mercredi 31 mai 2017

Pourquoi le ton est monté d'un cran entre Trump et Merkel

La Libre
AFP

Le ton est encore monté d'un cran mardi entre Angela Merkel et Donald Trump qui a lancé une virulente charge contre l'Allemagne, la tension entre les deux pays atteignant un niveau inédit dans l'histoire récente.
Depuis la fin du sommet du G7 en Sicile, où le président américain a fait cavalier seul, en particulier sur la question du climat, la chancelière allemande ne mâche plus ses mots sur la politique du nouveau locataire de la Maison Blanche.
Comme souvent, Donald Trump a choisi Twitter pour lancer la riposte.
"Nous avons un ENORME déficit commercial avec l'Allemagne, en plus elle paye BIEN MOINS qu'elle ne le devrait pour l'Otan et le secteur militaire. Très mauvais pour les USA. Ca va changer", a-t-il lancé.
Une heure plus tôt, Angela Merkel, connue pour choisir ses mots avec attention, avait jugé "extrêmement important" que l'Europe devienne un "acteur qui s'engage à l'international" notamment en raison de l'évolution de la politique américaine.
La chancelière a certes souligné que la relation transatlantique était "d'une importance primordiale", mais, a-t-elle ajouté, "compte tenu de la situation actuelle, il y a encore plus de raisons pour lesquelles nous devons en Europe prendre notre destin en main.
Son ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel était allé plus loin lundi, estimant que les actions du président américain avaient "affaibli" l'Occident et accusant sa politique d'être contraire "aux intérêts de l'Union européenne".
Mme Merkel, comme d'autres dirigeants européens, ont par le passé insisté sur la nécessité pour l'UE de s'affirmer sur la scène internationale pour mieux défendre ses intérêts.
Mais jusqu'ici, la mise en place d'une action diplomatique européenne a achoppé sur les prérogatives des Etats membres en la matière et leurs réticences à abandonner des pans de souveraineté dans ce domaine régalien.
Ces tensions ne sont pas nouvelles. Dès le jour de l'élection de l'homme d'affaires, la chancelière avait signifié à Donald Trump qu'il devait se tenir aux valeurs des démocraties occidentales après une campagne marquée par les dérapages et les controverses.
Avant et après son élection, le président américain ne s'était pas privé non plus d'attaquer l'Allemagne, menaçant en particulier d'instaurer des taxes douanières en représailles face aux excédents commerciaux allemands.
LE TOURNANT DU G7
Mais le sommet du G7 de Taormina pourrait marquer un tournant.
Dans un contraste saisissant avec d'autres dirigeants européens - notamment le président français Emmanuel Macron, qui avait décrit Donald Trump comme "quelqu'un d'ouvert", qui a "la volonté de progresser avec nous" - Angela Merkel avait déploré la teneur des discussions qui avaient abouti à un "six contre un".
Reste à déterminer quelles seront les conséquences de cette escalade verbale sur les relations entre les deux géants économiques.
Peu avant le tweet matinal de Donald Trump, la ministre allemande de l'Economie, Brigitte Zypries, s'était efforcée de minimiser l'importance du locataire de la Maison Blanche sur le sujet de l'excédent commercial allemand.
"Je fais une différence entre le président américain Trump et ceux qui ont aussi leur mot à dire aux Etats-Unis, comme les ministres, les gouverneurs et le Congrès", avait-elle lancé sur la radio publique NDR.
"L'Allemagne reste favorable à un commerce libre et ouvert, les entreprises allemandes veulent continuer à investir aux Etats-Unis et à y créer des emplois", avait-elle ajouté, soulignant que les Etats-Unis n'avaient aucune raison de craindre que les entreprises allemandes détruisent des emplois dans le pays.
Donald Trump et Angela Merkel ont d'ores et déjà une nouvelle rencontre en vue: elle aura lieu lors du sommet du G20, début juillet, à Hambourg.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TRUMP : UNE CHANCE POUR L’EUROPE

« America first » est en train de créer à son endroit une crispation des principaux leaders nationaux d’Europe. Cette fronde qui est loin d’être générale- on ignore tout de l’avis des Polonais, des Hongrois, des Slovènes, des Lithuaniens…Ce qui est sûr, c’est que le bras de fer entre Trump et Merkel fait pousser chez Mutti et ses ministres de puissantes ailes européennes. C’est un moment important dans la reprise du processus d’unification du vieux continent.
Il se pourrait bien que Poutine tire avantage de cette situation imprévisible il y a encore un an. La chancelière aura-t-elle le front de faire campagne sur le thème de l’Europe, comme Macron dont elle semble beaucoup apprécier l’engagement très européen ?
Ce dernier, sans se fâcher avec Trump mais en montrant une certaine fermeté à son endroit a surtout réussi à amadouer Vladimir Poutine reçu en grande pompe à Versailles et au Grand Trianon modernisé par de Gaulle pour les hôtes de prestige de la France. Lui aussi doit faire face à une réélection et les sanctions americo-européenne à son endroit plombent son économie et à fortiori sa popularité. En jouant la carte Fillon/Le Pen dans ce dessein avoué, le Russe a fait fausse route et le rapprochement avec Trump ne s’avère pas aussi payant que prévu à l’origine. « America first » est en train d’induire « Europe first » et, sauf Jean Luc Mélanchon et Marine Le Pen, on ne s’en plaindra pas. Les Anglais surtout vont s’en mordre les doigts.
MG
 

lundi 29 mai 2017

Merkel: l'époque "où on pouvait compter les uns sur les autres est quasiment révolue"


AFP
La Libre

Angela Merkel a qualifié de "quasiment révolue" l'époque où la confiance prévalait, dans une apparente allusion à la relation entre l'Europe et les Etats-Unis, mise à rude épreuve lors du voyage en Europe du président américain Donald Trump.
"L'époque où nous pouvions entièrement compter les uns sur les autres est quasiment révolue. C'est mon expérience de ces derniers jours", a dit Mme Merkel lors d'un meeting à Munich, dans le Sud de l'Allemagne.
"Nous, Européens, devons prendre notre destin en main", a-t-elle ajouté. "Nous devons nous battre pour notre propre destin", a poursuivi la cheffe du gouvernement allemand, selon qui les relations avec le président français Emmanuel Macron doivent être d'autant plus étroites.
Angela Merkel s'exprimait dans la capitale bavaroise au lendemain d'un sommet du G7 (Allemagne, France, Italie, Japon, Canada, Etats-Unis, Royaume-Uni) à Taormina, en Sicile, où l'unité des sept pays parmi les plus riches du monde s'est brisée face à un Donald Trump refusant de s'engager en faveur de l'accord de Paris contre le réchauffement climatique.
La chancelière allemande avait d'ailleurs jugé les discussions de vendredi et samedi sur le climat "pas du tout satisfaisantes".
Au cours du premier voyage à l'étranger de sa présidence, M. Trump s'est également rendu à Bruxelles où il a infligé une sérieuse déconvenue à ses alliés de l'Otan en refusant de s'engager explicitement en faveur de leur défense collective.
Il y a aussi qualifié les pratiques commerciales des Allemands de "mauvaises, très mauvaises", selon l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AMERICA FIRST VERSUS EUROPE FIRST

Oncle Donald a déjeuné donc jeudi avec Philippe l’énigmatique et rencontré Charles, éternel éberlué. Il a échangé déjà avec les trois religions du livre et dialogué pour conclure avec le pape François, avatar très réussi de ce brave Don Camillo.  Sa longue prise de parole médiocre  sur l’islam nous rappela le lumineux discours du Caire d’Obama. Ce qui visiblement intéresse oncle Donald ce n’est pas tellement la paix au Moyen Orient mais plutôt les plantureux carnets de commande de l’Arabie Saoudite aux fabricants d’armes US : plusieurs centaines de milliards de dollar. De quoi créer, selon lui un million de jobs yankees.
Décidément, il est bon de savoir qu’il y a désormais un  Macron à l’Elysée. Son entrevue avec oncle Donald  fut franche, dit-on, et elle s’est conclue par une singulière poignée de main. Oncle Donald exige que ses « alliés » européens payent leur quote-part de l’OTAN, et que les Allemands cessent d’inonder le marché américain de millions de bagnoles made in Germany : America first.
Les Européens regrettent déjà l’ancien président qui à défaut de marcher sur les eaux était rassurant et convivial. L’avantage c’est que ceci cumulé à l’arrivée de Macron à l’Elysée resserre et réchauffe le lien franco- allemand et ranime le flambeau européen. "Nous, Européens, devons prendre notre destin en main déclara Angela  : Europe first, enfin.
MG 


MACRON SUR SA POIGNÉE DE MAIN AVEC TRUMP: «CE N’EST PAS INNOCENT»
Le Soir 


Les deux « nouveaux » présidents ont échangé une poignée de main insolite – longue et appuyée – ce jeudi à Bruxelles, sous l’œil des caméras du monde entier.
• © AFP

Dans un entretien publié ce dimanche dans l’hebdomadaire français le « Journal du Dimanche », Emmanuel Macron revient notamment sur sa poignée de main avec le président américain Donald Trump en marge de leur entrevue à Bruxelles. «  Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité  », a confié le président de la République française. «  Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus  », explique-t-il.
Les deux « nouveaux » présidents ont échangé une poignée de main insolite – longue et appuyée – ce jeudi à Bruxelles, sous l’œil des caméras du monde entier. La séquence a largement été reprise. Dans le « JDD », Emmanuel Macron constate également que «  Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l’invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c’est comme cela qu’on se fait respecter  ».

mercredi 24 mai 2017

Emmanuel Macron, philosophe.

Matthieu Mégevand, éditeur et écrivain
Le Temps 



Pour l’écrivain Matthieu Mégevand, le nouveau président français est pétri de philosophie. Le protestantisme de son maître à penser, Paul Ricœur imprègne son action. La dimension utopique en moins
«La politique et la pensée politique se construisent dans les plis, pour reprendre une formule de Gilles Deleuze. Les plis de la vie sont les moments où il y a une forme d’opacité assumée. C’est une bonne chose parce qu’on se construit dans l’obscurité. On peut lire, réfléchir, penser à autre chose, être plus en recul, c’est une nécessité.»
Il faut lire le passionnant entretien qu’a accordé Emmanuel Macron à l’hebdomadaire Le 1 (n° 64, 8 juillet 2015) pour comprendre à quel point la philosophie imprègne sa pensée et son action politique. Y sont invoqués pêle-mêle Aristote, Descartes, Kant, Hegel et, surtout, Paul Ricœur: le philosophe protestant mort en 2005 demeure en effet la figure tutélaire du nouveau président de la République française.
Et pour cause: en 1999, alors jeune étudiant à Sciences Po, Emmanuel Macron devient l’assistant éditorial de Ricœur et l’aide à finaliser son ouvrage La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli, qui paraîtra l’année suivante au Seuil. Au contact du célèbre exégète, c’est toute sa pensée qui se modifie. «Paul Ricœur m’a rééduqué sur le plan philosophique», confesse-t-il.
En plus de ce dialogue fécond et formateur, Emmanuel Macron a également suivi les cours d’Etienne Balibar, disciple d’Althusser, et a consacré un DEA à Hegel. C’est dire si le parcours de celui dont on retient surtout le passage à la banque Rothschild et au Ministère de l’économie et des finances dépasse la formation classique et technicienne des agents de l’Etat, et suppose une profondeur d’analyse inédite pour un homme politique de cette importance.
LA DIALECTIQUE MACRONIENNE
Mais comment, concrètement, se maintiennent et se manifestent les acquis philosophiques d’Emmanuel Macron dans sa pensée politique actuelle? C’est auprès de Ricœur que la filiation semble la plus patente. Olivier Abel, éminent spécialiste du penseur protestant, souligne l’importance du «et en même temps» qui imprègne l’action politique du nouveau président. «Vouloir par exemple en même temps la libération du travail et la protection des plus précaires, cette manière d’introduire une tension soutenable entre deux énoncés apparemment incompatibles, est vraiment très ricœurienne», explique-t-il.
Ce pragmatisme, que certains ont jugé mou ou, pire encore, hypocrite, s’inscrit plutôt dans une articulation constante entre ce qu’on appelle l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité
C’est ainsi cette volonté de n’être ni de droite ni de gauche, mais «en même temps» l’un et l’autre, non pas au sens de faire fusionner deux entités présumées inconciliables pour les annihiler, mais bien plutôt de les faire dialoguer dans une pensée critique pour en retirer ce qu’il y a de plus fécond, qui marque la démarche d’Emmanuel Macron.
Ce pragmatisme, que certains ont jugé mou, inconsistant ou, pire encore, hypocrite, s’inscrit plutôt dans une articulation constante entre ce qu’on appelle l’éthique de conviction, c’est-à-dire la volonté utopique et idéale, et l’éthique de responsabilité, c’est-à-dire l’application réalisable de cette volonté dans l’histoire. «Je ne crois ni à la dissolution de l’éthique dans le politique, sous peine de machiavélisme, ni à l’intervention directe de l’éthique dans le politique, sous peine de moralisme», disait déjà Ricœur dans une conférence en 1967. En termes macroniens? Ne renoncer ni à une meilleure flexibilité de l’économie (éthique de responsabilité) ni au besoin (idéal) d’égalité et de justice sociale pour tous (éthique de conviction).
IDENTITÉ PLURIELLE
Autre influence philosophique de Ricœur sur Emmanuel Macron, sa conception de l’histoire et de la culture. Pour le philosophe protestant, en effet, «il faut savoir faire mémoire de toutes les traditions qui se sont sédimentées». C’est ce qui semble animer Macron lorsqu’il refuse le débat sclérosant sur l’identité nationale et propose plutôt une vision plurielle des cultures qui l’amène à dire, sous les cris d’orfraie de (l’extrême) droite: «ll n’y a pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple.»
C’est la même idée qui l’amène encore à parler de «crime contre l’humanité» à propos de la colonisation en Algérie. Paul Ricœur ne disait-il pas déjà dans La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli – justement l’ouvrage sur lequel a travaillé Macron – que «le devoir de mémoire est le devoir de rendre justice, par le souvenir, à un autre que soi»?
Enfin, influence philosophique profonde de Ricœur sur le nouveau président, le libéralisme: «Si le terme de «libéralisme politique» pouvait être sauvé du discrédit où l’a plongé la proximité avec le libéralisme économique, il dirait assez bien ce qui doit être dit: que le problème central de la politique, c’est la liberté; soit que l’Etat fonde la liberté par sa rationalité, soit que la liberté limite les passions du pouvoir par sa résistance.» Cette inscription chez Ricœur de la liberté comme boussole qui oriente la gouvernance est au cœur du programme – et souvent des discours – d’Emmanuel Macron.
PRAGMATISME AUSTÈRE
Mais peut-être est-ce dans l’application concrète de ce libéralisme qu’une tension, et sans doute une véritable divergence, entre Ricœur et Macron intervient. Là où le premier a toujours tenu à ce que le poids de l’économie soit contrebalancé par d’autres sphères (culturelles, sociales, etc.), le second paraît plus concentré, voire obsédé, par le prisme économique, budgétaire et financier comme principal moteur politique.
Et là où Ricœur a toujours plaidé pour une dose d’«utopie» qui donne un but à la conduite des affaires humaines, Macron semble opter pour un pragmatisme plus austère qui exclut tout idéal (réduire le chômage peut-il constituer un horizon ultime d’espérance?).
Sans doute le nouveau président de la République devrait-il ne pas oublier l’une des plus importantes carences de l’homme moderne, et que Ricœur avait si bien identifiée: «Si les hommes manquent certes de justice, et d’amour, sûrement, ce dont ils manquent surtout, c’est de signification.»

EMMANUEL MACRON, LE ROMAN D'UN PRÉSIDENT
Météore politique, Emmanuel Macron a parsemé son ascension éclair de références littéraires et philosophiques. Féru de lectures depuis son adolescence, le nouveau chef de l’Etat français s’est installé dimanche à l’Elysée en président plus romanesque que jamais
Certains destins sont façonnés par un échec. Celui du nouveau président français a sans doute pris son envol ici, à l’ombre de cette place du Panthéon où il débarque en classe de terminale à la rentrée scolaire 1995, recommandé par celle qui deviendra sa femme et dont il avait suivi avec passion l’atelier de théâtre au Lycée La Providence d’Amiens: Brigitte Trogneux-Auzière.
Pour tout élève débarqué de province, passer son baccalauréat au Lycée parisien Henri-IV a valeur de tremplin. Les classes préparatoires littéraires de khâgne et hypokhâgne du prestigieux établissement forment un annuaire de futurs agrégés.
L’itinéraire du jeune Macron, ce «petit génie» signalé à Brigitte Trogneux par sa fille Laurence – scolarisée dans la même classe – est alors programmé: deux années de «prépa», puis l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, à deux pas de ce mausolée républicain marqué, en son fronton, de la fameuse devise: «Aux grands hommes, la patrie reconnaissante». Trente ans plus tôt, monté des Landes pour atterrir au Lycée Louis-le-Grand, Alain Juppé a réussi ce même parcours sans faute, pour intégrer ensuite l’Ecole nationale d’administration (ENA). Mais le «prodige» Macron échoue. A deux reprises, la qualité de ses écrits et ses versions latines ne lui permettent pas de réussir au concours de «Normale», ce Graal académique. Le rêve de sa grand-mère «Manette», ancienne institutrice qui lui inculqua l’amour de la lecture, restera inachevé…
«LA CONNAISSANCE EST LE PLUS BEL OUTIL DE LA DÉMOCRATIE»
Emmanuel Macron et les livres. Plus qu’un choix, un mode de vie et une certaine façon d’appréhender la politique. Dernier meeting de campagne avant le second tour, en cet après-midi du 1er mai 2017 qui le voit, à une banlieue de distance, défier son adversaire Marine Le Pen. A La Villette, le candidat d’En marche! fait face à plus de vingt mille personnes. Son refrain présidentiel? «Nous devons respecter le savoir, la connaissance, les livres. La littérature est l’un des moteurs de notre bienveillance», lâche-t-il devant la foule, qui l’acclame en retour. Pendant ce temps, à Villepinte, la candidate FN éructe sur l’identité et promet à nouveau de revenir au franc.
L’un vante l’écrit et la complexité. L’autre rêve de solutions simples. «En 1968, certains, dont Dany Cohn-Bendit qui me soutient aujourd’hui, mirent en cause Paul Ricœur qui enseignait à l’Université de Nanterre, risque Emmanuel Macron, tout sourire devant ses électeurs. Or ce dernier leur répondit d’une phrase: je ne mérite pas votre respect parce que je suis le plus âgé, mais simplement parce que j’ai lu plus de livres. Parce que la connaissance est le plus bel outil de la démocratie.»
DISCIPLE DE PAUL RICŒUR
S’il fallait un fil rouge pour décoder la pensée du nouveau chef de l’Etat français, la revue Esprit pourrait en faire office. A la fin des années 1990, une fois digéré son échec à «Normale» et tandis qu’il patiente sur les bancs de Sciences Po avant de préparer l’ENA, Emmanuel Macron planche sur le théoricien du pouvoir par excellence: Machiavel. Pour sa maîtrise de philosophie, l’étudiant s’est rapproché de Paul Ricœur, le philosophe alors octogénaire, dont il deviendra vite le disciple et l’une des «petites mains». Fait important: Ricœur le protestant est un habitué du comité de rédaction d’Esprit, revue fondée en 1932 par l’intellectuel catholique personnaliste Emmanuel Mounier. C’est à Esprit que Paul Ricœur livre, en août 2000, un dossier sur «l’histoire et la mémoire» que son étudiant prodige a contribué à rédiger. Le choix est éloquent.
L’accent est mis, déjà, sur l’importance des hommes, capables de s’imposer aux circonstances. Le déterminisme marxiste de la lutte des classes est rejeté. Le fantôme de Jean-Paul Sartre, qui lui aussi fut un élève d’Henri-IV, semble définitivement évanoui. «Bien que formé par les jésuites d’Amiens, Emmanuel a une approche très protestante de la philosophie et de la vie, juge un de ses anciens condisciples de l’ENA, promotion Léopold Sédar Senghor. Il croit au travail et à la réussite. Ses personnages fétiches de la littérature ne sont pas des perdants, mais des hommes fiers, capables de servir de modèles.» 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«IL N’Y A PAS UNE CULTURE FRANÇAISE, IL Y A UNE CULTURE EN FRANCE, ELLE EST DIVERSE, ELLE EST MULTIPLE.» 

Le nouveau président français est pétri de philosophie : un vrai roi philosophe à la mode de Platon ? Non, à la mode de Ricoeur et sans doute aussi de Machiavel dans la veine de François Mitterrand.
« Le protestantisme de son maître à penser, Paul Ricœur imprègne son action, La dimension utopique en moins ».
Paul Ricœur: le philosophe protestant mort en 2005 demeure la figure tutélaire du nouveau président de la République française.
«Paul Ricœur m’a rééduqué sur le plan philosophique».
Rééduqué ? Certes, il était passé par l’enseignement jésuite avant et par la férule subtile de Brigitte Trogneux.
Voilà qui explique une profondeur d’analyse précieuse pour un homme politique de cette importance.
Olivier Abel, éminent spécialiste du penseur protestant, souligne l’importance du «et en même temps» qui imprègne l’action politique du nouveau président. C’est très « moranien » et participe d’une passion pour la complexité.  «Vouloir par exemple en même temps la libération du travail et la protection des plus précaires, cette manière d’introduire une tension soutenable entre deux énoncés apparemment incompatibles, est vraiment très ricœurienne», explique-t-il.
Elle s’inscrit en vérité dans une articulation constante entre ce qu’on appelle l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité chères à Max Weber.
Ainsi s’éclaire la volonté du leader d’En marche de n’être ni de droite ni de gauche, mais «en même temps» l’un et l’autre. Non pas au sens de faire fusionner deux entités présumées inconciliables pour les annihiler, mais bien plutôt de les faire dialoguer dans une pensée critique pour en retirer ce qu’il y a de plus fécond. C’est ce jeu dialectique, qui marque la démarche originale d’Emmanuel Macron. Et c’est ce qui plait à un lectorat jeune qui entend dépasser l’obsession très française du déclinisme et du désenchantement. Macron veut sortir enfin les Français du traumatism collectif de la défaite mal digérée de juin 40. De Gaulle déjà s’y était employé, vainement.
Le pragmatisme « macronien », s’inscrit dans une articulation constante entre une volonté de réforme (éthique de conviction) et l’application réalisable de cette volonté dans l’histoire (éthique de la responsabilité).
«Je ne crois ni à la dissolution de l’éthique dans le politique, sous peine de machiavélisme, ni à l’intervention directe de l’éthique dans le politique, sous peine de moralisme», (Ricœur, 1967). En termes macroniens? Ne renoncer ni à une meilleure flexibilité de l’économie (éthique de responsabilité) ni au besoin (idéal) d’égalité et de justice sociale pour tous (éthique de conviction).
Autre influence philosophique de Ricœur sur Emmanuel Macron : sa conception de l’histoire et de la culture. Pour le philosophe protestant, en effet, «il faut savoir faire mémoire de toutes les traditions qui se sont sédimentées». C’est ce qui semble animer Macron lorsqu’il refuse le débat sclérosant sur l’identité nationale et propose plutôt une vision plurielle des cultures qui l’amène à dire, sous les cris d’orfraie de (l’extrême) droite: «ll n’y a pas une culture française, il y a une culture en France, elle est diverse, elle est multiple.»
Voilà qui fit les choux gras de Marine le Pen. Ils lui seront resservis froids aux municipales ainsi qu’à ses fans qui peuplent la France profonde, la France des châteaux et des campagnes comme dirait Fillon. La dynamique macronienne est mondialiste, universaliste et foncièrement cosmopolite ce qui exaspère la France régalienne et identitaire.
Ultime influence philosophique profonde de Ricœur sur le nouveau président, le libéralisme: «Si le terme de «libéralisme politique» pouvait être sauvé du discrédit où l’a plongé la proximité avec le libéralisme économique, il dirait assez bien ce qui doit être dit: que le problème central de la politique, c’est la liberté; soit que l’Etat fonde la liberté par sa rationalité, soit que la liberté limite les passions du pouvoir par sa résistance.» Cette inscription chez Ricœur de la liberté comme boussole qui oriente la gouvernance est au cœur du programme – et souvent des discours – d’Emmanuel Macron.
Mais peut-être est-ce dans l’application concrète de ce libéralisme qu’une tension, et sans doute une véritable divergence, entre Ricœur et Macron intervient. Là où le premier a toujours tenu à ce que le poids de l’économie soit contrebalancé par d’autres sphères (culturelles, sociales, etc.), le second paraît plus concentré, voire obsédé, par le prisme économique, budgétaire et financier comme principal moteur politique.
Là où Ricœur a toujours plaidé pour une dose d’«utopie» qui donne un but à la conduite des affaires humaines, Macron semble opter pour un pragmatisme plus austère qui exclut tout idéal (réduire le chômage peut-il constituer un horizon ultime d’espérance?).
Ricœur : avait si bien identifiée: «Si les hommes manquent certes de justice, et d’amour, sûrement, ce dont ils manquent surtout, c’est de signification.»
Emmanuel Macron a  planché sur le théoricien du pouvoir par excellence: Machiavel.
«Bien que formé par les jésuites d’Amiens, Emmanuel a une approche très protestante de la philosophie et de la vie, juge un de ses anciens condisciples de l’ENA, promotion Léopold Sédar Senghor. Il croit au travail et à la réussite. Ses personnages fétiches de la littérature ne sont pas des perdants, mais des hommes fiers, capables de servir de modèles.»
Ce président qui aime les livres et ses classiques, comme Pompidou et Mitterrand a compris qu’ils permettent de séduire.
François Hollande, qui le prit sous son aile comme conseiller, a toujours adoré les «gazettes».  La presse est, aux yeux de Macron, bien trop fugace. Il pense, comme le disait de Gaulle, que les «journalistes ont l’esprit d’anecdote». Le nouveau chef de l’Etat  a besoin, bien au-delà d’un article, de «dérouler sa pensée».
«Macron est l’archétype du politique qui puise ses rapports de force dans la littérature. »
Son livre Révolution, dont la quatrième de couverture est ornée de sa photo, n’a cependant pas de hauteur littéraire.
La précocité du nouvel occupant de l’Elysée n’empêche pas maints observateurs dont nous sommes de tirer également un parallèle avec le général de Gaulle. De Gaulle, lorsqu’on le rappela, était rompu aux affaires tandis que Macron y est largement novice.
L’un et l’autre font voir un chef sans parti, peu porté à estimer le monde parlementaire ordinaire et les magouilles des partis. S’illusionner sur le potentiel d’En marche! risque d’être fatal au président fraîchement intronisé d’autant qu’il n’a pour l’essentiel pas été élu pour lui-même mais contre son adversaire principal.
Macron aura fort à faire. Il serait imprudent que le nouveau président  attende le résultat des élections législatives imminentes pour s’y atteler. Wait and see. Obama avait lui aussi commencé-« yes he can »- par marcher sur les eaux pour-« no he couldn’t »- par couler à pic ou presque. 




dimanche 21 mai 2017

"Questions d'islam" : en lutte contre la crétinisation des esprits


Ghaleb Bencheikh "Questions d'Islam" (Batel/ Sipa) 

L'animateur de "Questions d'islam" sur France Culture combat avec intelligence les faux discours et les idées reçues sur la deuxième religion de France. Eclairant.
  Nebia Bendjebbour Obs
Depuis avril 2016, Ghaleb Bencheikh a succédé à Abdelwahab Meddeb, décédé deux ans plus tôt, et à Abdennour Bidar à la tête de "Cultures d'islam" sur France Culture. Mais l'islamologue et docteur en sciences a changé le titre de l'émission, devenue "Questions d'islam". Il explique :
Nous ne nous confinons plus seulement à la culture. Désormais, nous abordons également les questions spirituelles, cultuelles, religieuses, théologiques et sociétales".
Chaque semaine, donc, un philosophe, un historien, un psychanalyste ou un universitaire vient discuter d'un thème. "Il ne s'agit pas d'un débat. J'évite l'actualité immédiate sauf lors d'événements majeurs comme les commémorations des attentats du 13 novembre. J'ai alors invité la sénatrice Bariza Khiari pour parler d'islam et République." "Questions d'islam", émission rigoureuse, traite de sujets pointus. Ghaleb Bencheikh s'est lancé comme défi de rehausser les propos sur l'islam et la civilisation islamique :
C'était une civilisation impériale. Il faut mettre l'accent sur la période dite de l'humanisme d'expression arabe en contexte islamique. Etudier et essayer de comprendre pourquoi, après elle, il y a eu une régression terrible, s'interroger sur la façon de sortir d'une violence qui paraît aujourd'hui endémique. Et tordre le cou aux idées reçues, non pas auprès des non musulmans, mais aussi chez les prétendument musulmans, qui versent hélas dans ce rigorisme que j'appelle la crétinisation des esprits."
Ghaleb Bencheikh aborde aussi bien le scoutisme islamique que Daech ou la chanteuse Oum Kalsoum ainsi que tout ce qui a trait à l'islam avec des sommités comme Gérard Fellous, Jacques Huntzinger, Mahmoud Hussein ou encore l'artiste peintre algérien Rachid Koraïchi. "J'en ai marre d'entendre, de voir, de subir l'idée que l'islam serait ou est synonyme de médiocrité et de nivellement par le bas. Burka, voile, terreur…
Malheureusement, les médias dits mainstream ne sont que dans cette logique et se focalisent sur le vil, le pervers, le maladif, le négatif. Si nous pouvions, un tant soit peu, réparer, rattraper, nous le ferons. Ai-je tort ? Je n'en sais rien, peut-être. Mais je veux, sans élitisme, contrebalancer les idées reçues qui collent à la peau de l'islam et des musulmans, sans pour autant jouer au redresseur de torts. Si l'émission - qui ne se veut pas un lieu de crypto-catéchèse - contribue à éveiller la curiosité, à oser penser par soi-même, alors ma mission sera remplie."
Celui qui présente également l'émission "Islam" sur France 2, le dimanche matin, insiste : "Avant de s'ouvrir sur le monde, sur les sagesses des autres, avant d'être apaisé soi-même, il faut bien connaître sa foi, son histoire, son patrimoine, et les marier avec intelligence - celle, hybride, du cœur et de l'esprit - aux valeurs de la République et de l'humanisme. La religion est devenue un refuge identitaire, une régression tragique, se désole-t-il. Nous devons détruire la maladie de l'obscurantisme."
"Questions d'islam", le dimanche, à 7h05 sur France Culture.

Nebia Bendjebbour, Journaliste


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« S'INTERROGER SUR LA FAÇON DE SORTIR D'UNE VIOLENCE QUI PARAÎT AUJOURD'HUI ENDÉMIQUE. » 

« "J'en ai marre d'entendre, de voir, de subir l'idée que l'islam serait ou est synonyme de médiocrité et de nivellement par le bas. Burka, voile, terreur…
Il faut tordre le cou aux idées reçues, non pas auprès des non musulmans, mais aussi chez les prétendument musulmans, qui versent hélas dans ce rigorisme que j'appelle la crétinisation des esprits." Malheureusement, les médias dits mainstream ne sont que dans cette logique et se focalisent sur le vil, le pervers, le maladif, le négatif. Si nous pouvions, un tant soit peu, réparer, rattraper, nous le ferons. Ai-je tort ? Je n'en sais rien, peut-être. Mais je veux, sans élitisme, contrebalancer les idées reçues qui collent à la peau de l'islam et des musulmans, sans pour autant jouer au redresseur de torts. Si l'émission - qui ne se veut pas un lieu de crypto-catéchèse - contribue à éveiller la curiosité, à oser penser par soi-même, alors ma mission sera remplie."
"Avant de s'ouvrir sur le monde, sur les sagesses des autres, avant d'être apaisé soi-même, il faut bien connaître sa foi, son histoire, son patrimoine, et les marier avec intelligence - celle, hybride, du cœur et de l'esprit - aux valeurs de la République et de l'humanisme. La religion est devenue un refuge identitaire, une régression tragique, se désole-t-il. NOUS DEVONS DÉTRUIRE LA MALADIE DE L'OBSCURANTISME." Ghaleb Bencheikh
Qu’on ne s’y trompe pas, ce discours trop rarement dispensé et très peu entendu est le fondement de toute démarche interconvictionnelle. Tout dialogue inter-culturel digne de ce nom doit se fonder non pas sur une adhésion aveugle et inconditionnelle du point de vue de l’autre mais sur le respect de celui-ci sans déroger à nos propres valeurs et engagement.
Certes, le religieux est de retour dans le monde, « God is back » même si les Européens, assez  largement sécularisés, s’en rendent assez mal compte.
« Le choc des civilisations », la géniale intuition de Huntington, s’observe partout dans le monde et même chez nous où l’islamisme rampant et le néo-évangélisme conquérant sont omniprésents. Le dialogue des cultures et des religions s’efforcent de s’en accommoder sans parvenir à faire reculer les intégrismes. Seul un dialogue entre humanistes des différents courants religieux et philosophiques est, selon nous,  de nature en faire reculer le radicalisme et le fanatisme religio-identitaire. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à « vivre ensemble » mais il devient urgent de tenter de « construire ensemble ». Il se pourrait qu’en Belgique, cet éternel prototype de l’avenir, s’observe et se construise une sorte de de laboratoire des rencontres. « It always seems impossible until it is done” (Mandela). Mais cela suppose un socle partagé, un véritable dénominateur commun de valeurs comme l’a si bien montré le Hollandais Paul Cliteur dans un livre qui mériterait d’être traduit : « moreel esperanto ».
Mais attention de ne pas tout réduire à un socle commun émasculé et fadasse. Dans tous les cas de figure, il importe que la loi civile prenne le pas sur la loi religieuse et non l’inverse, comme en rêvent les radicaux islamistes qui gagnent du terrain. Il faut à tous prix que l’esprit critique empêche que le religieux se substitue à l’identitaire (et inversement). Il est essentiel que la diversité soit ressentie comme une richesse, non comme une menace. Dialoguer donc dans le respect mais pourquoi faire ? Dialogue-on avec les fanatisés ? Tout dialogue suppose et implique une « éthique du dialogue » et de la bonne foi partagés. C’est à dire le contraire de ce que suggère un T. Ramadan quand il proclame « nous (les musulmans) sommes ici pour changer la société ». 
Jürgen Habermas suggère une piste séduisante dont DiverCity se fait volontiers le relais:  « Au lieu d’imposer à tous les autres une maxime dont je veux qu’elle soit une loi universelle, je dois soumettre ma maxime à tous les autres afin d’examiner par la discussion sa prétention à l’universalité. Ainsi s’opère un glissement : le centre de gravité ne réside plus dans ce que chacun souhaite faire valoir, sans être contredit, comme étant une loi universelle, mais dans ce que tous peuvent unanimement reconnaître comme une norme universelle »
Cela exige de la part de chacun un formidable effort d’humilité et de pédagogie que l’on perçoit certes dans le chef Ghaleb Bencheikh le signataire de cette contribution mais qui demeure hélas très marginal.  Il s’agit donc bien d’opposer un môle puissant au raz de marée de l’islam salafiste et hégémonique des pétro dollars commandité par l’Arabie saoudite largement relayé et financé par la grande mosquée de Bruxelles et ses satellites. Qu’on ne s’y trompe pas l’Islam est pluriel à défaut d’être pluraliste et volontiers « englobant » (T. Ramadan).
Il s’agit non seulement de construire ensemble mais aussi de « vivre avec » (T. Gergely) plutôt que de « vivre ensemble » passivement en supportant (je n’ai pas dit « tolérant » sorte de condescendance à l’être de l’autre ) les différences et les questions qui fâchent. Il s’agit, bien au contraire, de reconnaître l’autre non pas « malgré » ses différences mais « à cause » d’elles : apprendre à le connaître, à comprendre ses paradigmes, son être au monde. Appréhender ce que pense l’autre et comment il agit est comme une offre d’armistice, ce ne saurait donc être en aucune  manière une tentative  de lui imposer « ma » manière d’être au monde (assimilation). Il ne s’agit pas d’opposer, ni d’imposer les identités-certaines sont meurtières-  mais d’envisager et de construire enfin des identités plurielles voire « entrelacées ». Ce qui toujours bloque dans un dialogue quand il fait long feu, c’est la revendication de l’autonomie absolue de l’un des protagonistes. Tout débat exige un dénominateur commun qui soit de caractère éthique, comme l’a si bien compris Paul Cliteur,  fût-ce sous la forme d’un consensus conflictuel.
Hormis une solide dose de respect mutuel, tout essai de dialogue ne peut que demeurer lettre morte. Il s’agit donc bien de sortir de l’ère du mépris pour entre dans celle de l’estime de l’autre. C’est sans doute la seule manière « de sortir d'une violence qui paraît aujourd'hui endémique. » Toute velléité d’inter, voire de trans-culturalisme, de cosmopolitisme franc est donc forcément et par nature un volontarisme ; une volonté de vouloir regarder avec l’autre vers un horizon partagé.
MG


jeudi 18 mai 2017

Gouvernement français : Françoise Nyssen, une Belge de naissance parmi les ministres


RÉDACTION WEB LA LIBRE (AVEC PHILIPPE DOUROUX, DE LA RÉDACTION DE LIBÉRATION)

Les membres du nouveau gouvernement français ont été présentés ce mercredi. Parmi eux, une Belge de naissance, Françoise Nyssen, qui hérite du portefeuille de la Culture.

Dans un portrait publié en février 2016, Libération, affirmait à propos de cette éditrice que, dans les bureaux d'Actes Sud à Arles, "on la retrouve facilement à la voix, à cette manière qu’elle a de saluer les uns et les autres, d’embrasser l’une ou l’autre, d’arrêter untel ou une telle pour lui présenter celui qui la suit avec difficulté dans sa cavalcade".
Françoise Nyssen est la fille unique d’Hubert Nyssen, homme venu de la pub. Belge de naissance, elle est élève au lycée français de Bruxelles, où elle ne se sent pas tout à fait à sa place. Elle habite loin et ne fréquente guère ses camarades, alors, elle lit, et lira beaucoup. Elle ne raconte pas l’histoire de l’éditrice en devenir qui déjà toute petite… d’ailleurs, elle devrait être médecin si l’école avait conforté sa confiance en elle au lieu de l’ébranler. "Je me suis dit que je ne saurais pas soigner les malades, c’est aussi simple que ça", dit-elle avec un peu, un tout petit peu de mélancolie dans la voix.
Son beau-père, l’homme avec lequel sa mère refait sa vie, René Thomas, généticien, l’entraîne dans des études de biologie moléculaire. Elle les abandonne avant d’achever un doctorat pour militer, au début des années 70, dans des associations de quartier s’opposant aux urbanistes qui rêvent de tracer des avenues. Vivant avec un cartographe, elle le quitte et quitte Bruxelles, puis se retrouve à Paris pour travailler quelques mois comme urbaniste dans un ministère ! Elle se sent en décalage horaire : "J’arrivais tôt, déjeunais trop tôt pour partir tôt et m’occuper de mes deux enfants…"
Quand, en 1978, son père lui dit qu’il cherche "quelqu’un", pour monter Actes Sud, elle se propose. Elle recale ses horaires à Arles et commence par les déclarations de TVA dont elle découvre l’existence. Hubert Nyssen, patriarche omnipotent qui tenait à s’installer en Provence, a l’intelligence de laisser se mettre en place une mécanique qui fonctionne encore. Sa fille découvre le métier d’éditrice, version livres de comptes, et croise Jean-Paul Capitani, un ingénieur agronome dont la famille d’immigrés italiens a fait sa place dans la ville. Un ami lui dit : "Vois-le, c’est l’homme de ta vie !" Il l’est devenu. Elle le fait rentrer à Actes Sud. Devant les banquiers, il sait y faire et ses garanties sont plus solides que les espoirs d’avoir un livre qui marche. Bougon, il râle parce qu’on perd du temps quand un exercice d’alarme incendie oblige les employés à descendre sur les bords du Rhône, alors que Françoise Nyssen en profite pour embrasser, saluer, présenter tout le monde à tout le monde.
Pour les livres, Hubert Nyssen apprend le métier à Bertrand Py. Un jour, Py, qui ne connaît rien au métier, a le culot de lui dire que cet ouvrage, qu’il a mis deux jours à lire ne connaissant l’italien que de loin, il le publiera à son compte si Actes Sud ne le fait pas. Actes Sud va publier et republier Tuta Blu . Là encore, Françoise Nyssen est trop bonne élève et s’efface : "Je ne suis pas éditrice. C’est Bertrand l’éditeur." Elle ne triche pas, au risque de faire oublier que c’est elle la patronne. En revanche, l’indépendance financière de la maison, voilà son œuvre et celle de son mari. "Un grand-père de Jean-Paul a vendu la bergerie de sa famille aux caves de Roquefort. Résultat, elle a disparu. Il ne faut jamais se faire racheter." Aujourd’hui, les locaux de la maison d’édition sont installés dans cette ancienne bergerie, rachetée à Roquefort.
Chez Françoise Nyssen, le monde est souvent "merveilleux". Elle emploie sans cesse le mot, comme s’il fallait le plaquer partout et à tout moment pour oublier ce jour où Antoine "est parti", où il s’est suicidé en février 2012. Antoine était le septième de la fratrie Nyssen-Capitani. Elle avait deux enfants, il en avait trois, ils en ont fait deux. Antoine était dyslexique, dyspraxique, "dys tout ce que vous voulez et… merveilleux". La voix s’affaisse un peu, le visage plonge quand il faut expliquer la présence des dessins de son enfant "différent" sur les murs ou sur les brochures d’Actes Sud. Ils disent la puissance de l’esprit quand il casse les règles du trait, mélange les photos et fait des collages de mots. En France, l’école publique et républicaine n’a pas pu ou pas voulu s’adapter. Françoise Nyssen n’accuse pas. "L’école n’est pas responsable", dit-elle sans y croire complètement. Et comme elle ne veut pas "se battre contre", elle a monté une structure qui aurait pu accueillir Antoine. Il suffit d’emprunter deux couloirs, d’en traverser un autre pour rejoindre l’école qui se trouve dans la chapelle au-dessus de la salle de concert. Une école dans une chapelle désaffectée dans laquelle on entreposait autrefois des ballots de laine, tout est normal, nous sommes dans le monde d’Actes Sud et des initiatives de Françoise Nyssen. Elle parle d’une monnaie locale, a repris l’Arbre à lettres, une librairie située rue du Faubourg-Saint-Antoine à Paris.
Un méchant bruit persistant l’agace et amène un peu de fermeté dans son propos. "Je ne suis pas l’héritière d’une situation. Ce que nous avons fait, nous l’avons fait ensemble avec Hubert, avec Bertrand, avec Jean-Paul." Simplement, depuis le retrait d’Hubert Nyssen, au début des années 2000 et plus encore depuis son décès en 2011, elle incarnait jusqu'à présent la maison d’édition dans laquelle sa fille est également entrée. Elle est désormais ministre.

En six dates
9 juin 1951 Naissance à Bruxelles
1978 Entrée à Actes Sud
Février 2012 Disparition d’Antoine, son fils
Septembre 2015 Ouverture de l’école le Domaine du possible
2015 Actes Sud remporte le Goncourt, le Goncourt du premier roman et le Nobel de littérature
2017 Nommée ministre de la Culture


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE PLACE POUR NKM ?

Ben oui, c’est la fille d’Hubert le Magnifique fondateur d’Acte Sud esthète, écrivain et homme de bien. C’est un «  plus » pour la culture et la littérature française si chères à « Bibi ». C’est aussi une bonne monnaie d’échange pour un futur remaniement qui aura lieu immanquablement après les législatives. Une place pour NKM par exemple.
Ce gouvernement composite tient du coup de génie.  Reste à voir comment réagiront les Français à cette proposition audacieuse. Les Françaises y verront un hommage au féminisme. Mélanchon éructera et la droite fulminera. Bien joué, Macron. Reste à transformer l’essai en juin. Pas évident.
MG



mercredi 17 mai 2017

Macron-JFK: la même conception moderne de l'information à 56 ans d'intervalle (CHRONIQUE)


CONTRIBUTION EXTERNE  La Libre Belgique
Une chronique de Xavier Zeegers. 



A ceux qui pensaient que les journalistes ne servent plus à rien, l’élection de Macron leur inflige un cinglant démenti. La maîtrise de sa communication fut une grande réussite alors que le chemin était miné, on l’a vu pour Fillon qui s’y noya. On évoque déjà un Kennedy made in France via son âge, son charisme, sa prestance

Certes, mais c’est aussi via une conception moderne de l’information que se jouèrent les victoires des deux chefs d’Etat à 56 ans d’intervalle. D’épatantes émissions mirent en lumière le brillant Benjamin Griveaux et la sémillante Sibeth Ndiaye, toniques porte-parole trentenaires d’En Marche dans le sillon d’un Pierre Salinger, (1925-2004) au service de JFK dès 33 ans. On lit dans ses Mémoires ("Avec Kennedy", Ed. Buchet/Chastel, 1967 mais épuisées) la même ardeur recouvrant trois points majeurs : honnêteté, ouverture, confiance.
Sa fonction majeure était de veiller à ce que les différents ministres et leurs services de presse soient parfaitement au courant de la politique de la Maison-Blanche et ne fassent des déclarations qui soient volontairement ou non en contradiction avec elle. A juste titre souligne-t-il : "Si des fonctionnaires nommés par le Président se trouvaient en désaccord, ils n’avaient qu’à démissionner et ne pas se servir de la situation qu’il leur avait faite pour attaquer sa politique." Exactement ce que Hollande n’exigea pas avec ses frondeurs parasites. Une honnêteté que Kennedy se devait d’exiger pour lui-même. Sa présidence débuta par un fiasco; celui de l’attaque contre Cuba en avril 61 qui s’enlisa dans la baie des Cochons. Salinger eut pour consigne de la jouer franco, reconnaissant autant l’erreur que la défaite. D’où le communiqué devenu apophtegme : la victoire est collective, l’échec est celui d’un seul. Que Kennedy assuma pleinement, sans s’enferrer. L’honnêteté n’est donc pas qu’une exigence morale, elle s’avère aussi stratégique. Nixon fut éjecté pour n’avoir pas compris cela. Trump risque le même sort, mais quand l’a-t-on déjà vu réfléchir celui-là ?
S’agissant d’ouverture, Salinger proposa que les conférences présidentielles soient télévisées en direct, sans filet. A l’époque c’était une première mondiale. Le succès fut fulgurant. Ensuite, il accueillit le maximum de correspondants étrangers à ses points de presse, veillant à leur répercussion dans toutes les chancelleries, même celles de pays hostiles. Pendant la guerre froide c’était audacieux mais utile, car inspirant le respect.
A propos de confiance, Salinger dut affronter en octobre 62, lors de la crise des missiles, "les acharnés du droit constitutionnel de savoir" se disant frustrés. Il expliqua que des fuites auraient été gravissimes "dès lors que nous ne voulions pas que l’URSS ou les Cubains, en plein déni, puissent se rendre compte à quel point nous étions bien informés et tant que nous n’aurions pas décidé de l’attitude à adopter sans même avoir consulté nos alliés". Il conclut magistralement qu’en situation de crise, un Président qui éclaire et explique sa politique reçoit souvent l’aval de son peuple, mais que s’il est ondulant ou confus l’opinion publique sera divisée, voire hostile; constat plus clairvoyant que jamais. Avec humour, il nous révèle que l’info people hantait déjà ses nuits car il fut réveillé par un collègue désireux d’en savoir plus sur le décès du... hamster de Caroline ! A l’époque on vérifiait.
Pour son centenaire (ce 29 mai), le bilan de JFK sera sûrement évoqué. Mais Salinger a déjà tout écrit : "Il n’était pas du tout satisfait des résultats de son administration, mais tenait le traité d’interdiction des expériences nucléaires pour son accomplissement majeur et le Vietnam pour le plus décevant de ses efforts en politique étrangère. Il était déçu de n’avoir pas su faire voter des lois sur la sécurité sociale et les droits civils." Mille jours, c’est peu. Macron aura quasi le double. Pour sûr, les journalistes ne regretteront pas le choix du 8 mai.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RENAISSANCE MACRONIQUE ? 

Fabius l’a nommé  Monsieur « chamboule tout » et c’est vrai qu’il bouleverse les codes tout en renouant paradoxalement avec les rituels fondamentaux de la République en prenant de la hauteur.
Goût du paradoxe ou obsession de la complexité ?
La comparaison avec Kennedy mérite qu’on s’y attarde : « en situation de crise, un Président qui éclaire et explique sa politique reçoit souvent l’aval de son peuple. En revanche, s’il est ondulant ou confus l’opinion publique sera divisée, voire hostile. » « Honnêteté, ouverture, confiance. » sont donc de mise.
Deuxième leçon : « L’ opposition Macron-Le Pen contraint à une alternative stérile entre mondialisation et démondialisation, Europe et nation, américanisation et souverainisme, alors qu’il faudrait promouvoir l’indépendance dans l’interdépendance, accepter la mondialisation dans tout ce qui est coopération et culture, tout en sauvant des territoires menacés de désertification par des démondialisations partielles ou provisoires.
Il s’agit de maintenir et de protéger la nation dans l’ouverture à l’Europe et au monde. Il faut dépasser l’alternative stérile entre mondialisme et nationalisme » (E.M.)
L’indépendance dans l’interdépendance ? Vaste programme aurait dit le Général. L’exercice sera particulièrement difficile, surtout dans la durée. Macron a donné un formidable coup de pied dans la fourmilière et cela s’agite de partout. Mais gare au moment où les insectes politiques retomberont dans leurs bonnes vieilles habitudes de fourmis. « Un saut dans l’inconnu », c’est bien cela que propose Macron : un triple  saut périlleux.
MG 




EDGAR MORIN : « CETTE ÉLECTION EST UN SAUT DANS L’INCONNU » 

Dans un entretien au « Monde », le sociologue estime qu’il faut dépasser l’opposition stérile entre mondialisme et nationalisme.
LE MONDE

Sociologue de renommée internationale, penseur de la complexité et auteur d’ouvrages consacrés à l’élaboration d’une autre politique (Ma gauche, Bourin, 2010 ; La Voie : Pour l’avenir de l’humanité, Paris, Fayard, 2011), Edgar Morin analyse cette élection qui sera, quel que soit le résultat, un « saut dans l’inconnu ».
DE QUOI L’OPPOSITION ENTRE EMMANUEL MACRON ET MARINE LE PEN EST-ELLE LE SIGNE ? LE REMPLACEMENT DU CLIVAGE DROITE-GAUCHE PAR CELUI ENTRE LES CONSERVATEURS ET LES PROGRESSISTES, LES PATRIOTES ET LES MONDIALISTES ?
Macron et Le Pen ont tout d’abord en commun d’avoir brisé l’hégémonie des deux partis traditionnels de la vie politique française. Leur ascension occulte le clivage gauche-droite, devenu certes invisible en économie et en politique extérieure mais qui reste encore profond dans bien des esprits.
Leur opposition contraint à une alternative stérile entre mondialisation et démondialisation, Europe et nation, américanisation et souverainisme, alors qu’il faudrait promouvoir l’indépendance dans l’interdépendance, accepter la mondialisation dans tout ce qui est coopération et culture, tout en sauvant des territoires menacés de désertification par des démondialisations partielles ou provisoires.
Il s’agit de maintenir et de protéger la nation dans l’ouverture à l’Europe et au monde. Il faut dépasser l’alternative stérile entre mondialisme et nationalisme. Quant à l’opposition entre progressiste et conservateur, elle ignore que le progrès nécessite conservation (de la nature et de la culture), et que cette conservation nécessite progrès.
ASSISTE-T-ON À LA FIN DES GRANDS PARTIS CLASSIQUES OU BIEN DAVANTAGE À LA MORT DES PARTIS ?
Je crois que le Parti socialiste (PS) va se fragmenter, que son aile droite rejoindra le macronisme, mais je ne sais pas si ce dernier deviendra un parti démocrate à l’américaine ou restera un mouvement, voire même se dissoudra...




lundi 15 mai 2017

Législatives : Marine Le Pen hésite à se lancer, son état-major partagé


•Par Marc de Boni Figaro
Les proches de la présidente du FN se divisent sur l'opportunité de voir leur chef retourner dans l'arène électorale, au lendemain d'une campagne épuisante et d'une défaite décevante qui fragilise son parti.f
Il y a encore quelques semaines, les plus optimistes au FN rêvaient de voir l'Assemblée prise d'assaut par 80 à 100 députés FN après les législatives de juin prochain. Passée la défaite de la présidentielle, ces ambitions sont largement revues à la baisse et c'est une quinzaine de sièges qui sont désormais visés. Épuisée et confrontée aux dissensions qui divisent son parti sur l'inventaire de sa campagne, Marine Le Pen hésite à se présenter. Après la retraite anticipée de Marion Maréchal-Le Pen, d'une part, et les menaces de démission à peine voilées de Florian Philippot en cas d'abandon du projet de retour au franc, la fille de Jean-Marie Le Pen s'inquiète de voir sa place éventuellement affaiblie en cas de nouvelle déception.
MARINE LE PEN ÉPUISÉE
Au Figaro, le député Gilbert Collard confiait en fin de semaine dernière avoir plaidé pour une prise de recul de Marine Le Pen. «Personnellement, je lui conseillerais de ne pas se présenter pour prendre le temps de restructurer le mouvement, comme annoncé. Elle prendrait un risque à descendre du piédestal conféré par la séquence présidentielle pour aller dans l'arène des législatives», expliquait le député du Gard. «Elle est totalement épuisée par une campagne présidentielle où elle a tout donné, on l'a vu dans la dernière ligne droite de la campagne. Elle ne peut pas enchaîner dans ces conditions. Si elle est candidate, il lui faudra aussi porter la campagne au niveau national, et ce sera compliqué de combiner les deux», poursuit le ténor du barreau, avant de déplorer être «ultraminoritaire, la majorité (des responsables du comité stratégique, NDLR) l'a poussée à y aller».
Mais entre-temps la crise s'est approfondie au point que le numéro 2 du parti Florian Philippot a laissé planer la perspective de son départ, dans la foulée de l'annonce du renoncement de Marion Maréchal-Le Pen à ses mandats. Il est en effet contesté en interne pour sa ligne «jusqu'au boutiste» de sortie de l'Euro, un point sur lequel il n'entend rien céder sous peine de jeter l'éponge. En interne, la manœuvre apparaît comme un chantage à la démission auprès de Marine Le Pen et provoque la révolte des adversaires de l'omniprésent bras droit. Lui-même partisan d'une candidature de Marine Le Pen, il pourrait ne pas obtenir gain de cause. Signe que la crise couve, Marine Le Pen n'a pour l'heure pas fait taire la bronca de «l'aile droite» du parti, portée notamment par Nicolas Bay, Gilbert Collard et des proches de Marion Maréchal-Le Pen.
LA CRAINTE D'UNE NOUVELLE DÉCONVENUE
Autre indice: dans Le Parisien vendredi, le secrétaire national aux Fédérations et à l'Implantation confiait: «Elle n'a pas encore pris sa décision. Elle a juste indiqué qu'elle allait chapeauter la campagne législative du FN, mais la concernant, rien n'est acté. Pour ma part je souhaite qu'elle soit candidate». Une hésitation que confirme le JDD : le doute a gagné la direction frontiste ces derniers jours, et plusieurs candidatures alternatives sont à l'étude pour prendre la suite de Marine Le Pen si cette dernière renonçait à briguer la 11e circonscription du Pas-de-Calais, son fief.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA BÊTE EST ÉPUISÉE

Oui la campagne fut épuisante mais celui que la fille de Le Pen tenta en vain d’éreinter est frais comme un gardon, il pétille de malice de fraicheur et de subtile intelligence et nous parle désormais de renaissance.
Il n’a pourtant que neuf ans de moins qu’elle mais c’est un homme neuf et pas le fils d’une lignée flétrie par les feux de la rampe et de la haine. Ce lundi sera pour lui une journée clé : désignation d’un premier ministre qui scellera le destin de sa présidence  et rencontre avec Angela Merkel qui dimanche a mis KO son adversaire le socialiste Shultz dans les terres natales de la SPD en Rhénanie.
Le Marcheur de Bibi va-t-il réussir à remettre la France et  l’Europe en marche ?
MG

LE PHILOSOPHE RUWEN OGIEN EST MORT


Par Robert Maggiori— Libération.


Spécialiste de l'éthique, Ruwen Ogien était atteint d’un «cancer capricieux, chaotique». Dans son dernier livre, «Mes Milles et Unes Nuits», il fustigeait le «dolorisme», cette passion de notre société pour la souffrance.
Ruwen Ogien le 11 avril 2013. Photo Jérôme Bonnet pour Libération
Il n’est pas exagéré de dire que c’était un homme merveilleux, un homme s’émerveillant de tout, émerveillant tout le monde par son intelligence certes, par cet humour qui lui donnait la force de tourner en dérision ses propres tourments, la sale maladie par laquelle son corps était rongé depuis quatre ans, et surtout par une gentillesse et une courtoisie hors du commun, aussi éloignées que possible de la mièvrerie, qui le rendaient disponible aux choses et aux êtres et faisaient que, devant lui, si attentif, si accueillant, on se sentait plus intelligent, on devenait, ne serait-ce qu’un instant, la personne la plus importante du monde. Ruwen Ogien est mort hier jeudi, en début d’après midi, à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. Il venait de publier Mes mille et une nuits, où, fustigeant le «dolorisme», il parlait de son «cancer capricieux chaotique». C’était un proche de Libération, même si parfois il s’irritait de ce qu’il y lisait (mais généralement il cueillait là l’occasion d’écrire une nouvelle chronique), il écrivait sur le blog «LibéRation de philo», goûtant les «joies et les peines du "blogueur" exposé aux commentaires rarement très sympathiques des lecteurs», avait participé aux «Libé des philosophes», aux Master classes sur la justice, était souvent venu parler aux forums organisés par le journal, envoyait souvent des articles pour les pages «Idées». C’est que rien ne lui était étranger, aucun événement politique, aucun fait de société, aucune question éthique – et que tout excitait sa réflexion, qu’il déployait souvent de façon paradoxale, sinon provocatrice. Il plaçait au-dessus de tout la liberté individuelle. Mais en un sens particulier. A propos de la liberté d’expression, par exemple, il écrivait ici même qu’elle n’était ni «un avantage qu’on réclame pour soi» ni «le droit d’affirmer publiquement ses propres opinions, de vanter ses idées», mais bien «le devoir de respecter celles des autres».
«LA MAGIE DE LEUR ESPRIT»
Il se moquait lui-même du fait qu’on sollicite sans cesse les philosophes afin qu’ils donnent des avis. Signe, disait-il, que l’idée qu’ils soient capables «par la magie de leur esprit» de «poser des diagnostics lumineux sur absolument tout» est largement partagée. Aussi se gardait-il d’en «donner», des avis : il proposait plutôt des outils pour éprouver la validité des siens et pour que ses lecteurs testent la solidité des leurs. Avec ce style démonstratif emprunté à la philosophie anglo-saxonne, fluent, épuré et clair, agrémenté de pointes d’humour, Ogien posait en effet ses hypothèses, les démontrait soigneusement, comparait ses thèses à celles d’autres penseurs, tenant toujours compte du point de vue opposé au sien et, sur les questions les plus épineuses concernant le sexe, le clonage, le traitement des animaux, l’excision, l’inceste, l’«amélioration génétique des capacités physiques et mentales humaines», l’euthanasie, l’eugénisme, la tolérance, le terrorisme, l’accueil des réfugiés, arrivait toujours, en douceur, à des conclusions «extrêmes», inouïes, dont le but était de «susciter la perplexité» – par où commence, il est vrai, le libre exercice de la pensée. Et ce n’est pas pour rien, respectant l’intelligence de tous, qu’il l’a fait dans ses ouvrages de plus grand succès : l’Influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine et autres questions de philosophie morale expérimentale (2011), Philosopher ou faire l’amour (2014), Mon Dîner chez les cannibales et autres chroniques d’aujourd’hui (2016), etc.
Ruwen Ogien eût aimé être «possédé» par Montaigne, et le cite souvent, en utilisant sa finesse pour s’orienter au moins dans les plus inextricables questions d’éthique sociale. «Ici, on vit de chair humaine ; là, c’est office de pitié de tuer son père en un certain âge ; […] ailleurs les vieux maris prêtent leurs femmes à la jeunesse pour s’en servir ; et ailleurs elles sont communes sans péché», lit-on dans les Essais. Voilà qui inciterait à penser que tout est relatif.
LA DISTINCTION ENTRE LE JUSTE ET LE BIEN
Mais si tout est relatif, pourquoi la proposition «tout est relatif» ne serait-elle pas… relative ? Comment s’en sortir. Ruwen Ogien s’est proposé de repenser la question du relativisme éthique à la lumière de la distinction entre le juste et bien, qui remonte à Kant et que John Rawls a placée au cœur de sa philosophie politique et morale. Le bien, écrit-il «concerne le rapport à soi et le style de vie que chacun adopte ou devrait adopter (sédentaire ou aventurier, ascète ou visant les plaisirs immédiats, etc.)». Dans ce cas, il est légitime d’être «relativiste», parce que les notions de bien et de mal ne sont pas universelles, varient selon les époques, les sociétés, les coutumes, les normes… Quant au juste, il concerne, lui, «le rapport aux autres et les formes d’équité ou d’égalité qui pourraient le régler». Dès lors, il a des formes qui sont universelles. Un rapport d’esclavagiste à esclave, par exemple, n’est jamais juste, quand bien même on tenterait de le «justifier» en invoquant des raisons économiques, la religion, la culture, les traditions locales ou quoi que ce soit d’autre. D’où le «point de vue» qu’Ogien ne cessera de défendre dans tous ses livres, avec les conséquences que cela implique (quant à la non-existence d’un bien ou d’un mal absolus, et à l’existence de normes absolument justes) : «On peut être universaliste à propos du juste et relativiste à propos du bien.»
DANS UN CAMP À SA NAISSANCE
Né un 24 décembre à Hofgeismar, près de Göttingen (Allemagne) – à une date qu’il n’a jamais voulu dévoiler publiquement : ses parents, juifs polonais, étaient à sa naissance dans un camp de personnes déplacées, «quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale» –, venu très jeune en France, Ruwen Ogien, directeur de recherche au CNRS, commence ses études universitaires à Tel-Aviv. C’est là qu’il découvre la philosophie analytique, lit John Rawls, et s’approche des positions, par exemple, de Thomas Nagel, John Harris ou Charles Larmore. Après une année à Cambridge (1984-1985), il revient à Paris, à la Sorbonne. C’est sous la direction de Jacques Bouveresse qu’il fait sa thèse de doctorat, publiée sous le titre la Faiblesse de la volonté (PUF, 1993). Ses premières recherches d’anthropologie sociale, il les consacre à l’immigration et à la pauvreté. Mais c’est en travaillant sur des questions de bioéthique, les émotions, la pornographie, la honte ou l’argent, qu’il élabore peu à peu une «éthique minimale», laquelle, sous ses allures de pas grand-chose, ne vise rien d’autre qu’à miner le moralisme et les morales prétentieuses, le paternalisme et toutes les formes de prohibitionnisme érigées par ceux qui, se disant absolument certains de savoir où sont le bien et le juste, dressent des murs au-delà desquels ils projettent tout le mal. Ce minimalisme se caractérise par une sorte de neutralité à l’égard des diverses conceptions du Bien, et pose que nos croyances morales n’ont pas besoin de se fonder «sur un principe unique et incontestable (Dieu, la Nature, le Plaisir, les Sentiments, la Raison, ou quoi que ce soit d’autre du même genre)», et arrive en fin de comptes à faire tenir toute la morale dans deux petits (mais essentiels) impératifs. «Rien de plus» : accorder la même valeur à la voix de chacun, et «Ne pas nuire aux autres». Qu’est-ce cela implique ? Tout simplement – mais cela a provoqué des discussions infinies – qu’il n’y a pas de devoirs envers soi-même, et qu’on peut mener la vie qu’on veut du moment qu’on ne porte pas tort à autrui : «Les torts qu’on se cause à soi-même, qu’on cause aux choses abstraites ou à des adultes consentants n’ont pas d’importance morale.»
S’en tenir à cette éthique minimale ne va pas de soi. N’ayant aucun devoir envers moi-même, je peux évidemment me laisser aller, ne plus prendre soin de mon hygiène ou de ma santé, me laisser détruire par de dangereuses addictions, céder à toutes les indignités. Mais est-il certain qu’en me comportant ainsi, je ne nuise pas à autrui, je ne fasse pas du tort à ceux qui m’estiment ou m’aiment, et qui se sentent tristes, humiliés, blessés de me voir me dégrader de la sorte? Ruwen Ogien, en exploitant des «petites fictions» morales véritablement infernales – lire l’Influence des croissants chauds – montre non seulement qu’elle est praticable mais apte à protéger des grands discours moralisateurs qui, comme disait Pascal, «se moquent de la morale».
«EST-IL PERMIS DE DÉTOURNER UN TRAMWAY ?»
«Est-il permis de tuer une personne pour prélever ses organes et sauver ainsi la vie de cinq autres personnes en attente de greffe ?», «Est-il permis de détourner un tramway qui risque de tuer cinq personnes vers une voie d’évitement où une seule sera écrasée ?» Est-il juste, quand quatre personnes et un chien sont sur un canot qui coulerait s’il n’était délesté, de jeter le chien à la mer ? La réponse changerait-elle si les quatre hommes étaient des nazis en fuite, coupables des crimes les plus atroces, et le chien un chien de sauvetage qui a permis à des dizaines de personnes de sauver leur vie après un tremblement de terre ? Pourquoi ? «Est-il immoral de nettoyer les toilettes avec le drapeau national ?», «L’inceste peut-il être pratiqué en toute innocence», par des adultes consentants ? A quels arguments rationnels doit-on faire appel pour justifier les réponses qu’on donnerait ? En vertu de quoi un comportement est-il jugé immoral s’il porte atteinte à des «entités abstraites» (blasphème contre les dieux), s’il est un «crime moral ou une faute morale sans victime», s’il «ne cause aucun tort concret à personne» ? Est-ce vraiment être «permissif» que de «limiter le domaine du jugement moral aux fautes avec victime» ? Reste à savoir si une morale minimale appelant uniquement à «ne pas nuire autrui» suffit à faire qu’on vive (bien) en société. Les hommes, écrivait Ruwen Ogien, sont «non seulement plus moraux qu’on a tendance à le dire, mais beaucoup trop moraux, c’est-à-dire beaucoup trop enclins à juger les autres, à faire la police morale, à fouiner dans la vie des gens, et à se prendre pour des saints».
C’était une belle personne, d’une exquise gentillesse : mais son éthique sociale était exigeante et acérée. Il l’exposait avec brio et avec la délicatesse de l’esprit, sachant toutefois qu’elle ferait grincer. Car il n’est guère aisé d’accepter que bien des pratiques qu’on dit «absolument» immorales, sont en réalité simplement contraires à des règles religieuses (ne touchant pas ceux qui n’ont pas de religion) ou des règles sociales (variant selon les sociétés et les époques). Ce que ne vouait pas Ruwen Ogien, c’est qu’on puisse freiner et rogner la liberté des personnes, fut-ce en agitant le drapeau de valeurs «intouchables» telle la «dignité humaine». La dignité humaine implique le devoir moral envers les autres, et cela se comprend, mais aussi les devoirs envers soi-même, plus difficiles à comprendre. A vouloir «protéger les gens d’eux d’eux-mêmes», on finit par les traiter, au nom de la «dignité humaine», comme «des enfants turbulents et irresponsables». Ruwen Ogien en avait un, de sourire d’enfant. C’était l’image de la «jeunesse» et de la hardiesse de sa pensée – l’image de la liberté, toujours fragile et précaire, qu’il a continué à afficher bien que réalisant jour après jour que la maladie viendrait la déchirer.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CHUUUT ON MÉDITE « DU LIBRE EXERCICE DE LA PENSÉE ».

« Il se gardait-il d’en «donner», des avis : il proposait plutôt des outils pour éprouver la validité des siens et pour que ses lecteurs testent la solidité des leurs. »
« Ogien posait en effet ses hypothèses, les démontrait soigneusement, comparait ses thèses à celles d’autres penseurs, tenant toujours compte du point de vue opposé au sien et, sur les questions les plus épineuses concernant le sexe, le clonage, le traitement des animaux, l’excision, l’inceste, l’«amélioration génétique des capacités physiques et mentales humaines», l’euthanasie, l’eugénisme, la tolérance, le terrorisme, l’accueil des réfugiés, arrivait toujours, en douceur, à des conclusions «extrêmes», inouïes, dont le but était de «susciter la perplexité» – par où commence, il est vrai, le libre exercice de la pensée.
: «Ne pas nuire aux autres». «Les torts qu’on se cause à soi-même, qu’on cause aux choses abstraites ou à des adultes consentants n’ont pas d’importance morale.»
« S’en tenir à cette éthique minimale »

dimanche 14 mai 2017

Pour son investiture à l'Élysée, Emmanuel Macron a voulu se tailler un uniforme présidentiel

 

Passation solennelle, défilé en véhicule militaire, agenda international... Le plus jeune président s'est de suite fondu dans la mystique de la Ve.

• Geoffroy ClavelChef du service politique du HuffPost

   
  POOL NEW / REUTERS
Passation solennelle, défilé en véhicule militaire, agenda international... Macron endosse l'uniforme présidentiel
POLITIQUE - "Je crois aux institutions de la Ve République et ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'elles fonctionnent selon l'esprit qui les a fait naître", a-t-il glissé dans son discours d'installation, forcément classique et solennel. Emmanuel Macron a beau être le plus jeune dirigeant jamais élu sous la République française, le huitième chef de l'Etat de la Ve s'est d'emblée fondu dans le moule présidentiel, profitant de la passation de pouvoir puis de sa cérémonie d'investiture pour mettre en scène son statut de chef des armées à l'heure où la France est en état de siège et sous la menace permanente du terrorisme.
Evitant autant que faire se peut de laisser transparaître sa jeunesse, la fulgurance de son parcours ou son rôle de chamboule-tout de la scène politique française, Emmanuel Macron a au contraire usé de tous les symboles régaliens à sa disposition pour imposer l'image de sa légitimité et de son autorité. Un impératif politique au moment où ses adversaires l'accusent d'avoir été élu par défaut et préparent leur revanche en vue des législatives.
ACCUMULATION DE RÉFÉRENCES MILITAIRES
Symbole éloquent et visible par tous: le choix de laisser au garage la traditionnelle voiture d'apparat, symbole de l'excellence de la production automobile française, pour un "Command car" militaire, véhicule blindé traditionnellement utilisé pour passer les troupes en revue lors du défilé du 14 juillet. Au retour, un court arrêt de quelques secondes sur les Champs-Elysées devant le lieu où le policier Xavier Jugele a été abattu par un terroriste.
Dans l'après-midi, Emmanuel Macron s'est rendu sans caméra à l'hôpital militaire Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), au chevet de soldats français grièvement blessés lors d'opérations militaires quand ses prédécesseurs avaient opté pour des hommages politiques, Chirac se recueillant sur la tombe du général de Gaulle, Mitterrand au Panthéon de Jaurès, Jean Moulin et Victor Schoelcher.
Autant de marques d'une France en guerre sur plusieurs fronts et aussi d'un président soucieux d'embrasser la plénitude et la gravité de ses fonctions. Le gage enfin "d'une présidence sensible aux symboles et aux gestes forts", selon les éléments de langage distillés par son entourage.
Au rayon des gestes forts, l'agenda présidentiel n'a pas lésiné sur les déplacements à vocation régalienne. Ce lundi, Emmanuel Macron est attendu à Berlin pour un dîner avec la chancelière Angela Merkel, lui a promis ce dimanche de "refonder" l'Europe. En fin de semaine, il rendra visite à des troupes françaises sur un théâtre d'opérations extérieur.
SACRE PRÉSIDENTIEL AVANT LA COHUE DE LA RECOMPOSITION POLITIQUE
Marquant la continuité de l'Etat au moment où l'administration Hollande quittait l'Elysée, le nouveau président a dès la matinée nommé ses principaux collaborateurs, alternant des proches issus de son premier cercle et des figures expérimentées: Alexis Kohler, 44 ans, ancien directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, nommé secrétaire général de l'Elysée; Patrick Strzoda, 64 ans, ancien dircab de Bernard Cazeneuve à Matignon, nommé directeur de cabinet du président; Ismaël Emelien, tout juste 30 ans, nommé conseiller spécial; Philippe Etienne, 61 ans, ex-ambassadeur à Berlin nommé conseiller diplomatique.
Pas d'annonce de premier ministre ni de gouvernement avant ce lundi en revanche, Emmanuel Macron préférant concentrer les regards médiatiques sur le sacre présidentiel de ce dimanche loin de la cohue de la recomposition politique qui s'annonce. Il ne pourra toutefois pas y échapper plus longtemps. Au-delà de faire président, Emmanuel Macron va devoir faire ce pour quoi il été élu. Et cela nécessitera des troupes à l'Assemblée dont il n'est pas encore sûr de disposer.
Alors que la rumeur de la nomination d'un premier ministre issu des rangs des Républicains n'a cessé d'enfler, la capacité d'Emmanuel Macron à rallier des élus de la droite et du centre va grandement déterminer du succès de son mouvement La République en Marche aux législatives de juin prochain. "L'annonce du Premier ministre et du gouvernement déclenchera les prises de positions chez les soutiens d'Alain Juppé et de Bruno Le Maire. Tout le monde attend cette nomination pour se lancer dans la grande transgression du clivage droite-gauche", veut croire le politologue Olivier Ihl.
Mais il n'est pas à exclure que la digue posée par Les Républicains résiste à la vague Macron. "C'est dire dans ces temps et dans ce monde nouveau, où s'entrechoquent à la fois des perspectives magnifiques et des risques certains, y compris pour notre planète, l'importance essentielle et la difficulté de votre mission", lui a glissé de manière bien peu protocolaire le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius juste avant de lui remettre les clés de l'Elysée.
Quelques minutes plus tard, Emmanuel Macron semblait lui répondre: "Dès ce soir, je serai au travail". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE PRESIDENT CHAMBOULE TOUT 
 
Oui, comme vous j’ai interrogé la symbolique des images générée par le nouveau président « chamboule tout ». Oui j’ai réécouté ses discours et particulièrement le texte musclé et viril de son investiture face aux corps constitués.
Oui j’ai lu tous les éditoriaux, regardé « c’est dans l’air » tout au long de la semaine et franchement, je sature. Je ne souhaite rien ajouter à ce concert d’éloges at aussi de critiques. Simplement ceci : tout au long des étapes de cette journée rituelle, je me suis pris à imaginer un autre scénario que celui qu’on choisi d’écrire les Français. Je me suis demandé ce qu’aurait été ce même 14 mai en supposant que Marine Le Pen en eût été l’héroïne. J’ai été pris de vertige et ai rapidement chassé le souvenir de ce cauchemar.
Puissent les dieux de l’Olympe, et les autres être favorables à ce Président tout neuf qui se veut jupitérien.
MG





samedi 13 mai 2017

AU QUATRIÈME FORUM MONDIAL SUR LE DIALOGUE INTERCULTUREL, L’UNESCO LANCE UN APPEL MONDIAL POUR L'ÉDUCATION DES FILLES



SOURCE AVEC LIEN:
UNESCO 

Dans le cadre du quatrième Forum mondial sur le dialogue interculturel, l'UNESCO, en collaboration avec le gouvernement azerbaïdjanais, a organisé une réunion de haut niveau sur l'importance de l'éducation des filles pour des sociétés pacifiques et durables. Investir dans l'éducation des filles est un objectif humanitaire urgent et important et une priorité pour la communauté mondiale. Selon le rapport mondial de suivi sur l'éducation de l'UNESCO de 2016 sur l’égalité des genres, «les conflits renforcent les inégalités entre les sexes. Les filles sont près de 2,5 fois plus susceptibles de ne pas être scolarisées si elles vivent dans des pays touchés par des conflits.
Les filles réfugiées ont moins tendance à terminer leurs études primaires ainsi qu’à poursuivre et terminer leurs études secondaires ».
L’éducation des filles et des femmes est un très puissant moteur de changement. La recherche a montré que l'autonomisation des filles se traduit par un meilleur avenir pour les sociétés dans leur ensemble: l'éducation des filles et des femmes conduit à une meilleure santé reproductive, à une amélioration de la santé familiale, à la croissance économique pour la famille et la société, ainsi qu'à des taux inférieurs de mortalité infantile, malnutrition et mariage d’enfants. En ce sens, l'éducation des filles peut donc constituer un outil puissant pour nourrir un sentiment d'identité et d'appartenance positif et leur fournir les connaissances, les valeurs, les attitudes et les comportements qui favorisent la citoyenneté mondiale responsable, la pensée critique et l'empathie ; cela peut également leur fournir les outils nécessaires pour lutter contre et prévenir l'extrémisme violent.
La réunion, présidée conjointement par Mme Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO, et Mikayil Jabbarov, Ministre de l'éducation de la République d'Azerbaïdjan, a été marquée par les interventions de la Première dame d'Éthiopie, Mme Roman Tesfaye Abneh, la Première dame du Mali, Mme Keïta Aminata Maiga, la Première dame du Rwanda, Mme Jeanette Kagame ainsi que par la Présidente du Comité d'Etat pour les Affaires familiales, féminines et infantiles de la République d'Azerbaïdjan, Mme Hijran Huseynova. Modéré par Mme S. Gülser Corat, Directrice pour l'égalité des genres à l'UNESCO, la réunion de haut niveau s’est conclue par le lancement de l’Appel humanitaire mondial pour investir dans l’éducation des filles.
Tous les intervenants ont souligné l'importance de l'éducation des filles comme moyen de lutte contre l'extrémisme violent et ont appelé à des investissements accrus dans l’éducation de qualité pour tous. Citant Malala Yousafzai, la Directrice générale a noté que les extrémistes ont peur des livres et des stylos, et sont effrayés du pouvoir de l'éducation, ils ont également peur des femmes et du pouvoir de leur voix. Elle a souligné que: «L'éducation est le moyen de désarmer ces processus qui peuvent conduire à l’extrémisme violent en déconstruisant les préjugés ainsi qu’en luttant contre l'ignorance et l'indifférence».
En marge de cette réunion de haut niveau, la Directrice générale s’est entretenue avec Mme Jeanette Kagame, la Première dame du Rwanda, au cours duquel elles ont réaffirmé leur engagement en faveur de l'égalité des genres et ont discuté des possibilités de collaboration.
Soumis par Mélissa Lessard 


COMMENTAIRE DE DIVECITY
L’ÉDUCATION DES FILLES ET DES FEMMES EST UN TRÈS PUISSANT MOTEUR DE CHANGEMENT. 
 
« La recherche a montré que l'autonomisation des filles se traduit par un meilleur avenir pour les sociétés dans leur ensemble »
« Les extrémistes ont peur des livres et des stylos, et sont effrayés du pouvoir de l'éducation, ils ont également peur des femmes et du pouvoir de leur voix.: «L'éducation est le moyen de désarmer les processus qui peuvent conduire à l’extrémisme violent en déconstruisant les préjugés ainsi qu’en luttant contre l'ignorance et l'indifférence».
Qu’on se le dise…

vendredi 12 mai 2017

Tony Blair : « J’ai été dans une situation semblable à celle de Macron, voici les leçons que j’en ai tirées »


Dans une tribune au « Monde », l’ex-premier ministre britannique salue la victoire de Macron et explique pourquoi le centrisme peut battre le populisme.
LE MONDE |

Bel exploit ! En à peine plus d’un an, Emmanuel Macron a fondé un mouvement et accédé à la tête de l’une des grandes puissances mondiales. Il y est parvenu avec un programme d’une grande clarté idéologique : en dépassant les vieux paradigmes de gauche et de droite et en s’inscrivant résolument contre le nouveau populisme qui déferle sur les pays occidentaux.
Comme je le soutiens depuis longtemps, la seule façon de faire reculer le mécontentement et la colère populaires est d’apporter des solutions réelles aux problèmes que pose la mondialisation.
Ce qui caractérise le monde actuel est la portée, l’ampleur et la rapidité des changements. Et leur allure s’accélère. Avec le recul, la mondialisation a indéniablement bénéficié à l’humanité. Jamais la pauvreté dans le monde n’avait reculé autant et aussi vite. Néanmoins, chez une bonne partie de la population des pays occidentaux, la mondialisation provoque un stress culturel et économique, qui crée du ressentiment et de la peur.
Soulagement
Les populistes surfent sur cette colère, exploitent des sujets comme l’immigration et créent des boucs émissaires. Il suffit pour s’en convaincre de voir le score de Marine Le Pen dans les régions où le taux de chômage est le plus élevé.
Ce qu’Emmanuel Macron a compris, c’est qu’il n’y a qu’une seule réponse sérieuse : elle consiste non pas à traiter par le mépris des inquiétudes qui sont légitimes et compréhensibles mais à expliciter les solutions qui amélioreront véritablement le sort de la population.
Il faut pour cela défendre résolument les valeurs que nous partageons contre les extrémistes qui utilisent la religion comme instrument de haine, sans confondre l’islamisme radical avec l’islam. Il faut un Etat actif qui accompagne les victimes des mutations économiques mais il faut aussi affirmer clairement qu’on ne peut pas arrêter le changement et que ceux qui disent le contraire mentent. Cette politique de centre...

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/05/12/tony-blair-j-ai-ete-dans-une-situation-semblable-a-celle-de-macron-voici-les-lecons-que-j-en-ai-tirees_5126495_3232.html#RSVXEIJ7hULXfgXh.99 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA PÉDAGOGIE POUR COMBATTRE LA COLÈRE 

« La seule façon de faire reculer le mécontentement et la colère populaires est d’apporter des solutions réelles aux problèmes que pose la mondialisation.
Ce qui caractérise le monde actuel est la portée, l’ampleur et la rapidité des changements. Et leur allure s’accélère »
« Les populistes surfent sur cette colère, exploitent des sujets comme l’immigration et créent des boucs émissaires. Il suffit pour s’en convaincre de voir le score de Marine Le Pen dans les régions où le taux de chômage est le plus élevé.
Ce qu’Emmanuel Macron a compris, c’est qu’il n’y a qu’une seule réponse sérieuse : elle consiste non pas à traiter par le mépris des inquiétudes qui sont légitimes et compréhensibles mais à expliciter les solutions qui amélioreront véritablement le sort de la population. »
Ce dont la France a besoin c’est de pédagogie, autrement dit d’un pédagogue éclairé qui soit plus inspiré que Sarko et Hollande réunis. Macron, le meilleur élève de Brigitte pense aura-t-il ce talent.
MG

mardi 9 mai 2017

INTERVIEW : SIBETH NDIAYE, LA SÉNÉGALAISE EN MARCHE AVEC EMMANUEL MACRON


Par Rahabi Ka , Jeune Afrique


Son prénom évoque les reines combattantes de la Casamance. La légende familiale veut que sa mère l’ait découvert en lisant le quotidien national le Soleil. Aujourd'hui lancée dans la bataille de l'élection présidentielle aux côtés d'Emmanuel Macron, la Franco-Sénégalaise Sibeth NDiaye gère les relations presse du candidat.

JEUNE AFRIQUE : VOUS AVEZ VOTRE CARTE AU PARTI SOCIALISTE DEPUIS 2002, VOUS AVEZ MILITÉ À L’UNEF QUAND VOUS ÉTIEZ ÉTUDIANTE, QUEL A ÉTÉ LE DÉCLIC DE VOTRE ENGAGEMENT POLITIQUE ?
Sibeth Ndiaye : L’engagement dans le syndicalisme étudiant vient de mon envie de changer les choses de manière concrète. Quand vous êtes élue étudiante, dans le conseil d’administration de votre université, vous avez l’opportunité de mener des projets, de négocier avec l’administration des changements et des évolutions qui changent concrètement  la vie des étudiants. C’est cela qui m’a passionnée. La politique, c’est venu plus tard avec l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, en 2002.
COMMENT AVEZ-VOUS RENCONTRÉ EMMANUEL MACRON ET QUELLE A ÉTÉ VOTRE PREMIÈRE IMPRESSION ?
Je l’ai rencontré pour la première fois à l’Elysée. Il était secrétaire général adjoint, et je travaillais pour Arnaud Montebourg. Il était d’un abord agréable, avec beaucoup d’humour. Mais je n’ai pas eu à l’époque l’occasion de travailler avec lui.
QUAND EMMANUEL MACRON A ANNONCÉ LA CRÉATION DE SON MOUVEMENT, VOUS A T’-IL IMMÉDIATEMENT PROPOSÉ DE LE REJOINDRE ? AVEZ-VOUS EU DES RÉTICENCES À REJOINDRE EN MARCHE APRÈS AVOIR ÉTÉ SI LONGTEMPS AU PS ?
À cette période, je travaillais au sein de son cabinet et il avait souhaité séparer strictement les activités d’En Marche ! de celles du cabinet. Je n’ai su que le mouvement allait être lancé que la veille du 6 avril…
QU’EST-CE QUI VOUS A SÉDUIT DANS CE MOUVEMENT ?
La volonté de transcender les clivages existants, la tentative audacieuse pour essayer autre chose, et le sentiment que ça ne pouvait plus continuer comme avant, que les appareils existants ne réfléchissaient plus sur le monde et ses évolutions.
VOUS AVEZ TRAVAILLÉ AUPRÈS DE DIFFÉRENTS HOMMES POLITIQUES DONT CLAUDE BARTOLONE, DOMINIQUE STRAUSS KAHN… QU’EST CE QUI FAIT LA SINGULARITÉ D’EMMANUEL MACRON SELON VOUS ? 
La première fois qu’il a réuni son cabinet, il nous a dit une phrase qui m’a marquée : « Ne venez jamais me dire qu’on ne peut pas faire telle ou telle chose parce qu’on ne l’a jamais fait auparavant. » C’est quelqu’un de très libre et qui cherche en permanence à questionner le monde.
Nous partageons aussi un amour de la langue française et en particulier de la poésie. Je me rappelle toujours avec émotion qu’au décès de ma mère, il avait eu la délicatesse de m’offrir un livre de Roland Barthes, Journal de Deuil. Il m’a servi de livre de chevet pendant de longs mois.
ON DIT QUE VOUS ÊTES BIEN PLUS QU’UNE CHARGÉE DES RELATIONS PRESSE, QUE VOUS ÊTES UNE VRAIE CONSEILLÈRE ET QU’IL VOUS ÉCOUTE BEAUCOUP. QUEL EST VOTRE RÔLE AUPRÈS DE LUI ?
Je travaille au sein d’une équipe. Dans cette équipe, chacun contribue par son regard, son parcours, ses idées, à le conseiller. Il apprécie de pouvoir bénéficier de points de vue différents, parfois divergents. C’est ce qui nourrit sa réflexion propre. Mais à la fin, il est celui qui tranche.
N’AVEZ-VOUS JAMAIS ENVISAGÉ DE VOUS LANCER EN POLITIQUE ? SI EMMANUEL MACRON EST ÉLU PRÉSIDENT QUEL SERAIT VOTRE RÔLE AUPRÈS DE LUI ?
Mais je suis déjà engagée politiquement ! Cette campagne occupe mes jours et mes nuits depuis plusieurs mois. Etre élu n’est pas l’alpha et l’omega de l’engagement politique… Quant à mon rôle futur auprès d’Emmanuel Macron, c’est à lui de vous le dire, pas à moi.
VOUS ÊTES NÉE À DAKAR, QUEL EST VOTRE LIEN AVEC LE SÉNÉGAL ? AVEZ-VOUS LA NATIONALITÉ FRANÇAISE ET DEPUIS QUAND ?
Je suis française depuis le mois de juin 2016. J’ai mis beaucoup de temps à me décider (rires). Une grande partie de ma famille réside au Sénégal, en particulier l’aînée de mes 3 sœurs. Les autres vivent dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, au Togo, dont est originaire ma mère, et au Nigéria. Nous sommes plutôt des globe-trotteurs !
VOUS POURRIEZ ÊTRE UN MODÈLE POUR LES JEUNES FEMMES D’ORIGINE AFRICAINE QUI HÉSITENT À SE LANCER DANS LE MILIEU POLITIQUE, QUE SOUHAITEZ-VOUS LEUR DIRE ?
Je ne me vis pas du tout comme un modèle. Ma carrière professionnelle s’est surtout construite autour de belles rencontres, avec des gens qui ont su me faire confiance, et j’ai toujours essayé d’être digne de cette confiance. Cela me pousse à penser qu’il suffit de tomber sur la ou les bonnes personnes, celles qui ne voient pas votre couleur de peau, votre origine sociale ou votre seul parcours scolaire, pour que tout change.
Si j’avais un seul souhait, c’est que mon parcours démontre à tous ceux qui sont susceptibles d’embaucher ou de mettre le pied à l’étrier d’un jeune homme ou d’une jeune femme, que ce qui compte c’est d’abord la personnalité et l’envie de faire.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SIBETH NDIAYE, LA "OLIVIA POPE DE MACRON".
Elle est responsable de la cellule presse et communication d'En marche ! et fait partie de la garde rapprochée du nouveau chef de l'État.  Son efficacité et son franc-parler forcent l’admiration.
La vraie star dans "Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire" c’est elle. Cette émission a tellement frappé les téléspectateurs qu’on envisage de tirer une série des dizaines heures de rushs non utilisés pour le montage de ce reportage époustouflant.
«Une seule femme noire dans un univers d'hommes blancs, forcément, ça imprime l'œil.» C'est ainsi que Sibeth Ndiaye résume les raisons pour lesquelles sa présence dans le documentaire sur la campagne d'Emmanuel Macron, qui, diffusé lundi soir sur TF1, a marqué les esprits des millions de téléspectateurs qui l'y ont découverte pour la première fois. Et pour cause: « très connue des journalistes - à qui elle est indispensable -, « la coresponsable de la cellule presse et communication du nouveau président cherche à tout prix à éviter de se mettre en avant. Elle ne se regarde pas trop le nombril» (Figaro)
•Le documentaire "Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire", diffusé ce lundi 8 mai sur TF1, a permis de découvrir un candidat calme et déterminé, qui maîtrise parfaitement ses gestes et son image et s'amuse presque des aléas de la campagne. Sa phrase culte : « Ne venez jamais me dire qu’on ne peut pas faire telle ou telle chose parce qu’on ne l’a jamais fait auparavant. »
•L’émission a mis en lumière le petit cercle de fidèles souvent jeunes qui l'entoure. "Les enfants", comme il les appelle souvent. Il s’y révèle brillant manager d’une équipe créative, dynamique et terriblement engagée, déterminée à gagner. 
Parmi les personnes de cette équipe engagée: Sibeth Ndiaye- impossible de la rater- joue un rôle crucial dans les relations avec la presse est dans toutes les séquences. La trentenaire ne quitte jamais le candidat, le débriefe, démêle toutes les situations...
Selon ses dires, Emmanuel Macron est très proche de ses conseillers et elle partage avec lui un "amour de la langue française et en particulier de la poésie" en dévoilant une anecdote touchante: "Je me rappelle toujours avec émotion qu'au décès de ma mère, il avait eu la délicatesse de m'offrir un livre de Roland Barthes, 'Journal de Deuil'. Il m'a servi de livre de chevet pendant de longs mois."
A l’évidence Sibeth Ndiaye constitue pour le nouveau président un atout précieux pour séduire le vote franco-africain aux législatives : elle incarne en effet cette mondialisation cosmopolite pour laquelle plaide Emmanuel Macron.
Reste à savoir si elle s’engagera dans la campagne du troisième tour.
MG