lundi 15 mai 2017

Législatives : Marine Le Pen hésite à se lancer, son état-major partagé


•Par Marc de Boni Figaro
Les proches de la présidente du FN se divisent sur l'opportunité de voir leur chef retourner dans l'arène électorale, au lendemain d'une campagne épuisante et d'une défaite décevante qui fragilise son parti.f
Il y a encore quelques semaines, les plus optimistes au FN rêvaient de voir l'Assemblée prise d'assaut par 80 à 100 députés FN après les législatives de juin prochain. Passée la défaite de la présidentielle, ces ambitions sont largement revues à la baisse et c'est une quinzaine de sièges qui sont désormais visés. Épuisée et confrontée aux dissensions qui divisent son parti sur l'inventaire de sa campagne, Marine Le Pen hésite à se présenter. Après la retraite anticipée de Marion Maréchal-Le Pen, d'une part, et les menaces de démission à peine voilées de Florian Philippot en cas d'abandon du projet de retour au franc, la fille de Jean-Marie Le Pen s'inquiète de voir sa place éventuellement affaiblie en cas de nouvelle déception.
MARINE LE PEN ÉPUISÉE
Au Figaro, le député Gilbert Collard confiait en fin de semaine dernière avoir plaidé pour une prise de recul de Marine Le Pen. «Personnellement, je lui conseillerais de ne pas se présenter pour prendre le temps de restructurer le mouvement, comme annoncé. Elle prendrait un risque à descendre du piédestal conféré par la séquence présidentielle pour aller dans l'arène des législatives», expliquait le député du Gard. «Elle est totalement épuisée par une campagne présidentielle où elle a tout donné, on l'a vu dans la dernière ligne droite de la campagne. Elle ne peut pas enchaîner dans ces conditions. Si elle est candidate, il lui faudra aussi porter la campagne au niveau national, et ce sera compliqué de combiner les deux», poursuit le ténor du barreau, avant de déplorer être «ultraminoritaire, la majorité (des responsables du comité stratégique, NDLR) l'a poussée à y aller».
Mais entre-temps la crise s'est approfondie au point que le numéro 2 du parti Florian Philippot a laissé planer la perspective de son départ, dans la foulée de l'annonce du renoncement de Marion Maréchal-Le Pen à ses mandats. Il est en effet contesté en interne pour sa ligne «jusqu'au boutiste» de sortie de l'Euro, un point sur lequel il n'entend rien céder sous peine de jeter l'éponge. En interne, la manœuvre apparaît comme un chantage à la démission auprès de Marine Le Pen et provoque la révolte des adversaires de l'omniprésent bras droit. Lui-même partisan d'une candidature de Marine Le Pen, il pourrait ne pas obtenir gain de cause. Signe que la crise couve, Marine Le Pen n'a pour l'heure pas fait taire la bronca de «l'aile droite» du parti, portée notamment par Nicolas Bay, Gilbert Collard et des proches de Marion Maréchal-Le Pen.
LA CRAINTE D'UNE NOUVELLE DÉCONVENUE
Autre indice: dans Le Parisien vendredi, le secrétaire national aux Fédérations et à l'Implantation confiait: «Elle n'a pas encore pris sa décision. Elle a juste indiqué qu'elle allait chapeauter la campagne législative du FN, mais la concernant, rien n'est acté. Pour ma part je souhaite qu'elle soit candidate». Une hésitation que confirme le JDD : le doute a gagné la direction frontiste ces derniers jours, et plusieurs candidatures alternatives sont à l'étude pour prendre la suite de Marine Le Pen si cette dernière renonçait à briguer la 11e circonscription du Pas-de-Calais, son fief.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA BÊTE EST ÉPUISÉE

Oui la campagne fut épuisante mais celui que la fille de Le Pen tenta en vain d’éreinter est frais comme un gardon, il pétille de malice de fraicheur et de subtile intelligence et nous parle désormais de renaissance.
Il n’a pourtant que neuf ans de moins qu’elle mais c’est un homme neuf et pas le fils d’une lignée flétrie par les feux de la rampe et de la haine. Ce lundi sera pour lui une journée clé : désignation d’un premier ministre qui scellera le destin de sa présidence  et rencontre avec Angela Merkel qui dimanche a mis KO son adversaire le socialiste Shultz dans les terres natales de la SPD en Rhénanie.
Le Marcheur de Bibi va-t-il réussir à remettre la France et  l’Europe en marche ?
MG

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