samedi 15 juillet 2017

Trump et Macron, les deux coleaders de l'Occident ?


En accueillant son "cher Donald" avec tous les honneurs à Paris, le président français cherche sans doute à s'imposer comme l'autre patron du monde dit "libre".
  Vincent Jauvert Obs 





En accueillant en grande pompe son "cher Donald" à Paris - juste après avoir organisé à l’Elysée un Conseil des ministres avec Angela Merkel - Emmanuel Macron réussit un nouveau coup d’éclat diplomatique. Quel est le but de cet activisme sur la scène internationale ? S’installer le plus rapidement possible parmi les Grands. Mais à y regarder de près, il a sans doute une idée plus précise. Lorgnerait-il le leadership de l’Occident que, pour la première fois depuis 1945, le président des Etats-Unis, très affaibli à domicile et peu respecté en Europe, ne peut plus assumer totalement ? Cela semble de plus en plus évident. 
Merkel ne peut jouer ce rôle
Depuis la Seconde Guerre Mondiale, ce rôle était occupé de fait par le Premier ministre britannique. Mais depuis le vote pour le Brexit, le Royaume-Uni perd chaque jour de son influence dans le monde. Angela Merkel ? Bien qu’elle soit l'"Homme fort" économique de l’Europe, la Chancelière allemande ne peut pas, non plus, jouer ce rôle. Berlin ne dispose ni de l’arme nucléaire ni d’un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité ni d’une armée suffisamment projetable. Et puis ses relations avec Donald Trump sont détestables.
MACRON, "A GREAT PRESIDENT"
En temps normal, le président des Etats-Unis n’aurait aucune envie de partager un tant soit peu ce leadership. Mais Donald Trump est un cas à part. Il ne tient pas, il l’a dit et répété, à endosser pleinement ce costume. Même s’il a adouci ses critiques, il méprise l’Otan, fait peu de cas de l’Union Européenne, second pilier de l’axe atlantique, et rejette l'accord sur le climat auquel tous les pays occidentaux sont attachés.
Emmanuel Macron, que Donald Trump a qualifié de "great president" ce 13 juillet, dispose donc de plusieurs atouts pour devenir le co-chef du monde dit libre. Il est dirige la cinquième puissance économique mondiale, il est à la tête du troisième arsenal nucléaire et la France dispose, le jeune président l’a répété à plusieurs reprises lors de la conférence de presse conjointe, l’un des cinq sièges de membres permanents du Conseil de Sécurité.
Et puis, Donald Trump pourrait être soulagé de partager le fardeau avec ce jeune leader français, très populaire dans le monde, qui l’accueille avec autant d’égard que le roi d’Arabie. Pour l'instant, en tous cas.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MACRON LE TEMERAIRE 

C'est franchement sidérant. Voilà un timide jeune homme dont on parlait à peine il y a un an -certes il avait été deux ans ministre de l'économie sous François  Hollande- et qui se découvre, à 39 ans à peine, l'ambition de "s’installer parmi les Grands."  Pire: "de lorgner le leadership de l’Occident que, pour la première fois depuis 1945, le président des Etats-Unis, très affaibli à domicile et peu respecté en Europe, ne peut plus assumer totalement "
Oui cela semble de plus en plus évident. "Oh yes he can".
Il sait les Français désenchantés par le déclinisme et rongés par l'identité malheureuse.  Macron croit dans le retour du refoulé : le syndrome de la défaite de juin 1940. Comme De Gaulle cet autre enchanteur hanté par l'histoire, il entend  les faire rêver des fastes de Versailles avec Poutine, de la "Paris Tower" en dînant  au Jules Verne en compagnie des Trumps face au panorama sublime sur la ville lumière, de la pompe militaire républicaine rehaussée de 200 gardes à cheval piaffant sur les champs élyséens . Tout cela produit des images de rêve qui tournent en boucle dans toute l'Europe et franchissent les océans.
La France redevient l'éternelle France de Jeanne d'arc à Marianne ; Simone Veil entrera bientôt au panthéon. Le président normal est mort, vive l'ultra président jupitérien.
Mais attention au dernier tour des élections, celui qui se déroulera dans les rues de Paris la rebelle dès le mois de septembre quand sortiront les premières lois macroniennes et les décrets honnis...
MG

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