lundi 10 juillet 2017

Magnette en a "ras-le-bol": "Je crois que nous allons vers le chaos"


La Libre Belgique


"Je crois que nous allons vers le chaos", a prédit le ministre-président wallon, Paul Magnette (PS) dans un entretien accordé au "Soir". Il a déjà fait ses cartons et il évoque "un délire politique" et fustige "la trahison de Lutgen", président du CDH.
"Je ne connais pas d’exemple d’un parti qui a gagné les élections après avoir fait tomber un gouvernement. Les citoyens sanctionnent en général ceux qui ont créé le chaos", assure-t-il dans cette interview. Il garantit que son parti ne va pas livrer de "sale guerre". "J’ai le sens de la Région et des responsabilités publiques. Donc les dossiers qui sont prêts et qui ont fait l’objet d’un accord seront approuvés", promet-il.
Interrogé sur son soutien à Elio Di Rupo, il affirme ne pas le défendre "dans toutes les circonstances, mais je ne vais pas dire non plus qu’il est le problème." Il évoque sa lassitude et la nécessité de réfléchir. "Parce que faire de la politique d’accord, mais pour faire quoi ? Si c’est de la politique avec des affaires, avec du conservatisme, avec des trahisons, des mensonges, des coups bas… Franchement, oui, à un moment il y a une espèce de ras-le-bol."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PSYCHODRAME

Ce qui me frappe le plus dans ce psychodrame, c'est la manière superbe dont le MR et le PS s'évitent et font mine de s'ignorer.
Pourtant on votera dans les communes en 2018 et partout ailleurs en 2019. Les chefs de partis tireront-ils profit de la trêve estivale pour organiser des contacts  discrets et informels?  Du moins c'est ce qu'on imagine.
L'écœurement de Magnette semble aussi sincère que vain. Il n'est pas temps de geindre mais plutôt d'agir. Les silences de Charles Michel laissent perplexe. En Flandre, Bourgeois, le numéro 2 de la N-VA réclame une septième réforme de l'Etat. A cela les Francophones répliquent quoi?  L'analyse d'Olivier Mouton n'est guère de nature à nous rassurer, que du contraire. "Un système bloqué et des revendications communautaires de retour ? Voilà l'enjeu. Chaud devant." Je suis stupéfait par la relative nonchalance des commentateurs qui semblent ne pas mesurer l'ampleur de la catastrophe qui s'annonce. "Bye, Bye Belgium" se profile à l'horizon 2020.   La réalité rattrape la fiction.
MG


LES SCANDALES ET LA MONTÉE DU PTB VONT-ILS FAIRE EXPLOSER LE PAYS DANS DEUX ANS ?
Olivier MoutonJournaliste politique au Vif/L'Express

L'explosion du PTB annoncée dans les sondages met la Flandre en émoi. Et donne du grain à moudre au confédéralisme cher à la N-VA. Elle rendrait le jeu politique inextricable après les élections de 2019. Un système bloqué et des revendications communautaires de retour ? Voilà l'enjeu. Chaud devant.
Ce n'est jamais qu'un sondage. En d'autres termes, une photographie instantanée de l'opinion. Qui plus est, commandité par un parti politique, le MR, même s'il se base sur la méthodologie du traditionnel baromètre trimestriel La Libre/RTBF. Prudence, donc. Mais ses résultats, publiés le samedi 1er juillet, en pleine crise francophone, à l'issue d'une séquence marquée par le paroxysme des affaires, confirment des tendances lourdes. Et laissent augurer des moments difficiles après les prochaines élections régionales et législatives de 2019. Voire préfigurent une nouvelle crise de régime qui pourrait être fatale à la Belgique. N'anticipons pas. Il y a des nuances à préciser. " Mais la façon dont un tel sondage a été accueilli témoigne de la nervosité qui règne dans le monde politique ", constate Rik Van Cauwelaert, ancien rédacteur en chef de Knack et chroniqueur réputé en Flandre. Le système tremble sur ses bases. Et la prochaine confrontation Nord-Sud est annoncée.

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