lundi 19 juin 2017

Le PS éjecté par le CDH: des motions de méfiance indispensables en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles


L’appel lancé au MR, à Ecolo et à Défi par Benoît Lutgen à constituer de nouvelles majorités, sans le PS, en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles ne pourra se concrétiser que si les parlements des deux entités concernées votent une motion méfiance à l’égard de la coalition PS-CDH sortante. Celle-ci doit être déposée par huit députés au moins et doit aussi proposer un nouveau gouvernement ou le changement d’un ou de plusieurs ministres. Le vote de la motion doit intervenir après un délai de 48 heures. Cette procédure parlementaire suppose bien sûr un accord politique préalable entre les formations qui formeront la nouvelle coalition et l’adoption d’une nouvelle déclaration de politique régionale.
" Le président du MR Olivier Chastel prend acte de l’annonce faite par le président du cdH. Cette annonce confirme le constat posé par le MR. « Depuis plusieurs mois, nous ne cessons de dénoncer l’inertie des gouvernements fédérés », déclare Olivier Chastel. « En Wallonie, en Fédération Wallonie-Bruxelles et à Bruxelles, les ministres-présidents socialistes consacrent leurs forces à sauver leur parti. La gestion des entités fédérées passe totalement au second plan ».
« Le redressement des entités fédérées est vital. Le MR répondra donc favorablement à un appel au dialogue politique sur l’avenir des entités fédérées », conclut Olivier Chastel. Le bureau du MR se réunira dès ce soir afin d’examiner la situation politique."
par Claude de Decker (Le Soir) 


UNE MOTION DE MÉFIANCE DEVRA ÊTRE LANCÉE POUR CHANGER DE GOUVERNEMENT  
 
L’appel lancé au MR, à Ecolo et à Défi par Benoît Lutgen ne pourra se concrétiser que si les parlements des deux entités concernées votent une motion méfiance à l’égard de la coalition PS-CDH sortante. Celle-ci doit être déposée par huit députés au moins et doit aussi proposer un nouveau gouvernement ou le changement d’un ou de plusieurs ministres. Le vote de la motion doit intervenir après un délai de 48 heures. Cette procédure parlementaire suppose bien sûr un accord politique préalable entre les formations qui formeront la nouvelle coalition et l’adoption d’une nouvelle déclaration de politique régionale. (Eric Deffet)


QUELLE MAJORITÉ MAINTENANT?
Benoît Lutgen a demandé au MR, Ecolo et Défi de former une majorité sans le PS aux gouvernements wallon, bruxellois et de la Communauté française. Quelles suites possibles ? En fait de majorité alternative, CDH et MR ont un siège de majorité au parlement wallon, mais n'ont pas la majorité à deux à la Communauté française. Evidemment, les majorités sont plus large si Ecolo devait se joindre au CDH-MR en Wallonie, et Défi devait décider d'évincer le PS à Bruxelles lui-aussi.
A noter qu'avec son "coup", le CDH prend des risques relatifs, car aucune majorité n'est possible sans lui en Wallonie - sauf à imaginer une alliance PS-MR invraisemblable à ce stade.

ÉDITO DE FRANCIS VAN DE WOESTYNE.
La maison socialiste craque de toutes parts. Le PS est en crise profonde. C’est un peu le "football panique". Pour l’instant, aucun président francophone n’est très brillant ni très présent. On a connu la junte des présidents. C’était déséquilibrant pour les gouvernements. Aujourd’hui, les présidents sont sur le banc. C’est barbant. Au PS, le président éprouve beaucoup de mal à gérer la crise qui touche son parti. Dès lors, en dehors du PS mais aussi à l’intérieur, certains se demandent si Elio Di Rupo est encore l’homme de la situation. Ce n’est pas son âge qui en cause, c’est sa gestion de la crise.

LE COUP DE POKER DU CDH ISOLE LE PS ET OUVRE LE JEU FRANCOPHONE
Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express

Coup de théâtre. Les humanistes, " dégoûtés ", lâchent les socialistes. Une majorité alternative avec les libéraux pourrait réveiller la Wallonie et Bruxelles. A moins que le chaos ne s'installe...

Benoît Lutgen (CDH), Paul Magnette (PS) et Elio Di Rupo (PS) © Belga
C'est un fameux coup de théâtre. Et un coup de poker. Benoît Lutgen, président du CDH, a annoncé ce lundi une "rupture nécessaire et immédiate" avec le PS. Le CDH abandonne son partenaire socialiste avec lequel il gouvernait dans trois majorités : Région wallonne, Région bruxelloise et Communauté française.
La décision du parti humaniste se justifie par le "dégoût" des affaires récentes , singulièrement par l'enrichissement personnel d'Yvan Mayeur et de Pascale Peraïta au Samusocial. La succession des scandales, justifie Lutgen, empêche le nécessaire travail qui doit être mené pour redresser la Wallonie, améliorer la gouvernance ou redresser l'enseignement, notamment.
Cette décision, qui aurait surpris tous les partenaires potentiels, se double d'un appel lancé au MR, à Ecolo et à Défi pour mettre en place une majorité alternative. Dans les Régions, une majorité ne peut être renversée que via une motion de méfiance constructive. En d'autres termes, le partenaire désireux de faire tomber le gouvernement doit présenter une majorité alternative.
Selon nos informations, au-delà de l'appel lancé par Lutgen, aucune majorité alternative n'a été négociée au préalable. C'est un coup de théâtre, mais aussi un coup de poker. Que certains partenaires potentiels regrettent, peu convaincus d'aller au casse-pipe un an et demi avant les élections. Les trois partis interpellés, pris au dépourvu, organisent dare-dare des réunions cet après-midi. Olivier Maingain, président de Défi, rentre même en catastrophe du Canada. Olivier Chastel, président du MR, se dit ouvert à une discussion sur l'avenir des entités fédérées.
La décision du CDH isole un PS déjà bien mal au point en Wallonie et à Bruxelles. Les socialistes n'ont pas le monopole des affaires, dit Lutgen, mais ils les multiplient avec un cynisme certain dans le chef de mandataires censés défendre les plus démunis.
Voici donc enfin le moment venu où le CDH retourne sa veste et rompt sèchement avec le PS. Benoît Lutgen avait été fortement critiqué, par certains en interne aussi, pour avoir résolument choisi de gouverner avec le PS après les élections de 2014. Depuis lors, le mariage PS-CDH en Wallonie avait fait l'objet de nombreuses tensions, notamment en matière fiscale et sociale. L'affaire bruxelloise du Samusocial a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Mieux vaut tard que jamais: Lutgen a enfin compris que ce n'est pas avec ce PS - là qu'il réformerait la Wallonie. Or, il y a urgence!
En lançant un appel aux partenaires, Benoît Lutgen ouvre le jeu politique francophone. Le MR trépigne depuis plus de vingt ans à l'idée de prendre la main en Wallonie et à Bruxelles, voici une occasion en or : c'est ce qui explique la réaction positive et rapide d'Olivier Chastel. Mais en prenant tout le monde de court pour positionner un CDH en perdition dans les sondages, Lutgen risque aussi de braquer ses partenaires potentiels qui pourraient être tentés de laisser PS et CDH exploser en vol. Le tout sous l'oeil ultra-attentif de Flamands consternés par le psychodrame qui se joue depuis des semaines au sud du pays.
Incontestablement audacieux, le choix de ce président atypique tourne une page en Wallonie et à Bruxelles. Pour le meilleur ou pour le pire.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« A MOINS QUE LE CHAOS NE S’INSTALLE » 
 
Ce coup de tonnerre éclate au lendemain des élections législatives françaises qui confirment l’implosion du parti socialiste frère d’outre Quiévrain. Un pur hasard ? Sans doute pas. Se sentant laminé, le CDH qui est en chute libre dans les sondages veut prendre ses distances par rapport à la formation en péril d’Elio di Rupo et retrouver une sorte de virginité.
De deux choses l’une dit De Morgen : soit Lutgen est un fou furieux qui ne sait pas où il va ou alors il a un accord préalable en poche ;nous ne trderons pas à le savoir.
« Selon nos informations, au-delà de l'appel lancé par Lutgen, aucune majorité alternative n'a été négociée au préalable. C'est un coup de théâtre, mais aussi un coup de poker. »
Allons-nous assister à une renégociation des coalitions à Wallobrux  à un an des élections communales et à deux ans des législatives ?
Cela laisse songeur. Le MR est, lui aussi, déstabilisé par l’affaire De Decker ou l’affaire Reynders, c’est comme on veut.
Prendre le pouvoir à Bruxelles et en région wallonne maintenant n’est pas une garantie de le conserver en 2018 et 2019.
Cela laisserait deux ans au PS pour faire le ménage et se régénérer sous la houlette d’un président énergique, on songe au brillant  Paul Magnette.
Si j’ai bien compris, les rats CDH quittent les coalitions qu’ils regardent comme des navires menacés de naufrage. Les affaires ont rendu le CDH allergique à son partenaire PS. Voilà qui met en péril la Région wallonne, la Communauté française et la région bruxelloise.
La rupture entre en vigueur tout de suite.
Autrement dit, la crise est totale en région francophone.
Ce n’est pas qu’ils veulent quitter les gouvernements régionaux, les chrétiens démocrates veulent de nouveaux partenaires car il n’y a plus moyen, selon leur président, de travailler sereinement avec le PS qui défend son parti en péril.

Si on croit Catherine Fonck, cheffe de groupe CDH  à la chambre, il ne s’agirait pas du premier tremblement de terre depuis la naissance de la coalition en 2014. Il se trouve en effet  que talonné par le PTB le Parti socialiste aurait tendance à se raidir sur sa gauche. Olivier Chastel, président du MR  aurait laissé entendre qu’il serait prêt à entamer des échanges avec le CDH. Le bureau du parti se réunit pour examiner cette nouvelle perspective. Ceci expliquerait-t-il la dėmission soudaine et innatenfue du bourgmestre MR d'Uccle, le bel Armand?
De fait les déclarations inattendues de Lutgen rejoignent singulièrement les analyses du MR. Le MR s’indigne en effet de la paralysie des gouvernements régionaux en Belgique francophone et à Bruxelles. Les socialistes obsédés par leur déclin ne prennent plus aucune initiative digne de ce nom.
Didier Gosuin,  chef de file de DéFI, trouve l’initiative de Lutgen parfaitement inopportune même s’il comprend l’indignation du CDH face aux scandales qui éclaboussent des mandataires socialistes.
Aux élections de  2014 le PS a remporté 30 sièges sur 75  au Parlement régional wallon , le MR 25 , et le cdH 13, Ecolo 4, le PTB deux et le parti populaire un.
Une coalition PS – MR compterait une majorité confortable de 55 sièges ; une coalition  MR- cdH 38 avec un appoint possible d’Ecolo on monte à 42 sièges.
L’exécutif régional bruxellois est dirigé par une coalition  de 52 sièges sur (PS -22-, DéFI-12-, sp.a -3-, Open Vld-5- et CD&V -2-)  sur 89.
Si le MR-17 sièges- devait y remplacer le PS la nouvelle coalition compterait  47 sièges soit deux sièges de majorité, ce qui est peu.
Bref tout ceci est aléatoire. Il n’est pas exclu en effet que faute de cohérence et d’une ligne claire, le chaos s’installe en Belgique francophone , « sous l'oeil ultra-attentif des Flamands consternés par le psychodrame qui se joue depuis des semaines au sud du pays. »
Danger. Il y a de fait, péril en la demeure.
MG

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