dimanche 7 mai 2017

Choisir la démocratie, toujours!

PAR BÉATRICE DELVAUX
Marine Le Pen est une usurpatrice : elle n’a aucune proposition pour construire cet avenir, si ce n’est la manipulation des peurs, le recours aux fermetures des frontières, des marchés, des identités. 


©AFP 

Les Français auront le choix ce dimanche entre un vote pour la démocratie ou un vote pour l’extrême droite.
C’est cette équation qui définit d’abord et avant tout le scrutin qui doit livrer le nom du futur président de ce grand pays, crucial sur l’échiquier européen.
A ceux qui estimaient ces derniers jours qu’il s’agissait plutôt de choisir entre la peste et le choléra – entre une extrémiste de droite et l’extrémiste d’un capitalisme dont les dévoiements nourriraient les Marine Le Pen de ce monde –, il a été jugé utile de rappeler le refus, dans les années 30, du KPD communiste allemand de s’associer aux socialistes. Ils avaient estimé que le prétendu combat contre le fascisme tentait de détourner l’attention de la lutte contre le capitalisme financier, qu’ils jugeaient prioritaire. Avec le résultat que l’on sait.
REJETER, UNE DÉSERTION DÉMOCRATIQUE
S’abstenir de voter par un rejet, souvent féroce, d’Emmanuel Macron, serait en soi une désertion démocratique, un manquement à la nécessité évidente d’empêcher l’extrême droite, à chaque fois que c’est utile, de prendre ou de s’approcher du pouvoir.
Pour ceux qui auraient eu par ailleurs des doutes sur la vraie nature de Marine Le Pen et des siens, le débat de ce mercredi aura eu au moins la vertu d’exposer des caractéristiques gommées durant tous ces mois de séduction de l’opinion. Cynisme, vacuité, mensonges, frustrations, dénonciations, toutes choses qui font de ces partis extrêmes, un danger pour les libertés et les sociétés humaines.
LE DOIGT SUR UNE COLÈRE
Mais le barrage qui doit être fait à Marine Le Pen ne doit en aucun cas autoriser à oublier ce que la leader du FN a exprimé durant tous ces mois. À travers elle, c’est la colère et le désespoir de citoyens, d’ouvriers, de tout un spectre social et rural, de jeunes et vieux qui se sentent lâchés par un monde globalisé, mais surtout largués par une révolution qui bouscule le rapport au travail, aux techniques, aux compétences acquises, à l’école, aux racines, à l’identité. Une frustration qu’a formidablement captée Jean-Luc Mélenchon et sa France insoumise.
Cette campagne tout à la fois passionnante, agaçante, déchirante, a rallumé la flamme politique à nombre d’endroits en France, mais aussi dans les pays voisins, spectateurs assidus des retournements de situations, des émergences qui ont jalonné ces derniers mois.
Mais elle a manqué une occasion, tout spécialement dans cette dernière ligne droite qui a finalement confronté Emmanuel Macron à une caricature, et non à un débat d’idées.
Ce fameux nouveau modèle économique et de société qui doit permettre de répondre à la nouvelle donne des technologies et des modes de travail n’a ainsi été qu’ébauché. Benoît Hamon a tenté quelques pistes, mais sans aller jusqu’au bout ; Emmanuel Macron présente, lui, un projet qui a le mérite pour une fois de dire la vérité aux Français sur les nécessaires remises en ordre des équilibres fondamentaux et la nature des enjeux à relever pour assumer l’avenir. Mais il n’y a pas là de quoi répondre aux interrogations lourdes qui pèsent sur la société française, mais aussi sur les sociétés européennes, dont la belge.
LE PEN, UNE USURPATRICE
Marine Le Pen est une usurpatrice : elle n’a aucune proposition pour construire cet avenir, si ce n’est la manipulation des peurs, le recours aux fermetures des frontières, des marchés, des identités. Mais si on ne fait rien de plus fort, ou de plus judicieux, ou de plus enchanteur, le FN, ou son ersatz, sera de nouveau là au prochain scrutin.
Les démocrates ne peuvent se contenter de s’unir ce week-end pour battre la leader lepéniste, ils doivent conjuguer leurs forces dans la foulée pour imaginer, chercher et faire advenir ce projet alternatif qui donnera les clés pour aborder l’avenir aux très nombreux largués du moment, comme à ceux qui en sont déjà partie prenante.
Ce défi-là est à relever par les Français, mais aussi par chaque leader européen. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« CHERCHER ET FAIRE ADVENIR UN PROJET ALTERNATIF qui donnera les clés pour aborder l’avenir aux très nombreux largués du moment, comme à ceux qui en sont déjà partie prenante. Ce défi là est à relever par les Français, mais aussi par chaque leader européen. »
« Si on ne fait rien de plus fort, ou de plus judicieux, ou de plus enchanteur, le FN, ou son ersatz, sera de nouveau là au prochain scrutin. »
Ce dimanche 7 mai est sans doute la journée la plus dangereuse de l’après-guerre, celle où les Français pourraient être tentés de renouer avec leurs démons pétainistes.
La diabolisation de Macron par les « insoumis » est un jeu infiniment dangereux comme le montre avec talent Béatrice Delvaux laquelle une fois de plus joue à la perfection  son rôle de donneuse d’alarme.
MG



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