mardi 18 avril 2017

Hollande au Chemin des dames : «L'histoire bégaie quand le nationalisme resurgit»


• Par Thomas Romanacce Figaro 

 
À une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, le chef de l'État a pris la parole dans une tonalité très politique lors de la cérémonie mémorielle qui a rendu hommage aux 200.000 soldats tombés sur l'un des lieux du plus grand désastre militaire de la Première Guerre mondiale.
Ce fut la dernière cérémonie mémorielle du quinquennat de François Hollande. Ce dimanche 16 avril, le chef de l'État français s'est rendu dans l'Aisne sur le plateau de Californie, nom de la partie orientale du Chemin des dames, pour commémorer le centenaire de cette offensive de 1917 qui fut l'un des plus grands échecs de la Première Guerre mondiale, côté français.
Le chef de l'Etat a d'abord salué l'héroïsme des poilus. «Le Chemin des dames est le lieu où des dizaines de milliers de soldats sont allés au delà d'eux-mêmes», a dit François Hollande, qui a rappelé qu'«ils furent un million à participer à la bataille et à tomber tous les jours». Dans un écho à la cérémonie organisée la veille à l'Elysée pour la naturalisation de vingt-huit tirailleurs sénégalais, il a évoqué «ce lieu [qui] a rassemblé des combattants venant de tous horizons et même de tous continents».
François Hollande a aussi tenu un discours plus politique. Dans une allusion à peine voilée au Front national, le chef de l'Etat s'est adressé aux habitants de la région, où le parti de Marine Le Pen enregistre des scores électoraux élevés: «Le Chemin des dames, c'est la mémoire de ces terres blessées de l'Est et du Nord de la France. Que les habitants de ces régions soient conscients de leur responsabilité face au retour des discours de haine». «Dire les erreurs du passé, car elles sont autant d'alertes chaque fois que l'inconscience et l'indifférence nous menacent», a poursuivi le président, une semaine après que Marine Le Pen a déclaré que la France n'était pas responsable du Vél'd'Hiv. Français Hollande a mis en garde contre «la barbarie [qui] est toujours là», expliquant que «l'histoire bégaie quand le nationalisme resurgit, avec d'autres traits mais avec la même haine».

(…) «Luttons pour cette exigence d'humanité partout où des massacres sont commis par des dictateurs cyniques, battons-nous pour éviter la résurgence des empires et affirmer la force du droit international. Battons-nous pour la dignité humaine. C'est ce double message (...) que nous portons en revenant 100 ans plus tard au Chemin des dames», a-t-il conclu dans une allusion là encore à peine voilée à la guerre en Syrie et aux rivalités entre Washington, Pékin et Moscou.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DU TOUT BON HOLLANDE
Dommage que cet homme bon, ce président hypernormal et tellement humain n’ait pas réussi à donner sa pleine mesure sur le trône républicain. Il n’est pas impossible qu’un président Emanuel Macron relève le défi de donner une suite favorable à ce quinquennat calamiteux. La concurrence est rude, Mélenchon se déchaîne  et Marine Le Pen n’a pas dit son dernier mot.
MG

POURQUOI IL FAUT VOTER MÉLENCHON. TEXTE ÉCRIT AVEC EDOUARD LOUIS
17 avril 2017 Redaction 1DEX
(PAR GEOFFROY DE LAGASNERIE) 



Nous comprenons bien sûr les réticences à l’égard de Mélenchon, sa personnalité, sa rhétorique, et certains aspects de son programme. Mais voter pour Mélenchon ce n’est pas voter pour un individu, c’est voter pour une équipe, un collectif. Et peut-être avant tout, c’est voter pour qu’une dynamique de gauche se mette en place dans l’espace politique.
C’est l’une des rares occasions historiques pour que gagne un véritable candidat de gauche - et ce serait tellement dommage de passer à côté. C’est justement à condition qu’une telle dynamique s’installe que nous pourrons reposer d’un point de vue de gauche toutes les questions si importantes sur lesquelles nous pouvons avoir des désaccords.
- Il n’y a plus beaucoup de sens à voter Hamon aujourd’hui. C’est triste, mais désormais c’est un vote perdu pour la gauche ( c’est la même chose en ce qui concerne le vote pour Philippe Poutou, ce qui est encore plus triste ). Il n’y a rien a gagner à voter pour lui. Personne à gauche ne gagne quoi que ce soit si Mélenchon perd, alors que si Mélenchon perd, toute la gauche perd. Evidemment, on peut préférer le programme d’Hamon qui est sur certains points plus novateur. Mais voter pour Mélenchon aux présidentielles n’est pas incompatible avec le fait de voter pour d’autres candidats aux législatives. D’ailleurs, si la gauche remporte les présidentielles, cela créera un mouvement qui sera favorable à toutes les gauches.
- Nous entendons beaucoup l’argument de l’abstention, de celles et ceux qui ne veulent plus voter ou qui n’y croient plus. Mais honnêtement, l’abstention dans le contexte de cette élection serait une attitude vide et petite-bourgeoise. C’est le contraire d’un geste radical. Il faut utiliser le vote comme un geste tactique, ne pas voter d’abord pour soi. Il faut aussi se méfier de tout raisonnement politique qui conduit à mesurer sa radicalité au fait de ne rien faire. Voter, ce n’est pas adhérer à tout dans le programme de celui pour qui on vote, c’est utiliser à un moment précis un pouvoir qui nous est donné pour rendre le monde un peu moins mauvais . Il faut voter pour le chômeur qui sera la cible de la brigade de surveillance des chômeurs et qui perdra ses droits en cas de victoire de Macron, pour le migrant qui sera expulsé et remis à la mer en cas de victoire de Fillon, pour le manifestant, qui, si Mélenchon passe, ne se retrouvera plus face à des policiers armés de Flash-ball ou de taser - puisqu’il est pour l’interdiction immédiate de ces armes.
- Combattre les violences policières, le racisme policier et la répression, qui sont pour nous des questions si centrales, passe aujourd’hui aussi par un vote pour Mélenchon
- On sait que n’importe quel candidat gagnerait au second tour contre Marine Le Pen. L’idée selon laquelle voter Macron serait un vote utile pour faire barrage à l’extrême-droite n’a donc aucun sens. Puisque nous savons que Le Pen a perdu, il faut poser la question autrement : Comment faire barrage à Fillon et Macron et à leur programme autoritaire et destructeur ?
- Un point essentiel nous a frappé : un nombre si impressionnant d’associations qui luttent pour les libertés, l’écologie, les droits des animaux, la justice, les migrants, les droits des prisonniers ( parmi lesquels : Amnesty International, Action contre la faim, le Barreau de Paris, Greenpeace, Acat, Politique et animaux ), montrent que Mélenchon est le candidat dont le programme est de loin le plus favorable à des avancées juridiques et politiques importantes. C’est aussi une preuve que Melenchon, en construisant son programme, a été le candidat le plus à l’écoute des exigences démocratiques.
- Quant à la question de l’Europe et de l’euro, en quoi combattre ce qui s’est passé en Grèce serait-il anti-européen ? Au contraire, critiquer la commission européenne telle qu’elle est aujourd'hui est la meilleure manière de lutter pour l’esprit de solidarité qui était à la base de la construction de l’Europe. Il nous semble aussi que l’on aura le temps de poser toutes ces questions et de continuer ces débats plus tard, par exemple au moment des législatives ou s’il y a un referendum. Elles seront posées de manière d’autant plus démocratique si la gauche est au pouvoir.
- Surtout, l’essentiel pour nous est peut-être ceci : Si Mélenchon gagne, l’atmosphère change. L’espace public change. L’humeur change. C’est exactement ce dont nous avons besoin aujourd’hui, contre l’humeur réactionnaire et nauséabonde qui règne en France, en Europe et à l’échelle internationale.
Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NI MARINE, NI JEAN LUC 

« Mais honnêtement, l’abstention dans le contexte de cette élection serait une attitude vide et petite-bourgeoise. C’est le contraire d’un geste radical. »
On est tout à fait d’accord, mais encore…
« Puisque nous savons que Le Pen a perdu, il faut poser la question autrement : Comment faire barrage à Fillon et Macron et à leur programme autoritaire et destructeur ? »
Allons donc, mais sur quoi ces deux journalistes se fondent-t-il pour affirmer que le FN a perdu les élections quand la France profonde, celle des campagnes et des provinces, se donne à Marine comme si elle était Jeanne d’Arc réincarnée ?
Macron est, selon moi, le seul apte à terrasser ce dragon et remporter l’élection présidentielle. Le problème c’est que pour ce nouveau Faust (Wer immer strebend sich bemüht, den können wir erlösen“) le vrai défi commencera le jour de son élection triomphale, comme pour Chirac mais en pire car il n’aura pas de majorité à l’assemblée.
«  Surtout, l’essentiel pour nous est peut-être ceci : Si Mélenchon gagne, l’atmosphère change. L’espace public change. L’humeur change. C’est exactement ce dont nous avons besoin aujourd’hui, contre l’humeur réactionnaire et nauséabonde qui règne en France, en Europe et à l’échelle internationale. »
Mélanchon c’est Méphisto, « l’esprit qui toujours nie » comme dit Goethe, « l’instigateur sournois », « le maître d’illusion » comme dit le Coran qui manie la langue avec une subtilité toute mitterrandienne et des accents de fougue carrément gaullienne. C’est un grand tribun qui rappelle par son style puissant celui du grand Jaurès. Voici pour les fleurs. 
MG 

Et maintenant les épines : 

JEAN-LUC MÉLENCHON, UN PROJET DÉVASTATEUR POUR LA FRANCE - LE FIGARO
Le programme du candidat de La France insoumise prévoit une hausse de 270 milliards d'euros des dépenses publiques et un coup de massue fiscal de 120 milliards.
Désormais parmi les favoris de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a élaboré un programme inspiré des révolutionnaires sud-américains, notamment le Vénézuélien Hugo Chavez, pour lequel le candidat de La France insoumise ne cache pas son admiration. Son projet se caractérise par une explosion des dépenses publiques, qu'il chiffre à 270 milliards d'euros, et une collectivisation massive de l'économie. Mélenchon prévoit également une hausse de 120 milliards d'euros d'impôts et la confiscation de tous
les revenus supérieurs à 400.000 euros annuels. Toutes ces mesures, auxquelles s'ajoutent une sixième semaine de congés payés et le retour aux 35 heures pures et dures, porteraient un coup fatal à l'économie nationale. Les marchés financiers s'en inquiètent et les taux d'intérêt sur la dette française ont commencé à se tendre.
Le coût faramineux du programme du candidat de La France insoumise se traduirait par une explosion des impôts et de la dette. 


EMMANUEL MACRON, OVNI POLITIQUE À LA CONQUÊTE DE LA PRÉSIDENCE FRANÇAISE
Le Vif
Trente-neuf ans, jamais élu, "ni de droite ni de gauche": devenu l'un des favoris de la présidentielle française, Emmanuel Macron a fait le pari de "changer de logiciel" dans un paysage politique qui peine à se renouveler. 



Emmanuel Macron © AFP
D'abord accueilli avec une certaine condescendance par des professionnels de la politique de tous bords qui ont longtemps raillé le flou de son projet, l'ex-ministre de l'Economie du président socialiste François Hollande (août 2014-2016) a contredit ceux qui voyait en lui une "bulle" médiatique.
Profitant des déboires du candidat de la droite François Fillon - inculpé à la suite d'un scandale d'emplois familiaux présumés fictifs - et fort du ralliement de personnalités clés, tel le centriste historique François Bayrou, ce nouveau venu au physique de gendre idéal a progressivement grimpé dans les sondages.
Au point de rendre plausible l'hypothèse d'un duel avec la candidate d'extrême droite Marine Le Pen au second tour du 7 mai.
Pur produit de l'intelligentsia française, cet ex-haut fonctionnaire formé aux écoles de l'élite puis banquier d'affaires, est entré en politique en 2012 comme conseiller du président Hollande.
De cette expérience dans l'ombre du pouvoir, suivie de deux années au ministère de l'Économie, il dit avoir tiré un enseignement majeur: le "dysfonctionnement" du système politique actuel.
"JE PENSE QUE MACRON A EU L'INTUITION, PRÉCISÉMENT PARCE QU'IL ÉTAIT EXTÉRIEUR À LA VIE POLITIQUE TRADITIONNELLE, QUE LES PARTIS DE GOUVERNEMENT AVAIENT CRÉÉ LEURS PROPRES FAIBLESSES, AVAIENT PERDU LEUR PROPRE ATTRACTIVITÉ, ÉTAIENT, POUR REPRENDRE UN VIEUX MOT, USÉS, FATIGUÉS, VIEILLIS", CONFIAIT RÉCEMMENT FRANÇOIS HOLLANDE EN PETIT COMITÉ.
Une intuition qui a poussé le jeune ministre à fonder début 2016 son propre mouvement, baptisé En Marche! - ou EM comme ses initiales - qui revendique désormais quelque 200.000 adhérents.
Ont suivi sa démission du gouvernement et sa candidature à la présidentielle, sur UN PROGRAMME D'INSPIRATION SOCIALE-LIBÉRALE.
Son fil rouge: réconcilier "liberté et protection", en réformant l'assurance-chômage ou en proposant des mesures de discrimination positive à l'intention des quartiers en difficulté. SON COEUR DE CIBLE: LES CLASSES MOYENNES, QU'IL JUGE "OUBLIÉES" PAR LA DROITE ET LA GAUCHE.
Son discours transpartisan, libéral au sens anglo-saxon du terme (sur le plan économique mais aussi sur les questions de société), plaît aux jeunes urbains et aux milieux d'affaires. Mais il séduit moins les classes populaires ou rurales, rétives à la mondialisation qu'il défend.
'GOUROU'
Coutumier des envolées oratoires en meeting, cet amateur des belles lettres qui aime citer des poètes dans ses discours a été qualifié de "gourou" par le candidat de la droite, de "champignon hallucinogène" par le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Il se voit aussi régulièrement reprocher son passé de banquier par le candidat socialiste Benoît Hamon, pour lequel "le parti de l'argent a trop de candidats dans cette élection".
Lui-même se pose en candidat de "l'indignation véritable" et du renouvellement, face à ces "mêmes visages" de la classe politique "depuis 30 ans". "Ca ne peut pas continuer comme ça !", dit-il.
Européen "assumé" mais peu expérimenté à l'international, il s'est efforcé de muscler sa stature avec un déplacement au Liban fin janvier et une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel, mi-mars à Berlin. IL SUSCITE EN ALLEMAGNE INTÉRÊT ET SYMPATHIE.
En France, il a choqué en qualifiant "d'illettrées" les employées d'un abattoir et s'est attiré les foudres de la droite et l'extrême droite en qualifiant la colonisation française de "crime contre l'humanité".
A l'inverse de ses concurrents, il affiche sa vie privée et mène campagne avec son épouse Brigitte, son ancienne professeure de français de vingt-quatre ans son aînée. Il a démenti publiquement des rumeurs sur son homosexualité présumée véhiculées depuis des mois sur les réseaux sociaux.
Lui qui a promis une grande loi sur la moralisation de la vie publique a été interpellé par l'association anticorruption Anticor qui questionne la sincérité de ses déclarations de patrimoine.
"Il y a beaucoup d'attaques, beaucoup d'insinuations, mais je n'ai rien à me reprocher", s'est-il défendu. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE QUARTE DANS L’ORDRE OU LE DÉSORDRE ? 

Mon pronostic : dans l’ordre Le Pen, Macron, Mélenchon, Fillon.
Dans le désordre : les mêmes.
J’élimine Fillon du second tour. Pourquoi ? Programme trop radical et surtout confiance perdue.
Reste alors pour le second tour virtuel soit un duel Le Pen-Macron : victoire Macron ; soit un duel Mélenchon Le Pen : victoire Le Pen assurée. Soit encore mais beaucoup moins vraisemblable un duel Mélenchon Macron : victoire ? Défaite nassurée de cette pauvre Europe…
MG







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