mercredi 5 avril 2017

Débat présidentiel: Mélenchon jugé le plus convaincant, devant Macron

Le Soir
Mais c’est Emmanuel Macron que les sondés préfèrent lorsqu’ils sont interrogés sur les qualités dont devrait disposer le futur président.



• © Reuters

Le premier débat télévisé de l’histoire politique française opposant tous les candidats inscrits pour le premier tour de l’élection présidentielle aura duré pas moins de quatre heures. Entre le discours axé sur la lutte des classes de la candidate communiste Nathalie Arthaud et celui vantant l’orgueil patriotique des Français de la présidente du Front National Marine Le Pen, les électeurs ont vu mardi soir s’esquisser onze projets différents pour la France.
Selon un sondage Elabe mené à l’issue de l’émission auprès de 1.024 téléspectateurs, Jean-Luc Mélenchon a été le candidat le plus convaincant, recueillant 25 % des voix, devant Emmanuel Macron (21 %) et François Fillon (15 %).
MACRON A LES « QUALITÉS » D’UN PRÉSIDENT
Interrogés sur les qualités dont devrait disposer le ou la futur(e) président(e), les sondés ont récompensé Emmanuel Macron (pour 27 % d’entre eux), devant Jean-Luc Mélenchon (21 %) et François Fillon (20 %).
Un dernier débat télévisé doit se tenir le 20 avril, mais plusieurs candidats, dont Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, ont émis des réserves quant à leur participation en raison de la proximité de l’événement avec le premier tour de scrutin, organisé à peine trois jours plus tard.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN DÉBAT HOULEUX, PLUTÔT BROUILLON.

Les "petits", le candidat d'extrême gauche Philippe Poutou en tête, "ont crevé l'écran", avec une parole "intempestive, dérangeante, sincère souvent", commente Libération. Pas inutile mais sans retombées réelles.
Le Figaro évoque "un brouhaha où la raison se perd", en écho au Parisien qui se demande si ce débat était "vraiment utile".
Marine Le Pen,  égale à elle-même, veut "rendre la parole au peuple" d'un pays "livré à l'insécurité galopante", confronté à la "mondialisation sauvage", au "totalitarisme islamiste", à "la contestation de ses valeurs fondamentales et même de son identité nationale".
François Fillon, s'est montré plutôt effacé et sur la défensive, notamment lorsque la question de la moralisation de la vie politique a été évoquée.  «Qu'est-ce que c'est qu'un président exemplaire? Un président exemplaire dit la vérité aux Français sur la situation de France et la réalité du monde. Un président exemplaire, c'est un président qui met en oeuvre les engagements qu'il a pris devant le peuple, quelle que soient les difficultés. Un président exemplaire, c'est un président qui respecte le premier ministre et qui respecte l'équilibre des pouvoirs prévu par la Constitution. Un président exemplaire, c'est un président qui ne se sert pas des moyens de l'Etat pour affaiblir ses adversaires. Un président exemplaire, c'est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. Un président exemplaire, c'est un président qui au bout de son cinq ans peut dire qu'il a amélioré la vie des Français».
Il a pris des accents guerriers pour parler de "vaincre le totalitarisme islamique", "sauver l'Europe", "libérer" l'économie pour "restaurer la fierté nationale et se tenir aux côtés des Français qui réclament de l'ordre et de la sécurité". Bref il a marqué des points quoique visiblement épuisé et au bord de la crise de nerf.
Jean-Luc Mélenchon, très à l’aise dans cet étrange exercice s'en est pris à "la finance", qui "doit rendre l'argent" et "payer le retour au plein emploi", en se disant "prêt à gouverner". Le vent en poupe, Mélenchon, progresse dans les sondages, il est aujourd'hui crédité de 15% des intentions de vote. A mon sens ce n’est pas fini : il peut surprendre encore et prendre des voix à Hamon, à Le Pen peut-être car il est bourré de talent même s’il manque totalement de réalisme sur le fond.
Beaucoup ont dénoncé  un "système usé". Tous ont cherché à convaincre les abstentionnistes : seulement deux tiers des électeurs se disent certains d'aller voter. Ce fut très long et souvent fort creux. Pas un mot sur l’interculturel et le vivre ensemble. On croit rêver.
« Obscure jusqu'à la confusion, traitée d'inouïe, de jamais vu, d'invraisemblable par une presse en transes, la situation politique en France, à quelques jours d'une élection décisive, prend soudain une allure de simplicité biblique.
Il y a d'abord une extrême droite et une extrême gauche très puissantes. À elles deux, avec, à leur tête, deux figures charismatiques, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, elles représentent presque la moitié du corps électoral. Entre un Français sur trois et un Français sur quatre vote Le Pen. Près d'un Français sur six vote Mélenchon. En tout, autour de 40 % de la population française.
Le reste, soit un peu moins de 60 %, est partagé - inégalement - entre ce qu'on appelait il y a encore quelques semaines la droite et la gauche. Ou plutôt la droite et les gauches. Entre Macron, Fillon et Hamon. L'intéressant est qu'en quelques mois, en quelques semaines, la droite s'est effondrée et la gauche a explosé…(Jean d’Ormesson in Le Figaro)

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