samedi 1 avril 2017

La Libre
GUILLAUME WOELFLE


La commune d’Uccle assurerait au couple Fillon le calme nécessaire pour se défendre face aux affaires.
L’information n’est jamais sortie jusqu’à présent, et pour cause, seule Penelope Fillon serait au courant. En cas de défaite à l’élection présidentielle française, hypothèse qui se confirme jour après jour selon les sondages, François Fillon envisagerait de déménager en Belgique, et plus précisément à Uccle.
"L’idée a été évoquée lors d’un repas entre amis, c’est vrai, mais c’était plus sur le ton d’une blague", nous explique-t-on, surpris, dans le camp du candidat. C’était à la mi-janvier, avant les révélations du "Canard enchaîné".
Aujourd’hui, à trois semaines de l’élection présidentielle, ce n’est plus une blague dont il s’agit, mais bien un projet en bonne et due forme : un voyage discret vers Uccle aurait eu lieu le week-end dernier. "François Fillon a visité une propriété dans le quartier de l’avenue du Vert Pêcheur, nous confie Michel De Snoek, agent immobilier ucclois. Mais je sentais bien que ce n’était pas encore très concret. J’avais plutôt l’impression qu’il souhaitait prendre la température de la vie uccloise."
Son choix pourrait donc bien se porter sur un autre quartier. Quelques heures plus tard, c’est au restaurant "La Villa Lorraine" - une étoile au Guide Michelin - qu’il aurait été aperçu. L’établissement ne confirme pas. Ici, on en a vu passer d’autres et on sait garder le silence sur les hôtes prestigieux que l’on reçoit.
Les sondages l’inquiètent
De la blague entre amis de janvier au voyage à Uccle du week-end dernier, que s’est-il passé pour que le candidat des Républicains envisage si concrètement la défaite ? Les affaires autour de l’emploi présumé fictif de son épouse, Penelope Fillon, bien sûr, les costumes et la montre offerts, sans aucun doute, mais cela ne suffit pas à abattre la bête de politique qu’est François Fillon, lui qui a toujours affirmé qu’il "irai[t] jusqu’au bout" malgré les affaires. "Les sondages ne sont pas bons, reconnaît un proche du candidat, confirmant la crainte de la défaite. Depuis deux semaines, François passe difficilement la barre des 18 % alors que Macron et Le Pen sont à 25 %. Sept points de retard à trois semaines de la présidentielle, c’est important."
Même si, officiellement, François Fillon ne croit pas aux sondages, leur stabilité durant les dernières semaines l’inquiète donc. Et il le sait : la défaite ne conduirait qu’à un triple "acharnement" : judiciaire, populaire et médiatique. Seule la victoire lui offrirait du calme… et une immunité présidentielle. La raison de son projet d’exil semble donc bel et bien là : échapper aux médias et aux éventuelles railleries après la défaite, notamment celles de son propre camp.
Il n’est donc nullement question de départ vers Uccle pour des raisons fiscales, comme d’autres Français déjà présents dans la commune. Ce scénario rappelle par contre celui suivi par Alain Juppé, parti au Québec en 2004 après sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs à la Mairie de Paris.
L’Elysée ou le Vivier d’Oie ?
Evidemment, dans le cas Fillon, les époux ne sont pas encore jugés et les poursuites ne s’arrêteraient pas en déménageant à Uccle.
Il s’agirait simplement d’y trouver la tranquillité, pour un temps du moins. Une tranquillité que même le château de Sablé-sur-Sarthe ne parvient plus à assurer au couple. L’Elysée ou Uccle, le palais des requins ou l’ombre du Vivier d’Oie, le futur lieu de résidence du couple Fillon dépend désormais, et plus que jamais, du choix des électeurs dans trois semaines.
Guillaume Woelfle 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AVRIL NE TE DÉCOUVRE PAS D’UN FIL. 

Il convient de préciser que l’idée vient du bourgmestre Armand de Decker dont les liens avec Sarkozy et les Républicains sont connus. Didier Reynders, autre émigré résidant à Uccle a exprimé certes sa satisfaction mais aussi son regret de constater que son ami Fillon doute de sa victoire en mai prochain.

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