mercredi 26 avril 2017

Liberté de la presse: la Belgique 9e au classement mondial


Sur les 180 pays recensés, la Belgique gagne quatre places par rapport à 2016.


Si la Belgique remonte dans le classement mondial, «  jamais la liberté de la presse n’a été aussi menacée  » dans le monde, s’alarme Reporters sans frontières (RSF). Avec son rapport 2017, publié ce mercredi, RSF évoque les attaques anti-médias, les fausses informations, la répression et le triomphe d’« hommes forts  » comme Trump ou Erdogan.
La liberté de la presse connaît une situation «  difficile  » ou «  très grave  » dans 72 pays, dont la Chine, la Russie, l’Inde, presque tous les pays du Moyen-Orient, d’Asie centrale et d’Amérique centrale, ainsi que les deux tiers des pays d’Afrique, selon ce rapport.
Le Burundi (160e, -4), l’Egypte (161e, -2) et le Bahreïn (164e, -2) font ainsi leur entrée dans les bas-fonds du classement, comptant désormais parmi les 21 pays classés «  noirs  », c’est-à-dire où la situation de la presse est considérée comme « très grave  ». A l’extrémité du classement, la Corée du Nord, le Turkménistan et
DEUX-TIERS DES PAYS EN BAISSE DANS LE CLASSEMENT
«  Au total, près des deux tiers (62,2 %) des pays répertoriés ont enregistré une aggravation de leur situation  », s’inquiète RSF.
C’est le cas notamment du Mexique (147e), mais aussi de la Turquie, qui se retrouve reléguée à la 155e position après avoir perdu encore quatre places en 2016 (en douze ans, le pays a perdu un total de 57 places) et se distingue désormais comme la plus grande prison au monde pour les professionnels des médias.
Selon le rapport, l’obsession de la surveillance et le non-respect du secret des sources contribuent à faire glisser vers le bas de nombreux pays considérés hier comme vertueux, à l’instar des Etats-Unis (43e, -2), du Royaume-Uni (40e, -2), du Chili (33e, -2) ou encore de la Nouvelle-Zélande (13e, -8).
ERE DE LA POST-VÉRITÉ
«  L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance aux discours anti-médias fortement toxiques, et fait entrer le monde dans l’ère de la post-vérité, de la désinformation et des fausses nouvelles. Parallèlement, partout où le modèle de l’homme fort et autoritaire triomphe, la liberté de la presse recule  », analyse RSF, qui pointe également la Pologne (54e, -7) et la Hongrie (71e, -4).
En tête du classement, même les habituels bons élèves nordiques sont pris en défaut : la Finlande (3e, -2), qui occupait la première position depuis six ans cède sa place, pour cause de pressions politiques et de conflits d’intérêts, au profit de la Norvège (1er, +2), qui ne fait pas partie de l’Union européenne. En deuxième position, la Suède gagne six rangs, suivie de la Finlande (3, -2).
La Belgique, quant à elle, arrive en neuvième position (+4), devant le Grand-duché de Luxembourg et l’Allemagne qui se classent respectivement en 15e et 16e positions, en statu quo par rapport à l’année dernière, ainsi que la France (39e, +6). 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L’ÈRE DE LA POST-VÉRITÉ 

«  L’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et la campagne du Brexit au Royaume-Uni ont offert une caisse de résonance aux discours anti-médias fortement toxiques, et fait entrer le monde dans l’ère de la post-vérité, de la désinformation et des fausses nouvelles. Parallèlement, partout où le modèle de l’homme fort et autoritaire triomphe, la liberté de la presse recule . »
Le recul de la liberté de presse partout dans le monde correspond à une défaite de l’esprit critique face à l’arbitraire dogmatique qui partout gagne du terrain. C’est pourquoi la bataille électorale qui fait rage en France nous concerne tous, nous autres Européens.
Voter Marine Le Pen c’est accepter que la presse et la vérité soient toutes deux bâillonnées.
La liberté de presse et d’expression sont sans doute le plus belles conquête de la civilisation européenne. Elles remontent au XVIIIe siècle à peine et ont connu leur plein essor dans la seconde moitié du XXe siècle. On assiste aujourd’hui comme à un début de déclin de celles-ci. C’est extrêmement préoccupant. L’émancipation du citoyen européen repose sur deux piliers : la qualité  de l’enseignement initial et tout au long de la vie et d’autre part la liberté d’expression qui s’exprime dans la presse et désormais les réseaux sociaux.
MG

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