mercredi 21 juin 2017

Suspect de tentative d'attentat à Bruxelles décédé

Le Vif
Source: Belga
L'individu qui a provoqué une petite explosion mardi soir, vers 20h45, dans la gare de Bruxelles-Central avant d'être neutralisé par des militaires, est décédé, a indiqué le parquet fédéral. De source judiciaire, l'homme portait une ceinture explosive ou un objet qui y ressemblait fortement.


© Belga
A la suite de l'explosion, un mouvement de panique a éclaté dans la gare centrale et sur les voies. La gare a ensuite été évacuée.
•Selon un agent des chemins de fer, le suspect tenait des propos en rapport avec le djihad et aurait crié "Allah Akbar" au moment de l'explosion. L'individu, qui portait une chemise blanche et un pantalon noir, serait âgé d'entre 30 et 35 ans.
•UNE PERQUISITION EST EN COURS AU DOMICILE DE L'ASSAILLANT À MOLENBEEK
Une perquisition est en cours au domicile de l'assaillant, situé boulevard Louis Mettewie à Molenbeek-Saint-Jean, à hauteur du boulevard Prince de Liège, à la limite d'Anderlecht, a indiqué mercredi vers 10H00 une source politique concernée. L'homme abattu mardi soir dans la Gare centrale de Bruxelles après avoir fait exploser un engin était âgé de 37 ans et venait de Molenbeek-Saint-Jean, rapportent plusieurs médias dont La Dernière Heure et VTM. L'information est confirmée de source judiciaire.
Il n'était pas connu pour des faits de terrorisme, a appris l'agence Belga. Il était connu pour trafic de drogue, ajoute une source politique.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FORMATION DES FORMATEURS EST CLÉ CAR LES JEUNES QUE L’ON FORME AUJOURD’HUI FORMERONT LA PROCHAINE GÉNÉRATION EN 2040

Le profil du radicalisé abattu à la gare centrale relève du cliché : trafiquant de drogue non repenti, converti sur le tard au radicalisme islamique. Comment a-t-il été radicalisé, recruté ? en rue sur internet ?  Encore un bon à rien, un cerveau courant d’air qui s’est fait une bonne conscience à bon compte en se raliant au combat islamiste. Il n’y a qu’une manière d’enrayer cela : l’éducation civique et scolaire. Ce qui manque à ces djihadistes de Molenbeek et d’ailleurs c’est une colonne vertébrale éthique et un solide esprit critique. Inculquer l’esprit critique est la première mission de l’école comme le montre l’article qui suit et qui mérite d’être médité.
Au cours d’une rupture de jeune à laquelle il a participé, Emmanuel Macron a circonscrit les combats majeurs à mener pour l'islam de France  contre le fanatisme et sa diffusion». «Notre combat déterminé contre le terrorisme de Daech et l'idéologie totalitaire qui le supporte doit nous conduire avec détermination à lutter contre ceux qui cherchent à faire de vos lieux de culte et de transmission, de votre tradition religieuse, des lieux de prêche de haine, voire d'appel à la violence». Il a alors appelé les musulmans à «combattre pied à pied sur le terrain théologique et religieux pour démasquer chaque fois que nécessaire, l'usurpation de leurs  valeurs». Un «combat de la pensée et de la foi» qu'il faut poursuivre «sur le terrain, en particulier auprès des populations les plus jeunes dont nous savons tous qu'elles ont des réticences à passer les portes de vos institutions».
« La République vous aidera dans cette tâche dès qu'il conviendra de prendre des mesures coercitives pour que cessent ces détournements, mais elle ne peut se substituer à vous sur le terrain théologique et religieux à votre indispensable travail. »
(Emmanuel Macron)
Le combat contre le fanatisme, l’obscurantisme et le terrorisme est avant tout un combat pour l’esprit critique. J’ai grandi à Schaerbeek dans un réseau scolaire communal dont la raison d’être fut et demeure de défendre bec et ongle l’esprit critique contre toute forme de fanatisme et d’obscurantisme, d’où qu’il vienne.
« Cette capacité à développer un esprit critique face aux pubs, à certains discours politiques est extrêmement important. Le rôle des éducateurs s’en trouve renforcé… Les éducateurs seront plus nécessaires encore mais leur mission principale ne sera pas forcément la même. Pour faire simple, hier, leur mission consistait à transmettre des connaissances. Demain, il s’agira de transmettre des valeurs mais aussi une méthodologie, un esprit critique, une capacité à douter, à questionner l’existant, à aider les jeunes à se connaître eux-mêmes : être des mentors, comme dans l’antiquité»
Il n’est peut-être pas trop tard mais il est urgent d’en prendre consience.
MG


LA NOTION D’ESPRIT CRITIQUE, PLUS IMPORTANTE QUE JAMAIS

La Ligue de l’enseignement se lance dans une démarche de prospective autour du sujet : « Former le citoyen en 2040 ? » L’objectif est d’imaginer des futurs possibles (et souhaitables) pour interroger nos actions d’aujourd’hui et de demain. François Taddéi, chercheur, biologiste et directeur du CRI (Centre de recherches interdisciplinaires) a accepté de se plier à l’exercice.
Les Idées en mouvement : Quelles sont les évolutions à venir, celles qui vous paraissent fortement probables, dans le monde des technologies ?
François Taddéi :
Les tendances lourdes qui nous sont annoncées sont que la robotique, l’intelligence artificielle et le numérique vont continuer leur développement exponentiel. Certains parlent de la fin du travail, de la supériorité de l’intelligence de la machine sur l’Homme, d’autres pensent que nous serons directement interfacés avec le Web par le biais d’électrodes. Il existe de multiples scénarios possibles, plus ou moins intéressants et plus ou moins souhaitables. Ce qui me paraît assez sûr, c’est que plus les machines seront puissantes, plus il faudra travailler sur ce qui fera le propre de l’Homme. Si les machines, l’intelligence artificielle, le big data sont plutôt capables de prolonger les tendances, ils ne peuvent, en revanche, ni penser les ruptures, ni donner du sens. Selon Bill Gates, on surestime l’impact du digital à court terme, et on le sous-estime à long terme. Finalement, la question principale est quelles sont les technologies acceptables pour les humains, quelle sont celles auxquelles on a envie de contribuer ? Ces technologies nous sont-elles imposées ? Ou peut-on être des auteurs et des acteurs du développement de celles-ci ? Ces technologies sont-elles open source et ouvertes afin que tout le monde puisse se les approprier ou sont-elles propriétaires et fermées ? Ce sont des vrais choix de société : être simplement des consommateurs ou des acteurs et des auteurs du futur.
FACE À CES CHOIX DE SOCIÉTÉ, LA PLACE DE LA FORMATION DES JEUNES EST INTERROGÉE…
La formation des formateurs est clé car les jeunes que l’on forme aujourd’hui formeront la prochaine génération en 2040. Entre 2017 et 2040, le besoin est de former des formateurs encore plus ouverts que la moyenne des gens : des chercheurs de solutions, des acteurs du changement, des citoyens engagés, des personnes capables de s’approprier ces nouvelles technologies. Et tout cela, en plus de choses plus traditionnelles comme l’accompagnement bienveillant des jeunes, la gestion des conflits au sein d’un collectif, etc. La compréhension des dynamiques du changement est fondamentale. Elles viennent de la technologie, de la recherche et de la formation. Le formateur doit être chercheur, comprendre et s’approprier les technologies, contribuer à en produire ou savoir quand les couper, c’est-à-dire avoir un regard critique. Les formateurs, ce sont l’ensemble des gens qui ont la responsabilité de l’accompagnement des jeunes : enseignants, animateurs périscolaires, parents…
AVEC LE NUMÉRIQUE, ET LE FLUX CONTINU ET MASSIF DES INFORMATIONS, IL Y A UNE CERTAINE REMISE EN QUESTION DE LA PLACE DU « SACHANT » MAIS AUSSI DU STATUT MÊME DU SAVOIR. CE QUI POSE, EN CREUX, LA QUESTION DE LA LÉGITIMITÉ…
Traditionnellement, les personnes légitimes sont issues de la génération d’avant et/ou sont celles possédant des diplômes. Dans un monde où il y a une accélération de la production de connaissances et une démocratisation de l’accès, on s’interroge toujours davantage sur cette légitimité. Aujourd’hui, ce qui fait autorité peut ne plus être l’autorité hiérarchique d’hier. Le mot de Michel Serres, qui revient à l’étymologie du mot « autorité » – ce qui augmente, ce qui fait grandir – est probablement intéressant. Demain, nous serons, je pense, tous des citoyens actifs et engagés ; des acteurs et des auteurs ; des chercheurs et des personnes capables de questionner l’existant et de créer des solutions pertinentes à des problèmes qui nous toucheront en montant des collectifs qui auront s’auto-organiser. Cela peut sembler utopique mais en réalité il existe pleins de signes avant-coureurs de ce genre de choses aux quatre coins de la planète : des projets de sciences citoyennes, d’open source comme Wikipédia. Il faut cependant faire attention à la bêtise collective. Il existe des tas de bulles informationnelles dans lesquelles on peut s’enfermer. Sur Internet, on trouve le meilleur comme le pire. La notion d’esprit critique devient alors plus importante que jamais.
COMMENT FORMER À CET ESPRIT CRITIQUE ?
Nous avons des biais cognitifs, des biais sociaux et des biais liés aux technologies. Ces trois types de biais, si nous n’en avons pas conscience, peuvent se renforcer et donner des choses très négatives (élire un président qui professe de fausses vérités). Parmi les biais cognitifs, citons ceux dits de confirmation : quand nous croyons intuitivement à quelque chose, nous cherchons des informations qui confortent notre pensée : « Il ne fait pas plus chaud qu’hier, nous cherchons des informations, nous tombons sur les sites climato-sceptiques, qui nous confortent et nous nous convainquons qu’il n’y a pas de réchauffement climatique. » Il a été montré que ce n’est pas tant le nombre d’années d’études scientifiques que l’on suit qui protège contre le fait de devenir climato-sceptiques ou créationnistes, c’est la curiosité. Et la capacité, quand on est curieux, à aller chercher l’information qui nous surprend et à changer de perspective. C’est là que la formation des formateurs est clé. Dans le monde éducatif, il y a aujourd’hui des enseignants qui invitent leurs élèves à comprendre la théorie du complot, à chercher en quoi elles sont manipulatoires. Et quand les élèves ont bien compris le mécanisme, ils élaborent eux-mêmes une théorie du complot pour montrer à quel point cela est facile de manipuler les autres). Cette capacité à développer un esprit critique face aux pubs, à certains discours politiques est extrêmement important. Le rôle des éducateurs s’en trouve renforcé… Les éducateurs seront plus nécessaires encore mais leur mission principale ne sera pas forcément la même. Pour faire simple, hier, leur mission consistait à transmettre des connaissances. Demain, il s’agira de transmettre des valeurs mais aussi une méthodologie, un esprit critique, une capacité à douter, à questionner l’existant, à aider les jeunes à se connaître eux-mêmes : être des mentors, comme dans l’Antiquité. Ce n’est pas si nouveau mais du temps de Socrate, cela s’est mal terminé. Un mentorat bienveillant, ce n’est pas tout connaître ni imposer ses solutions, c’est accompagner le jeune dans ses explorations.
QUELS SONT LES ENJEUX POUR UN MOUVEMENT D’ÉDUCATION POPULAIRE COMME LA LIGUE ?
Quand on a une histoire longue, on peut s’interroger sur le présent pour mieux se projeter dans l’avenir. La Ligue, qui a une des plus belles histoires du monde associatif et éducatif, a su se réinventer. Si elle s’interroge aujourd’hui sur ses valeurs fondamentales, son message et sa contribution au futur, alors, elle a de belles années devant elle. Mais ce sont aux acteurs de la Ligue de répondre à ces questions. S’interroger sur comment s’incarnent ces valeurs, ce n’est pas se questionner sur ce qu’on faisait hier ni même aujourd’hui mais sur ce qu’on faisait il y a un siècle, quand on avait repéré un besoin dans la société, pour l’ensemble de la population, des jeunes… Aujourd’hui, la notion de citoyenneté doit être pensée à une échelle globale. Le rôle de la Ligue, qui est d’accompagner les citoyens dans leur émancipation, doit s’interroger sur les échelles de son action, sur les manières dont elle va former le citoyen du XXIe siècle et sur comment mettre les jeunes au coeur de ce questionnement, en co-construisant avec eux le monde de demain.
Propos recueillis par Ariane Ioannides
Interview publiée dans Les Idées en mouvement n° 232 


MACRON VEUT UN ISLAM COMPATIBLE AVEC LA RÉPUBLIQUE
Par Jean-Marie Guénois
Le Figaro

Le président de la République a appelé l'islam de France à prendre sa part dans le combat contre le terrorisme, lors du dîner de rupture du jeûne organisé mardi soir par le Conseil français du culte musulman.
C'est une première. Jamais aucun président de la République n'était venu au dîner de rupture du jeûne - l'iftar, le soir après une journée de ramadan - organisé annuellement par le Conseil français du culte musulman, le CFCM. Mardi 20 juin, dans les salons Hoche, à Paris, le président de la République, Emmanuel Macron, s'est ainsi présenté, accompagné de son ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, chargé des cultes, pour fêter ce rituel avec la communauté musulmane mais aussi pour lui faire passer un message, le premier en la matière, de son quinquennat.
Emmanuel Macron a d'abord saisi l'occasion pour dire sa «reconnaissance» au président sortant du CFCM, Anouar Kbibech - qui avait appelé à voter pour lui au second tour de la présidentielle - pour rappeler que son mandat a été marqué par les «terribles attaques terroristes» qui avaient pour «objectif évident de créer entre les Français de toutes croyances et de confession musulmane une déchirure profonde» et «de donner de l'islam, l'image d'une religion cautionnant le meurtre et la terreur, de fanatiques». Ce que le président a appelé une «perversion de l'image de l'islam». Mais, a-t-il continué, «il nous fallait le concours d'autorités musulmanes fermes dans leurs convictions, solides dans la dénonciation de ces crimes. Pas une fois le CFCM n'a fait défaut». Concluant: «Grâce à vous, ce combat pour maintenir l'unité nationale a été remporté et nous avons su tenir collectivement la voix de la raison». Ce que le président Macron a défini comme une «attitude exemplaire» qui «doit être celle de tous les acteurs de l'islam sur l'ensemble du territoire».
Le défi à relever lui paraît immense
Après le passé, le président de la République a surtout insisté sur l'avenir car le défi à relever lui paraît immense: «Nous vivons une époque où tout est là pour nous diviser, où tout peut s'effondrer, les risques géopolitiques, les fractures qui s'ouvrent, les béances régionales intra-religieuses qui se jouent dans d'autres continents et le doute qui a gagné notre société. Notre défi est, bien sûr, sécuritaire, face au terrorisme qui sévit, mais il est aussi moral et civilisationnel. Et dans ce défi, votre rôle est immense, tout comme votre responsabilité. Face à cette responsabilité, il y aura celle de l'État et des pouvoirs publics. Et ma présence ici, ce soir, à vos côtés, n'est là que pour vous remercier. Face aux responsabilités immenses qui nous attendent, vous m'aurez à vos côtés.»
Pour aborder ces défis, le nouveau président a notoirement insisté sur la représentativité du Conseil français du culte musulman qui «réunit au moins la moitié de l'islam de France» avec ce constat: «Je suis conscient que vous ne représentez pas la voix unique de l'islam de France parce que votre religion pour unique qu'elle soit s'exprime dans une pluralité et une polyphonie à laquelle il faut savoir faire toute sa place». Il a donc appelé cette structure à être l'outil d'une «représentativité toujours plus large» en vue de «l'exercice serein» de la religion musulmane.
Puis Emmanuel Macron a situé des combats majeurs à mener pour l'islam de France. Le premier étant «le combat contre le fanatisme et sa diffusion»: «notre combat déterminé contre le terrorisme de Daech et l'idéologie totalitaire qui le supporte doit nous conduire avec détermination à lutter contre ceux qui cherchent à faire de vos lieux de culte et de transmission, de votre tradition religieuse, des lieux de prêche de haine, voire d'appel à la violence». Il a alors placé sur le même plan pour lutter la réponse «sécuritaire» mais aussi «la réponse civilisationnelle et morale qu'ensemble nous portons», appelant les musulmans à «combattre pied à pied sur le terrain théologique et religieux, démasquer chaque fois que nécessaire, l'usurpation de vos valeurs». Un «combat de la pensée et de la foi» qu'il faut poursuivre «sur le terrain, en particulier auprès des populations les plus jeunes dont nous savons tous qu'elles ont des réticences à passer les portes de vos institutions».
« La République vous aidera dans cette tâche dès qu'il conviendra de prendre des mesures coercitives pour que cessent ces détournements, mais elle ne peut se substituer à vous sur le terrain théologique et religieux à votre indispensable travail. »
Emmanuel Macron
Et le président de lancer cet appel: «La République vous aidera dans cette tâche dès qu'il conviendra de prendre des mesures coercitives pour que cessent ces détournements, mais elle ne peut se substituer à vous sur le terrain théologique et religieux à votre indispensable travail.»
L'autre «combat» à côté de celui de la formation, nommé par le président devant les responsables musulmans, vise une «pratique de l'islam organisant une ségrégation au sein de la République et contre tout ce qui façonne un repli identitaire, parce que fonder son identité politique et sociale sur sa seule foi, c'est, au fond, admettre que sa foi n'est pas compatible avec la République». Or, a-t-il conclu: «Personne en France ne peut faire croire que votre foi n'est pas compatible avec la République, personne ne peut faire croire que la France et les Français rejetteraient sa composante de foi musulmane. Personne ne peut demander à des Françaises et des Français, au nom de cette foi, de se soustraire aux lois de la République.»

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