samedi 8 avril 2017

Clinton tacle Trump sur sa politique en Syrie


Le Soir
Elle a estimé que les frappes américaines devaient s’inscrire dans une véritable stratégie pour sortir la Syrie de la guerre civile.


• © AFP
La prétendante déchue à la Maison-Blanche a pointé vendredi les contradictions de la politique de Donald Trump envers le drame syrien, au cours d’un banquet dans le Texas.
Elle a estimé que les frappes américaines devaient s’inscrire dans une véritable stratégie pour sortir la Syrie de la guerre civile. «  J’espère que cette administration (…) va reconnaître que nous ne pouvons pas d’une main protéger les bébés syriens et de l’autre leur claquer au nez les portes des États-Unis ».
Clinton: "We cannot in one breath speak of protecting Syrian babies and in the next close America's doors to them"


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TRUMP CONTOURNE L’ONU MAIS A-T-IL UNE STRATÉGIE DE LONG TERME ?

En répondant à l'attaque chimique de Khan Cheikhoun par des frappes sur une base aérienne, le Président des Etats-Unis change complètement la donne en Syrie. Il contourne l'ONU et défie la Russie. Mais a-t-il une stratégie de long terme ? Quid de la Corée du Nord, par exemple, ou de l’Iran ?
L’analyse de Gérald Papy reprend l’essentiel de notre profonde appréhension remarquablement synthétisée par Hilary Clinton : « L'attitude du commandant en chef des armées américaines (Trump en l’occurrence) a de quoi susciter certaines inquiétudes. Si l'attaque de cette nuit devient l'action de référence de sa politique étrangère, cela signifie que le président de la plus grande puissance mondiale considérera dorénavant le passage par l'ONU comme accessoire et qu'il ne s'embarrassera pas de préoccupation multilatéraliste. Cela implique aussi qu'il n'hésitera pas à provoquer l'affrontement direct avec les autres grandes puissances, en l'occurrence ici la Russie. On assiste donc à un possible retour de la loi du plus fort. Qu'elle nous paraisse légitime dans le cas de l'attaque chimique syrienne ne la rend pas moins extrêmement dangereuse pour le nouvel ordre du monde qui se profile. Quelle crédibilité les Etats-Unis auront-ils pour empêcher la Russie ou la Chine de procéder de la même façon ? »
Tout est dit et remarquablement bien dit.
He wants to make America great again. Well, well, well…
MG 

SYRIE : TRUMP INVENTE LA GUERRE IMPULSIVE
Gérald Papy
Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express



© Reuters
En 2013, Barack Obama avait renoncé à frapper la Syrie de Bachar al-Assad accusée d'avoir perpétré une attaque à l'arme chimique dans une banlieue de Damas aux mains des rebelles (1500 tués dont quelque 400 enfants). Moscou l'avait convaincu en forçant le régime syrien à liquider sous contrôle international son armement chimique. En 2017, Donald Trump, souvent critiqué pour sa proximité supposée avec Vladimir Poutine, n'a attendu que 48 heures pour punir Bachar al-Assad après le bombardement à l'arme chimique de la localité de Khan Cheikhoun qui a fait entre 60 et 100 morts et a donné lieu à la diffusion d'images insoutenables d'enfants à l'agonie. Le nouveau président des Etats-Unis a de la sorte changé radicalement de position à l'égard du Président syrien que son administration avait remis en selle il y a quelques jours en ne réclamant plus officiellement son départ comme préalable à une sortie de crise.
Si la responsabilité de l'armée syrienne dans l'attaque chimique de mardi est avérée, ce dont les Etats-Unis n'ont pas encore administré la preuve, des représailles peuvent s'avérer justifiées. Car non seulement Damas aurait fait montre d'un cynisme criminel à l'égard de sa population, comme il l'a déjà fait par le passé, mais il aurait aussi révélé sa duplicité, son armement chimique étant censé être éradiqué depuis l'accord de 2013. Néanmoins, l'attitude du commandant en chef des armées américaines a de quoi susciter certaines inquiétudes. Si l'attaque de cette nuit devient l'action de référence de sa politique étrangère, cela signifie que le président de la plus grande puissance mondiale considérera dorénavant le passage par l'ONU comme accessoire et qu'il ne s'embarrassera pas de préoccupation multilatéraliste. Cela implique aussi qu'il n'hésitera pas à provoquer l'affrontement direct avec les autres grandes puissances, en l'occurrence ici la Russie. On assiste donc à un possible retour de la loi du plus fort. Qu'elle nous paraisse légitime dans le cas de l'attaque chimique syrienne ne la rend pas moins extrêmement dangereuse pour le nouvel ordre du monde qui se profile. Quelle crédibilité les Etats-Unis auront-ils pour empêcher la Russie ou la Chine de procéder de la même façon ?
George W. Bush avait initié la guerre préventive qui a apporté le chaos au Moyen-Orient. On ne peut qu'espérer que Donald Trump ait une stratégie élaborée et à long terme, notamment avec la Russie, concernant la région sous peine que sa pratique de la guerre impulsive - imaginons pareille stratégie à l'encontre de l'Iran - ne produise un chaos de plus grande ampleur encore.


CORÉE DU NORD: LES ETATS-UNIS PRÊTS À "AGIR SEULS" SI BESOIN
La Libre Belgique

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a prévenu vendredi que les Etats-Unis étaient prêts à "agir seuls" si nécessaire contre la Corée du Nord, au lendemain d'une frappe américaine sans précédent contre le régime syrien, auteur présumé d'une attaque chimique.
"Nous (...) sommes prêts à agir seuls si la Chine n'est pas capable de se coordonner avec nous" pour contrer les ambitions nucléaires de Pyongyang, qui violent le droit international, a déclaré M. Tillerson depuis la résidence de Mar-a-Lago en Floride, où le président américain Donald Trump a reçu son homologue chinois Xi Jinping.
AFP

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