lundi 10 juillet 2017

Opérations antiterroristes dans le Nord et en Belgique : qui sont les Kamikaze Riders ?


           


      Photo de couverture de la page Facebook du groupe. (Capture d'écran) 

Un homme soupçonné de projeter une "action violente" a été interpellé dans le Nord et quatre autres individus en Belgique. Ils sont soupçonnés d'être lié aux Kamikaze Riders, un groupe de motards belges.
  L'Obs
Un homme de 42 ans soupçonné de projeter une "action violente" a été interpellé ce mercredi 5 juillet à Faches-Thumesnil, dans la banlieue lilloise, lors d'une opération antiterroriste franco-belge.
Dans le même temps, le parquet fédéral belge a indiqué que quatre personnes ont été arrêtées dans la nuit de mardi à mercredi après la découverte d'une cache d'armes à Bruxelles. Elles "ont été emmenées pour audition", a expliqué le porte-parole du parquet, Eric Van der Sypt.
Les cinq individus sont soupçonnés d'entretenir des liens avec un groupe de motards belges liés à la mouvance djihadiste, les Kamikaze Riders. Les Kamikaze Riders sont un groupe de motards belges créé en 2003 dans la banlieue de Bruxelles, connus notamment pour leurs vidéos d'acrobaties en moto sur YouTube.
Le "gang" est soupçonné d'être impliqué dans des braquages de restaurants et de bistrots entre 2008 et 2012, à Anderlecht.
Ils sont soupçonnés d'avoir un lien avec des attentats déjoués à Bruxelles fin 2015. En octobre 2016, deux membres de ce groupe avaient été condamnés pour "appartenance à un groupe terroriste" lié à la mouvance djihadiste.
L'arrestation fin 2015 de ces deux hommes, Saïd Saouti, 30 ans à l'époque, considéré comme le fondateur et le chef du groupe et condamné à 6 ans de réclusion, et Mohamed Karay, 27 ans, condamné à 3 ans, avait mis la Belgique en émoi et provoqué l'annulation du feu d'artifice du Nouvel an à Bruxelles en raison de craintes d'attentats.
Les deux hommes étaient à l'époque soupçonnés d'avoir planifié une attaque du même type que les attentats djihadistes ayant frappé Paris le 13 novembre 2015, qui avaient fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés.
Saïd Saouti avait également été cité dans le dossier "Sharia4Belgium", du nom de cette filière belge de recrutement de combattants pour la Syrie, sans être poursuivi. "Il est considéré comme extrémiste radical et prédicateur salafiste. Il a été condamné pour des faits de vol par effraction et avec armes", écrivait alors le quotidien belge.
Selon un reportage de Télé Bruxelles, qui avait rencontré plusieurs membres du groupe à l'époque, l'homme faisait par ailleurs souvent référence à l'Etat islamique sur son compte Youtube.
Les quatre personnes arrêtées en Belgique sont suspectées d'avoir "un lien direct avec des membres des Kamikaze Riders", et notamment, justement, avec Saïd Saouti et Mohamed Karay, a précisé le porte-parole du parquet.
"ON EST UNE FAMILLE"
Cependant, le groupe de motard "peut difficilement être considéré de facto comme une cellule de recrutement djihadiste", écrivait début 2016 "Les Inrocks" : "Au vu de leur présence sur les réseaux sociaux, aucune image, aucun propos ne fait référence à la religion ou à l’actualité. Proches de la culture hip-hop, du lifestyle des rappeurs, les Kamikaze Riders, se voient comme un espace de socialisation pour les adeptes de sensations fortes."
"Le groupe qui compte une centaine de membres est par ailleurs sollicité pour des cortèges, des escortes ou des figurations de clips de stars telles que Booba ou le footballeur Djibril Cissé", précisait encore le site de l'hebdomadaire.
"Kamikaze Riders, ça existe depuis 10 ans. Il y a 10 ans on ne parlait pas de terrorisme comme aujourd'hui. Et 'Kamikaze', ça n'a rien à voir avec ça. C'est strictement autour de la moto, ça n'a rien à voir avec tout ce qui est extrémisme", plaidait ainsi un des membres groupe rencontré par Télé Bruxelles à l'époque.
"Ce ne sont pas que des Arabes, que des musulmans. Il y a des chrétiens, il y a des Africains. On est une famille", confiait également fin 2015 un autre membre, Ludovic Ansel, à RTL Belgique. Le même précisait à l'agence Belga, relayée par "Les Inrocks", qu'il n'avait "jamais été témoin de propagande islamiste" de la part d'un membre du groupe.
A.R. et R.F 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA MARGE ET LE GRAND REFUS 

Il est clair que les Kamikaze Riders recrutent à la marge (borderline) entre la légalité et l'illégalité, entre ce qui est permis et ce qui ne l'est pas, entre inclusion et exclusion. En somme selon la même dynamique que celle les mafias qu'elles soient islamistes ou non.
Il faut bien voir que notre société consumériste génère du décrochage scolaire, culturel et social, de la frustration et des inégalités abyssales.
Il serait temps qu'on établisse les liens complexes mais réels qui relient la criminalité des bandes urbaines, les réseaux de daelers, les clubs de motards interlopes et la mouvance terroriste djihadiste. Tout cela est inextricablement lié et obéit à une dynamique qui consciemment ou inconsciemment est celle de ce que Marcuse appelait "le grand refus". Il s'agit d'un cancer qui mine notre société et risque d'accélérer son agonie. Seul un sursaut éthique nous sauvera du naufrage. Mais sous quelle forme?
MG




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