ma belle
Je te rejoins bientot
Aussitot que Paris me trahit
Et je sens que son amour aigrit et puis
Elle me soupçonne d'être avec toi le soir
Je reconnais c'est vrai tous les soirs dans ma tête
C'est la fête des anciens combattants d'une guerre
Qui est toujours à faire
Bruxelles, attends moi j'arrive
Bientot je prends la dérive
Michel te rappelles-tu de la détresse de la kermesse
De la gare de midi
Te rappelles-tu de ta Sophie
Qui ne t'avait même pas reconnu
Les néons, les Léon, les noms de dieu
Sublime décadence la danse des panses,
Ministére de la biére artére vers l'enfer
Place de Brouckére
Bruxelles, attends moi j'arrive
Bientot je prends la dérive
Cruel duel celui qui oppose
Dick Annegarn

Jolie chanson, certes, mais quid de la réalité Bruxelloise d’aujourd’hui ?
Bruxelles je t’aime, moi non plus.
Ce désamour résulte d’une forme de désenchantement de ce que Bruxelles devient un par rapport à ce qui fut.
Nostalgie ?
C 'était au temps où Bruxelles rêvait
C'était au temps du cinéma muet
C'était au temps où Bruxelles chantait
C'était au temps où Bruxelles bruxellait

Place de Broukère on voyait des vitrines
Avec des hommes des femmes en crinoline
Place de Broukère on voyait l'omnibus
Avec des femmes des messieurs en gibus
Et sur l'impériale
Le coeur dans les étoiles
Il y avait mon grand-père
Il y avait ma grand-mère
Il était militaire
Elle était fonctionnaire
Il pensait pas elle pensait rien
Et on voudrait que je sois malin


Sur les pavés de la place Sainte-Catherine
Dansaient les hommes les femmes en crinoline
Sur les pavés dansaient les omnibus
Avec des femmes des messieurs en gibus
Sous les lampions de la place Sainte-Justine
Chantaient les hommes les femmes en crinoline

Il y avait mon grand-père
Il y avait ma grand-mère
Il attendait la guerre
Elle attendait mon père
Ils étaient gais comme le canal
Et on voudrait que j'aie le moral

On parle ici d’un temps que les moins de cinquante ans n’ont pas pu connaître.
Je me suis retrouvé par hasard à l’Image Notre Dame qui en effet est devenue à l’image tristounette de ce que Bruxelles est devenue, à deux pas du piétonnier avec son chantier béant qui a avalé la terrasse du métropole.
Il faut vraiment se retrouver place du jeu de Balle, au parvis de Saint Gilles, dans les ruelles qui jouxtent le parc Josaphat pour humer encore ce je ne sais quoi qui fait l saveur de la capitale.
Capitale de quoi ? De la Belgique ? Quelle Belgique ? De la Flandre ? Sûrement pas, cde l’europe peut être ? Non, à dire vrai la capitale du désenchantement.
Mg

Eric-Emmanuel Schmitt
Samedi 14 juin 2008

L’auteur français le plus lu, et le dramaturge français le plus joué dans le monde, est devenu belge.
Les mauvaises langues diront qu’Eric-Emmanuel Schmitt s’est installé à Bruxelles dans une belle, ancienne et calme maison ixelloise, pour échapper un peu à la vie trépidante de Paris, beaucoup à la voracité du fisc français.
Eric-Emmanuel Schmitt est donc belge désormais. Il n’en perdra pas pour autant la nationalité française. Il sera donc français pour Paris et belge pour Bruxelles. Mais lui se sentira entièrement belge.
« Dans cette histoire-là, c’est moi qui ai fait les premiers pas, dit l’écrivain. J’ai adopté ce pays avant qu’il ne m’adopte. Ouf, je ne me suis pas pris un râteau… Je suis donc étrangement ému de recevoir cette nationalité. La première nationalité qu’on reçoit à la naissance, on ne la quitte jamais mais on ne l’a ni voulue ni désirée. De même qu’on appartient à sa famille et qu’on choisit ses amis, je viens de France et j’ai choisi la Belgique. Et si cette seconde nationalité-là me paraît amicale, c’est parce que, comme l’amitié, elle s’est décidée à deux : je t’ai choisi, tu m’as choisi. »
Le paysage belge est rentré dans mon écriture. Même s’il y a des nouvelles qui se passent ailleurs. Grâce à la Belgique, j’apprécie ce qui n’est pas uniforme, symétrique, j’apprécie le chaos urbanistique, j’aime la discontinuité, je suis capable d’aimer un bord de mer objectivement défiguré et lui trouver un charme fou. Seule la vie en Belgique peut nous apprendre ça. »
Mais, en fait, pourquoi la Belgique ? Schmitt aurait pu s’installer en Suisse, comme beaucoup de stars françaises. Voire à Monaco. « Parce que c’est un pays chaleureux malgré son climat, dit-il aujourd’hui. Parce que c’est un pays modeste bien qu’il abrite la capitale de l’Europe. Parce que c’est un pays trilingue, ouvert aux autres, constitué de multiples communautés, qui préfigure ce que sera l’univers de demain. Parce que c’est un pays de culture qui pratique la folie douce. Parce que c’est un pays de cocagne où il est impossible de faire un régime, ce à quoi j’ai renoncé depuis longtemps. Parce que c’est un pays si petit qu’il vous conduit, après quelques semaines à Knokke ou en Ardennes, à visiter le vaste monde. »
Naguère, Eric-Emmanuel Schmitt nous avait confié qu’il souffrait de ce que la Belgique se déchire. Parce qu’il aime la Belgique pour la raison même qui est en train de la déchirer : son identité problématique, son métissage, son hétérogénéité profonde. « J’aime la Belgique pour sa béance identitaire », nous disait-il. Et maintenant qu’il va devenir belge, il va pouvoir vivre sa vie de citoyen là où il vit et travaille depuis six ans : « Au lieu de voter sur la planète Mars, je vais pouvoir, comme tout homme, peser par mon vote. Désormais, je m’étriperai à armes égales avec mes amis sur la politique belge, ce qui, l’âge venant, constitue une gymnastique pour le cerveau tout aussi exigeante que d’apprendre le chinois. »

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