vendredi 11 août 2017

Une guerre avec la Corée du Nord serait catastrophique, selon la Défense américaine


Le Soir
Le ministre américain de la défense James Mattis assure que les efforts diplomatiques pour régler la crise avec Pyongyang portent leurs fruits.


Donald Trump et James Mattis © EPA

Une éventuelle guerre entre les Etats-Unis et la Corée du Nord serait «catastrophique», a reconnu jeudi le ministre américain de la Défense, James Mattis, assurant à l’inverse que les efforts diplomatiques pour régler la crise avec Pyongyang portaient leurs fruits.
«La guerre est une tragédie bien assez connue, il n’y a pas besoin de faire un dessin, cela serait catastrophique», a déclaré le chef du Pentagone, au moment où le président Donald Trump a redoublé de virulence rhétorique face à la Corée du Nord.

EST-ON VRAIMENT AU BORD D'UNE GUERRE NUCLÉAIRE? TROIS FAÇONS DE SORTIR DE LA CRISE
Le Vif
Source: Afp
L'escalade verbale entre les Etats-Unis et la Corée du Nord a connu une nouvelle étape jeudi, quand Donald Trump a défendu sa formule controversée sur "le feu et la colère" promis à Pyongyang, estimant qu'elle n'était "peut-être pas assez dure". Va-t-on droit dans le mur ? Pourtant, il existe des alternatives. Le point sur la question.
Plusieurs solutions de sortie de crise sont toutefois envisagées par les analystes.
- RETOUR AUX NÉGOCIATIONS -
La Corée du Nord dispose de l'arme nucléaire, et, selon le Washington Post, le renseignement militaire américain en est désormais convaincu: Pyongyang a réussi à miniaturiser suffisamment une bombe atomique pour l'embarquer sur l'un de ses missiles intercontinentaux.
Il faut accepter le fait que la Corée du Nord possède maintenant des armes nucléaires, ce qui rend toute action militaire impossible car trop dangereuse, expliquent certains spécialistes.
"Pour les Etats-Unis, il ne reste plus qu'à négocier avec la Corée du Nord, pour essayer de réduire les tensions et résoudre certains conflits. Il ne faut plus essayer de leur enlever l'arme nucléaire", développe Jeffrey Lewis, chercheur à l'Institut Middlebury des études internationales.
Dans les années 2000, Pyongyang semblait avoir commencé à se faire à l'idée d'un ralentissement et d'un contrôle de son programme nucléaire, après des discussions multilatérales avec la Chine, la Russie, le Japon, les Etats-Unis et la Corée du Sud. Mais le pays était alors dirigé par Kim Jong-Il. Son fils et actuel leader, Kim Jong-Un, a pour sa part refusé tout dialogue.
- PRESSIONS DE LA CHINE -
Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord le week-end dernier.
La Russie et la Chine - alliée et partenaire économique du régime nord-coréen - ont approuvé ces mesures, qui pourraient coûter à Pyongyang un milliard de dollars annuels en revenus.
La Chine compte pour 90% des échanges commerciaux de la Corée du Nord et a déjà été accusée dans le passé de ne pas vouloir appliquer des sanctions qu'elle avait votées contre le régime coréen.
Pékin jouera donc un rôle important en cas de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, mais craint un effondrement du régime de Kim Jong-Un.
Donald Trump n'a pour sa part pas épargné la Chine et a exhorté le pays à durcir le ton avec la Corée du Nord. "La Chine peut faire beaucoup plus", a ainsi déclaré le président américain jeudi.
- LA GUERRE -
Ce scénario semble être le moins plausible, les Etats-Unis ne semblant pas enclins à déclencher une guerre.
"La guerre est une tragédie bien assez connue, il n'y a pas besoin de faire un dessin, cela serait catastrophique", a déclaré jeudi soir le ministre de la Défense Jim Mattis, comme pour apaiser les tensions après la nouvelle sortie controversée de son président.
"Il y a très peu de chances pour que les déclarations du président soient véritablement le reflet d'une volonté au sein de la Maison Blanche de déclencher des frappes préventives", confirme Ely Ratner, spécialiste de la Chine et membre du centre de réflexion Council on Foreign Relations. "Je ne pense pas que nous soyons au bord de la guerre nucléaire", résume-t-il.
Les scénarios du Pentagone en cas d'intervention militaire varient de la frappe sur des cibles précises, à l'attaque préventive pour pousser à un soulèvement de la population nord-coréenne et renverser Kim Jong-Un.
Mais toute intervention armée entraînerait de la part de Pyongyang des conséquences difficiles à imaginer précisément, mais à la gravité certaine.
Jim Mattis a déjà mis en garde contre la dangerosité des représailles de Pyongyang, en expliquant qu'elles seraient "d'un niveau inédit depuis 1953", et la fin de la guerre de Corée.
Kim Jong-Un a amassé des unités d'artillerie à la frontière avec la Corée du Sud, à seulement 55 kilomètres de Séoul.
Mais une guerre ouverte entre les deux pays ne semble pas non plus être souhaitable pour les Nord-Coréens.
C'est bientôt la saison des récoltes dans le pays, et Kim Jong-Un n'a pas annoncé de mobilisation militaire, qui viderait dangereusement ses usines et ses champs de récolte, faisant risquer une famine à son peuple, selon Joe Bermudez, analyste pour le site "38 North".
"Kim Jong-Un n'est pas une personne bête. Il est très peu probable qu'il mobilise ses troupes à cette période", assure-t-il.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«CRISE DES MISSILES CUBAINS AU RALENTI»

Le monde, c'est à dire chacun d'entre nous, retient son souffle. "Il y a très peu de chances pour que les déclarations du président soient véritablement le reflet d'une volonté au sein de la Maison Blanche de déclencher des frappes préventives. "... "Je ne pense pas que nous soyons au bord de la guerre nucléaire"
Il ne le pense pas mais il n'en est pas certain. Nous revivons un grand moment d'incertitude avec un bras de fer entre les deux hommes les plus imprévisibles de la planète.  Pa vraiment rassurant. "Toute intervention armée entraînerait de la part de Pyongyang des conséquences difficiles à imaginer précisément, mais à la gravité certaine."
Le parallèle est souvent dressé entre l'escalade actuelle entre les États-Unis et la Corée du Nord et l'un des épisodes les plus connus de la Guerre froide. En 1962, Kennedy et Khrouchtchev jouaient alors une partie de bras de fer nucléaire après l'installation de missiles soviétiques à Cuba. Nous assistons aujourd'hui, selon les experts, à une «crise des missiles cubains au ralenti» entre Washington et Pyongyan.
La crise de Cuba fut selon l'expression de l'ancien conseiller de Kennedy, Arthur Schlesinger, le  «Moment le plus dangereux de l'histoire humaine».
Le risque maximum d'une guerre nucléaire a été alors atteint.
Les deux blocs ont pendant  treize jours, été plus proches que jamais d'une confrontation nucléaire suicidaire?
Arte a programmé il y a quelques jours un reportage terrifiant sur les conséquences atroces de l'explosion de Hiroshima: "Hiroshima , la véritable histoire". A regarder absolument: un crime contre l'humanité. Plus jamais ça!
Citoyens du monde: réveillons-nous!
MG


SOIXANTE-DOUZE ANS APRÈS LA DÉFLAGRATION D'HIROSHIMA, cette enquête de grande ampleur éclaire ussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Un regard indispensable sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement.
Le 6 août 1945, sur ordre du président Truman, un bombardier B-29 largue sur Hiroshima la première arme nucléaire jamais utilisée lors d’une guerre. "Il y eut un anneau de feu rouge et aveuglant, un scintillement de couleurs. Je ne devrais pas le dire, mais c’était magnifique", confie un des survivants. "L’aube d’une ère nouvelle", assurent certains scientifiques. Quatre vingt mille Japonais paient de leur vie sur-le-champ ce basculement de l’histoire de l’humanité, au moins cent quarante mille au total trouveront la mort. Si, bien entendu, les suites immédiates et dantesques de l’explosion sont l’épicentre du documentaire, elles n’en constituent pas l’unique objet. Grâce à la révélation d’étonnants secrets, "Hiroshima, la véritable histoire "dissipe les écrans de fumée qui ont, en grand partie à cause de l’habile désinformation occidentale, détourné le monde de la réalité des faits.
TEST GRANDEUR NATURE
Cette investigation ambitieuse éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Little Boy était-elle un "mal nécessaire" pour forcer les Japonais à capituler ? Le film démontre que le pays de l’empereur Hirohito avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier. Les objectifs de Truman étaient autres : tester "in vivo" l’efficacité de la bombe et devancer les Russes dans la course à l’armement. Même duplicité après la seconde explosion atomique, à Nagasaki, le 9 août : les Américains coupent du monde les zones japonaises dont ils ont pris le contrôle, font des études scientifiques mais ne soignent personne. Le quotidien des irradiés est occulté : considérés comme des pestiférés, ils doivent subir l’emprise rapace des mafias japonaises et la désagrégation des rapports humains. Dans le même temps, aux États-Unis, une propagande gouvernementale massive tente de légitimer les bombes et de rendre populaire le recours au nucléaire. Bénéficiant d’images d’archives inédites et de documents confidentiels, le film de Lucy van Beek met en avant de nombreux  témoignages, notamment japonais (experts, agents secrets, survivants). Les souvenirs et les histoires individuelles qu’ils esquissent aboutissent tous au même constat : les ondes de choc d’Hiroshima n’ont pas encore disparu.

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