mardi 11 juillet 2017

Pourquoi n'y avait-il 'que' 40 imams à la marche de Bruxelles?


L.V. La Libre Belgique 



La marche des musulmans contre le terrorisme faisait escale à Bruxelles lundi. Une dizaine d’imams belges étaient présents. Mais les fidèles étaient très peu nombreux au rendez-vous devant la Bourse.
Une quarantaine d’imams venus d’Europe étaient présents lundi matin sur les marches de la Bourse à Bruxelles. D’une même voix, main dans la main, ils se sont rassemblés sous le slogan "Not in my name" (pas en mon nom), dans le cadre de la marche des musulmans contre le terrorisme. Co-organisée par l’écrivain français Marek Halter et l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, elle faisait arrêt lundi à Bruxelles après être passée par Paris et par Berlin, elles aussi touchées par le terrorisme.
LES IMAMS EN VACANCES
Dans l’assemblée, seule une petite dizaine de représentants belges de la communauté musulmane s’était rassemblée devant la Bourse pour accueillir le cortège international.
"Après le mois sacré, les imams sont épuisés et doivent se reposer. Ils n’ont que le mois de juillet ou d’août pour le faire. Ce moment est très mal choisi pour la marche", justifie Fathallah Abdessalam, conseiller islamique à la prison de Forest.
Pourtant, lui, était là. "Si je suis venu, c’est parce que je ne veux pas faire partie de cette majorité muette qui laisse agir une minorité au nom de d’islam". Le discours de Fathallah Abdessalam rejoint celui des autres imams présents lundi : il faut arrêter de stigmatiser la communauté musulmane. "Je trouve que lorsque quelqu’un commet un acte grave punissable, il ne faudrait pas le décrire en précisant sa religion. On devrait tout simplement parler de M. X ou Mme Y.", explique-t-il.
Le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), Salah Echallaoui, principal représentant de la communauté musulmane installée sur le territoire, était absent lundi. Il s’est fait représenter par l’intermédiaire d’un imam belge qui a lu son discours qui faisait écho à ceux déjà entendus.
L’EMB soutient pleinement la marche des musulmans contre le terrorisme, au contraire de son homologue français. Les responsables du Conseil français du culte musulman ont en effet décliné l’invitation à participer au même rassemblement qui s’est tenu à Paris samedi dernier, le 8 juillet. L’origine de ce refus s’explique par la présence du controversé imam de Drancy, peu apprécié dans les milieux musulmans de France pour ses liens forts avec des milieux juifs et sa forte médiatisation.
JAN JAMBON TRAITÉ EN HÉROS
Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), tout comme l’échevin bruxellois des Cultes, Alain Courtois (MR), ont accueilli les représentants du culte musulman devant la Bourse. L’imam de Drancy, qui s’est félicité de la marche qu’il a coorganisée avec Marek Halter, s’est aussi montré très élogieux envers Jan Jambon.
Hassen Chalghoumi n’était peut-être pas au fait des propos tenus par le ministre belge de l’Intérieur à la suite des attentats de Bruxelles. Jan Jambon avait en effet déclaré en avril 2016 qu’une "partie significative de la communauté musulmane avait dansé après les attentats". Fin 2015, il avait également signifié qu’il allait nettoyer Molenbeek, à la suite des attentats de Paris.
Hassen Chalghoumi n’a pourtant cessé de remercier le ministre de l’Intérieur pour sa présence et son soutien. "Nous avons besoin d’hommes politiques courageux comme le ministre Jambon pour défendre le principe de la marche."
"LE FEU DE L’EXTRÉMISME POLITIQUE"
Interrogé, l’imam de Drancy n’a pas manqué de rappeler son combat contre "les feux de l’extrémisme religieux et l’extrémisme politique du nationalisme et de l’extrême droite", rappelant par là le triste score marqué par le Front national au premier tour des présidentielles françaises, en avril dernier. "Vous vouliez nous diviser, nous sommes tous là aujourd’hui ! L’extrême droite fait des amalgames entre musulmans et terroristes. Elle présente les fidèles comme des criminels."
Les représentants du culte musulman ont répété que la petite minorité de terroristes n’a pas agi au nom de la communauté musulmane. L’imam Chalghoumi s’est excusé après les attentats commis en Europe, comme il l’a rappelé lundi. "Ces vies ont été prises au nom de ma religion", estime l’imam de Drancy. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"CES VIES ONT ÉTÉ PRISES AU NOM DE MA RELIGION", ESTIME L’IMAM DE DRANCY 

On ne saurait lui donner tort et surtout on déplorera que son message fort ait été si peu entendu et son initiative hardie si peu suivie par les musulmans de Belgique: "les fidèles étaient très peu nombreux au rendez-vous devant la Bourse."
Explication:  "Après le mois sacré, les imams sont épuisés et doivent se reposer. Ils n’ont que le mois de juillet ou d’août pour le faire. Ce moment est très mal choisi pour la marche". Cette justification est franchement pathétique.  C'est dire simplement qu'ils ne sont pas entendus, les imams courageux qui combattent "les feux de l’extrémisme religieux et l’extrémisme politique du nationalisme et de l’extrême droite." Cela en dit très long sur l'islam en Belgique et l'absence d'un islam de Belgique (avec des imams formés dans nos universités).  Autrement dit, la minorité des imams qui prônent un islam compatible avec les valeurs du pays d'accueil et singulièrement l'égalité homme-femme ne sont guère représentatifs. On s'en doutait un peu mais en voici une cinglante confirmation. Ca n'est certainement pas ceci qui fera avancer le dialogue interconvictionnel.
MG


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