samedi 17 juin 2017

C’est Bruxelles que la crise du PS assassine


PAR BÉATRICE DELVAUX LE SOIR
La structure de la Région est depuis des années dénoncée par la Flandre comme propice au gaspillage budgétaire, à la multiplication des mandats inutiles et à l’inefficacité 
     

Yvan Mayeur. © Photo News. 

Les tourments du PS ne mettent pas en danger que le parti, ses militants et ses cadres. Ils causent aussi une déflagration terrible sur Bruxelles, la Ville et la Région. Les deux sont sous les tirs nourris et assassins du nord du pays, qui trouve désormais la justification rêvée pour exiger la grande réforme institutionnelle de la capitale, qu’il réclame depuis très longtemps.
La Flandre a toujours considéré la Région bruxelloise si pas avec dédain, du moins avec désamour, et surtout un très gros regard critique. La structure de la Région, avec ses 19 communes et ses six zones de police, est depuis des années dénoncée par la Flandre comme propice au gaspillage budgétaire, à la multiplication des mandats inutiles et à l’inefficacité. Nombre de Flamands ont d’ailleurs toujours refusé l’idée de Bruxelles Région à part entière, estimant qu’elle échouait dans la démonstration de la raison d’être de sa complexité et de son millefeuille institutionnel. Notons que les Wallons n’en pensaient pas moins, mais le scandale Publifin les empêche aujourd’hui de se joindre à l’hallali.
Que ce soit les problèmes d’insécurité (pour nombre de Flamands, Bruxelles, c’est Chicago), la chute de plaques de béton dans les tunnels, la mise en place chaotique du piétonnier, la saleté des rues ou le développement de foyers de radicalisme : tout est vu à l’aune de la non-coordination des zones de police et des niveaux de pouvoir, de la rivalité entre des bourgmestres de couleurs politiques différentes.
En ligne de mire : l’argent donné à Bruxelles pour se refinancer qui serait donc très mal utilisé et la toute-puissance socialiste et francophone.
Qui aura désormais les arguments pour défendre la Région bruxelloise contre ce procès en règle qui lui est à nouveau fait, dès lors que les affaires du Samusocial et autres (on a eu droit cette semaine au réseau d’ASBL opaques, aux structures hospitalières d’apparence bidon, aux mandats juteux, quid demain ?) donnent aux Flamands la corde pour tuer les outils et les politiques mises en place depuis des années ?
Cruelle ironie. Les errements socialistes sont en train de miner l’édifice bruxellois qu’ils ont souvent été les plus fervents à défendre et à ériger. Yvan Mayeur voulait remettre sa ville sur la carte du monde, Philippe Close voulait en faire un pôle d’animation culturelle, touristique et économique de premier plan, Rudi Vervoort veut créer un musée d’art contemporain à même de développer la zone du Canal : tout cela et tant d’autres choses sont au cœur d’une stratégie PS désormais crucifiée par l’impression d’avoir été dévoyée à des fins de pouvoir et d’enrichissement personnel. C’est très dur pour le PS, mais c’est terrible pour Bruxelles. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES OUTRAGÉ, BRUXELLES  BRISÉ, BRUXELLES MARTYRISÉ MAIS BRUXELLES … 
 
« Les errements socialistes sont en train de miner l’édifice bruxellois qu’ils ont souvent été les plus fervents à défendre et à ériger. »
Ce constat terrible établi par la toujours très lucide Béatrice Delvaux est malheureusement d’une ėvidence confondante. Il annonce une campagne électorale d’une brutalité jamais égalée dont Bruxelles sera l’enjeu en 2018 comme en 2019.  Yvan Mayeur on le redoutait risque bien d’être le fossoyeur de la Région Bruxelles capitale. La responsabilité de Laurette Onkelinx est immense dans sa résistible ascension qui précipitera sa chute finale et celle de sa partenaire.  Affaire à suivre de près et par priorité.
MG



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