mardi 7 mars 2017

Les Républicains renouvellent leur soutien à Fillon: «Il les a eus»


Le Soir

Le candidat de la droite reste dans la course à la présidentielle. Ce lundi, le comité politique des Républicains s’est engagé derrière lui.

Le comité politique des Républicains «  a renouvelé à l’unanimité son soutien à François Fillon  », annonce le président du Sénat Gérard Larcher, à la sortie de la réunion.
Le comité politique s’est engagé «  à œuvrer au rassemblement des familles politiques de la droite et du centre autour de lui  ». Le candidat de la droite peut donc se (re)concentrer sur sa campagne présidentielle.
Le quotidien « Libération », qui a confié son édition de ce mardi à des réfugiés, voit, dans toute cette affaire, des «  raisons d’espérer  ». D’abord parce qu’en ne cessant de contredire «  ses paroles par ses actes : il est sanctionné  ». «  L’autre raison d’espérer, c’est le refus d’un certain extrémisme  ». Selon l’éditorialiste, avec son discours François Fillon «  chasse les électeurs  » vers le centre. «  Et Macron devrait remercier Fillon pour le cadeau qu’il vient de lui offrir  ».

«  Il les a eus  », résume «  Le Parisien ». Pour le quotidien local, c’est une «  victoire à l’usure pour laquelle l’ancien Premier ministre a encore déjoué la plupart des pronostics  ». 




COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FILLON A ENCORE DÉJOUÉ LA PLUPART DES PRONOSTICS. 

Il a su surmonter les réticences de son parti, rallier le soutien de la France bien élevée. Il lui reste à convaincre la presse du bien-fondé de sa stratégie gagnante et surtout les Français qu’il est le plus apte à occuper la présidence.
C’est loin d’être gagné, mais c’est un formidable rétablissement.
MG


«CE QUI MENACE VRAIMENT LA DÉMOCRATIE» 
NATACHA POLONY 

Alors que les politiques ont abdiqué leur pouvoir au profit de l'économie,
Certains juges semblent jouir de leur toute-puissance.
Il existe aux échecs un terme allemand, zugzwang, littéralement «coup forcé»,
Pour désigner ce cas de figure du joueur dont la position est tellement
Dégradée que n'importe quel coup viendrait empirer la situation.
Hélas pour lui, il est obligé de jouer.
S'y ajoute lezeitnot: l'horloge a tellement tourné qu'il doit jouer rapidement,
Au risque de se déconcentrer et de commettre une erreur.
Telle est la position de François Fillon et de la droite en général.
Tenir, alors qu'il est acculé? Passer la main, et obéir aux injonctions de ses
Adversaires? À Alain Juppé, qui fut remercié sans gloire par les électeurs de
Droite? Mais l'enjeu n'est pas l'intérêt d'un camp, ni d'un candidat qui s'est
mis seul, et par des comportements peu glorieux, dans cette situation.
La partie qui se joue est plus essentielle.


COMMENTAIRE  DE DIVERCITY
« LA PARTIE QUI SE JOUE EST ESSENTIELLE ».

Comme le pense Jérôme Perrier, « l’élection présidentielle
française peut se révéler être un point de non-retour à l’échelle mondiale. »
Faut-il rappeler qu’elle intervient juste après deux gros chocs politiques :
le Brexit et l’élection de Donald Trump qui ont déjoué  tous les pronostics et
sensiblement déstabilisé l’ordre international, en  révélant chacun à leur manière,
un inquiétant retour du leurre nationaliste.
Observons, toujours avec Jérôme Perrier, «  qu’une nouvelle-guerre froide semble
poindre entre un occident en train de faire ses adieux à sa domination sur le
monde, et une Russie poutinienne, devenue une sorte de super-Corée du Nord,
c’est-à-dire une puissance pauvre capable de perturber l’ordre mondial à défaut
d’offrir la prospérité à ses habitants. »
N’oublions pas, précise-t-il, les poudrières que sont le Moyen-Orient, la mer
de chine ou encore la péninsule coréenne. On y ajoutera, pour que la coupe
soit pleine, le pot au noir d’une Europe en proie à une crise d’identité et de
croissance  d’une ampleur sans précédent, après plusieurs années de tragicomédie
grecque etune crise des réfugiés suffisamment dramatique pour être largement
à l’origine  du  brexit et je ne parle pas d’une possible chute d’Angela Merkel
en juin prochain au profit de l’étrange monsieur Schultz.
Dans un contexte aussi détonant, si, comme tout semble  le suggérer,
Marine le Pen devait  s’imposer au second tour de la présidentielle,
la question qui se posera aux français consistera à choisir entre
un repli nationaliste,  protectionniste, xénophobe, (bref un retour du vichysme
pétainiste sans Pétain) et une ouverture à  l’étranger, via l’acceptation de la
mondialisation et la poursuite du projet européen.
Guy Verhofstadt a tranché le nœud gordien en prenant parti comme Cohn-Bendit
pour le pro-européen Macron.
De fait, c’est certainement un affrontement entre Marine
Le Pen et Emmanuel Macron qui clarifierait le mieux ce choix crucial, pour ne
pas dire vital pour la France, le continent européen et le reste du monde.

On peine à imaginer toutes les conséquences du tremblement
de terre politique qu’entrainerait le retour du pétainisme en France.
A l’évidence, l’issue d’un tel jeu de dominos est totalement imprévisible.
Presque toujours en histoire c’est l’improbable qui advient, l’imprévisible 
comme dit Morin, les cygnes noirs comme les nomme Nassim Nicholas Taleb
pour expliquer ce à quoi on ne s’attend pas mais qui advient quand même. 
On peut tenter d’esquisser quelques étapes d’un scénario possible, sinon probable.
Si Marine  Le Pen devait être élue en mai, il s’en suivrait une envolée immédiate
des taux  d’intérêt et, à terme la mort inévitable de l’euro, premier pas vers une
fin de l’union européenne dont Florian  Philippot se fera un
plaisir de  prononcer l’éloge funèbre ; d’autant que l’arrivée éventuelle  du FN au
pouvoir à Paris ne pourrait que bouleverser par un Franxit l’échiquier politique
chez nos voisins,  en donnant des ailes à tous les mouvements populistes et
d’extrême droite  d’Europe, qui n’attendent que ce signal pour rêver au grand soir
brun.
Mais attention: la fin de la construction européenne risque de précipiter
la fin de l’alliance atlantique, puisque celle-ci perdrait ainsi l’un de ses deux
piliers (et que l’on ne compte pas sur Donald  Trump pour voler à son secours).
Nul doute d’ailleurs que la fin de l’OTAN ne réjouisse une extrême droite.
traditionnellement anti-américaine, et dont les liens avec Moscou sont
désormais connus de tous. Mais nous n’en avons pas terminé avec ce terrifiant
effet de dominos, puisque la fin de l’Union Européenne, c’est quelque part la fin
de la mondialisation telle qu’elle existe, sachant que l’espace économique européen
est de loin le plus ouvert au monde ; et qu’avec  Trump le protectionnisme
a trouvé outre-atlantique un défenseur aussi imprévisible qu’acharné.
Le retour du nationalisme, c’est la guerre (comme disait f. Mitterrand)  et ce
d’autant qu’avec une victoire de l’extrême droite on assisterait aussi à
l’autoréalisation des thèses de Huntington sur le choc des civilisations.
ce qui réjouirait à l’évidence les terroristes de Daech qui n’attendent que ça.
En somme, nous vivons un de ces moments de l’histoire où tout peut basculer :
Waterloo, Sarajevo, les accords de Munich, la chute du mur de Berlin,
9/11.
Ce qui donne le tournis c’est que ces moments se suivent à un rythme endiablé
et surtout accéléré. Apocalypse now ?
L’élection présidentielle française sera-t-elle être un point de
non-retour ?
On aimerait que les Français, tous les Français en prennent l’exacte
mesure.
MG

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