mardi 27 juin 2017

Samusocial: Madame Peraïta, renoncez à ce silence


BÉATRICE DELVAUX

Pascale Peraïta a annoncé qu’elle ne répondrait pas aux questions des commissaires. Une décision qui en dit long pourtant sur ce qu’a dû être la ligne de conduite de l’ancienne présidente du CPAS de Bruxelles durant des années.

Que vous dire Mme Peraïta ? Que vous pouvez légalement refuser de répondre aux questions de la Commission d’enquête sur le Samusocial. Que chacun décide de l’image qu’il veut donner de lui-même et qu’en l’occurrence ici, vous avez le droit de préférer assurer la défense de votre personne en justice, plutôt que de rendre des comptes à l’autorité publique : privilégier un acquittement juridique à un jugement éthique.
Votre décision en dit long pourtant sur ce qu’a dû être votre ligne de conduite durant toutes ces années, estimant visiblement ne pas avoir de comptes à rendre à d’autres qu’à des partenaires et amis, seuls maîtres légitimes d’une association, au prétexte qu’on lui a donné naissance.
DES COMPTES À RENDRE
Pas de comptes à rendre à l’autorité publique alors qu’on a accumulé les retards envers l’ONSS ? Pas de comptes à rendre à l’autorité publique alors qu’on a empilé les dettes ? Pas de comptes à rendre à l’autorité publique alors qu’on a été mis en garde par les commissaires aux comptes sur la tenue des caisses ? Mais qui peut refuser à son entreprise le b.a.-ba de la gouvernance ?
Votre avocat nous dira que la situation « juridique » de Publifin/Nethys et du Samusocial n’est pas comparable. Et pourtant, les mentalités de leurs dirigeants, leur mode de réaction, dont le déni des droits des parlementaires et donc le mépris de l’électeur – ce presse-bouton que les Peraïta, Gilles, Moreau et autres Pire et Drion semblent avoir perdu de vue  –, affichent l’arrogance de ceux qui s’estiment seuls propriétaires de leur « entreprise ».
« Nous n’avons rien fait de pénalement répréhensible » : ce refrain va-t-il resurgir dans la bouche des acteurs du Samusocial ? Et alors ? Il n’y a pas là de quoi être acquitté sur le plan de l’éthique quand on est mandataire public, qui plus est socialiste.
Ces (gestionnaires) socialistes-là sont deux fois nocifs pour leur parti : lorsqu’ils sont aux commandes car ils fragilisent les activités dont ils ont la charge, et lorsqu’ils en sont éjectés car ils discréditent la « révolution éthique » revendiquée par leurs chefs.
Quand on fait carrière grâce à un parti qui a cloué - à juste titre - au pilori les patrons de Caterpilar qui refusaient de venir se justifier devant leurs ouvriers, on ne se cache pas derrière le droit pour éviter d’être interpellée sur la valse de jetons de présence.
Pauvre PS, qui paraît ainsi tout aussi impuissant à contrôler les siens lorsqu’ils sont aux affaires, que de les forcer à s’expliquer - devant les représentants du peuple  ! -, lorsqu’ils sont mis en cause.
Le vrai courage n’est pas de fuir, mais d’assumer. Mme Peraïta, renoncez à ce silence.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUAND ETHIQUE NE RIME PLUS AVEC SOCIALISTE


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