lundi 19 juin 2017

•Bernard Clerfayt: «Gouverner sans le PS? Oui, c’est possible»


•Crise politique francophone
•Pour le député-bourgmestre de Schaerbeek, les solutions ne sont pas nombreuses : soit le MR accepte de faire cause commune avec le PS, soit on entend l’appel de Benoît Lutgen.
© Sylvain Piraux

La déclaration de Benoît Lutgen proposant à d’autres formations politiques de constituer des majorités alternatives en Wallonie et à Bruxelles est à recadrer dans le climat actuel des scandales, coups bas et coups de com qui font l’actualité en Belgique, mais elle induit désormais qu’il n’y a plus de majorité politique et qu’il faut en trouver une, a commenté lundi soir le député-bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (Défi), à la veille de la réunion de l’intergroupe parlementaire de son parti sur ce dossier.
«  Je prends acte de cette déclaration. C’est un fait politique majeur. Le CDH tente sans doute de se donner au passage un statut d’oie blanche, mais aujourd’hui le fait est là : il n’y a plus de majorité à la Région bruxelloise, ni à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il faut donc désormais en retrouver une  », a commenté M. Clerfayt.
Pour le député-bourgmestre de la formation amarante, les solutions ne sont pas nombreuses : soit le MR accepte de faire cause commune avec le PS, dans les Régions et à la Fédération, soit on entend l’appel de Benoît Lutgen.
« DÉFINIR CE QUE NOUS ALLONS FAIRE »
«  Gouverner sans le PS ? Oui c’est possible, c’est ce que je fais tous les jours à Schaerbeek, avec mes partenaires, Libéraux (ndlr : en dissidence du MR), des CDH et les Ecolos. Et cela fonctionne bien depuis plus de 15 ans. On fait ce qu’on a dit qu’on ferait. On avance  », a ajouté Bernard Clerfayt.
A ses yeux, les citoyens en ont particulièrement assez des coups de com. Il faut que les responsables politiques, «  et aussi ceux de mon propre parti Défi  », s’interdisent de «  faire des déclarations intempestives  ».
Pour Bernard Clerfayt, il faut se mettre autour d’une table, avec tous les partenaires pour étudier la situation et, surtout, pour «  définir ce que nous allons faire ensemble. Travailler ensemble ? Oui, pour faire quoi et avec qui ? L’urgence veut en effet que nous travaillons, bien entendu à la réforme de la gouvernance, mais aussi à la réalisation de projets à court, moyen et long termes », a-t-il conclu.
AU PARLEMENT BRUXELLOIS, C’EST ’BUSINESS AS USUAL’, ENFIN PRESQUE
En dépit de l’annonce par le président du CDH Benoît Lutgen de ne plus vouloir gouverner avec le PS, le parlement bruxellois a maintenu lundi après-midi la discussion de textes et une série de questions et d’interpellations en commissions. L’actualité a toutefois contraint le président de la Commission des Finances, Charles Picqué (PS), à céder son siège à... Armand De Decker (MR), l’ex-président du Sénat, qui a démissionné de son mandat de bourgmestre d’Uccle, samedi dernier.
Autre conséquence: la réunion des présidents des parlements réclamée à plusieurs reprises par le président du parlement bruxellois Charles Picqué (PS), au sujet de mesures communes à mettre en place en matière de gouvernance, et prévue mardi, a été annulée, a fait savoir la présidente du Sénat Christine Defraigne (MR).
M. Picqué juge cette réunion nécessaire car les propositions de réforme du groupe parlementaire bruxellois qui finalise une série de mesures nécessitent une coordination avec les autres niveaux de pouvoir, et justifieraient une modification de la législation fédérale pour les rendre applicables à tous les mandataires (déclaration de liste de mandats, instauration de déclarer ses rémunérations publiques et privées, réalisation par la Cour des Comptes d’un cadastre des mandats publics et privés,...).
Dans un nouveau courrier à la présidente du Sénat, M. Picqué a déploré dans ce contexte l’annulation la réunion de mardi et souligné qu’à ses yeux, «la situation politique des dernières heures ne doit modifier en rien notre volonté de prendre des mesures en matière de bonne gouvernance», a souligné le président du parlement bruxellois.
«Afin de dissiper tout malentendu, je tiens à vous préciser que l’annulation a été formellement demandée par le Président du Parlement Wallon, M. Antoine (ndlr: CDH). À titre personnel, j’étais tout-à-fait prête à tenir la réunion de demain», lui a répondu Mme Defraigne.
Dans l’entourage de M. Picqué, on indique que celui-ci redoute que le premier effet du changement de cap voulu par Benoît Lutgen soit un report des travaux entrepris pour réformer la gouvernance. (Belga)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

En somme Clerfayt dit exactement le contraire de son président Maingain. Intéressant et à suivre de près.

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