vendredi 30 juin 2017

Mais pourquoi Macron porte-t-il deux alliances? Chronique d'une com' pensée au pixel près


NICOLAS LOWYCK La Libre Belgique



[Le président] souhaitait vraiment être entouré de ses objets du quotidien." C'est ce que confie Sibeth Ndiaye, la responsable de la communication d'Emmanuel Macron, au Monde. Preuve, s'il le fallait, que ce cliché officiel est le plus réfléchi et le plus professionnel de l'histoire des chefs d'Etat français, d'un point de vue strictement communicationnel.

Car, mis à part l'éblouissance des yeux de Macron, rien ne surprend, tout semble naturel, alors que chaque détail est le résultat d'une réflexion dosée.
Tiens, le bureau, par exemple. A regarder les nombreuses interviews données par François Hollande, le meuble était à sa place habituelle, devant la cheminée parementée. Mais ici, il a été placé devant la fenêtre ouverte, pour casser les codes de la traditionnelle photo d'intérieur, tradition que Hollande ou Chirac n'avaient pas non plus suivie. "Macron contrôle tout, même le mobilier", s'en gausse Konbini.
Les objets, ensuite. Trois livres ont été distingués par les journalistes, et pas n'importe lesquels : les Mémoires de guerre du général de Gaulle, ouvert, Le Rouge et le Noir, de Stendhal, et Les Nourritures terrestres, de Gide, fermés. Symbolique.
L'horloge est un clin d'oeil au surnom que lui ont attribué les médias: le "maitre des horloges" (et elle nous apprend que la pose a été capturée à 20h20). Tout le monde aura encore remarqué les deux iPhones derrière le bras droit. Ils n'ont pas été simplement laissés là. Ils servent à rappeler l'adhésion du président aux nouvelles technologies, en bon ami des start-uppers (comprenons: il est de son temps).
Enfin, les alliances, car il en porte deux : l'une pour le mariage avec Brigitte Macron, l'autre pour leurs noces d'étain.
S'il vous faut une énième preuve que tout est millimétré, il suffit de juger de la qualité sémantique de la photo, grâce à la technique, comme le fait un de nos lecteurs  "Cliché de pro. Encadrement parfait: verticales au fil à plomb (les fenêtres), horizontales au niveau à bulle (bureau, balustrade, ligne des sourcils); toutes les lignes de fuite convergent au centre, sur lui: un X formé par ses bras et en symétrie la lisière des arbres, à l'intersection du X se situe le noeud de la cravate parfaitement verticale." Avant d'ajouter: "Portrait bien tiré mais terriblement égocentrique (au sens propre)." 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MICROCOSME DE LA MACROMANIE

Trois livres ont été disposés sur la table de travail du président, "et pas n'importe lesquels" : les Mémoires de guerre du général de Gaulle, ouvert, Le Rouge et le Noir, de Stendhal, et Les Nourritures terrestres, de Gide, fermés. En déceler la symbolique?
Ce choix intrigue en effet. Il correspond très peu aux lectures d'un homme de quarante ans, plutôt aux goûts des générations d'avant.
Y voir les préférences de Bibi l'épouse agrégée es lettres, enseignante plutôt conservatrice oeuvrant dans un collège jésuite très comme il faut?
De Gaulle? évidemment et les mémoires de guerre en particulier en référence au général de brigade rebelle, l'homme en rupture de Vichy.
"Le rouge et le noir?" Julien Sorel, fils d’un simple scieur est un personnage ambigu. L’ambition sociale, l’ambition amoureuse, qui semblent ses principales passions, le conduisent au meurtre qu’il tente froidement sur la personne de Mme de Rênal son amante et son aînée. Les femmes lui semblent, comme la carrière militaire et la carrière ecclésiastique, un utile moyen de "parvenir. La méthode Sorel renvoie-telle à la méthode Macron?
Mme de Rênal, femme mariée, et mère de deux enfants, l'aime avec passion et tendresse. Mathilde (la France?) ne l’aime que par orgueil,
Enfin "Les nourriture terrestres?" Eloge exalté de la nature et des sens?  "Quand tu m’auras lu, jette ce livre ». Le jeter pour en délaisser la lecture et trouver sa propre vérité?
"Je crois que la route que je suis est  ma route, et que je la suis comme il faut. Je garde l’habitude d’une vaste confiance qu’on appellerait de la foi, si elle était assermentée."
"Trouver dans l’oubli de soi la réalisation de soi la plus parfaite, la plus, haute exigence, et la plus illimitée permission de bonheur. » (André Gide, préface de l’ouvrage datée de 1927)
Mais l'allusion à Gide, thuriféraire de l'homosexualité, a peut-être une autre portée encore.
Ce portrait robot du nouveau  Président se lit, de fait, comme un microcosme de la macromanie. Pas la, peine de relire son "révolution" tout s'y trouve en synthèse. C'est Macron vu par Macron à la gloire du président Macron.
MG








La désolation d’une correctrice du bac face à la médiocrité des copies


Par Sophie de Tarlé Le Figaro
Audrey refuse de gonfler les notes comme lui demande l’Éducation nationale.  Crédits photo: Syda production

Dans un post publié sur Facebook, une correctrice du bac de français se désole du niveau des copies et de l’obligation qui lui est faite d’augmenter les notes. Son message a été partagé des milliers de fois.
Un post, intitulé «Désolation d’une correctrice du bac en détresse..», a été largement partagé sur Facebook. L’auteur s’appelle Audrey, elle est professeur de français. Dans ce texte, l’enseignante, qui a 55 copies du bac 2017 à corriger, se désole du niveau des copies et surtout que les notes soient augmentées de manière artificielle. Elle décide alors de refuser de «cautionner» les consignes qui lui ont été données d’atteindre la moyenne sur l’ensemble des copies qu’elle corrige. «Vous distribuerez vous-mêmes, en haut lieu, les notes qui arrangent votre politique» écrit l’enseignante. Découvrez l’intégralité de son message.
«C’EST AFFLIGEANT DE MÉDIOCRITÉ»
«Je corrige des copies de l’écrit du bac de français pour des séries technologiques. C’est affligeant de médiocrité. Dans 90 % des cas les méthodes ne sont pas appliquées, les réponses ne sont pas trouvées, les textes ne sont pas compris, les outils d’analyse ne sont pas connus, pas utilisés, l’expression est déplorable avec beaucoup de phrases sans verbe, l’orthographe est un lointain souvenir d’une autre époque, les majuscules... un soldat inconnu.
Sincèrement je jette les points, histoire d’en mettre. Parce qu’il faut le savoir, la commission d’entente EXIGE que mon paquet de 55 copies dont certaines font 15 lignes ait 10 de moyenne.
«JE CHOISIS DE METTRE LES NOTES QUE CES MALHEUREUSES COPIES VALENT»AUDREY
Si je n’atteins pas ce quota, mes notes seront augmentées. Alors à quoi bon? À quoi bon passer plus de temps sur une copie que l’élève lui-même? À quoi bon toute l’année transmettre conseils, leçons, connaissances? À quoi bon exiger rigueur et culture? Et surtout comment faire comprendre que ce lynchage du niveau du bac affaiblit nos jeunes pour l’avenir? Pour les exigences de concours et de métiers où, oui, c’est dingue non, il faut savoir écrire, raisonner et analyser. Pauvre France... Pauvre éducation...
Alors je fais mon choix. Je ne joue pas. Je ne cautionne pas. Je choisis de mettre les notes que ces malheureuses copies valent. Vous distribuerez vous-mêmes, en haut lieu, les notes qui arrangent votre politique. La bienveillance n’est pas le mensonge. Votre grand leurre se fera sans moi».
UNE PROF «EXTRAORDINAIRE»
Ce post a reçu beaucoup de commentaires. Beaucoup l’encouragent: «J’approuve votre liberté de «noter» et continuez comme cela!!!», écrit Marie. «Bravo pour l’honnêteté... Il faut tellement y croire pour être enseignant de nos jours», écrit Martine.
Qui est Audrey? Une professeur de français qualifiée de «géniale» par une collègue et très appréciée. Une ancienne élève écrit même «Voici un petit texte, pour vous parler d’une femme que j’ai toujours appréciée. Je parle de ma prof de français: Une femme en or, qui a du cœur et elle le fait ressentir dans son travail. Elle a toujours su nous aider dans tous les domaines, que ce soit en cours ou en privé, elle m’a guidé et beaucoup aidé. Je l’admire car c’est une femme extraordinaire», écrit Elody sur sa page Facebook. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE BLUES DES PROFS 

Cela fait des décennies que j'entends parler de la baisse du niveau des élèves. Certes, il faut nuancer; il faut toujours relativiser les choses. Nous avons à faire à un enseignement de masse avec toutes les conséquences que cela peut induire.
Cela dit, ce témoignage est pathétique. Il montre que l'enseignement de masse en France se révèle bien peu performant. Certes Macron en est conscient et en fait une de ses priorités avec la réforme du travail et la relance de l'Europe. Le mal est profond et on voit mal comment l'enrayer. En Belgique francophone c'est pire encore et on ne voit pas comment le pacte d'excellence va corriger le tir.
Le grand problème de l'Europe n'est-il pas la crise du mode de transmission des valeurs, des cultures et du savoir, du savoir être et des savoir-faire?
MG  

mercredi 28 juin 2017

Pas d'En Marche Belgique sans Macron wallon

Nicolas de Pape
senior writer Le Vif

Maintenant que Benoît Lutgen, le président du cdH, a débranché la prise, chacun attend la suite des opérations. La cacophonie devient doucement indescriptible.


Benoit Lutgen © BELGA/Thierry Roge
Pour autant, Lutgen a le mérite d'avoir senti le momentum. Il ne voulait pas officier comme premier violon dans l'orchestre belge sur le Titanic.
Au lieu de l'accabler de tous les reproches, relevons plutôt un acte civique qui va évidemment bien au-delà de la rémission de son parti aux abois : la première étape pour sauver le soldat Wallonie.
Car ce que nous vivons est une crise de régime.
Si le PS est le plus impacté par les affaires (étant le plus puissant et le plus tentaculaire), quasi tous les partis de pouvoir sauf peut-être écolo (et encore) ont goûté au festin des mandats et de l'affairisme.
La situation est à ce point dramatique qu'aucun mouvement d'appareils politiques tel que nous les vivons actuellement ni aucune tentative de reconstitution d'autres majorités ne peut réellement convaincre la population. En Belgique comme en France, nos concitoyens aspirent à un grand nettoyage. Mais ils attendent une alternative crédible, sachant désormais que les populismes sont ce que la fièvre est à la grippe : un symptôme, pas un remède.
Dans une "république" normale, on retournerait vers l'électeur. Ce serait un carton plein pour le PTB. Le fait qu'il n'existe pas de possibilités d'élections anticipées, bien que déni démocratique, est donc une chance, car cela donne (un peu) le temps de la réflexion avant les prochaines échéances.
Tout le monde le sait, y compris Lutgen : ni lui, ni le cdH, ni aucun parti actuel ne peut à lui seul incarner le renouveau face à cette crise morale et politique sans précédent.
Les conditions sont clairement mûres pour un mouvement entièrement neuf du type En Marche!
La version belge devra n'avoir pas plus de scrupules à faire table rase de certaines reliques politiciennes qu'Emmanuel Macron n'en a eu à détruire le PS et marginaliser les Républicains, le Front national et l'extrême gauche. Ce sera cruel, car, dans tous les partis en place, des gens honnêtes et travailleurs ne résisteraient pas au tsunami.
Comme en France, le "système" économico-médiatico-judiciaire soutiendrait cette nouvelle formation, car entrepreneurs, journalistes, universitaires, experts, aspirent à cette révolution de velours. Comme le peuple, les élites savent qu'on ne peut plus continuer comme ça.
En Marche! version wallonne devrait suivre la voie tracée par Macron : un leader charismatique hors-norme prend tous les risques. Il s'entoure d'une équipe de technos presque aussi brillante qui, d'une part, siphonne les partis traditionnels et, d'autre part, s'en va recruter des personnalités de la société civile prêtes à s'investir dans une opération mains propres d'envergure. En évitant l'écueil principal : un parti par et pour la bourgeoisie.
Mais pour que ce scénario fonctionne, il reste à trouver un "lider maximo".
Une personnalité de l'envergure d'Emmanuel Macron existe-t-elle-même sous nos contrées ?
Tel Diogène qui cherchait un homme en plein jour avec sa lanterne, certains cénacles peinent à trouver la perle rare.
A défaut, ce sera : on prend les mêmes et on recommence.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Y A-T-IL UN "MACRONSKE" POUR REFORMER LA BELGIQUE FRANCOPHONE?
Paul Magnette pourrait, à l'extrême rigueur, faire l'affaire mais son ego surdimensionné et clivant en rebuteront plus d'un. Et on ne voit pas des personnalités MR se rallier de gaité de coeur à l'ancien bourgmestre de Charleroi et actuel locataire de l'Elysette.
Mais pourquoi faut-il absolument que la solution soit inspirée du modèle français? A Berlin gouverne une grande coalition dont la somme des composantes (CDU+SPD) n'est ni de gauche ni de droite ou plutôt et de gauche  et de droite. Elle est dirigée par une femme dont le seul point commun avec Macron est d'avoir le même âge que son épouse. Je reviens donc à mon hypothèse d'une alliance "contre nature" comme dirait Laurette entre le Ps en pleine détresse et le MR en panne d'imagination. Cela exigerait que l'on écarte toutes les pommes pourries du panier commun. Autant le faire maintenant que pour la campagne de 2019. "En Belgique comme en France, nos concitoyens aspirent à un grand nettoyage. Mais ils attendent une alternative crédible, sachant désormais que les populismes sont ce que la fièvre est à la grippe : un symptôme, pas un remède."
Mais on apprend que le président  du MR refuse de rencontrer les socialistes. Il est vrai que son parti avait juré ses grands dieux qu'il ne s'allierait jamais à la N-VA.
Wait and see.
MG

Schaerbeek: une prière clandestine bloque toute une ruerue


ARNAUD FARR
La DH

Les autorités communales adresseront un courrier à la mosquée Kouba pour lui faire part de leur mécontentement.
    


Ce dimanche, lors de la rupture du jeûne du ramadan, une prière s’est tenue dans la rue Vanderlinden à Schaerbeek, devant la mosquée Kouba. Seulement voilà, aucune autorisation communale n’a été accordée pour cette manifestation clandestine, comme dénoncé par le Centre citoyen belge musulman laïque.
Le bourgmestre Bernard Clerfayt (Défi) a tenu à réagir : "Les relations avec les mosquées appartenant à l’association des Mosquées schaerbeekoise sont bonnes et empreintes de dialogue. Les mosquées savent toutes que les autorités communales ne veulent pas d’activité religieuse sur l’espace public, et cela quel que soit le culte. Nous ne pouvons donc pas accepter des prières dans l’espace public. Ni aujourd’hui, ni demain, a commenté l’édile. J’avais donné une autorisation momentanée pour que les fidèles de la mosquée Kouba puissent faire leur rupture du jeûne à l’intérieur de la mosquée de la rue Vanderlinden. J’avais bien entendu fait dépendre cette autorisation de l’accord des pompiers. Cela a été obtenu. Mais jamais pour une prière sur l’espace public."
Les autorités policières ont donc été confrontées à la réalité d’une occupation de l’espace public. "Afin de ne pas ajouter de tension et pour entretenir un climat de calme et d’apaisement dans une situation où tout se passait normalement, la police a pris une décision de gestion de l’espace public", ajoute Bernard Clerfayt.
Il a donc été décidé de ne pas faire évacuer la rue, mais bien de la fermer pour éviter les embarras de circulation. "Je ne suis donc pas content de ce débordement. Un courrier sera adressé aux responsables de la mosquée. J’ai déjà eu des explications de la part de ceux-ci qui m’ont également fait part de leur étonnement et de leur désappointement, ajoute Bernard Clerfayt. Ils m’ont également parlé de débordement et m’ont assuré qu’ils veilleraient à ce que cela ne se reproduise plus."
La commune refuse régulièrement les demandes pour des activités religieuses sur l’espace public émanant de différents cultes. "Il se peut toutefois que dans certaines circonstances trop de fidèles se pressent devant leur lieu de culte respectif. Des décisions sont alors prises pour empêcher qu’il n’y ait de dangerosité", conclut le maïeur schaerbeekois. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PROVOCATION 

Cette initiative est évidemment une provocation politique.
La réaction modérée du bourgmestre vise a apaiser tout conflit.
Il serait évidemment intéressant de connaître l'identité de l'imam qui est à la manoeuvre et de quel courant théologique cet homme s'inspire. Clerfayt ne cherche évidemment pas la confrontation à un an des élections communales.
En soi, il pratique, malgré lui, l'accommodement raisonnable.
Stratégie de court terme, évidemment.
MG


Un "super logiciel" pour démasquer les terroristes et prêcheurs de haine


Le Vif
Source: Belga

Les agents de la police fédérale, de la Sûreté de l'État et de la Défense disposeront bientôt d'un "super logiciel" qui leur permettra de collecter des renseignements pour démasquer des terroristes présumés et prêcheurs de haine sur internet, écrivent lundi les journaux de Mediahuis. 


© BELGA/Dirk Waem 

Le conseil des ministres a approuvé, au début de l'année, l'achat d'un logiciel capable de détecter automatiquement les sites web diffusant de la propagande haineuse. Le gouvernement décidera après l'été quelle institution hébergera le logiciel, l'objectif étant que la police, la Sûreté de l'État et le service de renseignement militaire puissent l'employer dès la fin de l'année ou le début de l'année prochaine. Le coût de la mise à disposition du logiciel et de son utilisation s'élève à 6,8 millions d'euros. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MAIS ENCORE 

Encore un effet d'annonce sans réel contenu.
Si le gouvernement est déterminé à dépenser plus de six millions d'euro pour ce logiciel, c'est qu'il a certaines garanties sur sa fiabilité. Mais encore...Mais de grâce qu'on nous explique.
Ne serait-il pas temps de déclarer, de fait, la guerre totale à l'islamisme importé?  La police et la justice ont un rôle de premier plan à jouer dans la lutte contre les groupes radicaux, mais ils ne peuvent se contenter de leur appliquer les mêmes méthodes qu’à des mafias ou des droits communs.
L'ennemi à traquer c'est l'islam dans sa déclinaison politique :l'islamisme.
Ses moyens d’action sont multiples : terrorisme certes, mais aussi , qu'on ne s'y trompe pas le développement du communautarisme, diffusion de l'islam sous ses formes salafiste et wahhabite, atteintes à la liberté d’expression en assimilant toute critique à de l’islamophobie, remise en cause de l’égalité des sexes et de la mixité, concurrence victimaire, accusation systématique de l’Occident, dénigrement de l’histoire et de la culture de l’Europe.
On se demande ce que l'exécutif attend pour fermer les lieux d’où cette idéologie se répand et d’en expulser dès que possible les thuriféraires.
Il est urgent d’imposer à tous les groupes religieux, culturels ou politiques de reconnaître la liberté de conscience donc le droit à l’apostasie, la liberté de penser et de critiquer la religion donc le droit au blasphème, l’égalité des sexes et la liberté des femmes donc la mixité partout sur le territoire national, la légitimité des autres religions y compris le judaïsme et les polythéismes.
Il s'agit de combattre et de condamner ceux qui tuent des juifs parce qu’ils sont juifs, des chrétiens parce qu’ils sont chrétiens, des polythéistes parce qu’ils sont polythéistes, des athées parce qu’ils sont athées, et de condamner les idéologies.
Ce combat doit être une priorité politique si l'on veut éviter que l'islamisme ne gangrène les communautés musulmanes lesquelles ont pratiqué jusqu'ici un islam sans connotation politique, conquérantes ou triomphalistes. Mais il semble que les nouvelles générations soient enclines à s'éloigner de cet islam de bon-papa au profit d'une interprétation salafiste ou carrément radicale. Danger.
MG


mardi 27 juin 2017

Samusocial: Madame Peraïta, renoncez à ce silence


BÉATRICE DELVAUX

Pascale Peraïta a annoncé qu’elle ne répondrait pas aux questions des commissaires. Une décision qui en dit long pourtant sur ce qu’a dû être la ligne de conduite de l’ancienne présidente du CPAS de Bruxelles durant des années.

Que vous dire Mme Peraïta ? Que vous pouvez légalement refuser de répondre aux questions de la Commission d’enquête sur le Samusocial. Que chacun décide de l’image qu’il veut donner de lui-même et qu’en l’occurrence ici, vous avez le droit de préférer assurer la défense de votre personne en justice, plutôt que de rendre des comptes à l’autorité publique : privilégier un acquittement juridique à un jugement éthique.
Votre décision en dit long pourtant sur ce qu’a dû être votre ligne de conduite durant toutes ces années, estimant visiblement ne pas avoir de comptes à rendre à d’autres qu’à des partenaires et amis, seuls maîtres légitimes d’une association, au prétexte qu’on lui a donné naissance.
DES COMPTES À RENDRE
Pas de comptes à rendre à l’autorité publique alors qu’on a accumulé les retards envers l’ONSS ? Pas de comptes à rendre à l’autorité publique alors qu’on a empilé les dettes ? Pas de comptes à rendre à l’autorité publique alors qu’on a été mis en garde par les commissaires aux comptes sur la tenue des caisses ? Mais qui peut refuser à son entreprise le b.a.-ba de la gouvernance ?
Votre avocat nous dira que la situation « juridique » de Publifin/Nethys et du Samusocial n’est pas comparable. Et pourtant, les mentalités de leurs dirigeants, leur mode de réaction, dont le déni des droits des parlementaires et donc le mépris de l’électeur – ce presse-bouton que les Peraïta, Gilles, Moreau et autres Pire et Drion semblent avoir perdu de vue  –, affichent l’arrogance de ceux qui s’estiment seuls propriétaires de leur « entreprise ».
« Nous n’avons rien fait de pénalement répréhensible » : ce refrain va-t-il resurgir dans la bouche des acteurs du Samusocial ? Et alors ? Il n’y a pas là de quoi être acquitté sur le plan de l’éthique quand on est mandataire public, qui plus est socialiste.
Ces (gestionnaires) socialistes-là sont deux fois nocifs pour leur parti : lorsqu’ils sont aux commandes car ils fragilisent les activités dont ils ont la charge, et lorsqu’ils en sont éjectés car ils discréditent la « révolution éthique » revendiquée par leurs chefs.
Quand on fait carrière grâce à un parti qui a cloué - à juste titre - au pilori les patrons de Caterpilar qui refusaient de venir se justifier devant leurs ouvriers, on ne se cache pas derrière le droit pour éviter d’être interpellée sur la valse de jetons de présence.
Pauvre PS, qui paraît ainsi tout aussi impuissant à contrôler les siens lorsqu’ils sont aux affaires, que de les forcer à s’expliquer - devant les représentants du peuple  ! -, lorsqu’ils sont mis en cause.
Le vrai courage n’est pas de fuir, mais d’assumer. Mme Peraïta, renoncez à ce silence.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUAND ETHIQUE NE RIME PLUS AVEC SOCIALISTE


Crise politique: voici vos coalitions favorites dans les différents gouvernements

Le Soir
GLADYS LEBRUN (ST.)
CRISE POLITIQUE FRANCOPHONE 

Certaines coalitions se détachent nettement, selon un sondage en ligne du « Soir ».

© Photo News / Philip Reynaers.

Une semaine après l’annonce du CDH de ne plus vouloir gouverner avec le PS, les supputations de nouvelles coalitions font rage. Si au gouvernement wallon, la coalition MR-CDH semble se dessiner, il en est tout autre à Bruxelles et en Communauté française où les partenaires potentiels de Benoît Lutgen ne lui facilitent pas la tâche.
Pour vous aider à voir les possibilités dans les différents gouvernements si le PS était définitivement écarté, Le Soir avait lancé un sondage afin de connaître vos préférences. Si la méthode n’est - naturellement - pas scientifique, les 713 participants au sondage en ligne ainsi que vos nombreux commentaires offrent une tendance. Après une semaine de crise politique, certaines coalitions se détachent nettement.
Pour le gouvernement bruxellois, la majorité des sondés (52,8 %) ont une préférence pour une coalition MR - Défi - CDH - Open VLD - SP.A - CD&V. 26.7 % y ajouteraient les écolos tandis que 20.5 % choisiraient un gouvernement sans le CDH réunissant MR - Défi - Ecolo - Open VLD - SP.A - CD&V.
Même combat du côté du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, plus de la moitié des sondés (52,9 %) choisissent une association MR -CDH - Défi contre 23,7 % MR-CDH-Ecolo et 23.4 % MR- CDH - Ecolo - Défi. Cependant, certains internautes souhaiteraient simplement une coalition «  sans le MR et sans le CDH  ». «  Si le CDH part, pourquoi devrait-il être dans le gouvernement ?  », s’interroge Jean-Michel D.
Sans surprise, du côté wallon, 55,5 % des sondés préconiseraient une coalition MR - CDH, les autres ajouteraient simplement Ecolo à l’équation. Mais en cas de retrait total du CDH, les internautes penchent vers un retour de la coalition PS - MR. D’autres sondés aimeraient simplement voir plus de changements. Dans les différents gouvernements, Philippe G. aimerait voir «  le PTB à l’essai avec le PS à certaines conditions comme le départ de Di Rupo de la présidence du PS. Je préfère encore ça à une coalition CDH - MR, vu l’austérité vis-à-vis des plus faibles depuis 3 ans au fédéral  ».
« DE NOUVELLES ÉLECTIONS »
Au-delà, de l’avenir incertain des constitutions des différents gouvernements, de nombreux internautes veulent des élections anticipées, ce qui n’est pas prévu dans la loi au niveau régional. Olivier M. souhaiterait «  de nouvelles élections avec les personnes qui ne sont pas entachées par des affaires (cela risque d’être compliqué). Le CDH oublie qu’ils ont des casseroles énormes comme d’autres partis. Aucun de ceux-ci n’a plus aucune crédibilité. La loi doit nous rendre le droit de dire ‘stop’ car nous allons devoir attendre qu’un parti décide de l’avenir des francophones, c’est une honte. Le citoyen en a marre de ce copinage et ces jeux de bacs à sable  ». 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NOUVELLES ELECTIONS? 

Hypothèse à écarter, le PS s'y opposera bec et ongles, il est en grande difficulté. Sauf si évidemment un des partenaires de la suédoise décidait de tirer la prise au fédéral. Le CD&V par solidarité avec le CDh? Son maigre électorat lui demeurant fidèle ne le lui pardonnerait pas.
Revenons à notre hypothèse préférée mais franchement surréaliste: une coalition PS-MR à la Région wallonne , comme à la Région bruxelloise. En effet Chastel, président du MR refuse de rencontrer Di Rupo. Shadow boxing?
Elle permettrat aux deux protagonistes de faire sérieusement le ménage à l'intérieur de leurs partis respectifs. Magnette succède alors à Di Rupo à la présidence du PS. Un MR le remplace éventuellement à l'Elysette. Mais qui?
Vervoort reste à la tête de la Région bruxelloise et le CDh rejoint l'opposition.  C'est un peu sommaire comme raisonnement mais permet de gouverner au centre, "macroniquement", et de donner plus de poids au MR dans sa relation difficile avec la N-VA.
Cela prépare et aplanit le terrain pour les grande manoeuvres de 2019 et renforce le front des francophones face au front flamand.
On imagine que cela consulte beaucoup en interne.
MG



vendredi 23 juin 2017

Attentats : Une menace djihadiste en mutation ?

Le Vif
Thomas Renard
Chercheur à l'Institut Egmont et Professeur Associé au Vesalius College

"Homegrown terrorist". C'est le terme qu'utilisent les services de renseignement belges et européens pour décrire les individus qui commettent un attentat dans leur pays de citoyenneté ou de résidence. Comme à Londres ou Manchester. Comme à Bruxelles cette semaine, également. 


  
© Belga 

C'est la crainte grandissante des services de sécurité : un individu relativement isolé, qui se radicalise rapidement, subrepticement, et fomente un attentat en échappant à l'attention de tous. En Belgique, l'OCAM a récemment annoncé la mise en place d'une nouvelle base de données pour ces "homegrown terrorist fighters" (HTF), complétant celle des "foreign terrorist fighters" (FTF), ces combattants étrangers partis s'entrainer et combattre en Syrie et en Irak.
DES TERRORISTES BIEN DE CHEZ NOUS
Les termes sont trompeurs, cependant. Les "combattants étrangers" belges sont avant tout des...Belges, qui se sont radicalisés au sein de notre société, et ont décidé de se retourner contre elle. Presque tous les djihadistes qui menacent la Belgique aujourd'hui sont des "homegrown". Ce constat est d'importance capitale car il implique que les sources de la menace actuelle, et donc aussi les solutions, sont à chercher en priorité chez nous. Sans pour autant renier l'influence du contexte international.
La distinction entre ces deux catégories (HTF et FTF) tient donc moins dans l'origine ou l'appartenance sociale d'un individu - puisque tous sont citoyens ou résidents belges - que dans son degré d'autonomie par rapport à une organisation terroriste étrangère. Les "combattants étrangers" belges ont formellement prêté allégeance à une organisation terroriste (l'Etat Islamique, dans la plus grande majorité des cas) à laquelle ils obéissent, et ont pu établir un réseau de contacts au sein du groupe. A l'inverse, les terroristes "homegrown" n'ont généralement eu que des contacts virtuels avec des membres d'une organisation terroriste, voire aucun contact dans les cas (plus rares) d'auto-radicalisation. Le lien hiérarchique entre l'individu et le groupe est ténu, voire inexistant.
Par ailleurs, les "combattants étrangers" ont acquis un degré de professionnalisme au travers de leurs formations sur le terrain, alors que les "homegrown" se caractérisent souvent par un certain amateurisme. Comme démontré par les attentats ratés de Bruxelles et Paris ce mois-ci, le taux d'échec des attentats d'individus "homegrown" est plus élevé que celui de "vétérans" du djihad, mieux formés et préparés. L'attentat de Nice fait cependant oeuvre de contre-exemple.
En contrastant ces deux catégories, on perd également de vue le fait que ces individus peuvent se retrouver côte à côte, au sein d'un même réseau, comme c'était le cas pour les attentats de Paris (novembre 2015) et de Bruxelles (mars 2016), où les "vétérans" Abdelhamid Abaaoud ou Najim Laachraoui côtoyaient Salah Abdeslam ou Khalid el-Bakraoui qui ne se sont jamais rendus en Syrie. Les "combattants étrangers" ont traditionnellement joué un rôle important dans la propagande et le recrutement de djihadistes en Europe.
UNE NOUVELLE MENACE ?
Les terroristes "homegrown" ne constituent pas une nouvelle menace. Bien au contraire. La très grande majorité des attaques islamistes en Europe ces dernières années est l'oeuvre de citoyens ou résidents européens. On entend aussi parler de l'émergence d'un terrorisme "low cost", mais cela non plus n'est pas neuf. Faut-il rappeler que le terrorisme est la "guerre du pauvre" ? Commettre un attentat demande beaucoup de détermination, certes, mais très peu d'argent ou de compétences.
La véritable évolution est d'ordre stratégique. Suite aux revers militaires en Syrie et Irak, l'Etat Islamique évolue d'une structure très hiérarchique et centralisée vers une structure plus décentralisée et réticulaire, reposant notamment sur des franchises régionales et sur des réseaux informels. Mais cela non plus n'est pas neuf. Il y a plus de 10 ans, al-Qaïda opérait une transition similaire qui lui garantissait sa survie.
Cette évolution avait été théorisée par l'un de ses membres, Abou Moussab al-Souri. Ce dernier argumentait qu'al-Qaïda était vulnérable en tant qu'organisation structurée hiérarchiquement. Il prônait à l'inverse de créer un système réticulaire auto-suffisant, basé sur l'idéologie plutôt que sur le leadership. Dans ce système chaque individu serait encouragé à l'action individuelle au nom du groupe, sans chercher l'approbation hiérarchique. Le front unique (en Afghanistan) était ainsi remplacé par une série de fronts régionaux, de campagnes locales et d'actions isolées ; l'armée djihadiste et ses commandos cédaient progressivement la place aux agents infiltrés et aux loups solitaires.
Aujourd'hui, l'Etat Islamique évolue dans la même direction. Le groupe encourage fortement les actions individuelles de radicaux "homegrown", voire même les facilite au travers de conseils distillés via les réseaux sociaux par ses "planificateurs virtuels", ces commanditaires actifs sur internet. Le groupe revendique également tout acte isolé dorénavant, là où ses revendications étaient précédemment plus sélectives. Le djihad en Europe est aujourd'hui une question de visibilité plutôt que d'efficacité, de "quantité" plus que de "qualité".
APRÈS LA CHUTE DU CALIFAT
La menace terroriste en Europe est de moins en moins dépendante d'une organisation spécifique. Certes, l'Etat Islamique pourrait survivre sous une forme ou une autre, malgré les défaites en Syrie et en Iraq. Mais de manière cruciale, la chute du califat, et même la mort de ses leaders, n'entrainera pas la défaite de l'idéologie djihadiste ou de son système réticulaire. Un califat "virtuel" succèdera au califat du Levant. Ce califat est virtuel au sens où il ne nécessite aucun territoire, mais également au sens où il repose notamment (mais pas exclusivement) sur internet et les médias sociaux pour propager son message, recruter ses adhérents, les mettre en contact, et même relayer certaines instructions. La menace terroriste est aujourd'hui plus diffuse et moins prévisible.
Pour la Belgique, et ses partenaires européens, cette évolution implique qu'il faut encore redoubler d'efforts en matière de prévention de la radicalisation (violente). Nous ne sommes pas "en guerre" contre l'Etat islamique, laquelle prendrait fin avec la chute du califat, mais plutôt dans une guerre contre nous-même. Il faut s'attaquer aux "causes profondes" du terrorisme, et lutter contre les facteurs de radicalisation. On ne combat pas une idéologie avec des bombes ou avec des militaires dans la rue. Il faut un projet de société plus positif et inclusif pour la jeunesse, qui sapera les causes premières de la radicalisation, tout en renforçant le travail de prévention de la radicalisation. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE GUERRE CONTRE NOUS-MÊMES ? 

« Nous ne sommes pas "en guerre" contre l'Etat islamique, laquelle prendrait fin avec la chute du califat, mais plutôt dans une guerre contre nous-même. Il faut s'attaquer aux "causes profondes" du terrorisme, et lutter contre les facteurs de radicalisation. On ne combat pas une idéologie avec des bombes ou avec des militaires dans la rue. Il faut un projet de société plus positif et inclusif pour la jeunesse, qui sapera les causes premières de la radicalisation, tout en renforçant le travail de prévention de la radicalisation. »
Analyse troublante mais convaincante. « Le sommeil de la raison engendre des monstres » disait Goya.
Notre société occidentale génère des monstres qui pratiquent la haine de soi et la haine de l’autre, plutôt la haine d’un système social qui les abandonne au bord de la route. Frustrés, révoltés ils n’ont qu’une idée en tête se venger et certains, les plus désespérés passent à l’acte.
Prenons le cas de l’Allemagne qui est à l’évidence actuellement  le meilleure élève de toutes les démocraties européennes.
Or cette même Allemagne s’est donnée corps et âme au plus répugnant des régimes totalitaires après la défaite de 1918 et la désespérance socio-économique induite par le désastreux traité de Versailles. Comparaison n’est pas raison. Quoique…
Des millions d’immigrés musulmans ont été attirés en Europe pour y travailler dans les mines, la métallurgie et ensuite le bâtiment et les travaux publics. Les mines ont fermé la métallurgie européenne s’est effondrée face à la concurrence et le tissu industriel de nos régions s’est délocalisé vers l’Europe de l’Est, l’Asie et l’Amérique latine où les salaires sont bas. Les chefs de famille immigrée se sont retrouvés au chômage et complètement dévalorisés aux yeux de leurs fils.  De très nombreux gamins ont boudé l’école –moins les filles-ont carrément décroché et se sont retrouvés à la rue où règnent les lois de la pègre et des trafiquants louches. De la délinquance à la rébellion identitaire, à la radicalisation islamiste, il n’y a qu’un pas. Certains le franchissent au péril de leur vie. « Presque tous les djihadistes qui menacent la Belgique aujourd'hui sont des "homegrown". » autrement dit des terroristes –maison. « Les terroristes "homegrown" n'ont généralement eu que des contacts virtuels avec des membres d'une organisation terroriste, voire aucun contact dans les cas (plus rares) d'auto-radicalisation. Le lien hiérarchique entre l'individu et le groupe est ténu, voire inexistant. »  Il s’agit le plus souvent d’amateurs. » « Le taux d'échec des attentats d'individus "homegrown" est plus élevé que celui des "vétérans" du djihad, mieux formés et préparés. » Et voici que surgit le  terrorisme "low cost", Commettre un attentat demande beaucoup de détermination, certes, mais très peu d'argent ou de compétences.
« Suite aux revers militaires en Syrie et Irak, l'Etat Islamique évolue d'une structure très hiérarchique et centralisée vers une structure plus décentralisée et réticulaire, reposant notamment sur des franchises régionales et sur des réseaux informels, auto-suffisant, basé sur l'idéologie plutôt que sur le leadership.
« Le djihad en Europe est aujourd'hui une question de visibilité plutôt que d'efficacité, de "quantité" plus que de "qualité". »
« La chute du califat, et même la mort de ses leaders, n'entrainera pas la défaite de l'idéologie djihadiste ou de son système réticulaire. Un califat "virtuel" succèdera au califat du Levant. Ce califat est virtuel au sens où il ne nécessite aucun territoire, mais également au sens où il repose notamment (mais pas exclusivement) sur internet et les médias sociaux pour propager son message, recruter ses adhérents, les mettre en contact, et même relayer certaines instructions. La menace terroriste est aujourd'hui plus diffuse et moins prévisible. »
Voilà qui donne raison au procureur fédéral Frédéric Van Leeuw qui plaide pour rendre punissable la visite de sites djihadistes.
«Dans notre pays, il est interdit de visiter des sites diffusant des images d’abus sur des enfants», souligne le procureur qui se demande si la consultation de sites djihadistes diffusant des images violentes ne devrait pas aussi être interdite. Elémentaire mon cher Watson.
«Dans certains dossiers, il arrive souvent qu’un suspect détienne une image de décapitation sur son gsm. Pourquoi détenir des telles images ? Ou pour quelles raisons une personne recherche la recette de fabrication d’une bombe sur internet ? Sans restreindre la liberté d’expression, il faudrait interdire la possession ou du moins interdire la recherche consciente de propagande djihadiste», indique le procureur. »
« Pour la Belgique, et ses partenaires européens, cette évolution implique qu'il faut encore redoubler d'efforts en matière de prévention de la radicalisation (violente). Nous ne sommes pas "en guerre" contre l'Etat islamique, laquelle prendrait fin avec la chute du califat, mais plutôt dans une guerre contre nous-même. Il faut s'attaquer aux "causes profondes" du terrorisme, et lutter contre les facteurs de radicalisation. On ne combat pas une idéologie avec des bombes ou avec des militaires dans la rue. Il faut un projet de société plus positif et inclusif pour la jeunesse, qui sapera les causes premières de la radicalisation, tout en renforçant le travail de prévention de la radicalisation. »
Sans doute mais on en est franchement très loin. Répétons, une fois encore, au risque de lasser nos lecteurs que la balle est dans le camp de l’école dont la première mission, au-delà de l’instruction des élèves, vise à développer leur esprit critique. N’est-ce pas le but recherché par le cours de citoyenneté et d’initiation à la philosophie de deux heures semaines qui soit obligatoire pour tous ? On en est loin mais on y va doucement. Ce cours est un véritable poste de combat pour celles et ceux qui le donneront. Il exige une formation initiale et continuée extrêmement soignée. Sur quelles bases ce corps d’élite d’enseignants sera-t-il recruté ? Qui va les former, comment ? 
C’est essentiel mais rien ne semble se décider ni se mettre en place dans ce domaine. Il s’agit pourtant rien moins que de  défendre les avant postes de la démocratie auxquels s’attaque les djihadistes qu’ils soient « homegrown » ou « brainwashed » ici ou là-bas.
Les partisans du pacte d’excellence en sont-ils conscients. Certes, il n’existe pas de solution miracle pour enrayer la radicalisation. Il est temps cependant d’agir avec fermeté et de fermer les mosquées où se prêche un islam radical. Les imams doivent être formés dans nos universités. Que ne l’avons-nous répété. Macron ne dit pas autre chose. Va-t-il agir dans ce sens ? Attention que tout ceci ne devienne une question de survie. On n’a que trop tergiversé et chèvre chouté. La gestion de Molenbeek par Philippe Moureau est le meilleur exemple du laxisme coupable qui opte pour un laisser faire laxiste pour des raisons essentiellement électoralistes.  Il n’y a pas que les parvenus qui ont gangrené le mouvement socialiste, il y a aussi le clientélisme  communautariste. OK pour le diagnostic mais quid de la thérapie ?
« Il faut un projet de société plus positif et inclusif pour la jeunesse, qui sapera les causes premières de la radicalisation, tout en renforçant le travail de prévention de la radicalisation »
A l’évidence, c’est plus vite dit que fait.
MG  

Pourquoi Lutgen devait trahir pour survivre


PAR BÉATRICE DELVAUX
Pour regagner son image perdue, Benoît Lutgen a choisi de frapper un grand coup. Une chronique de Béatrice Delvaux, publiée initialement dans « De Standaard ».

   

Avant d’être Emmanuel Macron, il faut être Frank Underwood… Avant de lancer un nouveau mouvement et d’être crédible dans ce nouveau rôle, il fallait en effet tuer le «  père  », Hollande, car c’était la seule façon de démontrer qu’on n’était pas ce socialisme-là.
Benoît Lutgen aurait-il eu ce lundi son moment «  Underwood  » ? Sa décision de répudier le PS pour s’affirmer comme une sorte de formateur d’une nouvelle coalition en Wallonie et à Bruxelles, y ressemble en tout cas furieusement.
Imaginez : vous êtes le président d’un parti qui est à la dérive, s’écrase dans les sondages, a déjà vendu une partie de son image en apparaissant scotché au PS et abîme ce qu’il en reste en continuant à partager le pouvoir avec les socialistes. Au CDH en effet, depuis des semaines, on n’en peut plus de prendre les coups liés aux affaires, on sert de punching ball aux alliés du partenaire de gouvernement (le tandem Jean-Pascal Labille-Thierry Bodson), on subit les dégâts collatéraux des solutions – le décumul – que les socialistes désignent pour régler leurs soucis mais mettent vos mandataires hors d’eux et last but not least, on se fait entraîner dans une gauchisation de son programme de gouvernement, histoire de contrer un PTB qui ne vous menace pas au premier chef.
Si vous êtes Benoit Lutgen, soit vous restez dans cette alliance, en croisant les doigts chaque jour pour que d’autres affaires n’éclatent pas et vous arrivez aux élections dans la position du mouton qui part à l’abattoir, soit vous reprenez votre autonomie et vous tentez de vous redonner une image, une personnalité et des raisons pour vos électeurs de voter pour vous en ne vous considérant plus comme le caniche des socialistes. Le choix est vite fait, d’autant que dans la première hypothèse, la tête du président « soumis » sera la première à rouler.
Pour regagner son image perdue, il faut frapper un très grand coup, et donc trahir : «  eux c’est eux, et moi c’est moi  ». Et donc à la manière de Macron qui s’est désolidarisé du bilan socialiste en rompant avec son gouvernement, Lutgen espère se déscotcher du PS en quittant les bateaux régionaux : on pose un acte transgressif, à la Brutus, assassinant d’un coup ce qu’on avait dit adorer.
Une prise de risque ? Oui, car rien à ce stade ne garantit au Bastognard qu’il va gagner son pari et redonner du tonus à son parti. D’autant que Lutgen n’a rien d’un perdreau de l’année : il n’est pas ce jeune homme vierge d’un passé, sans les casseroles liées au «  système  » qu’il dénonce. Par contre, dans l’instant, il regagne l’estime des siens très agacés, il ressoude provisoirement un parti essoufflé, il retrouve un discours et durcit un centre considéré comme définitivement mou. Et même si tout cela n’est que temporaire, même si tout cela ne marche pas, même si Lutgen finit décapité, ce sera après avoir posé un geste qui ne manque pas d’audace, voire de panache et non de guerre lasse, par mort lente, toute honte bue.
Le paradoxe est que le geste posé par le président du CDH pourrait être bénéfique aux deux autres «  partenaires  » qui composent ces partis traditionnels, dont il est bon de rappeler qu’ils sont tous trois partie prenante de ce système d’asbl bruxelloises, d’intercommunales wallonnes, de nominations, de mandats, de cumuls de rémunérations et de manque de gouvernance dénoncées aujourd’hui.
Le PS pourrait en effet trouver un réel avantage à basculer dans une opposition qui pourrait recoller des troupes en train de se diviser, soudain unies par la haine du traître calotin, l’envie de se venger de cette humiliation publique et la capacité de prononcer enfin ces discours et harangues à «  gauche toute  » dont le pouvoir les prive aujourd’hui mais qu’exige la concurrence avec le PTB.
Le MR quant à lui, recevrait sur un plateau l’occasion de se refaire la virginité francophone qu’il a abîmée, en montant comme seul parti francophone au gouvernement fédéral avec la N-VA.
Mais ces jeux-là sont très loin d’être faits.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TOUT CECI EST VRAIMENT COMPLIQUÉ

Les raisonnements des éditorialistes se suivent sans se rassembler.
Ce qui est sûr c’est que la catastrophe nous menace bel et bien en Belgique francophone. MR et CDH peuvent imposer à l'embarcation wallonne un changement de cap radical à droite, mais deux ans ne seront pas suffisants pour qu'elle parvienne à bon port.
Le PTB est aujourd'hui crédité de 20% !
« Rien ne dit donc qu'Elio Di Rupo ne tentera pas, au lendemain des élections de 2019, de former une majorité régionale wallonne avec le parti de Raoul Hedebouw. D'autant que celui-ci n'affirme plus aujourd'hui que sa formation ne sera pas prête avant quinze ans...
Dans ce cas, la stratégie de Bart De Wever retrouve tout son sens. Il serait, en effet, confronté à ce qu'il appelle une Wallonie socialo-communiste.
En cas de blocage complet, la Belgique, comme l'avait écrit François Perin en 1981, peut disparaître par implosion. Et, fort de sa légitimité démocratique, le Parlement flamand pourrait alors proclamer unilatéralement l'indépendance de la Flandre. Peter De Roover, le chef de groupe N-VA à la Chambre, le 15 octobre 2016 : En cas de majorité avec le Vlaams Belang, nous réclamerons l'indépendance. »
Put that in your pipe and smoke it.
Alors, pourquoi pas une alliance (contre nature comme dirait Laurette) entre le PS et MR à la région wallonne et à Bruxelles sur base d’un pacte éthique audacieux et rigoureux qui fasse bouger les lignes?
MG
LA STRATÉGIE DE LA N-VA MISE À MAL PAR LE REJET DU PS ? RIEN N'EST MOINS SÛR...
Jules Gheude Essayiste politique in Le Vif

Selon le député indépendant Hendrik Vuye, la décision du CDH de rompre avec le PS au sein des gouvernements des entités fédérées (en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles) vient mettre à mal la stratégie de Bart De Wever.
La N-VA de Bart de Wever paie le prix du fédéral © Belga Image
Le leader de la N-VA comptait en effet utiliser le pouvoir prépondérant de la Flandre à l'échelon fédéral pour accentuer une politique socio-économique de droite qui amènerait la Wallonie de gauche à demander une nouvelle réforme de l'Etat. L'objectif étant d'obtenir la majorité spéciale nécessaire à la mise en place d'un système confédéral.
Il est clair que le MR ne peut accepter de remplacer le PS qu'avec la garantie de pouvoir appliquer une politique socio-économique en totale rupture avec celle menée jusqu'ici. Une politique qui rejoindrait celle menée en Flandre et à l'échelon fédéral.
Mais les prochaines élections régionales auront lieu en juin 2019, c'est-à-dire dans deux ans. Un laps de temps permettant certes de prendre des mesures importantes, mais sans doute trop court pour pouvoir engendrer des résultats significatifs. Pour le dire autrement, MR et CDH peuvent imposer à l'embarcation wallonne un changement de cap radical à droite, mais deux ans ne seront pas suffisants pour qu'elle parvienne à bon port.
Cette évolution est-elle susceptible de contrecarrer le plan confédéraliste de la N-VA ? Tout dépendra du rapport des forces politiques au lendemain des élections législatives et régionales de 2019.
Relégué dans l'opposition, le PS n'aura d'autre choix que de faire le grand nettoyage en son sein pour montrer qu'il entend définitivement rompre avec les pratiques du passé.
Certains mandataires humanistes et réformateurs ont, eux aussi, failli en matière d'éthique. CDH et MR ont donc tout intérêt à prendre immédiatement des mesures radicales.
Tout cela rassurera-t-il les citoyens dégoûtés, qui sont de plus en plus séduits par le chant des sirènes populistes ? Rien n'est moins sûr. Le PTB est aujourd'hui crédité de 20% !
Lors de la crise politique survenue à la Ville de Mons, Elio Di Rupo n'a pas hésité à tendre la main au PTB pour remplacer le MR dans la majorité. Il s'est vu opposer une fin de non-recevoir, mais on se souvient de ses propos : Je suis un rassembleur, à gauche. Il nous faut une gauche forte qui s'engage dans les gouvernements.
Rien ne dit donc qu'Elio Di Rupo ne tentera pas, au lendemain des élections de 2019, de former une majorité régionale wallonne avec le parti de Raoul Hedebouw. D'autant que celui-ci n'affirme plus aujourd'hui que sa formation ne sera pas prête avant quinze ans...
Dans ce cas, la stratégie de Bart De Wever retrouve tout son sens. Il serait, en effet, confronté à ce qu'il appelle une Wallonie socialo-communiste.
En revanche, si l'électeur, satisfait de la nouvelle politique menée en Wallonie, encourage le MR et le CDH à poursuivre dans cette voie, la N-VA aura la tâche moins aisée pour imposer son modèle confédéraliste.
Les sondages indiquent toutefois qu'elle sera un partenaire incontournable pour la formation d'un nouveau gouvernement belge. En cas de blocage complet, la Belgique, comme l'avait écrit François Perin en 1981, peut disparaître par implosion. Et, fort de sa légitimité démocratique, le Parlement flamand pourrait alors proclamer unilatéralement l'indépendance de la Flandre. On se souvient des propos tenus par Peter De Roover, le chef de groupe N-VA à la Chambre, le 15 octobre 2016 : En cas de majorité avec le Vlaams Belang, nous réclamerons l'indépendance.
Affaire à suivre, comme on dit...
(1) Dernier livre paru : "Un Testament wallon - Les Vérités dérangeantes, Mon Petit Editeur, 2016. La version néerlandaise vient de sortir chez Doorbraak Boeken, avec une préface du politologue Bart Maddens de la KU Leuven.
Carte Blanche

mercredi 21 juin 2017

Suspect de tentative d'attentat à Bruxelles décédé

Le Vif
Source: Belga
L'individu qui a provoqué une petite explosion mardi soir, vers 20h45, dans la gare de Bruxelles-Central avant d'être neutralisé par des militaires, est décédé, a indiqué le parquet fédéral. De source judiciaire, l'homme portait une ceinture explosive ou un objet qui y ressemblait fortement.


© Belga
A la suite de l'explosion, un mouvement de panique a éclaté dans la gare centrale et sur les voies. La gare a ensuite été évacuée.
•Selon un agent des chemins de fer, le suspect tenait des propos en rapport avec le djihad et aurait crié "Allah Akbar" au moment de l'explosion. L'individu, qui portait une chemise blanche et un pantalon noir, serait âgé d'entre 30 et 35 ans.
•UNE PERQUISITION EST EN COURS AU DOMICILE DE L'ASSAILLANT À MOLENBEEK
Une perquisition est en cours au domicile de l'assaillant, situé boulevard Louis Mettewie à Molenbeek-Saint-Jean, à hauteur du boulevard Prince de Liège, à la limite d'Anderlecht, a indiqué mercredi vers 10H00 une source politique concernée. L'homme abattu mardi soir dans la Gare centrale de Bruxelles après avoir fait exploser un engin était âgé de 37 ans et venait de Molenbeek-Saint-Jean, rapportent plusieurs médias dont La Dernière Heure et VTM. L'information est confirmée de source judiciaire.
Il n'était pas connu pour des faits de terrorisme, a appris l'agence Belga. Il était connu pour trafic de drogue, ajoute une source politique.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FORMATION DES FORMATEURS EST CLÉ CAR LES JEUNES QUE L’ON FORME AUJOURD’HUI FORMERONT LA PROCHAINE GÉNÉRATION EN 2040

Le profil du radicalisé abattu à la gare centrale relève du cliché : trafiquant de drogue non repenti, converti sur le tard au radicalisme islamique. Comment a-t-il été radicalisé, recruté ? en rue sur internet ?  Encore un bon à rien, un cerveau courant d’air qui s’est fait une bonne conscience à bon compte en se raliant au combat islamiste. Il n’y a qu’une manière d’enrayer cela : l’éducation civique et scolaire. Ce qui manque à ces djihadistes de Molenbeek et d’ailleurs c’est une colonne vertébrale éthique et un solide esprit critique. Inculquer l’esprit critique est la première mission de l’école comme le montre l’article qui suit et qui mérite d’être médité.
Au cours d’une rupture de jeune à laquelle il a participé, Emmanuel Macron a circonscrit les combats majeurs à mener pour l'islam de France  contre le fanatisme et sa diffusion». «Notre combat déterminé contre le terrorisme de Daech et l'idéologie totalitaire qui le supporte doit nous conduire avec détermination à lutter contre ceux qui cherchent à faire de vos lieux de culte et de transmission, de votre tradition religieuse, des lieux de prêche de haine, voire d'appel à la violence». Il a alors appelé les musulmans à «combattre pied à pied sur le terrain théologique et religieux pour démasquer chaque fois que nécessaire, l'usurpation de leurs  valeurs». Un «combat de la pensée et de la foi» qu'il faut poursuivre «sur le terrain, en particulier auprès des populations les plus jeunes dont nous savons tous qu'elles ont des réticences à passer les portes de vos institutions».
« La République vous aidera dans cette tâche dès qu'il conviendra de prendre des mesures coercitives pour que cessent ces détournements, mais elle ne peut se substituer à vous sur le terrain théologique et religieux à votre indispensable travail. »
(Emmanuel Macron)
Le combat contre le fanatisme, l’obscurantisme et le terrorisme est avant tout un combat pour l’esprit critique. J’ai grandi à Schaerbeek dans un réseau scolaire communal dont la raison d’être fut et demeure de défendre bec et ongle l’esprit critique contre toute forme de fanatisme et d’obscurantisme, d’où qu’il vienne.
« Cette capacité à développer un esprit critique face aux pubs, à certains discours politiques est extrêmement important. Le rôle des éducateurs s’en trouve renforcé… Les éducateurs seront plus nécessaires encore mais leur mission principale ne sera pas forcément la même. Pour faire simple, hier, leur mission consistait à transmettre des connaissances. Demain, il s’agira de transmettre des valeurs mais aussi une méthodologie, un esprit critique, une capacité à douter, à questionner l’existant, à aider les jeunes à se connaître eux-mêmes : être des mentors, comme dans l’antiquité»
Il n’est peut-être pas trop tard mais il est urgent d’en prendre consience.
MG


LA NOTION D’ESPRIT CRITIQUE, PLUS IMPORTANTE QUE JAMAIS

La Ligue de l’enseignement se lance dans une démarche de prospective autour du sujet : « Former le citoyen en 2040 ? » L’objectif est d’imaginer des futurs possibles (et souhaitables) pour interroger nos actions d’aujourd’hui et de demain. François Taddéi, chercheur, biologiste et directeur du CRI (Centre de recherches interdisciplinaires) a accepté de se plier à l’exercice.
Les Idées en mouvement : Quelles sont les évolutions à venir, celles qui vous paraissent fortement probables, dans le monde des technologies ?
François Taddéi :
Les tendances lourdes qui nous sont annoncées sont que la robotique, l’intelligence artificielle et le numérique vont continuer leur développement exponentiel. Certains parlent de la fin du travail, de la supériorité de l’intelligence de la machine sur l’Homme, d’autres pensent que nous serons directement interfacés avec le Web par le biais d’électrodes. Il existe de multiples scénarios possibles, plus ou moins intéressants et plus ou moins souhaitables. Ce qui me paraît assez sûr, c’est que plus les machines seront puissantes, plus il faudra travailler sur ce qui fera le propre de l’Homme. Si les machines, l’intelligence artificielle, le big data sont plutôt capables de prolonger les tendances, ils ne peuvent, en revanche, ni penser les ruptures, ni donner du sens. Selon Bill Gates, on surestime l’impact du digital à court terme, et on le sous-estime à long terme. Finalement, la question principale est quelles sont les technologies acceptables pour les humains, quelle sont celles auxquelles on a envie de contribuer ? Ces technologies nous sont-elles imposées ? Ou peut-on être des auteurs et des acteurs du développement de celles-ci ? Ces technologies sont-elles open source et ouvertes afin que tout le monde puisse se les approprier ou sont-elles propriétaires et fermées ? Ce sont des vrais choix de société : être simplement des consommateurs ou des acteurs et des auteurs du futur.
FACE À CES CHOIX DE SOCIÉTÉ, LA PLACE DE LA FORMATION DES JEUNES EST INTERROGÉE…
La formation des formateurs est clé car les jeunes que l’on forme aujourd’hui formeront la prochaine génération en 2040. Entre 2017 et 2040, le besoin est de former des formateurs encore plus ouverts que la moyenne des gens : des chercheurs de solutions, des acteurs du changement, des citoyens engagés, des personnes capables de s’approprier ces nouvelles technologies. Et tout cela, en plus de choses plus traditionnelles comme l’accompagnement bienveillant des jeunes, la gestion des conflits au sein d’un collectif, etc. La compréhension des dynamiques du changement est fondamentale. Elles viennent de la technologie, de la recherche et de la formation. Le formateur doit être chercheur, comprendre et s’approprier les technologies, contribuer à en produire ou savoir quand les couper, c’est-à-dire avoir un regard critique. Les formateurs, ce sont l’ensemble des gens qui ont la responsabilité de l’accompagnement des jeunes : enseignants, animateurs périscolaires, parents…
AVEC LE NUMÉRIQUE, ET LE FLUX CONTINU ET MASSIF DES INFORMATIONS, IL Y A UNE CERTAINE REMISE EN QUESTION DE LA PLACE DU « SACHANT » MAIS AUSSI DU STATUT MÊME DU SAVOIR. CE QUI POSE, EN CREUX, LA QUESTION DE LA LÉGITIMITÉ…
Traditionnellement, les personnes légitimes sont issues de la génération d’avant et/ou sont celles possédant des diplômes. Dans un monde où il y a une accélération de la production de connaissances et une démocratisation de l’accès, on s’interroge toujours davantage sur cette légitimité. Aujourd’hui, ce qui fait autorité peut ne plus être l’autorité hiérarchique d’hier. Le mot de Michel Serres, qui revient à l’étymologie du mot « autorité » – ce qui augmente, ce qui fait grandir – est probablement intéressant. Demain, nous serons, je pense, tous des citoyens actifs et engagés ; des acteurs et des auteurs ; des chercheurs et des personnes capables de questionner l’existant et de créer des solutions pertinentes à des problèmes qui nous toucheront en montant des collectifs qui auront s’auto-organiser. Cela peut sembler utopique mais en réalité il existe pleins de signes avant-coureurs de ce genre de choses aux quatre coins de la planète : des projets de sciences citoyennes, d’open source comme Wikipédia. Il faut cependant faire attention à la bêtise collective. Il existe des tas de bulles informationnelles dans lesquelles on peut s’enfermer. Sur Internet, on trouve le meilleur comme le pire. La notion d’esprit critique devient alors plus importante que jamais.
COMMENT FORMER À CET ESPRIT CRITIQUE ?
Nous avons des biais cognitifs, des biais sociaux et des biais liés aux technologies. Ces trois types de biais, si nous n’en avons pas conscience, peuvent se renforcer et donner des choses très négatives (élire un président qui professe de fausses vérités). Parmi les biais cognitifs, citons ceux dits de confirmation : quand nous croyons intuitivement à quelque chose, nous cherchons des informations qui confortent notre pensée : « Il ne fait pas plus chaud qu’hier, nous cherchons des informations, nous tombons sur les sites climato-sceptiques, qui nous confortent et nous nous convainquons qu’il n’y a pas de réchauffement climatique. » Il a été montré que ce n’est pas tant le nombre d’années d’études scientifiques que l’on suit qui protège contre le fait de devenir climato-sceptiques ou créationnistes, c’est la curiosité. Et la capacité, quand on est curieux, à aller chercher l’information qui nous surprend et à changer de perspective. C’est là que la formation des formateurs est clé. Dans le monde éducatif, il y a aujourd’hui des enseignants qui invitent leurs élèves à comprendre la théorie du complot, à chercher en quoi elles sont manipulatoires. Et quand les élèves ont bien compris le mécanisme, ils élaborent eux-mêmes une théorie du complot pour montrer à quel point cela est facile de manipuler les autres). Cette capacité à développer un esprit critique face aux pubs, à certains discours politiques est extrêmement important. Le rôle des éducateurs s’en trouve renforcé… Les éducateurs seront plus nécessaires encore mais leur mission principale ne sera pas forcément la même. Pour faire simple, hier, leur mission consistait à transmettre des connaissances. Demain, il s’agira de transmettre des valeurs mais aussi une méthodologie, un esprit critique, une capacité à douter, à questionner l’existant, à aider les jeunes à se connaître eux-mêmes : être des mentors, comme dans l’Antiquité. Ce n’est pas si nouveau mais du temps de Socrate, cela s’est mal terminé. Un mentorat bienveillant, ce n’est pas tout connaître ni imposer ses solutions, c’est accompagner le jeune dans ses explorations.
QUELS SONT LES ENJEUX POUR UN MOUVEMENT D’ÉDUCATION POPULAIRE COMME LA LIGUE ?
Quand on a une histoire longue, on peut s’interroger sur le présent pour mieux se projeter dans l’avenir. La Ligue, qui a une des plus belles histoires du monde associatif et éducatif, a su se réinventer. Si elle s’interroge aujourd’hui sur ses valeurs fondamentales, son message et sa contribution au futur, alors, elle a de belles années devant elle. Mais ce sont aux acteurs de la Ligue de répondre à ces questions. S’interroger sur comment s’incarnent ces valeurs, ce n’est pas se questionner sur ce qu’on faisait hier ni même aujourd’hui mais sur ce qu’on faisait il y a un siècle, quand on avait repéré un besoin dans la société, pour l’ensemble de la population, des jeunes… Aujourd’hui, la notion de citoyenneté doit être pensée à une échelle globale. Le rôle de la Ligue, qui est d’accompagner les citoyens dans leur émancipation, doit s’interroger sur les échelles de son action, sur les manières dont elle va former le citoyen du XXIe siècle et sur comment mettre les jeunes au coeur de ce questionnement, en co-construisant avec eux le monde de demain.
Propos recueillis par Ariane Ioannides
Interview publiée dans Les Idées en mouvement n° 232 


MACRON VEUT UN ISLAM COMPATIBLE AVEC LA RÉPUBLIQUE
Par Jean-Marie Guénois
Le Figaro

Le président de la République a appelé l'islam de France à prendre sa part dans le combat contre le terrorisme, lors du dîner de rupture du jeûne organisé mardi soir par le Conseil français du culte musulman.
C'est une première. Jamais aucun président de la République n'était venu au dîner de rupture du jeûne - l'iftar, le soir après une journée de ramadan - organisé annuellement par le Conseil français du culte musulman, le CFCM. Mardi 20 juin, dans les salons Hoche, à Paris, le président de la République, Emmanuel Macron, s'est ainsi présenté, accompagné de son ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, chargé des cultes, pour fêter ce rituel avec la communauté musulmane mais aussi pour lui faire passer un message, le premier en la matière, de son quinquennat.
Emmanuel Macron a d'abord saisi l'occasion pour dire sa «reconnaissance» au président sortant du CFCM, Anouar Kbibech - qui avait appelé à voter pour lui au second tour de la présidentielle - pour rappeler que son mandat a été marqué par les «terribles attaques terroristes» qui avaient pour «objectif évident de créer entre les Français de toutes croyances et de confession musulmane une déchirure profonde» et «de donner de l'islam, l'image d'une religion cautionnant le meurtre et la terreur, de fanatiques». Ce que le président a appelé une «perversion de l'image de l'islam». Mais, a-t-il continué, «il nous fallait le concours d'autorités musulmanes fermes dans leurs convictions, solides dans la dénonciation de ces crimes. Pas une fois le CFCM n'a fait défaut». Concluant: «Grâce à vous, ce combat pour maintenir l'unité nationale a été remporté et nous avons su tenir collectivement la voix de la raison». Ce que le président Macron a défini comme une «attitude exemplaire» qui «doit être celle de tous les acteurs de l'islam sur l'ensemble du territoire».
Le défi à relever lui paraît immense
Après le passé, le président de la République a surtout insisté sur l'avenir car le défi à relever lui paraît immense: «Nous vivons une époque où tout est là pour nous diviser, où tout peut s'effondrer, les risques géopolitiques, les fractures qui s'ouvrent, les béances régionales intra-religieuses qui se jouent dans d'autres continents et le doute qui a gagné notre société. Notre défi est, bien sûr, sécuritaire, face au terrorisme qui sévit, mais il est aussi moral et civilisationnel. Et dans ce défi, votre rôle est immense, tout comme votre responsabilité. Face à cette responsabilité, il y aura celle de l'État et des pouvoirs publics. Et ma présence ici, ce soir, à vos côtés, n'est là que pour vous remercier. Face aux responsabilités immenses qui nous attendent, vous m'aurez à vos côtés.»
Pour aborder ces défis, le nouveau président a notoirement insisté sur la représentativité du Conseil français du culte musulman qui «réunit au moins la moitié de l'islam de France» avec ce constat: «Je suis conscient que vous ne représentez pas la voix unique de l'islam de France parce que votre religion pour unique qu'elle soit s'exprime dans une pluralité et une polyphonie à laquelle il faut savoir faire toute sa place». Il a donc appelé cette structure à être l'outil d'une «représentativité toujours plus large» en vue de «l'exercice serein» de la religion musulmane.
Puis Emmanuel Macron a situé des combats majeurs à mener pour l'islam de France. Le premier étant «le combat contre le fanatisme et sa diffusion»: «notre combat déterminé contre le terrorisme de Daech et l'idéologie totalitaire qui le supporte doit nous conduire avec détermination à lutter contre ceux qui cherchent à faire de vos lieux de culte et de transmission, de votre tradition religieuse, des lieux de prêche de haine, voire d'appel à la violence». Il a alors placé sur le même plan pour lutter la réponse «sécuritaire» mais aussi «la réponse civilisationnelle et morale qu'ensemble nous portons», appelant les musulmans à «combattre pied à pied sur le terrain théologique et religieux, démasquer chaque fois que nécessaire, l'usurpation de vos valeurs». Un «combat de la pensée et de la foi» qu'il faut poursuivre «sur le terrain, en particulier auprès des populations les plus jeunes dont nous savons tous qu'elles ont des réticences à passer les portes de vos institutions».
« La République vous aidera dans cette tâche dès qu'il conviendra de prendre des mesures coercitives pour que cessent ces détournements, mais elle ne peut se substituer à vous sur le terrain théologique et religieux à votre indispensable travail. »
Emmanuel Macron
Et le président de lancer cet appel: «La République vous aidera dans cette tâche dès qu'il conviendra de prendre des mesures coercitives pour que cessent ces détournements, mais elle ne peut se substituer à vous sur le terrain théologique et religieux à votre indispensable travail.»
L'autre «combat» à côté de celui de la formation, nommé par le président devant les responsables musulmans, vise une «pratique de l'islam organisant une ségrégation au sein de la République et contre tout ce qui façonne un repli identitaire, parce que fonder son identité politique et sociale sur sa seule foi, c'est, au fond, admettre que sa foi n'est pas compatible avec la République». Or, a-t-il conclu: «Personne en France ne peut faire croire que votre foi n'est pas compatible avec la République, personne ne peut faire croire que la France et les Français rejetteraient sa composante de foi musulmane. Personne ne peut demander à des Françaises et des Français, au nom de cette foi, de se soustraire aux lois de la République.»

mardi 20 juin 2017

C’est Bruxelles que la crise du PS assassine


PAR BÉATRICE DELVAUX 
Le Soir

La structure de la Région est depuis des années dénoncée par la Flandre comme propice au gaspillage budgétaire, à la multiplication des mandats inutiles et à l’inefficacité.CET ARTICLE RÉSERVÉ AUX Les tourments du PS ne mettent pas en danger que le parti, ses militants et ses cadres. Ils causent aussi une déflagration terrible sur Bruxelles, la Ville et la Région. Les deux sont sous les tirs nourris et assassins du nord du pays, qui trouve désormais la justification rêvée pour exiger la grande réforme institutionnelle de la capitale, qu’il réclame depuis très longtemps.
La Flandre a toujours considéré la Région bruxelloise si pas avec dédain, du moins avec désamour, et surtout un très gros regard critique. La structure de la Région, avec ses 19 communes et ses six zones de police, est depuis des années dénoncée par la Flandre comme propice au gaspillage budgétaire, à la multiplication des mandats inutiles et à l’inefficacité. Nombre de Flamands ont d’ailleurs toujours refusé l’idée de Bruxelles Région à part entière, estimant qu’elle échouait dans la démonstration de la raison d’être de sa complexité et de son millefeuille institutionnel. Notons que les Wallons n’en pensaient pas moins, mais le scandale Publifin les empêche aujourd’hui de se joindre à l’hallali.
Que ce soit les problèmes d’insécurité (pour nombre de Flamands, Bruxelles, c’est Chicago), la chute de plaques de béton dans les tunnels, la mise en place chaotique du piétonnier, la saleté des rues ou le développement de foyers de radicalisme : tout est vu à l’aune de la non-coordination des zones de police et des niveaux de pouvoir, de la rivalité entre des bourgmestres de couleurs politiques différentes.
En ligne de mire : l’argent donné à Bruxelles pour se refinancer qui serait donc très mal utilisé et la toute-puissance socialiste et francophone.
Qui aura désormais les arguments pour défendre la Région bruxelloise contre ce procès en règle qui lui est à nouveau fait, dès lors que les affaires du Samusocial et autres (on a eu droit cette semaine au réseau d’ASBL opaques, aux structures hospitalières d’apparence bidon, aux mandats juteux, quid demain ?) donnent aux Flamands la corde pour tuer les outils et les politiques mises en place depuis des années ?
Cruelle ironie. Les errements socialistes sont en train de miner l’édifice bruxellois qu’ils ont souvent été les plus fervents à défendre et à ériger. Yvan Mayeur voulait remettre sa ville sur la carte du monde, Philippe Close voulait en faire un pôle d’animation culturelle, touristique et économique de premier plan, Rudi Vervoort veut créer un musée d’art contemporain à même de développer la zone du Canal : tout cela et tant d’autres choses sont au cœur d’une stratégie PS désormais crucifiée par l’impression d’avoir été dévoyée à des fins de pouvoir et d’enrichissement personnel. C’est très dur pour le PS, mais c’est terrible pour Bruxelles. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« C’EST TERRIBLE POUR BRUXELLES. » 

Si on lit bien l’analyse de Béatrice Delvaux, Bruxelles serait, à l’évidence la première bénéficiaire d’un éloignement du PS des manettes de la gouvernance. « La structure de la Région est depuis des années dénoncée par la Flandre comme propice au gaspillage budgétaire, à la multiplication des mandats inutiles et à l’inefficacité. » « En ligne de mire des Flamands : l’argent donné à Bruxelles pour se refinancer qui serait très mal utilisé et la toute-puissance socialiste et francophone. » « C’est très dur pour le PS, mais c’est terrible pour Bruxelles. »
Question : l’initiative singulière de Lutgen est-elle de nature à corriger le tir en mettant fin brutalement à l’Etat PS à Bruxelles et aussi en Wallonie ? C’est un tournant, un moment crucial pour le destin de Bruxelles et celui de la région wallonne. Il se pourrait que ceci entraîne le déclin de l’Etat Ps et peut être même le déclin du puissant parti socialiste miné par les affaires et paralysé par un président lobotomisé. Pascal Delwit : « le PS menace de se réduire à la taille d’un parti moyen autour de 20%. »
Le MR empêtré lui aussi dans une affaire De Decker (qu’un PS aux abois va tout faire pour transformer en affaire Reynders) n’est sans doute pas le chevalier blanc capable de relever ce formidable défi comme Olivier Maingain semble l’avoir deviné. Il exige l’éloignement de De Decker mais aussi celui de Milquet. Clever.
Mais que se passera-t-il si le MR refuse de s’allier au CDh ?
Le chaos ? 
Et quid d’une éventuelle alliance entre un PS dirigé par Magnette et le MR qui surprendrait tout le monde, mettrait le CDh hors-jeu pour de bon et serait de nature à débloquer les tensions entre le fédéral et les régions francophones ? Ce serait évidemment une manière de renforcer la position du premier ministre MR Charles Michel face à l’encombrante N-VA. Les silences médiatiques de Bart De Wever sont assourdissants. L’heure est à l’audace politique. Droite et gauche ensemble sur base de déclarations gouvernementales à compromis, comme désormais à Paris et à Berlin depuis longtemps.
Compromis à la belge ? Consensus pour sauver l’essentiel ? Pourquoi pas ?
MG 


CRISE POLITIQUE: EN COMMUNAUTÉ FRANÇAISE, LES TENSIONS S’AGGRAVAIENT
BOSCO D'OTREPPE 
La Libre Belgique 



Cours de philosophie et de citoyenneté, formation initiale des enseignants, décret Paysage, fusion UCL-Saint-Louis… Au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-Communauté française), sur bien des dossiers, les relations entre le PS et le CDH n’étaient plus optimales; les divergences étaient même objectives et idéologiques.
LA LIBERTÉ D’ASSOCIATION AU CŒUR DES DÉBATS
Au niveau de l’enseignement secondaire, le dossier qui a cristallisé le plus de tensions fut celui du cours de philosophie et de citoyenneté. En début de législature, dans la déclaration de politique communautaire, le deal conclu avait été celui de garder dans l’enseignement officiel une heure de religion ou de morale, et d’organiser (sauf pour les parents qui feraient le choix de deux heures) une heure de citoyenneté. Le décret Citoyenneté a respecté cet accord, mais le PS ne s’en est jamais contenté, et a encouragé les parents, parfois de manière très active, pour qu’ils choisissent les deux heures de citoyenneté. L’objectif du PS reste de mettre fin, à terme, au cours de religion. Le CDH n’a jamais accepté ces offensives socialistes et laïques. La place à accorder au religieux dans l’espace public a donc toujours envenimé les relations entre les deux partenaires.
AU NIVEAU DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, LES DOSSIERS ÉPINEUX ÉTAIENT MOINS SYMBOLIQUES, MAIS PLUS IMPORTANTS.
On retrouve dans l’organisation de la formation initiale des enseignants (qui a mis beaucoup de temps à atterrir en mai dernier), dans le suivi du décret Paysage (qui a réorganisé l’enseignement supérieur en 2013), ou dans le dossier de la fusion entre l’UCL et Saint-Louis une divergence notable entre les deux partenaires. Alors que le CDH met en avant la liberté d’association des acteurs, le PS souhaitait l’encadrer par les logiques territoriales définies par décret. Sans oublier que la fusion entre l’UCL et Saint-Louis a réveillé des relents de guerre entre piliers catholiques et laïques.
Étrangement, c’est le dossier le plus complexe de la législature, le Pacte pour un enseignement d’excellence, qui a échappé aux divergences entre le PS et le CDH. Cela n’a cependant pas suffi à convaincre totalement le terrain.
LES ÉCOLES DANS L’EXPECTATIVE
Quel est désormais l’avenir de ces dossiers ? La question est redoutable, tant la coalition va être difficile à monter en Fédération.
Avec l’hypothèse d’un MR dans le gouvernement, on peut imaginer que la fusion entre les deux universités est sur de meilleures voies qu’avec le PS. Le Pacte pourrait de son côté être assoupli (notamment sur le tronc commun). Notons que sur ce dossier du Pacte, la prudence dont a fait preuve ces derniers mois la ministre de l’Education Marie-Martine Schyns (CDH) pourrait rassurer le MR.
En attendant, ce sont les directions des écoles qui se retrouvent dans l’expectative. Sur de nombreux points, des décrets étaient attendus pour organiser au mieux la rentrée de septembre.
Bosco d'Otreppe. 


OVERLEEFT DE PS DEZE COUP?
CdH gooit Waalse socialisten uit deelregeringen De Morgen
- ADB/JVH 



  1► 19 juli 2014: het PS-congres keurt de deelname aan de Waalse en Brusselse regeringen goed. Drie jaar later wordt de partij van Rudy Demotte, Laurette Onkelinx, Elio Di Rupo, Paul Magnette en co. naar de oppositie verwezen. ©Eric Herchaft © Reporters
ZAL DE PS DE COUP, DIE CDH-VOORZITTER BENOÎT LUTGEN GISTEREN ONVERWACHT PLEEGDE, OVERLEVEN? TWEE SCENARIO'S.
JA
Want deze crisis is een kans voor de PS om zich te herbronnen. Iets waar de partij dringend nood aan heeft. "Paul Magnette is nu geen Waals minister-president meer en kan de fakkel van Di Rupo overnemen", zegt RTBF-analist Alain Gerlache.
De PS zal bovendien in een links oppositieblok terechtkomen, met de communistische PTB van Raoul Hedebouw. Puur electoraal is dat interessant, want dan staan ze samen tegenover een centrumrechtse coalitie rond MR en cdH.
Daarnaast kan de PS zich zo beter afschermen van het 'extreemlinkse gevaar'. Vanuit de oppositie zal de partij weer volop linkse standpunten kunnen innemen. Dat helpt om de wind uit de zeilen te nemen van de populaire PTB.
Als Magnette straks de nieuwe sterke man van de PS wordt, heeft hij - in tegenstelling tot Di Rupo - nog genoeg politiek kapitaal om de socialistische stal grondig uit te mesten tegen de verkiezingen in 2018 en 2019.
NEE
Want als de Parti Socialiste door de breuk met cdH straks in geen enkele regering meer zit, is dat voor het eerst sinds de jaren tachtig. Dat betekent geen ministers meer, geen kabinetten en veel minder macht.
'ZIJN VOORZITTERSCHAP IS KLINISCH DOOD'
RTBF-ANALIST ALAIN GERLACHE
De PS zal de feiten moeten ondergaan vanuit de oppositie. Dat is de partij niet gewend. Bovendien wordt het na de schandalen rond Samusocial en Publifin heel moeilijk om de Brusselse en Waalse regering geloofwaardig te bekampen.
"Het ziet ernaar uit dat de PS voor lange tijd niet meer de enige dominante partij zal zijn in Wallonië", zegt ULB-politicoloog Pascal Delwit. De PS dreigt te krimpen tot een middelgrote partij van 20 procent.
De dagen van partijvoorzitter Elio Di Rupo (PS) lijken zo stilaan geteld. De kans is groot dat hij plaats zal moeten ruimen voor de nieuwe garde. "Zijn voorzitterschap is klinisch dood", zegt Alain Gerlache. Een stammenoorlog dreigt.
HENDRIK VUYE: 'SAMEN MET DE PS STORT OOK DE N-VA-STRATEGIE IN'
Simon Demeulemeester Redacteur Knack
Het confederalisme van de N-VA is verder af dan ooit, denkt Kamerlid Hendrik Vuye (ex-N-VA): 'De Belgische problemen blijven, er is geen PS meer om uit te roken, en de partijen die de nieuwe Franstalige regeringen moeten vormen zijn stuk voor stuk zéér belgicistisch.'
Nu CDH zonder de PS verder wil, vervliegt ook de N-VA-strategie om Wallonië uit te roken, meent Kamerlid Hendrik Vuye (Vuye&Wouters). En dus vindt hij zijn voormalige partij de grote verliezer van de demarche van CDH-voorzitter Benoît Lutgen. 'Dit is het failliet van de uitrookstrategie van de N-VA. Door een rechts, Vlaams beleid te voeren, hoopte Bart De Wever dat Wallonië vanzelf zou weglopen van Vlaanderen. Daarvoor is het wel cruciaal dat de PS hét machtsblok blijft. Maar nu ze overal in de oppositie zit, maakt het niet uit hoe regionalistisch ze is. Bovendien zijn de partijen die de nieuwe regeringen moeten gaan vormen - MR, CDH, Ecolo en Défi





Politoloog Pascal Delwit over demarche van cdH: "Hier is niets geloofwaardigs aan. Niets"


De Morgen 

Delwit noemt houding van cdH hypocriet maar ziet wel zware gevolgen voor PS
ULB-politoloog Pascal Delwit omschrijft de zet van Benoît Lutgen om de PS uit de regionale regeringen te duwen als een aardbeving maar ook wel als een risicovolle gok. “Wat als de MR binnenkort nog meer besmeurd geraakt door Kazakhgate? Dan ruilt Lutgen de ene besmette coalitiepartner in voor de andere.”
“Een aardbeving is dit zeker”, zegt Delwit. “Niet enkel omdat we in Wallonië en Brussel waarschijnlijk nieuwe regeringen zullen krijgen, maar ook omdat dit de PS nog meer beschadigt. De Parti Socialiste kampt met een ongeziene crisis, heeft geen vat meer op de politieke dynamiek en dreigt op termijn te krimpen tot een middelgrote partij van 20 à 25 procent. Vooral dat laatste is een revolutie: het ziet ernaar uit dat de PS voor lange tijd niet meer de enige dominante partij zal zijn in Wallonië.”
WAT IS PRECIES DE STRATEGIE VAN CDH-VOORZITTER LUTGEN?
Delwit: “Hij probeert de cdH uit het dal te trekken: zijn partij haalt in de peilingen nog geen 10 procent en is daarmee slechts de vijfde partij. Met zijn verklaring wil Lutgen aan zijn kiezers duidelijk maken dat hij zich niet eeuwig aan de linkse PS wil binden en bereid is om met de MR in zee te gaan; zeker nu de PS door allerlei schandalen zwaar beschadigd is. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NI DE DROITE NI DE GAUCHE 

Pour le dire simplement : Lutgen entend « faire son Macron » et se détacher du PS moribond auquel il paraît scotché  (binôme Milquet-Di Rupo) depuis plusieurs années. C’est un appel du pied en direction du MR pour rappeler que le centrisme est dans l’ADN du CDh : ni de gauche, ni de droite.
Tout ceci annonce une traversée du désert du PS qui risque de plafonner désormais à 25% au profit du PTB. Mais attention que Lutgen ne s’acoquine pas avec un MR qui peut-être est plus empêtré qu’on ne l’imagine dans la Kazakhgate…Lutgen joue au poker,  un jeu très dangereux.
MG

Un coup politique ou un sale coup? (HUMEUR)

La Libre
PAR LAURENT GÉRARD

LA CHRONIQUE DE LA RÉDACTION
L'histoire jugera si le 19 juin 2017 restera dans les annales comme le jour où Benoît Lutgen aura réalisé un coup de génie, un vil coup bas ou un simple coup dans l'eau. On ne s'attardera pas ici sur les raisons stratégiques de la décision du CDH et de son président de détruire la coalition avec le Parti socialiste. On se penchera plutôt sur les conséquences du divorce PS-CDH au beau milieu d'une législature.
Si les nouvelles majorités tardent à se mettre en place, une inédite période d'instabilité pourrait s'ouvrir en Wallonie et à Bruxelles, alors qu'une série de réformes sont à moitié adoptées et que de nouvelles compétences issues de la sixième réforme de l'Etat sont à moitié intégrées dans les entités fédérées.
On ne parle pas ici de dossiers futiles. On vous parle du versement de vos allocations familiales. De la réforme des aides à l'emploi. De la modernisation de l'école prévue dans le Pacte pour un enseignement d'excellence. De la mise en place d'une assurance-autonomie pour les personnes dépendantes. Du plan Marshall de redressement économique. Et cetera. Et cetera.
Ces dossiers, que vont-ils devenir ? Alors que des élections communales et provinciales sont prévues en 2018 et qu'un méga-scrutin (régional, fédéral et européen) est programmé pour 2019, le temps « utile » (entendez, hors période préélectorale) est compté. Toutes ces grandes réformes, ces dossiers sensibles, c'est maintenant qu'il faut les faire atterrir.
Mais avec la période d'incertitude qui s'ouvre ; avec la recherche de nouvelles coalitions à Bruxelles et à Namur ; avec les longues et difficiles négociations qui vont s'ouvrir entre de nouveaux partenaires qui devront apprendre à se connaître et voudront imprimer chacun leur marque sur les programmes de gouvernements ; avec des gouvernements qui n'auront que peu de temps pour appliquer ces programmes, le risque existe qu'en faisant tomber une majorité au beau milieu d'une législature, ce ne soit pas un coup gagnant pour le citoyen. Mais plutôt un sale coup.
L'Histoire jugera.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LUTGEN VEUT CHANGER D’ATTELAGE AU MILIEU DU GUÉ 

Il n’est pas impossible que le CDh flaire d’autres scandales émanant de la gestion de son partenaire Ps et cherche à s’en protéger par une fuite en avant.
On ne voit pas ce qui peut  justifier autrement ce sauve qui peut en rase campagne.
La réaction de Clairfayt (Défi) est tout à fait intéressante.
MG



lundi 19 juin 2017

•Bernard Clerfayt: «Gouverner sans le PS? Oui, c’est possible»


•Crise politique francophone
•Pour le député-bourgmestre de Schaerbeek, les solutions ne sont pas nombreuses : soit le MR accepte de faire cause commune avec le PS, soit on entend l’appel de Benoît Lutgen.
© Sylvain Piraux

La déclaration de Benoît Lutgen proposant à d’autres formations politiques de constituer des majorités alternatives en Wallonie et à Bruxelles est à recadrer dans le climat actuel des scandales, coups bas et coups de com qui font l’actualité en Belgique, mais elle induit désormais qu’il n’y a plus de majorité politique et qu’il faut en trouver une, a commenté lundi soir le député-bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (Défi), à la veille de la réunion de l’intergroupe parlementaire de son parti sur ce dossier.
«  Je prends acte de cette déclaration. C’est un fait politique majeur. Le CDH tente sans doute de se donner au passage un statut d’oie blanche, mais aujourd’hui le fait est là : il n’y a plus de majorité à la Région bruxelloise, ni à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il faut donc désormais en retrouver une  », a commenté M. Clerfayt.
Pour le député-bourgmestre de la formation amarante, les solutions ne sont pas nombreuses : soit le MR accepte de faire cause commune avec le PS, dans les Régions et à la Fédération, soit on entend l’appel de Benoît Lutgen.
« DÉFINIR CE QUE NOUS ALLONS FAIRE »
«  Gouverner sans le PS ? Oui c’est possible, c’est ce que je fais tous les jours à Schaerbeek, avec mes partenaires, Libéraux (ndlr : en dissidence du MR), des CDH et les Ecolos. Et cela fonctionne bien depuis plus de 15 ans. On fait ce qu’on a dit qu’on ferait. On avance  », a ajouté Bernard Clerfayt.
A ses yeux, les citoyens en ont particulièrement assez des coups de com. Il faut que les responsables politiques, «  et aussi ceux de mon propre parti Défi  », s’interdisent de «  faire des déclarations intempestives  ».
Pour Bernard Clerfayt, il faut se mettre autour d’une table, avec tous les partenaires pour étudier la situation et, surtout, pour «  définir ce que nous allons faire ensemble. Travailler ensemble ? Oui, pour faire quoi et avec qui ? L’urgence veut en effet que nous travaillons, bien entendu à la réforme de la gouvernance, mais aussi à la réalisation de projets à court, moyen et long termes », a-t-il conclu.
AU PARLEMENT BRUXELLOIS, C’EST ’BUSINESS AS USUAL’, ENFIN PRESQUE
En dépit de l’annonce par le président du CDH Benoît Lutgen de ne plus vouloir gouverner avec le PS, le parlement bruxellois a maintenu lundi après-midi la discussion de textes et une série de questions et d’interpellations en commissions. L’actualité a toutefois contraint le président de la Commission des Finances, Charles Picqué (PS), à céder son siège à... Armand De Decker (MR), l’ex-président du Sénat, qui a démissionné de son mandat de bourgmestre d’Uccle, samedi dernier.
Autre conséquence: la réunion des présidents des parlements réclamée à plusieurs reprises par le président du parlement bruxellois Charles Picqué (PS), au sujet de mesures communes à mettre en place en matière de gouvernance, et prévue mardi, a été annulée, a fait savoir la présidente du Sénat Christine Defraigne (MR).
M. Picqué juge cette réunion nécessaire car les propositions de réforme du groupe parlementaire bruxellois qui finalise une série de mesures nécessitent une coordination avec les autres niveaux de pouvoir, et justifieraient une modification de la législation fédérale pour les rendre applicables à tous les mandataires (déclaration de liste de mandats, instauration de déclarer ses rémunérations publiques et privées, réalisation par la Cour des Comptes d’un cadastre des mandats publics et privés,...).
Dans un nouveau courrier à la présidente du Sénat, M. Picqué a déploré dans ce contexte l’annulation la réunion de mardi et souligné qu’à ses yeux, «la situation politique des dernières heures ne doit modifier en rien notre volonté de prendre des mesures en matière de bonne gouvernance», a souligné le président du parlement bruxellois.
«Afin de dissiper tout malentendu, je tiens à vous préciser que l’annulation a été formellement demandée par le Président du Parlement Wallon, M. Antoine (ndlr: CDH). À titre personnel, j’étais tout-à-fait prête à tenir la réunion de demain», lui a répondu Mme Defraigne.
Dans l’entourage de M. Picqué, on indique que celui-ci redoute que le premier effet du changement de cap voulu par Benoît Lutgen soit un report des travaux entrepris pour réformer la gouvernance. (Belga)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

En somme Clerfayt dit exactement le contraire de son président Maingain. Intéressant et à suivre de près.