mercredi 14 juin 2017

Le Samusocial était aussi une affaire de famille : "Pas illégal, mais cela suscite des soupçons de népotisme"

F.C. ET L.G. LE VIF


Sale temps pour le PS bruxellois. Aux révélations concernant la mauvaise gestion du Samusocial et les rémunérations de ses administrateurs Yvan Mayeur et Pascale Peraita, sont venues s’ajouter des informations publiées mardi par le "Morgen" et qui nous ont été confirmées, qui démontrent que le Samusocial, pour les socialistes de la capitale, est une belle affaire de famille. Voyez plutôt.
Il y a d’abord Laurette Onkelinx, présidente de la Fédération bruxelloise du PS. Sa fille Sara a travaillé au Samusocial entre 2011 et 2013, comme l’a confirmé elle-même Mme Onkelinx. Celle-ci nie cependant qu’il s’agissait d’un emploi fictif, comme certaines sources anonymes le laissaient entendre. Selon l’ex-vice-Première ministre, sa fille Sara était sans emploi au moment où elle a postulé pour ce job d’accompagnement des demandeurs d’asile, puis des sans-abris. A noter que le père de Sara n’est autre que Abbès Guenned, directeur adjoint au cabinet du ministre-président bruxellois PS Rudi Vervoort.
De son côté, Denis Mayeur, frère du bourgmestre PS démissionnaire de Bruxelles, travaille toujours au Samusocial, où il est responsable des véhicules.
Quant à Pascale Peraita, directrice du Samusocial jusqu’en 2013 et ancienne présidente PS du CPAS de Bruxelles, elle a confirmé mardi que ses deux filles ont également travaillé au Samusocial, l’une comme travailleuse polyvalente, l’autre comme aide-soignante.
Enfin, Zoé Hutchinson, fille de l’ex-secrétaire d’Etat bruxellois PS et fondateur du Samusocial Alain Hutchinson, y a également travaillé. Elle est aujourd’hui chez Visit Brussels, une ASBL de la Ville en charge du tourisme. M. Hutchinson confirme : "Elle a fait la communication à l’Ihecs. Elle a travaillé pour moi quand j’étais député européen, mais elle ne voulait pas rester dans la politique. Elle a postulé au Samusocial et a été reprise. C’était il y a cinq ou six ans." Alain Hutchinson jure cependant qu’il n’est pas intervenu en faveur de sa fille, tout en admettant qu’il connaissait très bien la directrice Pascale Peraita, puisque c’est lui-même qui lui avait proposé de diriger le Samusocial.
Rien ne dit que ces personnes n’étaient ou ne sont pas compétentes pour la fonction occupée. Mais ces éléments, ajoutés à d’autres comme la propulsion de Julien Uyttendaele, le beau-fils de Laurette Onkelinx, comme député à 23 ans, ou l’engagement de Mathieu Vervoort, fils de Rudi, au cabinet de la ministre bruxelloise Fadila Laanan, montrent qu’au PS bruxellois, on n’hésite pas à placer ses proches. Des pratiques dont le PS n’a certes pas l’apanage, mais qui prennent ici des proportions impressionnantes.
"PAS TYPIQUE DU PS"
Pour Jean Faniel, directeur général du Centre de recherche et d’information socio-politiques (Crisp), ce phénomène n’est en effet "pas typique de la Belgique, ni du Parti socialiste. Ce n’est pas illégal non plus, mais cela suscite des soupçons de népotisme. Surtout, cela remet en avant la question centrale du statut privé ou public de l’ASBL Samusocial." Dans le secteur public, les règles de fonctionnement, notamment en matière de recrutement et de salaires, sont plus contraignantes que dans une ASBL privée. "Ici, on va encore nous dire que c’est une ASBL privée, commente Jean Faniel. Mais avec 98 % de financement public, on sait bien que c’est une fiction."
"NOUS SOMMES MEURTRIS"
Face à cette nouvelle déferlante de révélations sur les pratiques à Bruxelles, au PS, c’est le mutisme ou c’est la réserve. "Je préfère prendre du recul", réagit un parlementaire socialiste tout dépité. Un autre donne tout de même une clef d’explication sur le silence actuel dans les rangs du parti : beaucoup de mandataires craignent de donner publiquement le premier coup contre les instances dirigeantes, selon lui. Une attaque franche contre le pouvoir d’Elio Di Rupo et celui de Laurette Onkelinx pourrait créer au sein du PS une guerre fratricide avec plus de dommages à terme pour le parti que les révélations actuelles. Sans compter les risques pour la carrière personnelle qu’encourrait ce courageux élu s’il n’était pas suivi ensuite par d’autres socialistes… Il endosserait alors seul le poids de la "faute" contre le sommet de l’appareil.
Pour nuancer, il faut noter que le président Elio Di Rupo semble garder la confiance en interne : "Nous sommes meurtris, il y a beaucoup de regrets, tout cela est indigne, confie un autre mandataire PS de Bruxelles. Mais Elio Di Rupo n’est pas remis en cause en interne, il garde la confiance. Le PS bruxellois a réagi beaucoup plus vite et plus fort que le MR à l’égard d’Armand De Decker et du Kazakhgate…"
F.C. et L.G.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NEPOSTISME ET DISCIPLINE DE PARTI 

« Comment expliquer le silence actuel dans les rangs du parti ? Beaucoup de mandataires craignent de donner publiquement le premier coup contre les instances dirigeantes. Une attaque franche contre le pouvoir d’Elio Di Rupo et celui de Laurette Onkelinx pourrait créer au sein du PS une guerre fratricide avec plus de dommages à terme pour le parti que les révélations actuelles. Sans compter les risques pour la carrière personnelle qu’encourrait ce courageux élu s’il n’était pas suivi ensuite par d’autres socialistes… Il endosserait alors seul le poids de la "faute" contre le sommet de l’appareil.
Le PS bruxellois a réagi beaucoup plus vite et plus fort que le MR à l’égard d’Armand De Decker et du Kazakhgate…"
          Un mal qui répand la terreur,
          Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
            Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.
(Jean de la Fontaine)
La « famille » Ps protège et favorise ses enfants qui biberonnés au socialisme dès le berceau demeurent dans le sérail jusqu’au tombeau. « Les fils et les filles de » peuplent l’hémicycle. Comme Astérix, ils sont tombés dedans tout petits.  Charles Michel, Benoit Lutgen et Laurette Onkelinx ont nonobstant toutes leurs différences ce point commun. Ce sont tous les trois des « fils et filles de ».
Tout cela on le savait depuis longtemps, on s’en agaçait mais on n’y prêtait pas trop attention. Mais voici qu’il apparaît que comme « le baronnet » François Fillon, nos excellences belges n’ont guère de scrupules à placer, par préférence, leurs rejetons comme assistants rémunérés et dans les innombrables ASBL du parti qui sont autant de pompes à subsides alimentées par les impôts payés benoitement par monsieur et madame tout le monde. Attention désormais ces pratiques apparaissent au grand jour et l’électeur est franchement outré.
Le PTB va continuer à monter, monter au point que la FGTB dont beaucoup de membres quittent le PS pour rejoindre le PTB ne manqueront pas, d’ici peu, de couper le cordon ombilical avec le PS pour soutenir pleinement le PTB. Si ce qui est en train de se produire devait se confirmer d’ici 2018 (élections communales) et 2019 (élections générales) s’en sera, comme en France, fini du Ps qui ne saurait survivre sans son syndicat de combat.
Bart De Wever qui a du nez sent venir l’implosion du parti de Elio di Rupo. Il se demande comment se négocieront les prochaines coalitions fédérales et régionales en Wallobrux.  Avec le MR ? Mais attention que « l’affaire De Decker » qui se révèle de plus en plus être une « affaire Reynders » ne saborde pas d’ici là le Mouvement Réformateur également.
C’est donc, de fait, une vraie question et elle touche, comme en France à la question de la survie des deux grands partis wallons et Bruxellois. Il est où le Macron bruxellois ou wallon ?
MG  

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