lundi 8 mai 2017

La présidentielle vue de l'étranger : «Une victoire pour la France et l'Europe»


Figaro
REVUE DE PRESSE - Les médias internationaux saluent la victoire d'Emmanuel Macron. 


De notre correspondant à Londres 

Si la presse britannique salue la victoire d'Emmanuel Macron, de façon plus ou moins enthousiaste, elle n'oublie pas de rappeler la force du vote Front national et les défis qui attendent le nouveau président sur le dossier européen.
Après des mois à prédire une victoire de Marine Le Pen, comme le troisième volet inéluctable d'un triptyque qui aurait débuté avec le Brexit, suivi par l'élection de Donald Trump, la presse britannique salue la victoire de Macron avec plus ou moins de réserve. «La France endigue la vague de la révolution populiste», se félicite à sa Une le journal digital The Independent. «Après le Brexit et Trump, Le Pen est battue, mais Macron devrait rendre les négociations de May avec l'UE plus dures», estime le quotidien pro-européen. Le conservateur et anti-européen Daily Telegraph considère aussi que le «nouvel espoir pour la France met un nuage au-dessus du Brexit».

VU D'ALLEMAGNE: MACRON, «LA DERNIÈRE CHANCE» DE LA FRANCE
Soulagés par l'élection d'Emmanuel Macron, les Allemands demeurent très préoccupés par la crise politique traversée par notre pays.

Pour l'Allemagne, l'enjeu du second tour de la présidentielle se résumait à un simple pour ou contre l'Europe. «La France dit oui à l'Europe», répond Bild sur sa une, colorant les trois lettres du mot en bleu blanc rouge. Comme le quotidien populaire, tous les journaux allemands consacrent leur une lundi matin à l'élection présidentielle française. «L'Europe respire, Macron devient le nouveau président», résume la Süddeutsche Zeitung . «Vive la France», écrit en une Die Welt. «En marche», lance le Tagesspiegel.

VU D'ISRAËL - «LA MENACE N'A FAIT QUE RECULER - ELLE N'A PAS DISPARU»
De notre correspondant à Jérusalem

LA PRESSE ISRAÉLIENNE, ENTHOUSIASTE, INVITE NÉANMOINS LE VAINQUEUR À GARDER LA TÊTE FROIDE.
Le journaliste, enthousiaste, estime qu'Emmanuel Macron a ringardisé ses principaux concurrents et souligne: «Il s'est emparé de l'Elysée en arrivant de nulle part, sans parti et sans allié, face à des concurrents plus expérimentés qui n'ont cessé de l'attaquer».
Malgré la victoire d'Emmanuel Macron, souligne-t-il, les libéraux européens seraient bien inspirés de rester vigilants. «2016, l'année des populismes, est pour l'heure suivie d'un relatif retour à la raison. Mais la menace n'a fait que reculer - elle n'a pas disparu», estime le journaliste, qui invite le vainqueur de la présidentielle française à garder la tête froide et met en garde: «Ce n'est pas seulement la suspicion xénophobe envers les immigrés qui nourrit la montée des partis populistes, pro-russes et isolationnistes. Une nouvelle génération d'électeurs européens a perdu confiance dans les partis traditionnels.»

VU D'ITALIE - «LE TOURNANT DE L'EUROPE»

De notre correspondant à Rome
La presse transalpine note que la victoire de l'ex-ministre, jamais élu auparavant, est le symbole d'une France qui croit en l'Europe.
Macron remporte la victoire: pour la France et pour l'Europe» (Corriere della Sera). «Macron: le tournant de l'Europe» (La Repubblica). «France, triomphe de Macron pour l'Europe» (La Stampa). «Cyclone Macron: refonder l'Europe» (Il Messaggero). Les quotidiens italiens sont unanimes ce matin à saluer la dimension européenne du résultat des élections françaises, une victoire «encore plus éclatante que celle de Donald Trump aux Etats-Unis», souligne Il Messaggero.
Macron ne s'est pas fait dicter son agenda par le Front National. Il a obtenu la victoire sans élever de murs, sans tailler en pièces ce qui avait été construit avec tant de peines. Il a promis de protéger les faibles, calmer les peurs et remis au centre un concept terriblement démodé: l'optimisme».

VU DES ÉTATS-UNIS: «DÉCOUVREZ LE NOUVEAU PRÉSIDENT FRANÇAIS»

Pour le Washington Post, «Emmanuel Macron repousse la vague populiste pour remporter la présidence française»: «Le banquier qui n'avait jamais été élu occupe maintenant l'un des postes exécutifs les plus puissants du monde occidental, à la tête de la deuxième économie d'une Europe en difficultés».
Le New York Times insiste sur une «victoire décisive sur l'extrême droite» et le «répit significatif offert à l'Union européenne». Le Wall Street Journal parle d'un «tournant décisif qui octroie au nouveau venu en politique un mandat fort pour refondre l'économie française et endigue une vague nationaliste balayant l'Europe».
Commentaire de la revue Foreign Policy: «Le champion d'une France ouverte et optimiste a gagné la bataille. Cela ne veut pas dire que le populisme a perdu la guerre».

VU DE DE CHINE - UNE VICTOIRE SUR «LE POPULISME»

La Chine se tient «prête à travailler avec la France afin de faire progresser le partenariat stratégique franco-chinois à un niveau supérieur», a-t-il ajouté.
Dans un éditorial en ligne, le quotidien Global Times, proche du Parti communiste chinois, a salué la victoire du candidat d'En marche! sur le «populisme», après l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis. «Il est peut-être trop tôt pour conclure que le pic du populisme commence à s'évanouir de la politique internationale», analyse le journal. Mais «dans plusieurs années, quand nous regarderons cette élection, nous nous rendrons peut-être compte que la France a fait un choix sage pour la civilisation humaine en l'aidant à continuer à avancer à un moment crucial plutôt qu'en la renvoyant en arrière», poursuit le Global Times.


MACRON PORTE LES ESPOIRS "DE MILLIONS" DE FRANÇAIS ET D'EUROPÉENS
Le Vif
La chancelière allemande Angela Merkel a estimé lundi que le nouveau président français Emmanuel Macron portait les espoirs "de millions de Français et aussi de beaucoup de gens en Allemagne et en Europe". 



© Reuters 

"Emmanuel Macron a mené une campagne pro-européenne courageuse, il défend l'ouverture sur le monde et est résolument pour l'économie sociale de marché", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse à Berlin, saluant sa "magnifique victoire".
"Je lui souhaite, ainsi qu'aux Français, tout le succès imaginable", a-t-elle ajouté.
Alors que la France commémore lundi la victoire sur l'Allemagne nazie, le 8 mai 1945, Mme Merkel a rappelé que les deux pays "ont développé depuis des décennies une amitié solide" qui est devenue "la pierre angulaire de la politique allemande".
"Nous savons que l'Allemagne et la France sont liées par un destin commun", a poursuivi la chancelière qui avait déjà appelé le nouveau président français dimanche soir, après sa victoire face à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen.
"Nous coordonnons nos approches et avançons, partout où cela est possible, d'un pas commun pour le bien de nos deux pays mais aussi pour le bien de l'Europe et c'est exactement l'esprit que j'espère et qui sera présent, je le crois, dans le travail en commun" avec M. Macron, a ajouté la chancelière.
Dimanche soir, Mme Merkel avait salué l'engagement de M. Macron "durant la campagne électorale en faveur d'une Union européenne unie et ouverte sur le monde", avait indiqué son porte-parole, Steffen Seibert, soulignant que pour la chancelière, le vote des Français constituait "un soutien clair en faveur de l'Europe".

POUR L'ALLEMAGNE, MACRON REPRÉSENTE « LA DERNIÈRE CHANCE » DE LA FRANCE
• Par Nicolas Barotte Figaro
Soulagés par l'élection d'Emmanuel Macron, les Allemands demeurent très préoccupés par la crise politique traversée par la France.
Correspondant à Berlin
Les Français ont voté «dans un climat pré-révolutionnaire» après «l'échec de deux présidences» et un «trop long échec économique». Il s'inquiète des marges de manœuvre du nouveau chef de l'Etat alors que la France n'obtient avec lui «qu'un délai de grâce»: «la prochaine élection n'est que dans cinq ans pour le Front national», prévient-il.
La Frankfurter Allgemeine Zeitung se réjouit aussi de l'élection d'Emmanuel Macron. Mais pour expliquer la crise française à ses lecteurs, le quotidien souligne l'écart entre les opinions publiques de deux pays. «La plupart des Français rejettent la mondialisation et craignent pour leur identité», analyse Holger Stelzner. «C'est pourquoi la tentation du protectionnisme et le refus des réformes est aussi fort. A l'inverse, seulement un Allemand sur dix pense que la mondialisation handicape son pays».
«Ce n'est pas un vague d'euphorie» qui a envoyé Emmanuel Macron à l'Elysée, renchérit Die Welt. Le nouveau président a «ses fans dans les grandes villes mais dans le reste du pays, la «France profonde» (en français dans le texte), il est plutôt haï».
Emmanuel Macron est «élu mais n'a pas encore gagné», résume Stefan Simons, le correspondant du Spiegel à Paris. «Le nouveau président a besoin d'une majorité large et stable» au Parlement, souligne le journaliste en se projetant jusqu'aux élections législatives de juin. Son élection «est un pari», ajoute-t-il. Soit le «nouveau venu» réussit avec des réformes «aussi courageuses que drastiques» à redresser le pays soit il échoue face «aux résistances des anciennes structures». Mais «ce basculement est la dernière chance de la France», avertit le journaliste.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«CE BASCULEMENT EST LA DERNIÈRE CHANCE DE LA FRANCE», 
 
Non seulement de la France mais assurément aussi de l’Europe.
Il s’agit d’un magnifique sursaut qui n’aura de sens et d’impact que si Emmanuel Macron réussit à gagner le troisième tour celui des législatives.
A écouter les grandes pointures politiques de droite de gauche et du FN au soir du second tour, rien n’est moins sûr et on sent se former une coalition des rancuniers sorte de « tous contre un » pour faire échouer le fringant nouveau Président que François Hollande semble vouloir prendre sous son aile.
Ce troisième tour absolument décisif s’annonce comme une coalition de toutes les rancoeurs, de droite, de gauche et des extrêmes, seul le centre est acquis au nouveau Président de la République, un centre élargi certes mais balisé, un carcan qui l’entrave et risque d’empêche de l’aiglon de déployer les ailes pour prendre son envol.
De Gaulle a promulgué la cinquième pour faire pièce aux chamailleries des partis qui ont étouffé la quatrième république. Et voici que ceux-ci se vengent face au jeune Macron qui certes en impose mais il lui manque assurément la légitimité de l’homme du 18 juin.
« Soit le nouveau venu» réussit avec des réformes aussi courageuses que drastiques à redresser le pays soit il échoue face aux résistances des anciennes structures. Mais ce basculement est la dernière chance de la France» Bigre.
MG

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