lundi 24 avril 2017

Macron vers l'Elysée


Gérald Papy
Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express
En devançant Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle, le candidat d'En marche ! est le favori à la succession de François Hollande. Un parcours exceptionnel à contre-courant de la contestation de la mondialisation et de l'Europe. Porte-parole de celle-ci, Marine Le Pen l'affrontera au second tour. Une élection historique : la droite et la gauche classiques sont promises à des rénovations douloureuses. 



© REUTERS
Il l'a fait. Emmanuel Macron est désormais le grand favori pour succéder à François Hollande à la présidence de la France. On avait un peu oublié le caractère exceptionnel de son aventure politique parce que depuis quelques mois, il s'était installé dans le duo de tête des sondages à la faveur de la dégringolade de François Fillon empêtré dans le Penelopegate. Mais, dans le même temps, on suspectait dans le caractère volatil de son électorat le critère qui pourrait le faire échouer en bout de course. Surtout, Emmanuel Macron, le pro-européen, le partisan de la mondialisation, le candidat trop frêle sur les sujets régaliens comme l'immigration, la sécurité ou le terrorisme surgi comme une épée de Damocles en fin de campagne, apparaissait vraiment à contre-courant des grandes tendances de l'époque et de la campagne. Et pourtant, il l'a menée à bien son incroyable opération. Apparu au devant de la scène politique il y a trois années à peine, érigé en leader d'un mouvement En marche ! sorti de nulle part il y a seulement un an, lancé dans la campagne avec moins de 10 % des intentions de vote, il a réussi son pari : créer une figure politique crédible pour présider la France, transcender le vieux clivage gauche-droite honni par beaucoup et figurer comme le meilleur rempart contre l'extrême droite. C'est inédit et cela questionne évidemment le rôle des familles politiques traditionnelles dans les démocraties européennes, même si on pourra opposer que le candidat central à défaut d'être centriste a bénéficié de circonstances pour le moins particulières.
La candidature de tout responsable du PS, on le savait, allait être entravée par le bilan médiocre de la présidence de François Hollande. Celle de Benoît Hamon a pâti en plus de l'incapacité du frondeur de recentrer son discours pour rassembler les troupes socialistes et se soustraire à la comparaison désavantageuse avec un Jean-Luc Mélenchon, bien plus habile technicien. Face au même bilan présidentiel, la candidature de François Fillon, sorti triomphant des primaires, était vouée à une victoire aisée. L'ancien premier ministre a lamentablement gâché cette perspective par des pratiques controversées longtemps occultées, par une défense calamiteuse une fois qu'il fut mis en cause et, politiquement, par son incapacité, lui aussi, à recentrer un projet trop libéral et trop conservateur pour séduire l'électorat de centre-droit.
IL L'A FAIT. EMMANUEL MACRON EST DÉSORMAIS LE GRAND FAVORI POUR SUCCÉDER À FRANÇOIS HOLLANDE À LA PRÉSIDENCE DE LA FRANCE.
Avec l'élimination du second tour des deux grands piliers de la démocratie française, l'élection présidentielle française 2017 revêt un caractère historique. Elle annonce l'entrée de la France dans une nouvelle ère qui recèle encore beaucoup d'incertitudes. Car l'autre événement qui la caractérise est l'accession - attendue - de Marine Le Pen pour la deuxième manche le 7 mai. Le 21 avril 2002, le précédent de Jean-Marie Le Pen avait résonné comme un coup de tonnerre. Cette année, c'est la non-qualification de sa fille qui aurait créé l'événement. Preuve que l'opération de dédiabolisation du Front national voulue par sa présidente a incontestablement porté ses fruits. D'autant plus que si les sondages qui en France, n'ont pas été pris en défaut, prédisent un succès de Macron face à elle, ils lui promettent aussi une marge de progression de 15 à 20 points au second tour. La prudence est donc de mise avant de formuler tout pronostic. Néanmoins, l'avance du candidat d'En marche ! au premier tour, la persistance, même s'il est mis à mal, d'un front républicain et les inquiétudes que provoquent certains points du programme du FN même auprès des perdants de la mondialisation plaident en faveur de la victoire d'Emmanuel Macron.
Pour autant, celui que l'on accuse parfois de "populisme des élites" aurait tort de croire la victoire assurée dans quinze jours face à la reine du populisme de droite. Pour Emmanuel Macron, c'est peu dire que le travail ne fait que commencer 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OH YES HE CAN 

“Plus jeune que  John F. Kennedy, plus libéral que Tony Blair, plus européen que Gerhard Schröder » (FAZ) Emmanuel Macron est le chouchou des Français : « Je veux être président, je vous ai compris, je vous aime. »
Tout est dit en une phrase, comme l’observa Anne Fulda et on relèvera la référence au Général et les deux bras tendus en V. 
« L'élection présidentielle française 2017 annonce l'entrée de la France dans une nouvelle ère qui recèle encore beaucoup d'incertitudes : l'opération de dédiabolisation du Front national voulue par sa présidente a incontestablement porté ses fruits. Pour autant, celui que l'on accuse parfois de "populisme des élites" aurait tort de croire la victoire assurée dans quinze jours face à la reine du populisme de droite. Pour Emmanuel Macron, c'est peu dire que le travail ne fait que commencer »
C’est dire si le pari d’Emmanuel Macron est carrément gaullien, façon 18 juin 1940. Comme le Général, il se dresse contre le lepénisme, une nouvelle version du pétainisme, comme lui en 1958 il a mis les grands partis au tapis.
Tout peut arriver au cours des deux semaines qui nous séparent du second tour. Mais surtout, quelle sera l’issue des élections législatives, la fameux troisième tour ?
La droite va se mobiliser autour d’un nouveau leader, probablement le sémillant François Baroin, candidat  à une probable cohabitation, laquelle rappellerait la formule de la grande coalition allemande CDU-SPD. « On », c’est-à-dire tous les Européen de cœur et de conviction lui souhaite bonne chance et surtout de relancer le puissant moteur franco allemand.  « Nichst ist unmöglich für das Wunderkind Macron ».
„Pourvou que ça doure !“
MG

NICHTS IST UNMÖGLICH FÜR DAS WUNDERKIND
FAZ
Jünger als John F. Kennedy, liberaler als Tony Blair, europäischer als Gerhard Schröder: Emmanuel Macron scheint an diesem Abend alle zu überstrahlen. Doch im Lager von Marine Le Pen jubeln deren Anhänger genauso siegesgewiss. 



© EPAEmmanuel Macron, parteiunabhängiger Kandidat, ist der Gewinner des ersten Wahlabends

Der Jubel will nicht abebben. In der Halle 5 des Pariser Messegeländes an der Porte de Versailles liegen sich die Anhänger Emmanuel Macrons in den Armen, hüpfen vor Freude. Es sind viele junge Leute dabei, sie tragen blaue, gelbe oder rosafarbene T-Shirts mit der Aufschrift „Emmanuel Macron Président!“, die am Eingang verteilt worden waren. „Macron Président“, schallt es immer wieder, der Saal scheint nur noch einen Gewinner zu kennen. „Als wir ,En marche‘ gegründet haben, sagten alle, das ist unmöglich. Wir haben gezeigt, dass nichts unmöglich ist“, sagt Gérard Collomb, der Bürgermeister von Lyon und politische Mentor Macrons im Fernsehen. Der Saal jubelt. An diesem Abend scheint es tatsächlich, dass nichts unmöglich ist.

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