dimanche 7 mai 2017

«Mes chers concitoyens, une nouvelle page de notre longue histoire s’ouvre ce soir. »




« Je veux que ce soit celle de l’espoir et de la confiance retrouvée», a souhaité le président élu, qui a conservé un ton solennel et grave, sans triomphalisme, tout au long de son allocution.
«Je défendrai la France, ses intérêts vitaux, son image. J’en prends l’engagement devant vous. Je défendrai l’Europe, c’est notre civilisation qui est en jeu, notre manière d’être libres. J’oeuvrerai à retisser les liens entre l’Europe et les citoyens»
Emmanuel Macron 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE PAGE EST TOURNEE, UNE AUTRE EST ARRACHEE 
 
Il y avait une solennité toute mitterrandienne dans cette marche lente vers le pouvoir, vers le podium, vers la lumière sur fonds de pyramide et de Louvre historique au son de l’hymne à la joie, l’ode des Européens.
Bon vent au nouveau président de la République qui a relégué aux oubliettes le spectre du fascisme mais pour combien de temps ?
Le troisième tour a commencé ce-soir dans les studios de télévision.
Il risque bien d’être plus rude encore que les deux premiers.
MG   

  
«CAP SUR LES LÉGISLATIVES !»

Par Alexis Brézet, directeur des rédactions du Figaro.
En apparence, le triomphe est complet. Huitième président de la Ve République, Emmanuel Macron, auréolé de la gloire que lui vaut son écrasante victoire, peut espérer, à 39 ans, inscrire son nom à la suite des Kennedy, Giscard, Renzi, Trudeau, au panthéon des réformateurs dont la jeunesse, l'optimisme et le culot ont triomphé de tout.
Incroyable exploit! Rocard, Delors, Barre, Bayrou en avaient rêvé, il l'a fait! Parti de rien, inconnu du grand public il y a trois ans encore, sans appareil ni militants, il a renversé sur son passage amis et ennemis, concurrents et caciques, notables et novices. Porté par le vent d'une audace sans pareille, la «bulle Macron», qui ne pouvait pas ne pas éclater, a bousculé les vieux partis, subjugué les médias, inventé de toutes pièces son électorat. Bingo! Aujourd'hui, le PS est en miettes, la droite tiraillée entre opposition et fascination, le FN renvoyé à son rôle d'opposant idéal…

TOUTE ABSTENTION, TOUT BULLETIN BLANC, TOUT BULLETIN NUL, bref toute voix qui manquera à Emmanuel Macron fera monter mécaniquement le pourcentage des voix nationalistes. Avec le même nombre de bulletins, les xénophobes apparaîtront plus forts. Le visage de la France en sera un peu plus souillé. La France serait salie, bafouée, ridiculisée, par une victoire de l’intolérance qui s’ajouterait à celle de l’incompétence. La France du droit et de l’égalité, la France de l’accueil et de la solidarité, la France des conquêtes sociales, la France de l’Europe pacifique, la France de Gavroche et de Zola, la France de Voltaire et de Camus, de Blum et du Général, de Césaire, de Simone Veil, de Mabanckou… Cette France que saluait Aragon, qui n’avait rien d’un nationaliste : «Je vous salue, ma France aux yeux de tourterelle /[…], Patrie également à la colombe ou l’aigle / De l’audace et du chant doublement habitée ! / Je vous salue, ma France, où les blés et les seigles / Mûrissent au soleil de la diversité…» France de la liberté, dont une marée brune, même contenue, changerait les couleurs.


EN ALLEMAGNE, SOULAGEMENT À L'ANNONCE DE L'ÉLECTION DE MACRON
Par Nathalie Versieux, correspondante à Berlin de Libération

Soulagement à Berlin. Le gouvernement fédéral a aussitôt félicité le nouveau président français, dès l’annonce des résultats dimanche soir. «C’est une victoire pour une Europe unie et forte. Et pour l’amitié franco-allemande», a déclaré le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert, sur Twitter.
Même satisfaction du côté du SPD. Le ministre des Affaires étrangères social-démocrate, Sigmar Gabriel, parle de «bonne journée pour l’Europe et pour l’Allemagne. Les Français, souligne le ministre dans un communiqué, ont choisi l’optimisme, les réformes et l’ouverture au monde. Ils se sont prononcés en faveur de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, contre le renfermement, le cynisme et la haine. Je me réjouis de la victoire de mon ami Emmanuel Macron». Sigmar Gabriel et Emmanuel Macron, qui étaient ministres de l’Economie à la même période, se connaissent bien. Le soutien appuyé de Gabriel à Macron plutôt qu’à Benoît Hamon, le candidat du PS, avait déçu les socialistes français.
Au-delà du soulagement, les Allemands savent bien qu’un président Macron sera tout sauf confortable pour l’Allemagne. «La victoire d’Emmanuel Macron renforce le poids de la France au sein de l’UE, au détriment de l’Allemagne, affaiblie par le Brexit qui la prive d’un allié partisan du libéralisme», note le quotidien Tagesspiegel. L’Allemagne s’attend, avec la victoire du candidat d’En marche, à une relance du débat sur la mutualisation de la dette au sein de la zone euro.

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