vendredi 5 mai 2017

Emmanuel Macron rejoindra la famille libérale européenne


Jurek Kuczkiewicz
Le Soir

LE CANDIDAT À LA PRÉSIDENTIELLE ET LEADER D’EN MARCHE CONSTITUERA UN RENFORT DE POIDS POUR L’ADLE DE GUY VERHOFSTADT. 



La proximité idéologique avec des centristes français affiliés à l’ADLE remonte aux débuts de la création d’En marche ! © Szwarc Henri/ABACA

En marche!, le mouvement politique d’Emmanuel Macron, rejoindra l’Alliance démocrate et libérale européenne (ADLE), la famille libérale européenne, après l’élection présidentielle française, comme l’a appris Le Soir à bonnes sources dans les milieux libéraux européens. La chose ne devrait cependant pas être rendue publique avant un certain temps : « Cela dépendra sans doute de la coalition qu’Emmanuel Macron nouera après les élections législatives », observait un interlocuteur qui ne pouvait parler que sous condition de l’anonymat 




MACRON : DELANOË, GOULARD ET BERTRAND «ONT VOCATION À m'accompagner»

Le socialiste Bertrand Delanoë «fait du bien au débat français», a notamment déclaré Emmanuel Macron. (Le Parisien) 

(LP / Delphine Goldsztejn.) 



«Ils ont tous trois vocation, je l'espère, à accompagner dans les prochaines années ce que je compte faire si je suis élu», a prévenu le favori du second tour.
Une centriste, un Républicain et un socialiste. Emmanuel Macron a estimé jeudi que la députée européenne MoDem, Sylvie Goulard, le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand (LR) et l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë (PS) «ont vocation à l'accompagner» s'il est élu président.

«Les trois ont des qualités très différentes, et ils ont tous trois vocation, je l'espère, à accompagner dans les prochaines années ce que je compte faire si je suis élu», a dit Emmanuel Macron, qui était interrogé sur ces trois personnalités sur CNews. «Ce sont trois personnes qui ont chacune leurs qualités propres», a-t-il dit.

«C'EST UN PRÉSIDENT DE RÉGION AVEC QUI J'AI TOUJOURS TRÈS BIEN TRAVAILLÉ»

«Xavier Bertrand a lui-même pris des positions très claires en soutien à ma candidature pour ce second tour, a-t-il développé. Il a en même temps réaffirmé son identité politique forte. C'est un président de région avec qui j'ai toujours très bien travaillé», a ajouté le candidat d'En Marche! «Sylvie Goulard m'accompagne depuis la première heure. C'est une femme remarquable qui défend l'Europe avec beaucoup de vigueur et conviction», a-t-il jugé. «Quant à Bertrand Delanoë il m'a rejoint il y a plusieurs mois et c'est un homme de gauche, ancré à gauche, qui a beaucoup de force de conviction, qui a une hauteur d'éthique qui fait du bien au débat français», a-t-il poursuivi. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«SYLVIE GOULARD EST UNE FEMME REMARQUABLE QUI DÉFEND L'EUROPE AVEC BEAUCOUP DE VIGUEUR ET DE CONVICTION» 

Il se murmure dans la coulisse qu’ Emmanuel Macron l’Européen la verrait bien premier ministre.
« Européenne convaincue et assidue, elle peut mettre à profit sa solide expérience ministérielle sans pour autant avoir été ministre. Entre 2001 et 2004, elle devient conseillère politique du président de la Commission européenne Romano Prodi, puis travaille auprès de Valéry Giscard d'Estaing sur le traité constitutionnel. De la pratique parlementaire, cette eurodéputée élue depuis 2009(Mouvement démocrate) – et réélue en 2014 – à Strasbourg sur les listes centristes "Les Européens" (UDI-MODEM).
Elle s'est engagée très tôt pour Emmanuel Macron et a organisé la récente rencontre avec Angela Merkel. Un tropisme, au nom de l'amitié franco-allemande, qui compte à l'heure où l'Union européenne se fragilise. Son handicap : ne jamais avoir été élue à l'Assemblée nationale. » (Le Point)
Je renvoie à l’analyse du Point qui la donne grande favorite.
C’est un choix audacieux, un engagement résolument et franchement pro européen. Sylvie Goulard a fait partie du groupe fédéraliste européen Spinelli cofondé avec Daniel Cohn-Bendit, Isabelle Durant et Guy Verhofstadt.  Le groupe Spinelli est une association de députés européens, d'universitaires et d'autres personnalités politiques qui a pour objectif de promouvoir le fédéralisme européen.
Fin 2012, Sylvie Goulard et Mario Monti, Premier ministre italien, publient De la Démocratie en Europe. Les auteurs disent partir d'un constat (« Les Européens voudraient être aussi forts que si l’Europe était unie, conserver autant de souveraineté nationale que si elle ne l’était pas. Cette contradiction est devenue intenable ») et proposent de « voir plus loin ».
Elle soutient Emmanuel Macron, candidat du parti En marche !, pour l'élection présidentielle de 2017. Sur la panne généralisée des institutions européennes et sur l'épuisement politique de l'Union, sa lucidité est totale.
L'auteur ne renonce pas à au rêve européen. « Le salut ne peut venir que de deux grands dirigeants, en France et en Allemagne, abjurant tout égoïsme national. » Alors pourra commencer en effet, à quelques pays, une Europe plus fédérale. Guy Verhofstadt ne dit pas autre chose.
MG 

 
EMMANUEL MACRON : SON PREMIER MINISTRE SERA...
Bertrand, Le Drian, Borloo, Bayrou, Lagarde... Les candidats à Matignon se bousculent au portillon. Et si Macron avait une autre idée en tête ?
PAR OLIVIER PÉROU ET ERWAN BRUCKERT 
Le Point.fr 




Qui sont les prétendants à Matignon si Emmanuel Macron remporte cette présidentielle ? © MAXPPP / OUEST FRANCE/ Philippe RENAULT

Il y a ceux pressentis par le Tout-Paris : Thierry Breton, Pascal Lamy ou Bruno Le Maire. Ceux qu'aimeraient Les Républicains. Ceux qu'espèrent les socialistes. Ceux qui s'y verraient bien. Bref, on ne compte plus les prétendants au poste de Premier ministre si Emmanuel Macron remporte l'élection présidentielle. Alors que Marine Le Pen a déjà promis le maroquin à Nicolas Dupont-Aignan, le candidat d'En marche ! reste muet sur ses préférences pour Matignon.
Il a pourtant distillé quelques indices sur son favori : il ou elle ne doit pas avoir été ministre d'un gouvernement précédent, doit avoir une « forte » expérience parlementaire et doit incarner le fameux « renouvellement des visages ». Mais il exclut les personnalités issues de la société civile. Emmanuel Macron admet également qu'une femme à la tête de Matignon serait « plutôt (s)on souhait ». Cinq critères avec lesquels dresser un portrait-robot ne semble donc pas impossible. Et, même si Emmanuel Macron peut encore bien sûr modifier ses priorités dans le choix de son Premier ministre, Le Point.fr vous livre un casting, noté en s'appuyant sur ces conditions posées par le candidat :
- n'a pas été ministre d'un gouvernement précédent ;
- a une expérience parlementaire ;
- nouveau visage ;
- n'est pas issu de la société civile ;
- est une femme.
CHRISTINE LAGARDE : ne satisfait que 1 critère sur 5 pour devenir Première ministre d'Emmanuel Macron
D'aucuns assurent déjà qu'elle est la favorite, qu'elle aurait même donné son accord à Emmanuel Macron dans le week-end. Pourtant, selon ces fameux critères, il est peu probable de voir la directrice du Fonds monétaire international (FMI) prendre les rênes de l'éventuel prochain gouvernement. En effet, plusieurs mauvais points ne plaident pas en sa faveur : ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, son expérience parlementaire est inexistante. Par ailleurs, Emmanuel Macron, souvent taxé de « candidat des banques », ne peut se permettre de choisir la patronne du FMI comme chef de gouvernement. Pis encore, alors que le candidat En marche ! met en avant dans son programme des mesures de « moralisation de la vie politique », Christine Lagarde a été condamnée par la Cour de justice de la République en décembre dans le cadre de l'affaire Tapie. Enfin, une nomination de Christine Lagarde fâcherait François Bayrou, qui avait fait de l'exemplarité l'une des quatre conditions pour rallier Emmanuel Macron.
LAURENCE PARISOT : 1/5
L'ex-présidente du Medef était au centre des rumeurs en fin de semaine dernière. Selon le magazine Marianne, celle-ci se tenait « prête » à accepter Matignon en cas de coup de fil d'Emmanuel Macron. Pourtant, à y regarder de plus près, son intronisation paraît pour le moins improbable. Premièrement, le candidat d'En marche ! a toujours exclu de nommer au poste de Premier ministre une personnalité issue de la société civile. De plus, déjà considéré par une partie de l'opinion comme le candidat des lobbys et du patronat, il n'est pas – du tout – dans l'intérêt d'Emmanuel Macron de choisir l'ancienne « patronne des patrons ». Le secrétaire général d'En marche !, Richard Ferrand, a lui-même tenu à stopper net le bruit qui courait dans un tweet assassin : « Nous menons campagne pour rassembler et servir la France, d'autres rêvent à leur carrière. Dérisoire, inconvenant et vaniteux. »
FRANÇOIS BAYROU : 2/5
En voilà un qui, au moins, ne se dérobe pas. Invité du Grand Jury de RTL début avril, le patron du MoDem a laissé entendre qu'il était tout à fait prêt à prendre les clés de Matignon si Emmanuel Macron les lui donnait : « J'exercerai toujours les responsabilités auxquelles je pourrais être appelé si c'est l'intérêt du pays. Je n'ai jamais dit non à des responsabilités », a-t-il déclaré. Le Béarnais a beau être un ténor de la vie politique française et très proche des diagnostics de Macron sur de nombreuses questions, il faut bien avouer qu'il ne remplit pas les critères énoncés par le candidat d'En marche !. Introniser François Bayrou Premier ministre ne symboliserait que très modérément le renouvellement politique qu'Emmanuel Macron souhaite mettre en place : élu député pour la première fois en 1986, au premier plan depuis près de vingt-cinq ans en prenant successivement la présidence de l'UDF et du MoDem, trois fois candidat à l'élection présidentielle, Bayrou appartient désormais au « vieux monde politique ». D'autant plus que son passage au ministère de l'Éducation nationale entre 1993 et 1997 est, a priori, un handicap rédhibitoire puisqu'Emmanuel Macron ne souhaite pas d'anciens ministres dans son équipe gouvernementale. En outre, François Bayrou est, depuis son soutien à François Hollande dans l'entre-deux-tours de la présidentielle de 2007, un véritable répulsif pour toute une frange du peuple de droite et pour de nombreux responsables politiques de ce bord.
GÉRARD COLLOMB : 2/5
Soutien de la première heure du candidat d'En marche !, le sénateur-maire de Lyon a, depuis longtemps, fait de sa métropole le laboratoire de la (non-)idéologie macroniste. Avec sa gestion transpartisane et son pragmatisme de tous les instants, il a su se mettre dans la poche les chefs d'entreprise et la petite bourgeoisie rhodanienne. Parlementaire expérimenté – élu député pour la première fois en 1981 –, il n'a pourtant jamais été nommé à la tête d'un ministère. Le natif de Chalon-sur-Saône coche donc toutes les cases requises pour occuper Matignon. Cependant, à bientôt 70 ans, Gérard Collomb ne représente pas tout à fait le renouvellement de la classe politique que souhaite engager Emmanuel Macron. Il n'est pas certain, non plus, que le puissant président de la métropole lyonnaise prenne le risque de descendre de son trône local pour enfiler le costume si éphémère de Premier ministre. Ce mardi matin, Collomb a d'ailleurs coupé court aux rumeurs : « Ce ne sera pas moi, je n'aspire à rien, j'aide Macron, c'est mon rôle aujourd'hui », a-t-il déclaré au micro de Franceinfo. Et, en même temps, ce n'est pas lui qui choisit…
XAVIER BERTRAND : 2/5
Quand plusieurs lieutenants de la droite ont appelé sans rechigner à soutenir sa candidature, Emmanuel Macron n'a pas boudé son plaisir. Puis, quand certains se sont dits prêts à « travailler avec lui » – comprendre à intégrer son gouvernement –, cela l'a convaincu de choisir un Premier ministre plutôt à droite. Le PS en plein chaos, une prise de guerre chez LR donnerait un coup fatal au vieux clivage droite-gauche. François Baroin ne s'y verrait seulement qu'en cas d'une victoire de la droite aux législatives, ce qui pousserait alors Macron à la cohabitation. Une éventualité qui n'est pas au goût du candidat d'En marche !, comme il l'a fait savoir entre les lignes dans une interview au Figaro. Reste Xavier Bertrand, le patron de la région des Hauts-de-France. Macron lui a récemment lancé un appel du pied : « Les chapelles ne m'intéressent pas. Je veux un large rassemblement. De Jean-Yves Le Drian à Xavier Bertrand, il y a une vraie cohérence. » Le profil répond d'autant plus aux critères macroniens : certes ancien ministre, il jouit d'une forte expérience parlementaire. Il a su par ailleurs rassembler sur sa gauche pour battre Marine Le Pen chez elle en 2015 lors des régionales. Mieux encore, Xavier Bertrand est de cette droite plus populaire que parisienne. Il reste l'un des porte-voix les plus influents au sein de la famille politique et pourrait à ce titre ouvrir les vannes à un grand rassemblement des sociaux-démocrates autour d'Emmanuel Macron. Pourtant, les chances de le voir devenir Premier ministre sont minces. En effet, Bertrand ne le souhaite pas. Il n'entend pas devenir ce chaînon manquant et ne se réclame que de la droite. Rien d'autre que la droite. Seule option, donc, pour le voir à Matignon : que la droite remporte les législatives pour peser dans le projet gouvernemental. Alors, le ticket d'entrée se jouerait entre lui et François Baroin. Mais Emmanuel Macron a d'ores et déjà sa préférence...
JEAN-LOUIS BORLOO : 2/5
S'il est resté discret jusqu'au premier tour, n'osant pas adouber François Fillon ou Emmanuel Macron, l'ex-ministre centriste de l'Écologie ne se cache désormais plus. Dans le JDD puis dimanche soir au 20 heures de France 2, il a apporté son soutien au candidat d'En marche ! et lui a même proposé ses services, se disant « prêt à [lui] donner un coup de main ». Il défend, pour cela, une nécessaire « unité » pour « un plan de redressement et d'urgence », comme il le confie au Point.fr. Bref, une coalition de gouvernement à l'image de celle outre-Rhin entre la CDU à droite et le SPD à gauche. Le choix peut paraître séduisant aux yeux d'Emmanuel Macron : Jean-Louis Borloo fédère à tel point que François Fillon a tenté de le rallier à sa cause. Même s'il s'est détaché de la vie politique depuis plusieurs années – ce qui pourrait presque le faire passer pour un homme du renouveau politique –, le lourd passé de ministre de ce centriste ne l'aide pas. Élu pour la première fois en 1989, ministre de Nicolas Sarkozy... Deux critères qui jouent contre lui.
JEAN-YVES LE DRIAN : 2/5
Le retour d'un ministre hollandais ? À droite, c'est une fin de non-recevoir pour ceux prêts à rejoindre Macron dans le wagon du gouvernement. Hors de question de recycler les mêmes, exception faite de Jean-Yves Le Drian. Le ministre de la Défense est autant apprécié par ses pairs socialistes que par la droite. En effet, le Breton rassure. Il faut dire que lui aussi jouait la synthèse dans sa région avant l'heure en comptant dans ses rangs centristes, radicaux, écologistes, et en ayant même le soutien d'élus de droite. Et Le Drian ne compte plus les fois où on l'envoyait à Matignon depuis 2012. Il ne l'aurait vraiment refusé qu'une seule fois. Forcément, en ralliant Emmanuel Macron en mars dernier, le meilleur VRP de l'armement français a vu ces rumeurs revenir au galop. Reste qu'à 70 ans un poste aussi risqué que celui de Premier ministre n'est pas un cadeau de tout repos. Non seulement il fâcherait ses Bretons à qui il a promis de revenir à plein temps en 2017, mais il est peu probable qu'Emmanuel Macron offre un nouveau passe-droit au cumulard Le Drian. Autre désavantage : il a été élu député pour la première fois en 1978, a été nommé secrétaire d'État sous Mitterrand, est ministre de l'actuel gouvernement et à la tête de sa région depuis 2004. Loin d'incarner l'image du « renouveau » et de cocher toutes les cases des critères.
JEAN-PAUL DELEVOYE : 2/5
Il est l'une des très belles prises d'Emmanuel Macron à sa droite. Médiateur de la République entre 2004 et 2011, puis président du Conseil économique, social et environnemental de 2010 à 2015, le chiraquien Jean-Paul Delevoye a été chargé de présider la commission d'investiture d'En marche ! pour les élections législatives, signe de la grande confiance que lui accorde le jeune prétendant à l'Élysée. Parlementaire durant seize années dans son territoire du Pas-de-Calais – député puis sénateur –, le septuagénaire jouit d'une grande estime chez les responsables politiques de droite comme de gauche. Delevoye serait-il l'homme expérimenté, consensuel, idéal pour le poste ? Malheureusement pour lui, pas tout à fait. Celui-ci a hérité, en 2002, du ministère de la Fonction publique, de la Réforme de l'État et de l'Aménagement du territoire dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Et Emmanuel Macron l'a bien indiqué, il ne veut pas d'anciens ministres au sein de son gouvernement. Dommage…
ANNE-MARIE IDRAC : 3/5
… Et il en va de même pour Anne-Marie Idrac, à deux doigts du CV parfait, mais nommée deux fois secrétaire d'État, d'abord aux Transports sous Jacques Chirac puis au Commerce extérieur durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Pourtant, cette centriste de 65 ans, aux plusieurs vies bien remplies et ralliée à Macron en février dernier, coche toutes les autres cases. D'un côté, avec son passé de députée UDF des Yvelines entre 1995 et 2002, elle connaît bien le fonctionnement des institutions et du travail parlementaire. De l'autre, elle a occupé des postes à haute responsabilité dans de nombreuses entreprises publiques et privées : présidente-directrice générale de la RATP, présidente de la SNCF, présidente du conseil de surveillance de l'aéroport de Toulouse, entre autres...
SÉGOLÈNE ROYAL : 3/5
Et si c'était elle ? Après tout, n'a-t-elle pas inventé le macronisme avant l'heure ? En 2007, alors candidate à l'élection présidentielle, elle fâche les éléphants socialistes en proposant une alliance avec le centriste François Bayrou (qui refuse). Au congrès de Reims suivant, en 2008, elle met de nouveau les pieds dans le plat et veut rebâtir le PS en l'ouvrant vers le centre. Une stratégie qui en inspira certains, à commencer par un certain Manuel Valls. Elle gagne la région Poitou-Charentes en 2010 avec une liste où figurent des Verts, des MoDem, des radicaux et communistes, des chevènementistes et deux syndicalistes. Problème : la ministre de l'Environnement, qui plus est sous François Hollande, ferait pousser des cris d'orfraie chez Les Républicains et pourrait même coûter le soutien de certains à droite. D'autant qu'elle a siégé au gouvernement à plusieurs reprises depuis... 1992. Bien loin de la volonté de « renouvellement des visa
RICHARD FERRAND : 4/5
Il est le bras armé d'Emmanuel Macron. Le député du Finistère est entré très tôt dans le giron du ministre de l'Économie, depuis qu'il a porté la loi Macron au Parlement. Il coche surtout de nombreuses cases des « critères macroniens » pour devenir Premier ministre. Conseiller au cabinet du secrétaire d'État aux Affaires sociales et à l'intégration Kofi Yamgnane en 1991, parlementaire depuis 2012, il a une expérience certaine sans être pour autant un vieux routier de la politique. Il reste aussi méconnu des Français et incarne d'une certaine façon un « renouveau » politique. Certes, Emmanuel Macron pourrait lui préférer une femme, mais Ferrand a surtout d'autres aspirations : diriger le mouvement En marche !. Et voler trop haut trop tôt, surtout à Matignon, est un pari risqué.

ÉDOUARD PHILIPPE : 4/5
Voilà un homme politique qui a (presque) toutes les qualités requises aux yeux d'Emmanuel Macron. Il n'entre vraiment en politique qu'au début des années 2000, alors qu'Alain Juppé s'entiche de cet élu du Havre pour participer à la fondation de l'UMP. Ce juppéiste de la première heure devient maire du Havre en 2010 et est réélu en 2015 dès le premier tour. En 2012, il devient député de la 7e circonscription de la Seine-Maritime. Bref, du neuf et un peu d'expérience. Au Point , l'élu se dit prêt à travailler avec Macron et « l'aider à gagner ». Seule ombre au tableau – dixit les indices d'Emmanuel Macron –, Édouard Philippe serait le candidat idéal... s'il était une femme.

SYLVIE GOULARD : 4,5/5
À en croire le portrait-robot qu'a dressé Emmanuel Macron, elle est la candidate parfaite pour le poste. Personne d'autre que la centriste ne répond à tous ces critères : européenne convaincue et assidue, elle peut mettre à profit sa solide expérience ministérielle sans pour autant avoir été ministre. En 1989, elle rejoint le Quai d'Orsay et intègre l'équipe française chargée des négociations pour la réunification de l'Allemagne. Entre 2001 et 2004, elle devient même conseillère politique du président de la Commission européenne Romano Prodi, puis travaille auprès de Valéry Giscard d'Estaing sur le traité constitutionnel. De la pratique parlementaire, cette eurodéputée élue depuis 2009 – et réélue en 2014 – à Strasbourg en a. Elle s'est engagée très tôt pour Emmanuel Macron et a organisé la rencontre avec Angela Merkel. Un tropisme, au nom de l'amitié franco-allemande, qui compte à l'heure où l'Union européenne se fragilise. Son handicap : ne jamais avoir été élue à l'Assemblée nationale. 


L'UE "CROISE LES DOIGTS" POUR L'EUROPHILE MACRON
Le Vif
Les dirigeants européens, conscients que l'avenir de l'UE se joue en partie dimanche au deuxième tour de la présidentielle française, ont pris fait et cause pour Emmanuel Macron et contre la "destruction" de l'Europe prônée par Marine Le Pen. 




Emmanuel Macron © AFP
"Si Le Pen gagne, l'Europe sera profondément divisée. Si Macron gagne, il y a une chance que la France se réconcilie et que l'Europe redémarre", souligne Henrik Enderlein, professeur en économie politique à la Hertie School of Governance de Berlin, à deux jours du duel final entre le centriste europhile d'En Marche et la candidate d'extrême droite du Front national.
"Oui, on croise les doigts" en faveur d'Emmanuel Macron, reconnaît une source européenne, en expliquant que le débat entre les deux finalistes mercredi soir avait été "très suivi" dans les institutions européennes, "même par des collègues qui ne sont pas Français".
"Vu de Bruxelles, Macron est évidemment perçu positivement. On a le sentiment qu'on pourra travailler avec lui parce que ce n'est pas un projet de destruction comme celui de Marine Le Pen. Ce n'est pas une élection normale dans le sens où l'extrême droite est au deuxième tour", ajoute cette source sous couvert d'anonymat.
L'empressement avec lequel les dirigeants européens ont adressé leurs félicitations à Emmanuel Macron le soir du premier tour illustre l'inquiétude qui règne dans l'Union européenne quant à l'essor des mouvements populistes et europhobes, après le référendum sur le Brexit et l'élection aux Etats-Unis de Donald Trump.
L'ancien ministre français Michel Barnier, qui doit négocier pour l'UE le Brexit avec Londres, a expliqué sans ambages qu'il voterait Macron "pour que la France reste européenne", dans un vidéo diffusée jeudi sur Twitter.
Son patron, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, était sorti de la réserve habituelle pour, dès le 23 avril au soir, lui souhaiter "bon courage pour la suite".
"Il s'agissait simplement de choisir entre la défense de ce que l'Europe incarne et l'option qui vise la destruction de l'Europe", avait dit son porte-parole pour expliquer cette interférence dans l'élection française.
- ENTHOUSIASME À BERLIN -
Mme Le Pen entend rétablir les frontières et une monnaie nationale et donc négocier à Bruxelles la sortie de la zone euro et de l'espace Schengen. A l'issue de ces négociations, elle veut organiser un référendum sur l'appartenance de la France à l'UE.
A l'opposé, M. Macron --dont les sondages prédisent une victoire dimanche avec 60% des voix-- veut doter la zone euro d'un budget, d'un parlement et d'un ministre des Finances propres, engager une "politique d'investissements européens" et renforcer l'Europe de la défense.
M. Macron avait reçu après le premier tour les encouragements de dirigeants aux antipodes comme la chancelière conservatrice Angela Merkel, le Premier ministre grec de la gauche radicale Alexis Tsipras ou le Premier ministre belge libéral Charles Michel.
Il promet de faire repartir le moteur franco-allemand, ce qui suscite l'enthousiasme en Allemagne où des élections sont prévues en septembre.
"Se faire élire en 2017 en disant: +je veux renforcer l'Europe+, c'est complètement à contrecourant de l'air du temps et ça en a impressionné plus d'un à Berlin" où M. Macron a séduit tous les poids-lourds de la coalition au pouvoir, du très conservateur ministre des Finances Wolfgang Schäuble aux sociaux-démocrates Sigmar Gabriel et Frank-Walter Steinmeier, souligne M. Enderlein.
"Mais cela sera probablement un peu plus compliqué que cela", prévient Vincenzo Scarpetta, analyste au centre de réflexion Open Europe. "Réformer l'UE semble bien beau sur le papier, mais les idées de Macron sont audacieuses: il veut un budget pour la zone et un ministre pour la zone euro. Tout cela est-il bien réaliste vu que cela demanderait de changer les traités?".
Sa marge de manoeuvre pourrait également être limitée si, à l'issue des législatives de juin, Emmanuel Macron doit nommer un gouvernement de cohabitation, souligne Yann-Sven Rittelmeyer, chercheur au European Policy Center.
Les Européens "n'ont pas encore véritablement mesuré les problèmes qui pourraient découler d'une absence de majorité législative pour Emmanuel Macron, tant domine le soulagement à l'idée de voir le risque extrémiste écarté", observe-t-il.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
À CONTRECOURANT DE L'AIR DU TEMPS 

"Se faire élire en 2017 en disant: +je veux renforcer l'Europe+, c'est complètement à contrecourant de l'air du temps et ça en a impressionné plus d'un à Berlin" où M. Macron a séduit tous les poids-lourds de la coalition au pouvoir, du très conservateur ministre des Finances Wolfgang Schäuble aux sociaux-démocrates Sigmar Gabriel et Frank-Walter Steinmeier (Président de la République fédérale allemande) »

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