dimanche 26 mars 2017

Intéressé par le bâtiment Flagey? Il est à vendre!


GUY DUPLAT
 La Libre Belgique

L’ASBL Flagey, en charge du projet culturel, va très bien, mais la mise en vente du bâtiment suscite des craintes.
Bientôt, le concours Reine Elisabeth retrouvera les salles de Flagey. L’ASBL Flagey, en charge du culturel, se porte très bien : fréquentation en hausse, budget en équilibre et absence de toute polémique communautaire alors qu’il y en eut tant dans ce lieu cogéré par les communautés.
Mais dans ce ciel bleu, un nuage est apparu. Les actionnaires privés de la société anonyme Flagey (SA Flagey, propriétaire du bâtiment) veulent vendre. Ils sont une trentaine, rassemblés à l’époque par l’homme d’affaires gantois Piet van Wayenberge pour sauver le lieu et possèdent 83 % des parts du bâtiment. Selon le magazine bruxellois francophone "Bruzz", la difficulté de louer les espaces non occupés par l’ASBL Flagey aurait joué un rôle.
"Le Soir" de jeudi précise qu’une offre de rachat a été faite par le PDG du groupe d’assurances Ageas Bart De Smet et une contre-offre (pour 25 millions d’euros) a été déposée par Michel Moortgat, PDG de Duvel Moortgat par ailleurs collectionneur d’art et vice-président du Wiels. Son offre ne vaudrait que jusqu’à fin mars.
UN CHANGEMENT DÉLICAT D’ACTIONNAIRES
Jean-François Cats, président du conseil d’administration de l’ASBL Flagey, souligne que même si le contrat de location court jusqu’en 2024, un changement d’actionnaires pourrait être périlleux à court terme si cela remet en cause le loyer payé par l’ASBL à la SA. C’est alors tout l’équilibre financier du "Flagey culturel" qui serait compromis.
Les pouvoirs publics qui détiennent 17 % de la SA et subsidient les activités culturelles, suivent l’affaire de près. Les deux ministres de la culture le Flamand Sven Gatz (Open VLD) et la francophone Alda Greoli (CDH) "veulent s’assurer que l’exploitation de l’ASBL puisse rester garantie". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TOUCHE PAS À MON FLAGEY 

Flagey est incontestablement devenu à côté des Beaux-Arts -dites Bozar, à la flamande-l’un des fleurons de la vie culturelle bruxelloise. Soudain des nuages s’accumulent au-dessus du superbe bâtiment de l’architecte schaerbeekois Diongre.
Et encore une fois c’est l’argent flamand qui est à la manœuvre.
Et voici que ce temple de la vie culturelle de notre capitale risque de devenir l’otage des financiers flamands. Pour peu que ceux-ci soient « de signature N-VA », comme on dit en Flandre, c’en sera fini de ce lieu d’exception qui fait de ce quartier somptueux de Bruxelles un véritable Saint-Germain-des-Prés en plus vert.
Franchement, je n’incline pas à l’optimisme.
MG

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