dimanche 19 mars 2017

Turquie: un photomontage de Merkel en Hitler en une d'un quotidien


Le Vif
Angela Merkel affublée d'une petite moustache et d'un uniforme nazi: un journal progouvernemental turc a publié en Une vendredi ce photomontage de la chancelière allemande dépeinte en Hitler, en pleine crise entre Ankara et l'UE.


© Belga
"Une Hitler au féminin", titre le quotidien Günes avec une croix gammée, le mot-dièse #FrauHitler, mais aussi la mention "la Tante moche" barrant le photomontage d'Angela Merkel qui occupe les trois-quarts de la Une du journal.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé l'Allemagne et les Pays-Bas de "pratiques nazies" après que les deux pays eurent interdit la tenue sur leur territoire de meetings en faveur d'un référendum sur l'extension de ses pouvoirs.
"En embrassant les organisations terroristes (...), l'Allemagne monte toute l'Europe contre la Turquie", écrit Günes en sous-titre. Le journal se fait ainsi l'écho des accusations du pouvoir turc reprochant à Berlin d'abriter des séparatistes kurdes et des putschistes présumés impliqués dans la tentative de coup d'Etat manqué du 15 juillet.
Interrogé sur ce photomontage, le porte-parole adjoint du gouvernement du gouvernement allemand Georg Streiter s'est borné à réaffirmer la position de l'Allemagne sur les accusations de nazisme. "Nous ne participons pas à ce concours de provocations", a-t-il dit.
Le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert, avait affirmé que "les comparaisons au nazisme sont toujours absurdes et déplacées car elles reviennent à minimiser les crimes contre l'humanité du national-socialisme".
La Turquie avait condamné la Une du journal allemand Bild qui revendiquait dire "la vérité en face" au président Erdogan, le proclamant persona non grata en Allemagne et dénonçant sa "folie du pouvoir".
Cet article est "le produit d'une mentalité alimentée par le racisme et la xénophobie", a affirmé dans un communiqué le ministère turc des Affaires étrangères.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Que les nationalistes en herbe et autres populistes de bas étage en prennent de la graine : voilà ce qui nous attend en France et en Europe si une Marine Le Pen devait accéder aux manettes. Les Américains dégustent cette tambouille quotidiennement depuis plus de cinquante jours et déjà ils ont la nausée. J’ai du mal à comprendre que les Turcs de la diaspora se montrent aussi tolérants à l’égard de celui qui rêve de s’imposer comme le nouveau sultan ottoman, un siècle après que la Turquie fut devenue une nation laïque avec la prise de pouvoir de Mustapha Kemal dont on continue à exposer la photo dans le plus petit bistrot turc de Bruxelles. C’est à se demander vraiment à quoi sert notre enseignement…


«VOUS N’ÊTES PAS LE BIENVENU ! »: LA UNE DU «BILD» DÉFIE ERDOGAN
Afp
Le quotidien revendique de dire «la vérité en face» au président turc.


Bild, plus gros quotidien allemand, revendiquait en Une mercredi de dire «la vérité en face» au président turc Recep Tayyip Erdogan, le proclamant persona non grata en Allemagne et dénonçant sa «folie du pouvoir».
En pleine crise diplomatique germano-turque et turco-européenne autour du référendum sur l’augmentation des pouvoirs présidentiels, le journal publie sur sa première page une photo du dirigeant turc, visiblement irrité, en titrant «Bild dit à Erdogan la vérité en face».
«Vous n’êtes pas un démocrate, vous portez préjudice à votre pays! Vous n’êtes pas le bienvenu ici!», écrit le quotidien tabloïd qui revendique un tirage de deux millions d’exemplaires par jour. «Dans sa folie du pouvoir, l’égomaniaque Erdogan attise les Turcs contre l’Europe», poursuit le journal qui accuse encore «le petit homme du Bosphore» de «détruire son pays».
Ankara est en plein bras de fer avec plusieurs pays européens, l’Allemagne et les Pays-Bas en tête, après l’interdiction faite à plusieurs ministres de faire campagne auprès de la diaspora turque pour le «oui» au référendum du 16 avril sur l’augmentation des pouvoirs du président.
M. Erdogan a accusé Berlin d’user de méthodes «nazies», de soutenir «les terroristes» dans son pays et de promouvoir le «non» au référendum.

Germany's Bild tells #Erdogan the truth right into his face: You [Erdogan] aren't democratic. Ur destroying your country! You aren't welcom


FRANCKEN: "LA STRATÉGIE D'AMNESTY ET DES ONG, ÇA, UNE HONTE POUR L'EUROPE"
Le Vif
Le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) a réagi avec virulence, samedi via les pages de la Dernière Heure, aux critiques d'ONG, dont Amnesty, visant l'accord migratoire conclu en mars 2016 entre l'Union européenne et la Turquie.


Theo Francken © BELGA/Kurt Desplenter
Amnesty International avait notamment estimé vendredi, à la veille du premier anniversaire de cet accord visant à endiguer le flux de migrants vers l'Europe via le territoire turc, qu'il était une "honte", une "tache sur la conscience collective de l'Europe". "Une honte pour l'Europe?! La stratégie d'Amnesty et des ONG, ça, c'est une honte pour l'Europe. Quel est le modèle le plus humain? Celui où il n'y a pas de noyade. Grâce à l'accord avec la Turquie, plus personne ne meurt en mer Égée. Or, ce que supporte Amnesty, comme d'autres ONG, c'est le modèle libyen. Quel est le résultat? 5.000 morts par an", rétorque le secrétaire d'Etat N-VA dans un entretien au quotidien.
"Le deal avec la Turquie fonctionne très bien", estime-t-il encore. "L'Europe lui paie 3 milliards d'euros par an. Pour la Belgique, cela revient à 72 millions par an", ce qu'il assure être "un bon deal sur le plan financier". Theo Francken exclut dans ce même entretien toute "chance" que la Turquie devienne membre de l'UE, évoquant un président, Recep Tayyip Erdogan, qui a "perdu le nord" dans les récentes tensions avec différents pays d'Europe au sujet des meetings en vue du prochain référendum. "Traiter Angela Merkel de nazie, on ne peut pas faire pire que ça", résume le politicien N-VA à propos des vives critiques d'Erdogan envers les pays où des meetings de campagne ont été interdits. "Je ne sais pas ce qu'il a à gagner en se montrant aussi vindicatif".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Et voilà que notre secrétaire d’État l’immigration se montre extrêmement condescendant à l’égard d’un Erdogan de plus en plus agressif à l’égard de l’Europe. Celui-ci semble maintenant déterminé à lancer une procédure en faveur de la réintroduction de la peine de mort dans son pays, laquelle avait été supprimée dans le dessein d’amadouer les autorités européennes et les rendre favorable à l’entrée de la Turquie au sein de l’union européenne. Il est clair que dans la mesure où le nouveau dictateur turc se montre de plus en plus agressif, les relations avec l’Europe risquent de se détériorer extrêmement rapidement ce qui est de nature à rendre caduc le fameux accord selon lequel les Turcs sont disposés à retenir chez eux dans des camps financés par l’Europe le gros des réfugiés originaires de Syrie. C’est ce que l’on appelle désormais un très gros dossier pourl’avenir de l’Europe.
MG


LA PEINE DE MORT SUR LE POINT D'ÊTRE RÉTABLIE EN TURQUIE
Le Vif
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé samedi s'attendre à ce que le Parlement approuve le rétablissement de la peine capitale après le référendum du 16 avril sur l'extension de ses pouvoirs.


© AFP
"Les familles des martyrs, les familles de nos héros ne doivent pas s'inquiéter. Je crois, si Dieu le veut, que le Parlement fera le nécessaire à propos de vos exigences sur la peine capitale après le 16 avril", a déclaré M. Erdogan, lors d'un discours prononcé à Canakkale, dans le nord-ouest du pays.
Sa signature étant nécessaire pour valider un tel projet de loi du Parlement, il a ajouté qu'il approuverait le texte "sans hésiter".
La peine capitale a été abolie en 2004 dans le cadre de la candidature d'Ankara à l'entrée dans l'Union européenne, et son rétablissement marquerait la fin des négociations sur cette adhésion.
"Ce que diront Hans ou Georges ne nous intéresse pas", a ajouté samedi M. Erdogan, utilisant deux prénoms qu'il utilise généralement pour désigner l'Europe. "Que dira mon peuple? Que dira le droit? Voilà ce qui nous importe".
Depuis le putsch avorté du 15 juillet, le président turc a dit à plusieurs reprises qu'il approuverait le rétablissement de la peine de mort en cas de vote du Parlement en ce sens. Il avait même évoqué en février un possible référendum sur le sujet.
C'est en revanche la première fois qu'il appelle le Parlement à approuver la restauration de la peine capitale après le vote sur une révision constitutionnelle visant à renforcer les pouvoirs présidentiels, le 16 avril.
Les relations entre la Turquie et l'UE se sont fortement dégradées ces dernières semaines après l'interdiction, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas, de meetings en faveur du référendum auxquels devaient participer des membres du gouvernement turc.
M. Erdogan avait assimilé ces décisions à des pratiques nazies, et dénoncé "un esprit de fascisme débridé" en Europe.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CHANTAGE ?

Le bras de fer entre d’une part les Allemands et les Hollandais, de l’autre les Turcs risque de prendre une tournure dramatique avant longtemps. Tous les regards sont évidemment tournés vers l’accord fragile négocié par Madame Merkel avec le président Erdogan en vue de contenir la marée des réfugiés syriens bloqués dans des camps turcs que l’Europe consent à financer. Il est clair que le président turc dispose là d’une marge de chantage non négligeable. Il ne fait aucun doute qu’il n’hésitera pas à y recourir pour se profiler devant son opinion publique.
MG

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