vendredi 3 mars 2017

Les électeurs portent un regard de plus en plus sévère sur la politique


Selon une enquête Ipsos, 82 % des Français estiment que la plupart des responsables sont corrompus. Les sentiment de « dégoût » et de « colère » sont en forte progression.
LE MONDE

Comme inexorablement, le fossé ne cesse de se creuser entre les citoyens et la politique. Après bien d’autres, l’enquête réalisée par Ipsos du 20 au 24 février pour l’association Lire la société à l’occasion de la journée du livre politique organisée samedi 4 mars à l’Assemblée nationale, le démontre sans détour.
Certes, d’une manière générale, près de deux Français sur trois (64 %) déclarent s’intéresser à la politique, en hausse de 7 points par rapport à novembre 2016, lors d’un précédent sondage Ipsos pour Le Monde ; et 71 % des personnes interrogées assurent être intéressées par l’élection présidentielle.
Mais cet intérêt n’efface pas, bien au contraire, les sentiments extrêmement négatifs que suscitent la politique en général et les hommes et femmes politiques en particulier. Plusieurs réponses étant possible (et leur total étant par conséquent supérieur à 100), c’est d’abord la déception qui domine largement (62 %), même si ce sentiment a reculé de 6 points par rapport à novembre 2016.
En revanche le dégoût (44 %) et la colère (41 %) ont progressé respectivement de 5 et de 4 points depuis quatre mois seulement. Ces deux réactions sont particulièrement marquées chez les 35-44 ans, chez les moins diplômés, chez les ouvriers et parmi les sympathisants du Front national (FN).
LES PARTIS DÉCRIÉS
A l’inverse, si l’indifférence a fortement régressé (10 %, – 8 points), il ne se trouve que 18 % des Français, notamment les plus diplômés, les cadres supérieurs et les sympathisants de la droite, pour associer la politique à l’espoir et… 2 % seulement à la passion.
D’ailleurs, 17 % seulement des personnes interrogées jugent que le système démocratique fonctionne plutôt bien en France et que leurs idées sont bien représentées – contre 83 %, en hausse de 11 points depuis janvier 2013, qui sont d’avis contraire.
Quant aux hommes et aux femmes politiques, la dégradation de leur image se confirme, voire s’aggrave. Seulement 11 % des Français (en baisse de 7 points depuis 2013) considèrent que les acteurs politiques agissent principalement dans l’intérêt des citoyens, contre 89 % qui jugent qu’ils le font principalement pour leurs intérêts personnels.
Pis encore, 82 % (en hausse de 10 points en un an et de 20 points en quatre ans) estiment que la plupart des hommes politiques sont corrompus ; ce jugement est particulièrement prononcé chez les Français aux revenus les plus bas et chez les ouvriers, ainsi que chez...


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BÉRÉZINA


Pour qui mesure et médite l’impact d’une telle constatation, la victoire de Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles ne fait plus guère de doute.
L’anti système, la haine des élites politiques son mépris pour les partis, la presse et la justice atteint aujourd’hui des sommets rarement égalés, hormis dans les années trente qui ont précipité le triomphe du fascisme en Europe.
Le climat socio politique est délétère mais l’économie continue à tourner fût-ce au ralenti. Le climat social est plutôt serein mais il n’est pas à l’abri d’une explosion.
Médiocrement dirigée, l’Europe est aux abois et  se démonte rapidement.
« En France, la campagne électorale commence à prendre des allures de carnaval.
Mais en général, c’est le Carême qui écrase le Carnaval.
Les élections renvoient au même paradigme : pendant un temps extrêmement bref, à intervalles réguliers, le peuple croit prendre le pouvoir, s’invente des droits égaux à ceux des plus riches, et s’imagine des futurs multiples, libres, dans lesquels il pourrait décider de son avenir, où les richesses ne seraient pas accumulées, de générations en générations, par les mêmes. Une fois ce moment passé, les puissants reprennent le pouvoir et instaurent, pour tous les autres, le Carême, sous le nom de principe de réalité, de régime sécuritaire, ou  de politique d’austérité. »
« En général, une fois la fête passée, le peuple retourne à ses affaires et laisse les puissants gérer le monde, se contentant de préparer, dans les arrières cours de son aliénation, les mannequins, costumes et masques de sa prochaine illusion. »j@attali.com
Pas sûr que cette fois ci les choses se passent ainsi. La colère du peuple est profonde et elle gronde surtout dans les campagnes et les recoins perdus de l’immense France profonde. Et cette tendance peut s’observer dans l’Europe entière, singulièrement aux Pays-Bas.
Les sondages ne nous éclairent pas sur les intentions de vote des Français, tout au plus agissent-ils come des révélateurs de l’humeur du moment. Il faut observer les tendances sous jacentes et elles expriments une profonde érosion du crédit de Fillon, une valse hésitation au profit de Macron et une montée croissante de la faveur de Marine Le Pen.
Le silence des artistes et des intellectuels est assourdissant.
MG

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