samedi 30 septembre 2017

Anvers: Groen juste derrière la N-VA, selon un sondage



Le parti de Bart De Wever enregistre un net recul. 

  
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ATTENTION DE WEVER DÉVISSE 
 
Ce n'est direz-vous jamais qu'un sondage mais il pointe une tendance: Groen monte (plus seize points) et la N-VA choit (moins douze ponts), du verbe choir. La bataille pour le mayorat d'Anvers est un enjeu de taille. S'il devait perdre son mayorat anversois De Wever subirait un terrible revers de popularité. Ceci est à surveiller de très près.
MG


PEILING: GROEN ZIT N-VA OP DE HIELEN IN ANTWERPEN
Knack 
 
Groen zal bij de Antwerpse gemeenteraadsverkiezingen zijn score verdriedubbelen. Dat voorspelt een peiling van de Gazet Van Antwerpen.

Volgens de peiling zou N-VA 11,6 procentpunten inboeten ten opzichte van 2012. Groen wint 16,3 procentpunten. De partijen komen daarmee aan scores van respectievelijk 26,1 procent en 24,2 procent.
De andere partijen volgen op een respectabele afstand. SP.A zou de derde grootste partij worden met 13,6 procent. De socialisten haalden bij de vorige verkiezing in kartel met CD&V nog 28,6 procent.
Op de vierde plaats volgt CD&V met 10,2 procent. Vlaams Belang zou 8,7 procent halen. PVDA+ scoort 8,2 procent en Open VLD 6,4 procent.
LINKS KARTEL
Als SP.A en Groen besluiten om in kartel op te komen zouden ze 30,6 procent van de stemmen halen.
Op de vraag 'Wie zou u verkiezen als volgende burgemeester' kiest 40 procent voor huidig burgemeester Bart De Wever. Uitdager Kris Peeters komt aan 15 procent.
De peiling werd telefonisch afgenomen door Ipsos bij 800 Antwerpenaren. De foutenmarge ligt tussen 3 en 4 procent.




vendredi 29 septembre 2017

Merkel annonce un "large consensus" avec Macron sur l'Union européenne

La Libre
AFP 



    Il existe "un large consensus entre l'Allemagne et la France" sur l'avenir de l'Europe, a estimé jeudi la chancelière allemande Angela Merkel, peu avant une rencontre bilatérale à Tallinn avec le président français Emmanuel Macron.
"Il y a un large consensus entre l'Allemagne et la France. Toutefois nous devons naturellement parler encore des détails. Mais je suis fermement convaincue que l'Europe ne peut pas en rester là", a argué Mme Merkel, réagissant pour la première fois au discours sur l'Europe prononcé mardi par M. Macron.
"Je vois de toute façon dans le discours du président une bonne base afin de continuer à travailler de façon intensive entre l'Allemagne et la France", a insisté la chancelière.
Emmanuel Macron a prononcé mardi à La Sorbonne un discours de plus d'une heure et demie sous forme de plaidoyer en faveur d'une Europe "à plusieurs vitesses", autour d'un couple franco-allemand consolidé. Ses propositions doivent être évoquées lors d'un dîner réunissant les dirigeants de l'UE dans la soirée.
M. Macron a aussi proposé à Berlin "un partenariat nouveau", l'invitant à signer un nouveau Traité de l'Elysée le 22 janvier 2018, pour le 55e anniversaire de cet accord conclu en 1963 par Charles De Gaulle et Konrad Adenauer et qui scellait la réconciliation entre la France et la République fédérale d'Allemagne.
"Nous pouvons donner une impulsion franco-allemande décisive et concrète", a plaidé M. Macron, proposant par exemple d'"intégrer totalement" d'ici à 2024 les marchés français et allemand "en appliquant les mêmes règles à nos entreprises".
Parmi ses suggestions pour l'UE, la création d'un gouvernement économique de la zone euro, avec un ministre et un budget propres, contrôlés par un parlement, ou encore une force commune d'intervention européenne pour 2020.
"Je vois de façon positive les initiatives en direction d'une Europe de la Défense et aussi d'une Europe dans laquelle nous gérons ensemble la question de la politique migratoire", a affirmé la chancelière allemande.
Outre le discours du président français, Mme Merkel a salué le discours-programme sur l'état de l'Union prononcé mi-septembre par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "L'ensemble donne une impulsion", a-t-elle résumé.
Après une difficile victoire aux législatives dimanche, Mme Merkel n'a d'autre choix que de trouver un accord pour gouverner avec deux partis que tout oppose a priori, les Libéraux du FDP, opposés aux idées de Paris sur la zone euro, et les Verts.
M. Macron "a clairement dit que l'Allemagne et la France voulaient une collaboration étroite (...) Cela va sûrement influer sur les négociations pour un nouveau gouvernement (allemand)", a-t-elle expliqué. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"NOUS POUVONS DONNER UNE IMPULSION FRANCO-ALLEMANDE DÉCISIVE ET CONCRÈTE" 

C'est dire que le, dernier mandat d'Angela Merkel sera résolument européen. Les projets ambitieux du nouveau Président français doivent ils être pris au sérieux par l'Allemagne? "Soll man ihm also applaudieren - oder ihn freundlich ignorieren?" se demande la Süddeutche Zeitung. Et de répondre que les Allemands seraient bien inspirés de prendre très au sérieux cet homme qui ne parle pas à la légère et qui propose des mesures vitales pour la survie du grand dessein européen. Macron entend rien moins que de refonder l'Europe et de la rapprocher des gens.
Il importe que les chefs d'Etat des 28, pardon 27,  répondent à ce jeune Président français qui dit clairement ce qu'il souhaite et qui nous a habitués à faire ce qu'il dit conformément à la vieille devise attribuée à Napoléon: "impossible n'est pas français"
Quand cet ovni politique tenta de prendre l'Elysée sans  le soutien d'un parti structuré on s'est écrié: impossible. Il a cependant remporté les élections. Les commentateurs  ont alors pronostiqué une impossibilité pour lui de remporter les législatives. Il y est cependant parvenu. Ensuite les meilleurs éditorialistes  ont prédit la chienlit dans les rues de Paris suite à l'instauration de sa réforme du travail. Les réformes sont graduellement mises en place.
Très affaiblie sur le plan intérieur après les élections fédérales, Angela Merkel a enfin un partenaire pour faire bouger les choses en Europe et elle n'a pas manqué de le faire savoir relativement vite.
Bref, l'Europe aurait grand tort, dit encore la SZ, de sous estimer cet homme neuf.
"Derrière les mises en scènes pompeuses, les costumes de bonne coupe, les discours bien ciselés, se cachent une vision ambitieuse et une volonté de fer. C'est dire si la France est en train de reconquérir sa place dans les concert européen, chose qui paraissait totalement orréaliste il y a encore un an."
La chancelière Angela Merkel a enfin un partenaire solide à la tête de l'Europe. Mais il faut qu'elle s'habitue au style flamboyant de ce nouveau venu exigeant.
Ses discours prononcés à Athènes à l'ombre du Parthénon et en Sorbonne, deux décors symboliques choisis avec soin, sont des appels musclés qui en appellent à la rupture et au sursaut.
Ces prises de position téméraires  sont autant pied de nez au velléités nationalistes et souverainistes  et plaident pour un réveil de l'esprit européen en contraste avec le ronron routinier de la grande administration eurocrate bruxelloise. Macron veut renforcer le Parlement européen, exige un droit fiscal commun plus équitable, il propose une défense commune plus réactive...Bref il esquisse le dessein dune Europe de l'avenir.
Depuis Schuman, Mitterrand ou Delors, il y a très  longtemps que ne s'est plus imposé en France une grand figure européenne déterminée à franchir hardiment les limites de l'hexagone.
"Europa braucht Realisten wie Angela Merkel, die die EU in Krisen stabilisieren" Mais l'Europe a besoin également conclut la SZ de visionnaires qui osent l'impossible et font rêver les gens.
Certes, Macron n'a pas encore fait la démonstration qu'il était ce grand Européen que l'Europe attend mais il en a assurément le potentiel. Ce qui est sûr, c'est qu'il a battu la nationaliste Le Pen avec un programme délibérément européen ce que beaucoup regardaient comme insensé. Voilà qui est de bon augure.
MG

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jeudi 28 septembre 2017

"L'indépendance de la Catalogne, c'est la fin de ce qu'est l'Europe", dit Manuel Valls

La Libre


L'ancien Premier ministre français Manuel Valls, né à Barcelone, s'est prononcé mercredi soir contre une indépendance de la Catalogne, qui supposerait selon lui "la fin de ce qu'est l'Europe" en tant qu'union d'Etats-nations, quatre jours avant un référendum d'autodétermination interdit.
"Ce qui se passe en Catalogne et en Espagne c'est très important pour l'Europe", a déclaré en catalan le député, à l'antenne régionale de la radio Cadena Ser.
Né à Barcelone le 13 août 1962 d'une Suisse italophone et d'un artiste catalan, Manuel Valls, a rappelé que sa famille était encore dans la ville. "J'observe les événements avec inquiétude car je connais les conséquences possibles pour l'Espagne et la Catalogne, mais aussi pour l'Europe et la France", a-t-il dit.
"L'Espagne est l'un des Etats-nations les plus importants d'Europe, comme la France et l'Angleterre. Qu'une région d'Espagne et surtout la Catalogne puisse être indépendante, cela suppose... d'une certaine manière la fin de ce qu'est l'Europe parce que l'Europe est l'union d'Etats-nations", a dit l'ancien chef du gouvernement socialiste (2014-2016).
"Je ne crois pas qu'il y ait un avenir possible pour une Catalogne seule en Europe. Cet avenir est dans le cadre espagnol", a-t-il ajouté en s'inquiétant du fait que le sujet ne soit pas plus abordé en France.
L'ancien candidat à la présidentielle de 2017, né Espagnol et naturalisé français, a confié avoir vécu sa première manifestation à 14 ans, pour le "Statut" de la Catalogne, en 1977.
"Je connais cette histoire. mais la force de Catalogne.. c'est qu'elle est devenue une force pour l'Espagne et ces deux forces doivent se retrouver de manière pacifique et dans le respect de tous et de toutes les opinions".
L'Espagne, déjà exposée, au nord, à l'indépendantisme d'une partie de la société basque, vit depuis le début du mois de septembre sa pire crise politique depuis presque 40 ans, selon l'avis de tous ses dirigeants: le 6 septembre, le Parlement catalan a adopté une loi pour organiser ce référendum malgré son interdiction, arguant du fait que les indépendantistes le réclament depuis 2012.
Une majorité d'habitants de cette région du nord-est, représentant 20% du PIB, souhaite un référendum légal même s'il sont divisés sur l'indépendance.
Le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy et la justice sont décidés à l'interdire, quitte à faire bloquer l'accès aux bureaux de vote par les forces de l'ordre.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CATALANS,ECOSSAIS,FLAMANDS, MÊME COMBAT

"Je ne crois pas qu'il y ait un avenir possible pour une Catalogne seule en Europe. Cet avenir est dans le cadre espagnol"
On en saura plus dimanche, mais ce qui est sûr, c'est que ces trois régions prospères aspirent égoïstement à leur indépendance et qu'elles finiront par l'obtenir. A quand la Bavière indépendante?
C'est un véritable dilemme pour l'Union européenne: reconnaîtra ou ne reconnaîtra pas? Le forces centrifuges semblent vouloir prendre le pas sur les forces centripètes. Pauvre Europe


JAN PEUMANS: "AUJOURD'HUI, NOUS SOMMES TOUS DES CATALANS"
Le Vif

"Avui som tots Catalans! Aujourd'hui, nous sommes tous des Catalans". C'est en ces mots que le président du parlement flamand, Jan Peumans, a accueilli sa consoeur du parlement catalan, Carme Forcadell i Lluis, en visite dans l'enceinte de la rue de Louvain.


© Belga Image
Les Catalans sont appelés par leur gouvernement régional à participer dimanche à un referendum que le gouvernement central de Madrid a interdit. La présidente du parlement de Catalogne se trouvait ces jours-ci à Bruxelles. Mardi, elle a reçu un prix du centre d'études Maurits Coppieters, lié à l'alliance libre européenne (ALE) qui regroupe les partis régionalistes européens.
"Le pouvoir central à Madrid ferait mieux de traiter de manière démocratique les aspirations légitimes de la Catalogne et d'écouter la voix du peuple", a déclaré mardi M. Peumans. "Lorsque les résultats du referendum seront connus, tout le monde devra s'y plier, y compris l'Union européenne. Les forces conservatrices, et parmi elles un ancien président du Conseil européen issu de ce pays (Herman Van Rompuy), ont proclamé dans le passé qu'un pays qui se sépare de la mère patrie quitte automatiquement l'Union européenne. Une telle menace peut uniquement être interprétée comme une épée dans les reins, soufflée par des hommes de pouvoir réactionnaires".
Le nationaliste flamand dit reconnaître ses idéaux dans le travail de Mme Forcadell. "Vous vous battez depuis des années pour la diversité, la décentralisation, les réformes régionales, l'autodétermination et une autonomie pacifique de l'entité culturelle Catalogne". Le lauréat précédent du prix Coppieters était l'ancien premier ministre écossais, Alex Salmond.

"C'est peut-être la fête de la Fédération, mais l'école, elle, n'est pas à la fête"


Le Vif
Source: Belga
La plate-forme contre l'échec scolaire, qui regroupe une série d'acteurs de l'école, a exprimé mercredi à l'occasion de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles ses craintes pour la bonne conduite du Pacte pour un enseignement d'excellence et la lutte contre les inégalités sociales à l'école. 
© Getty Images/iStockphoto 

"C'est aujourd'hui la fête de la Communauté française, mais ce n'est pas la fête pour l'école", a dénoncé Jean-Pierre Coenen, président de la ligue des droits de l'enfant au nom de la plate-forme lors d'une conférence de presse.
Vu la confiance ébranlée entre partenaires PS et cdH après la crise politique de cet été, la plate-forme redoute que le Pacte ne soit jamais complètement mis en oeuvre, à l'image du décret Mission adopté il y a 20 ans.
Les critiques adressées ces derniers mois envers l'allongement d'un an du tronc commun polytechnique jusqu'à 15 ans -l'une des mesures cardinales issues du Pacte- suscitent les craintes de ses membres qui voient dans la mesure un remède à la relégation et la ségrégation actuelle entre les filières générales et qualifiantes.
La plate-forme redoute aussi la révision annoncée du controversé décret Inscriptions, dont certains souhaitent l'abrogation.
"Si réforme du décret il y a, ce doit être uniquement pour assurer l'un de ses objectifs initiaux, à savoir la mixité sociale", insiste Jean-Pierre Kerckhofs, président de l'Appel pour une école démocratique (Aped).
Enfin, à l'heure où le gouvernement de la Fédération s'apprête à boucler son budget 2018, les membres de la plate-forme demandent que les moyens financiers nécessaires promis à la mise en oeuvre complète du Pacte d'excellence soient garantis.
Avant leur crise de ménage, PS et cdH ont en effet tracé une trajectoire budgétaire pluri-annuelle pour le Pacte. Mais depuis l'alliance nouée par le cdH avec le MR en Région wallonne où des économies ont été décidées, la plate-forme redoute que les centristes soient mis sous pression par le MR pour réduire la voilure financière aussi en Fédération.
"En vitesse de croisière, le Pacte nécessite un investissement (supplémentaire) annuel de plus de 50 millions d'euros", rappelle Eugène Ernst, de la CSC-Enseignement. "Le non-respect de la trajectoire budgétaire constituerait une rupture entre les partenaires de l'école au sein du Pacte et menacerait de facto sa concrétisation".
Créée il y a une quinzaine d'années déjà, la plate-forme contre l'échec scolaire regroupe une dizaine d'acteurs de l'enseignement, dont l'Aped, la fédération des parents de l'enseignement officiel, la fédération des écoles de devoirs, la Ligue des droits de l'enfant, la Ligue des familles, Lire et Ecrire, le MOC, la réseau wallon de lutte contre la pauvreté, l'association Tout Autre Ecole, ainsi que la CSC-Enseignement, le Setca-SEL et la CGSP-Enseignement. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN VIEUX FUSIL ROUILLÉ 

En somme la nouvelle majorité détricoterait tout simplement par souci budgétaire l'immense investissement temps qu'a exigé la "pacte d'excellence" qui devait constituer le fleuron de la législature. Autrement dit, ce fut une législature pour rien. "Le non-respect de la trajectoire budgétaire constituerait une rupture entre les partenaires de l'école au sein du Pacte et menacerait de facto sa concrétisation".
Mais c'est encore plus compliqué que cela puisque plus personne ne sait qui détient le pouvoir en Communauté française où se côtoient MR/PS/CDH.
Mine de rien, on est en pleine crise de régime dans une démocratie francophone enrayée comme un vieux fusil rouillé.
Et si la régionalisation de l'enseignement et de la culture était la solution?
MG



mercredi 27 septembre 2017

Le plan de Macron pour l'Europe résumé en dix points

Figaro 
         

      Emmanuel Macron a dévoilé dans un discours à la Sorbonne son projet pour «refonder» l'Europe. En voici les grandes lignes.
Dès la campagne présidentielle, Emmanuel Macron l'avait annoncé: lui à l'Élysée, il ouvrirait une «nouvelle page» de l'Union européenne. Le chef de l'État a levé le voile sur ses intentions ce mardi après-midi, à la prestigieuse université de la Sorbonne à Paris. Emmanuel Macron y a dévoilé plusieurs «mesures emblématiques» et «concrètes», destinées selon l'Elysée à «lancer le débat» au niveau européen «avant la fin de l'année».
● ENCORE PLUS DE CONVERGENCES AVEC L'ALLEMAGNE
Le chef de l'État souhaite que la France et l'Allemagne signent un nouveau traité de l'Élysée le 22 janvier prochain pour renforcer la coopération entre les deux pays. Il prône que d'ici 2024, dans un «esprit pionnier», les deux pays aient intégré totalement leurs marchés en appliquant les mêmes règles à leurs entreprises.
●  UN BUDGET POUR UNE ZONE EURO RENFORCÉE
Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de voir créé un budget de la zone euro, piloté par un ministre des Finances et contrôlé par un Parlement. Les ressources de ce budget pourraient venir de la taxation du secteur du numérique, de taxes environnementales et, un jour d'un impôt, par exemple l'impôt sur les sociétés une fois l'harmonisation achevée.
●  PLUS DE CONVERGENCE FISCALE ET SOCIALE
Le président, qui assume l'idée d'une Europe à deux vitesses, propose de lutter contre le dumping social en Europe en revenant sur la directive «travailleurs détachés». Par ailleurs, le président propose d'harmoniser l'impôt sur les sociétés: il souhaite fixer d'ici 2020 déterminer une fourchette de taux qui engagerait les États membres et qui conditionnerait l'accès au fonds européen de cohésion. Il s'agit d'éviter que les fonds structurels payés par l'Union ne servent à favoriser le dumping entre pays. Le président veut également dès le mois de novembre prochain une discussion pour déterminer un salaire minimum européen, et des niveaux de cotisations sociales moins disparates.
●  LA GÉNÉRALISATION D'ERASMUS
Le chef de l'État souhaite que la moitié d'une classe d'âge puisse passer au moins six mois dans un autre pays européen, qu'il s'agisse d'étudiants ou d'apprentis. Il propose d'élargir le système aux lycées en installant «un processus d'harmonisation ou de reconnaissance des diplômes permettant les échanges dans tout le système secondaire européen.» Enfin, il propose la création d'une vingtaine d'universités européennes, qui délivreraient des diplômes à l'échelle de l'Union.
» Chaque étudiant devra parler au moins deux langues européennes en Europe d'ici à 2024
«Je propose à nos partenaires d'accueillir dans nos armées nationales, et j'ouvre cette initiative à l'armée française, des militaires venant de tous les pays européens volontaire pour participer le plus en amont possible à nos travaux de renseignement, de planification et de soutien aux opérations», propose Emmanuel Macron pour construire l'Europe de la défense. «Au début de la prochaine décennie, l'Europe devra être dotée d'une force commune d'intervention, d'un budget de défense commun, et d'une doctrine de défense commune pour agir». Le chef de l'Etat propose également la création d'une «académie européenne du renseignement» et d'un «parquet européen de lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme».
● UNE TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES POUR L'AIDE AU DÉVELOPPEMENT
Pour faire face à la crise des migrants, «principal défi» de l'Europe, Emmanuel Macron préconise de «créer un véritable office européen de l'asile» et une «police des frontières européennes». Il souhaite que les fichiers soient «connectés» entre les services des partenaires européens, afin d'accélérer l'examen des demandes d'asile. Il propose également le «financement d'un large programme de formation pour les réfugiés». Enfin, Emmanuel Macron souhaite «relancer la taxe sur les transactions financières européennes» pour financer la politique de développement, notamment en direction de l'Afrique.
● UNE RÉFORME DE LA PAC
Le chef de l'État souhaite réformer la politique agricole commune pour «assurer la souverainenté alimentaire de l'Europe». La nouvelle PAC devra «nous protéger face aux grands marché s mondiaux, laisser plus de flexibilité aux pays, mettre moins de bureaucratie». Il souhaite également mettre en place une «force européenne de contrôle» pour garantir la sécurité alimentaire.
● UNE TAXE CARBONE AUX FRONTIÈRES DE L'EUROPE
Le président plaide pour qu'un prix plancher commun soit fixé pour la tonne de carbone: «Suffisamment élevé pour assurer la transition. En dessous de 25 ou 30 euros la tonne, ce n'est pas efficace». Emmanuel Macron souhaite l'amélioration des interconnections entre les pays européens sur les transports et la production d'énergie. Enfin, il appelle de ses vœux la mise en place d'une taxe carbone commune aux frontières de l'Europe, afin de pénaliser les industries étrangères affichant des standards inférieurs.
● UNE TAXATION PLUS ÉQUITABLE DES GÉANTS DU NUMÉRIQUE
Emmanuel Macron souhaite une taxation des géants du numérique sur la base du chiffre d'affaires réalisé dans chaque pays, et non plus en fonction des bénéfices perçus dans des Etats à faible fiscalité. Le chef de l'Etat a repris là la proposition défendue depuis plusieurs semaines par la France, qui veut pouvoir taxer plus efficacement les «Gafa» (Google, Apple, Facebook et Amazon). Selon Emmanuel Macron, il s'agit de compenser les «désorganisations» et les «inégalités» induites par l'économie du numérique.
● DES LISTES TRANSNATIONALES POUR 2019 ET MOINS DE COMMISSAIRES
Afin de relancer l'intérêt et les enjeux des élections européennes de 2019, Emmanuel Macron plaide pour l'introduction de «listes transnationales» pour l'élection des eurodéputés. Ces listes permettraient d'occuper les 73 sièges laissés vacants par les députés britanniques à Bruxelles, et constitueraient une réponse symbolique au Brexit. Emmanuel Macron voudrait voir de telles listes généralisées pour le scrutin suivant, avec une élection sur des listes transnationales pour la moitié du Parlement en 2025. Il prône également la réduction de 30 à 15 le nombre des commissaires européens, et propose que les pays fondateurs renoncent les premiers à leurs commissaires. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE PLUS DURE SERA DE CONVAINCRE L'ALLEMAGNE 


L'engagement européen de du Président Macron ne fait plus aucun mystère depuis sa campagne électorale et son fameux discours d'Athènes que nous reproduisons ici même.
Ce dernier faisait penser mutatis mutandis au lyrisme engagé du discours enflammé prononcé au Caire par Barack Obama au début de son premier mandat. Malheureusement ce dernier, aux accents très interculturels,  demeura lettre morte et ne connut pas de réalisation concrète. C'est en effet une chose de pointer clairement les objectifs à atteindre. C'en est une autre de séduire les Français et surtout les partenaires européens de vouloir les atteindre.
Il sera, on s'en doute, particulièrement difficile de convaincre l'Allemagne de se rallier à ses propositions. La chancelière allemande Angela Merkel a pour l'instant réservé un accueil plutôt timide aux premières idées du président français. «Ce n'est pas le vocabulaire à lui seul -ministre européen des Finances, budget de la zone euro- qui est important mais aussi ce qui se cache derrière. Et sur ce point, je suis en discussion avec le président français», a-t-elle encore souligné tout en précisant sèchement que «le moment n'est pas venu de dire ceci va ou ceci ne va pas.»
En plus de ces premières réticences, Emmanuel Macron devra aussi faire face à la nouvelle donne politique outre-Rhin. Angela Merkel n'a en effet remporté que d'une courte tête les élections fédérales. Pour gouverner, la chancelière se voit donc obligée de composer avec les libéraux du FPD. Pas franchement en phase avec l'idée de renforcer l'Europe, ces derniers pourraient bien venir mettre des bâtons dans les roues à Emmanuel Macron et ses ambitions européennes.
Les négociations en vue de constituer une majorité permettant de désigner un nouveau gouvernement fédérale risquent d'être longues et difficiles. Le SPD du très pro européen Schultz (ancien président du parlement européen) a opté pour une cure d'opposition après le camouflet que lui a réservé l'électeur (son plus mauvais score depuis la fondation de la RFA).
La nouvelle donne allemande contrarie le projet européen de Macron;
Un échec de la jamaïcaine (CDU/CSU/les verts et les libéraux) n'est pas à exclure auquel cas une reconduction de la grande coalition (CDU/CSU/SPD) deviendrait la seule "alternative" pour l'Allemagne.
Mais tout ceci pourrait durer des mois comme ce fut récemment le cas en Belgique.
Tout celà est de nature à réfréner le bel élan européen d'Emmanuel Macron qui aura bien du mal à faire face à une contestation sociale qui prend corps en France contre sa réforme du travail.
«Face au scepticisme, au rejet de l'Europe parfois, nous ne devons pas être timides mais au contraire proposer et agir pour changer en profondeur l'Europe, qui est notre seule chance de peser face aux grands défis - sécurité, terrorisme, migrations, développement, changement climatique, révolution numérique, régulation de la mondialisation», explique-t-on dans l'entourage du président.
Il se pourrait bien que la fougue européenne d'Emmanuel Macron fasse long feu, faute d'entraîner dans son sillage une chancelière allemande que le scrutin électoral a sensiblement affaiblie.
MG


EMMANUEL MACRON : « NOTRE GÉNÉRATION PEUT CHOISIR DE REFONDER L’EUROPE, MAINTENANT »
En visite d’Etat en Grèce, Emmanuel Macron a présenté, jeudi 7 septembre, son projet pour rebâtir l’Europe. Extraits du discours tenu par le président français. 


 
Emmanuel Macron lors de son discours sur la colline de la Pnyx, jeudi 7 septembre, à Athènes.POOL / REUTERS
VERBATIM. En visite d’Etat en Grèce, Emmanuel Macron a choisi la colline de la Pnyx, face à l’Acropole d’Athènes, pour lancer son appel à rebâtir l’Europe. Dans son discours, dont nous reproduisons des extraits, le président français dénonce notamment les failles de la construction européenne et insiste sur la nécessité de restaurer souveraineté et démocratie.
« Merci, monsieur le premier ministre [Alexis Tsipras], de m’accueillir ici, et je vois, par notre présence, votre présence ce soir, la reconnaissance de l’amitié profonde et séculaire qui lie la Grèce et la France. Car peu de nations ont, comme les nôtres, transmis et hérité en quelque sorte des valeurs qui ont fait et qui font notre Europe. Peu de nations ont intégré si intimement leur propre culture et leur identité. (…)
Je ne saurais cependant me limiter à l’émotion, si vive soit-elle, que procurent ces lieux de mémoire. Et je veux plutôt me mettre à leur écoute. Parce que ces lieux nous obligent, puisque c’est ici que fut inventée la forme moderne de l’Etat, ici que cette cité d’Athènes construisit patiemment, par la souveraineté du peuple, la souveraineté de son destin, nous devons nous demander sans complaisance : qu’avons-nous fait, nous, Européens, de notre souveraineté ? Puisque c’est ici que fut pris le risque de cette démocratie qui confie au peuple le gouvernement du peuple, et considère que le plus grand nombre, c’est mieux que le petit nombre, pour édicter une loi respectable, interrogeons-nous : qu’avons-nous fait, nous, de la démocratie ?
Et ces paroles que, non loin d’ici, Périclès prononça en l’honneur des guerriers morts au combat, écoutons-les raisonner encore fortement. “La liberté, disait-il, est notre règle dans le gouvernement de la République, et dans nos relations quotidiennes. La suspicion n’a aucune place.” Mais nous, Européens, nous faisons-nous encore confiance ?
« NOUS N’AVONS PAS ÉTÉ À LA HAUTEUR DE LA PROMESSE »
Sur la Pnyx prévalait le goût de la parole libre, du débat, voire de la controverse. Aussi, je veux vous tenir ce soir un discours de vérité, un discours sans ambages : en Europe aujourd’hui, la souveraineté, la démocratie et la confiance sont en danger. Vous le savez mieux que personne car ce qu’on a appelé “la crise grecque” l’a révélé au grand jour.
Cette crise n’a pas été seulement une crise de la Grèce. Elle a été une crise de l’Europe, et en un sens, j’ose le dire, un échec de l’Europe. Faut-il se contenter d’en faire le constat amer et renoncer à l’idéal européen ? Parce que nous n’avons pas été à la hauteur de la promesse européenne, faut-il abandonner ce combat ? Ce serait une erreur profonde, une double erreur.
D’abord parce que l’Europe s’est toujours construite en triomphant des guerres et des échecs. La Grèce elle-même put rejoindre la Communauté européenne pour tourner la page des années de dictature militaire. Et l’Europe n’existe pas sans cet inlassable volontarisme ! L’Europe même n’a toujours été qu’une métamorphose ! (…) Lorsque l’Europe s’arrête, elle se trahit elle-même et elle court le risque de se démanteler. Ensuite, ce serait une erreur parce que tous, nous voyons l’Histoire s’accélérer, disloquer chaque jour un peu plus l’ordre qui s’était installé depuis trente ans sans que personne ne puisse dire quel ordre surgira des mutations en cours.
Alors oui, dans ce monde où les alliances d’hier, parfois, se fissurent, où des risques nouveaux apparaissent et bousculent des pays que nous pensions indéplaçables, font émerger des puissances nouvelles dans ce monde, où nos valeurs même, ce qui nous tenait dans la certitude que l’ordre établi était le nôtre, sont profondément chahutées. L’Europe est un des derniers havres où nous continuons collectivement de nourrir une certaine idée de l’Humanité, du droit, de la liberté, de la justice. Plus que jamais aujourd’hui, nous avons besoin de l’Europe. Le monde a besoin de l’Europe. En programmer le démantèlement n’aurait à cet égard aucun sens. Ce serait une forme de suicide politique et historique.
(…)
« LA RECONQUÊTE DE NOTRE SOUVERAINETÉ EST UNE NÉCESSITÉ »
L’autre choix, celui que je veux vous proposer ce soir, c’est celui de la refonder, parce que notre génération peut choisir de refonder l’Europe aujourd’hui, maintenant, par une critique radicale car nous avons tort de laisser la critique de l’Europe à ceux qui la détestent ! Ceux qui aiment l’Europe doivent pouvoir la critiquer pour la refaire, pour la corriger, pour l’améliorer, pour la refonder !
(…)
Alors oui, c’est pour parler de ces espérances, de ces trois espérances, de souveraineté, de démocratie et de confiance que je suis là ce soir.
La reconquête de notre souveraineté, c’est une nécessité première. Parce que je ne laisserai pas ce terme à ceux qu’on appelle les “souverainistes”. Non, la souveraineté, c’est bien ce qui fait que nous décidons pour nous-mêmes, que nous nous fixons nos propres règles, que nous choisissons notre avenir, et ce qui fait notre monde. La souveraineté n’est pas la propriété de celles et ceux qui préfèrent le rétrécissement sur les frontières ! (…)
La souveraineté véritable, elle construit, elle doit se construire dans et par l’Europe ! Celle dans laquelle nous croyons ! La souveraineté que nous voulons, c’est celle qui consiste précisément à conjuguer nos forces pour bâtir ensemble une puissance européenne pour pouvoir décider de ne pas subir ce que les superpuissances feront mieux que nous !
(…)
Pourquoi ? Parce que nos défis ne sont plus à l’échelle de nos nations ! Regardez le changement climatique et les cataclysmes qu’il produit ! Regardez le défi des migrations que votre pays a eu à affronter, il y a un peu plus de deux ans et dont il connaît encore aujourd’hui les conséquences, la crainte qu’il fait naître, les belles histoires qui en surgissent ! Regardez le terrorisme qui, dans chacune de nos sociétés, que nous pensions à l’abri de l’Histoire, est revenu fracasser des vies et nous faire douter ! Regardez les puissances nucléaires qui émergent là où nous ne pensions qu’avoir des puissances secondaires !
Face à ce monde-là et chacun de ces risques nouveaux, face au risque des crises économiques et financières que nous avons subies, que vous avez subies il y a maintenant près de dix ans en votre cœur, quelle est la bonne protection qui vous protège ? Les nations seules ? Allons, ces gens-là sont-ils raisonnables ? Veulent-ils encore mentir au peuple ? Non, les nations ont un poids ! Elles décident démocratiquement ! Mais oui ! La bonne échelle est l’échelle européenne !
(…)
« NOUS AVONS COMMIS DES ERREURS MULTIPLES »
Nous avons, pendant les premières années de la zone euro, commis des erreurs multiples, qui ont reposé sur des mensonges, parfois, il faut bien le dire ici aussi avec humilité et détermination. On a parfois menti et on a menti au peuple en faisant croire que, sans rien réformer, on pouvait vivre à Athènes comme à Berlin, et ça n’était pas vrai. Mais qui a-t-on fait payer ? Les responsables politiques qui avaient menti ? Non, le peuple qui avait cru des mensonges.
C’est le peuple grec qui, après toutes ces années, lorsque la crise est survenue, cette crise financière devenue une crise des dettes souveraines, c’est le peuple grec qui a payé, des années durant lesquelles on a voulu corriger tout cela par des politiques qui, mues par la défiance, ont d’un seul coup créé, il faut bien le dire, des injustices et des incompréhensions. Nous avons perdu le sel de ce goût pour la cohésion sociale, ce qui nous tenait. Nous l’avons perdu parce que nous nous sommes perdus dans une guerre civile, au sein de l’Europe, entre des puissances qui ne se faisaient plus confiance.
C’est cela, l’histoire de la décennie qui s’achève : une forme de guerre civile interne où on a voulu regarder nos différences, nos petites trahisons et où nous avons en quelque sorte oublié le monde dans lequel nous étions ; où nous avons préféré corriger ces petites différences et ces petites trahisons en oubliant que, face à nous, il y avait des puissances radicalement différentes et que la seule question qui nous était posée, c’est : comment faire de la zone euro une puissance économique qui puisse tenir, face à la Chine et face aux Etats-Unis ? Comment faire de notre Europe une puissance diplomatique et militaire qui puisse défendre nos valeurs et nos intérêts, face à des régimes autoritaires qui émergent des crises profondes qui peuvent nous bousculer. C’est cela notre seul défi, et pas un autre.
Alors oui, je veux que nous retrouvions, par la réconciliation d’une Europe qui sait conjuguer à nouveau la responsabilité et la solidarité, la force d’une souveraineté qui ne soit pas que nationale mais bien européenne.
Cela passera par des objectifs communs : une volonté de défendre ce qui nous a faits par des réformes institutionnelles indispensables. Il faudra une Europe dans laquelle nous osons à nouveau défendre la convergence sociale, fiscale, parce que c’est ce qui nous tient réunis, et évite les divergences qui nous éclatent. Il faudra retrouver le sel de cette zone euro et inventer une gouvernance forte qui nous fera souverains, avec un budget de la zone euro, avec un véritable responsable exécutif de cette zone euro, et un Parlement de la zone euro devant lequel il devra rendre compte.
(…)
« LE PROJET EUROPÉEN S’EST HEURTÉ À UN REFUS DU PEUPLE »
Cette souveraineté qui est la capacité des nations à décider de leur destin, qu’est-elle si ce n’est pas le peuple qui décide du cap qu’ensemble nous poursuivrons ? Et comment ne pas voir que la défaite de l’Europe depuis tant d’années est aussi une défaite de la démocratie ?
Par l’ampleur qu’il a prise, l’élargissement qu’il a connu, la diversité qu’il a adoptée, le projet européen s’est soudain heurté voilà un peu plus de dix ans à un refus du peuple, des peuples. Ce qui s’est passé en 2005 en Europe, en France, aux Pays-Bas, ce sont des peuples parmi les Etats fondateurs qui ont d’un seul coup décidé que ce projet n’était plus pour eux. (…) Alors oui, ces votes ont marqué l’arrêt d’une aventure qui faisait que l’Europe avait toujours avancé comme à l’abri de la volonté de nos peuples. Et lorsque je combats les dérives parfois bureaucratiques qui font que l’Europe voudrait avancer par des règles que nos citoyens ne comprennent plus, qui voudraient faire que l’Europe avance en s’occupant de chaque détail du quotidien parce qu’elle a perdu son grand dessein, c’est pour retrouver le sel de cette démocratie européenne, lorsque je me bats pour que nous puissions réviser la directive des travailleurs détachés, je me bats contre cette Europe qui a fini par produire des règles absurdes où nos peuples ne parviennent même plus à comprendre les sociétés dans lesquelles nous voulons les faire vivre.
(…)
Choisissons une autre voie, la voie inventée à l’endroit même où nous nous trouvons qui n’était pas celle de la démagogie, c’était celle de la démocratie, de la controverse, du débat, de la construction par l’esprit critique et le dialogue. (…) C’est ce que je veux durant le premier semestre de l’année 2018 dans tous les pays de notre continent, de notre Europe, retrouver le sel de ce qui a été inventé à l’endroit où nous nous trouvons, ce qui a fait nos démocraties. Alors oui, par ces conventions démocratiques durant six mois, débattons de cette feuille de route que les gouvernements auront construite dans ses principes et retrouvons-nous six mois plus tard pour en faire la synthèse et sur cette base, débattue, partagée par des débats sur le terrain, par des débats numériques partout en Europe, construisons ce qui sera le fondement d’une réinvention de notre Europe pour les dix ans, les quinze ans qui viennent.
(…)
« METTONS EN PLACE UN PARLEMENT DE LA ZONE EURO »
Remonter l’histoire grecque, c’est rencontrer la force de cette démocratie, la force de ce débat. (…) C’est pour cela que je veux défendre pour les prochaines élections européennes des listes transnationales. Nos amis britanniques décident de nous quitter, n’essayons pas de nous réattribuer nation par nation les quelques places qu’ils libèrent au Parlement européen, non ! Considérons qu’enfin nous pouvons avoir un débat européen, des listes européennes, une vraie démocratie européenne qui vivra à travers les pays et demain, si nous voulons une zone euro plus intégrée, un cœur d’Europe qui en soit l’avant-garde, donnons plus de forces démocratiques, mettons en place un Parlement de la zone euro qui permettra de construire les règles d’une responsabilité démocratique de celles et ceux qui prendront des décisions, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
(…)
Nous, Européens, nous partageons une histoire et un destin, c’est parce que nous retrouverons le fil de ce chemin que nous pourrons rebâtir la confiance. Voyez l’endroit où nous sommes ; apercevez encore dans la nuit qui arrive la colline derrière moi, l’Acropole. (…) Oui, l’Acropole d’Athènes est un miroir tendu à notre identité européenne, nous nous y reconnaissons, nous y lisons notre destin commun et ce temple fut celui des dieux antiques, mais aujourd’hui les croyances qui l’ont fait naître ont disparu et pourtant nous pensons encore à cette force. Nous sentons encore sa part sacrée.
Il y a comme le disait Malraux, il y a près de soixante ans ici même, il y a une Grèce secrète qui repose dans le cœur de tous les hommes d’Occident.
(…)
« NOUS DEVONS NOUS RÉAPPROPRIER NOTRE PATRIMOINE »
Je veux que dans les propositions que nous ferons, dans cette feuille de route à dix ans, nous retrouvions de l’audace, de l’ambition profonde pour que cette Europe de la culture, de la connaissance, du partage des langues soit profondément refondée. Il nous faut aussi une Europe du patrimoine. Je parlais de l’Acropole dont la restauration et le nouveau musée ont eu un prix élevé. Tout ce qui incarne notre passé commun – art grec, art romain, art médiéval, du baroque au classique – tous ces édifices, toutes ces œuvres sont la substance même de notre mémoire et de notre être.
Les protéger et les faire vivre doit être une préoccupation de tous les Européens. Lorsque la civilisation est attaquée, elle est attaquée dans la culture, dans son patrimoine. Regardez partout au Proche-Orient, au Moyen-Orient ou en Afrique ! Et donc ce patrimoine, nous devons le défendre, le porter, le réinventer, nous le réapproprier parce qu’il est notre identité et notre avenir !
(…)
Regardez l’heure que nous partageons, c’est ce moment dont Hegel parlait, ce moment où la chouette de Minerve s’envole, il est délicieux ce moment parce qu’il a quelque chose de confortable et de rassurant. La chouette de Minerve porte la sagesse mais elle regarde toujours derrière. Ne vous arrêtez pas à la chouette de Minerve, ayez cette ambition folle à nouveau de vouloir une Europe plus forte, plus démocratique, refondée par sa culture et ce qui nous unit ! Je vous demande à vous, et en particulier à vous, jeunesse d’Europe, d’avoir cette ambition extrême peut-être un peu folle !
Ce que nous espérons est entre nos mains ; désirons-le ensemble pour nous et pour nos enfants ! Alors je vous le promets, nous réussirons ! Suivons en cela les paroles du poète Georges Séféris et je le cite : “Et quand on cherche le miracle, il faut semer son sang aux quatre coins du vent car le miracle n’est pas ailleurs mais circule dans les veines de l’homme.” Alors donnons une chance à ce miracle ensemble pour notre Europe ! » 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FUITE EN AVANT 

Emmanuel Macron a lancé au début du mois,  à l'ombre du Parthénon  un grand appel en faveur dune relance volontariste du projet européen.
Il semble déterminé à prendre la tête d'une croisade en faveur de la refondation européenne.
Le choix d'Athènes, berceau de l'idée démocratique et capitale d'une Grèce éreintée par l'intransigeance allemande est parfaitement prémédité. Il n'est pas indifférent qu'il ait lancé dans ce décor symbolique un appel solennel en faveur des grandes valeurs européennes, se positionnant comme le champion d'une relance de ce grand projet enlisé.
Emmanuel Macron  entend ainsi prendre le leadership d'une reconstruction de l'Europe  menacée  par les velléités de souveraineté nationaliste exprimée par une population qui ne comprend plus les finalités du dessein européen.
Macron a promis rien moins qu'une feuille de route pour la relance de l'Europe. Il entend devenir le champion d'une Europe post Brexit.
Il n'est sans doute pas excessif de penser que Macron se profile comme la dernière chance de l'Europe. Toutefois, sa stratégie pro européenne doit se lire comme une fuite en avant pour échapper à la morosité, au déclinisme et à la contestation française.
MG



Le triomphe à peine savouré, l’extrême droite allemande se déchire


LE SOIR  

La droite nationaliste se déchire au lendemain de son succès aux élections législatives (12,6 %). La droite conservatrice réfléchit à une nouvelle orientation politique sur la question du droit d’asile. 



   Frauke Petry, la présidente de l’AfD © Reuters 

Le triomphe à peine savouré, l’extrême-droite se déchire en public entre l’aile nationale-conservatrice et l’aile libérale, plus modérée.

SÜDDEUTSCHE ZEITNG : EINE FRAGE, DIE VIELE MENSCHEN, AUCH VIELE UNSERER LESER, VERUNSICHERT, IST: WAS BEDEUTET DER EINZUG DER AFD INS DEUTSCHE PARLAMENT FÜR DIE POLITISCHE KULTUR IN UNSEREM LAND?
Elisabeth Wehling: Es besteht die Gefahr, dass autoritär-nationale Sprache in den Bundestagsdebatten zunehmend normal wird. Dadurch könnten solche Denkmuster noch regelmäßiger ihren Weg in den öffentlichen Diskurs finden. Sprache schlägt sich direkt auf das Denken und die Wahrnehmung von politischen Herausforderungen nieder.
MICHAEL HAMPE: Ich glaube nicht an diese Gefahr. Ja, es wird eine Weile grober zugehen im Parlament. Aber wenn die Medien und die anderen Parteien sich nicht auf jeden abwegigen Spruch eines AfD-Abgeordneten einlassen, wird sich das "Geschäftsmodell" dieser Partei schnell erschöpft haben. Programmatisch ist diese Partei nämlich schwach.
THEA DORN: Ich rate dazu, erst einmal abzuwarten, wie sich die AfD im Parlament tatsächlich präsentiert. Der gestrige Abend brachte dazu sehr unterschiedliche Signale: Mit einem Jörg Meuthen sollte man sich argumentativ auseinandersetzen. Einem wie ihm jetzt schon das Stigma "Nazi" an die Stirn zu kleben, wäre kontraproduktiv, würde der AfD nur noch mehr Zustimmung verschaffen.
MARTIN H. GEYER: Für unsere politische Kultur bedeutet das zunächst, dass wir jetzt offenbar ein Parteisystem haben, das das ganze politische Spektrum aufweist, wie wir es aus Deutschland vor 1933 und vielen anderen Ländern kennen. Das ist neutral formuliert. Konkret bedeutet es, dass rechtsradikale Positionen von nun an eine mediale Bühne haben werden, was ja über Jahrzehnte unvorstellbar war.


"Die AfD kann nur wählen, wer die Demokratie brennen sehen will"
...
WAS LESEN SIE AUS DEM ERGEBNIS ÜBER DIE POLITISCHE LANDKARTE DEUTSCHLANDS AB?
WEHLING: Es hat sich in großen Teilen der Bevölkerung das Denken radikalisiert. Das geht mit einer radikalisierenden Sprache einher, die Gräben aufreißt und vertieft.
HAMPE: 87 Prozent der Deutschen wählen nicht deutsch-national. Aber rechte ehemalige Nichtwähler und vom rechten Rand der CDU Abgewanderte sind jetzt im Bundestag repräsentiert. Der rechte Rand und seine Ressentiments sind öffentlich sichtbarer geworden; existiert haben sie allerdings schon vorher. Vielleicht ist ihre Sichtbarkeit gar nicht schlecht.
DORN: Der Mainstream in unserem Land hat sich — wie in den meisten westlichen Ländern — vor allem in den vergangenen zehn Jahren deutlich nach links verschoben: Eine Sensibilität für Minderheiten, Kosmopolitismus und ökologisches Bewusstsein sind im offiziellen Diskurs heute eine Selbstverständlichkeit. Das geht so weit, dass diejenigen, die man früher als "bürgerlich konservativ" bezeichnet hätte, heute keine politische Heimat mehr haben. Dass das auf Dauer nicht gutgeht, ist eigentlich klar.
GEYER: Das Ergebnis straft die politische Linke ab. Darüber täuscht auch nicht hinweg, dass die Kanzlerin verdächtigt wird, die CDU auf einen sozialdemokratischen Kurs gebracht zu haben. Das Land wird konservativer - aber wen wundert das, wenn man sich die demographische Entwicklung und die aktiven Wähler anschaut. Es zeigt aber auch, dass es Teile unseres Landes gibt, wo man eher nicht unbedingt leben und arbeiten möchte. Das wird noch eine eigene Problemspirale hervorrufen.
HAMPE: "Für 13 Prozent der Bevölkerung ist Nächstenliebe nicht politikrelevant"
Viele AfD-Wähler sehen ihre Stimme als Reaktion auf Merkels Position während der Flüchtlingskrise, mit dem gleichen Argument stimmten viele für die Kanzlerin. Was für die einen ein Akt der Nächstenliebe war, empfinden die anderen als große Ungerechtigkeit. Offenbart die Wahl auch einen Riss in unserem Wertesystem?
WEHLING: Vielmehr offenbart sie die Notwendigkeit, solche gewichtigen Entscheidungen und den eigenen politischen Kurs in glasklare Worte zu fassen und damit moralisch nachvollziehbar zu machen.
HAMPE: Sie offenbart, dass für 13 Prozent der Bevölkerung Nächstenliebe nicht politikrelevant ist. Gibt es "unser Wertesystem" denn überhaupt? Vielleicht als Fassade. Ich finde, dass Nächstenliebe in unserer Gesellschaft ohnehin keine so große Rolle spielt, auch Solidarität nicht - trotz unseres Sozialstaates und unseres Gesundheitssystems. Wir leben doch vor allem in einer Konkurrenzgesellschaft.
DORN: Wir haben es mit einem Realismus-Problem zu tun: Aus der Tatsache, dass wir nicht allen Menschen weltweit helfen können, denen es schlechter geht, folgt nicht, dass wir niemandem helfen sollten. Aber es folgt daraus, dass ein christlich inspirierter Aufruf zur allumfassenden Nächstenliebe nichts mit einem politischen Wirklichkeitssinn zu tun hat.
GEYER: Man sollte sich angesichts dieses Wahlergebnisses auch die deutsche Geschichte der Nachkriegszeit nicht schönreden. Wer erinnert sich noch an die Ausländer- und Asyldebatte vor der Jahrtausendwende?
HABEN SIE SORGE, DASS UNSERE GESELLSCHAFT AUSEINANDERDRIFTET?
WEHLING: Ja, denn es zeigen sich zunehmend zwei Pole und zwei sich entgegenstehende Auffassungen darüber, was es bedeutet, patriotisch für sein Land einzustehen: Auf der einen Seite steht das "Wir" als Abgrenzung gegen andere, auf der anderen das inklusive "Wir", das den Fokus auf die Fürsorge für seine Mitbürger legt.
HAMPE: Wenn ich unsere Gesellschaft mit der der USA vergleiche, habe ich diesen Eindruck nicht und befürchte das auch nicht. In einer pluralen Gesellschaft ist es selbstverständlich, dass unterschiedliche Gruppen durch Unterschiedliches umgetrieben werden.
DORN: Wir müssen verhindern, dass die beiden Lager weiter auseinanderdriften. Das ist eine gewaltige Aufgabe. Es ist zu befürchten, dass die AfD versuchen wird, die konservative Mitte der Bevölkerung weiter nach rechts zu ziehen, indem sie immer mehr Hemmschwellen einreißt. Es wird ein enormes Fingerspitzengefühl brauchen, damit umzugehen. Es muss gelingen, der AfD dort, wo sie echte Probleme anspricht, zuzugestehen, dass sie dies tut. Und gleichzeitig müssen wir alle zusammen, die Medien, die Politiker, alle öffentlich Sprechenden, sehr deutlich machen, dass vereinfachende, polemische bis rassistische Zuspitzungen den eigentlichen Kern der Probleme verfehlen.
GEYER: Die Welt ist sozial und kulturell ungleicher und vielfältiger geworden, und zwar in der materiellen Lebenslage der Menschen wie in der Alltagskultur. Manches davon mag man, anderes nicht.

WIE MUSS POLITISCHE ARBEIT IN ZUKUNFT AUSSEHEN IN EINEM PARLAMENT MIT SIEBEN PARTEIEN IN SECHS FRAKTIONEN?
Wehling: Alle Parteien müssen sprachlich bei sich bleiben, eine Sprache sprechen, die auch wirklich der eigenen politischen Grundhaltung entspricht. Nur so funktionieren Streit und Koalition langfristig. Nur, wer sich selbst versteht und seine Identität verlässlich für sich und andere formulieren kann, kann seinem politischen Gegenüber fair begegnen.
HAMPE: Es wird wohl eine doppelte Opposition geben: eine starke von links mit SPD und Linken und daneben eine schwache von rechts. Das macht die Lage komplexer. Ich hoffe, dass dadurch ein Druck auf das politische System entsteht, neue politische Konzepte zu entwickeln, vielleicht sogar neue Lebensformen, langfristig. Das muss ich jedenfalls hoffen.
DORN: Manches spricht dafür, dass das bundesrepublikanische Links-Rechts-Schema endgültig ausgedient hat. Das Schlimmste, was passieren kann: dass rund um Merkel nun eine Fünf-Parteien-Konsenslandschaft entsteht.
Geyer: Das Klima wird rauer, aber das muss mit Blick auf die Debattenkultur nicht unbedingt nur von Nachteil sein. Angesichts der aktuellen Weltlage ist eine der wichtigsten Entscheidungen, möglichst schnell einen ernstzunehmenden Außenminister zu finden. Auf diesem Feld war die große Koalition eigentlich sehr erfolgreich, auch wenn das im Wahlkampf unterging.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EN SYNTHESE 

Comme dans la plupart des pays européens, le centre de gravité politique s'est établi en Allemagne au centre gauche, surtout depuis une décennie avec une priorité aux minorités, au cosmopolitisme  et à la conscience écologique qui impriment le discours politique officiel. Désormais le balancier part à nouveau à droite.
Si elle réussit à former une jamaïcaine (CDU/CSU/ les verts/ les libéraux) ce qui est loin d'être fait, Merkel devra faire face à une double opposition:  au SPD à sa gauche et à la AFD nationaliste sur sa droite.
En clair cela signifie que les thèses de droite pourront s'exprimer au Bundestag ce qui ne s'était jamais vu depuis la fondation de la RFA.
"Ont voté "afd" tous ceux qui rêvent de voir s'évaporer  la démocratie." Ce ressentiment droitier sous-terrain n'est pas une nouveauté en Allemagne sauf qu'il a désormais pignon sur rue et est parfaitement identifiable. Certes, l'Allemagne devient de plus en plus conservatrice. Faut-il y voir un abcès dans le système valeurs allemand?
Il est à craindre que l'AfD  tente d'attirer vers elle le centre conservateur qui fut jusqu'ici le fond de commerce de Merkel. Mais l'afd  n'offre déjà plus un front uni.
Il semble bien que, comme en France, la polarisation droite-gauche  se soit fort atténuée en Allemagne. Le climat va se durcir mais ce ne sera pas forcément négatif pour la culture politique allemande.  (Das Klima wird rauer, aber das muss mit Blick auf die Debattenkultur nicht unbedingt nur von Nachteil sein.)
Pour ce qui concerne l'Europe, le FDP (les libéraux) exige qu'on maintienne la politique de rigueur en Europe et oppose un non catégorique  aux suggestions de réforme de Macron en faveur d'un budget commun pour la zone Euro et la désignation d'un ministre des finances européen que Merkel elle aussi préconise.
Si 57% des sondés sont favorables à la jamaïcaine, elle sera pourtant plus difficile à négocier que beaucoup ne l'imaginent et il faudra des semaines, sinon des mois pour former une majorité fédérale ce qui inquiète les milieux d'affaire.
C'est dire que la reconduction d'une grande coalition n'est pas tout à fait à exclure à moyen terme..
MG



mardi 26 septembre 2017

L’Unecof sur le sugardating: «C’est une catastrophe d’exploiter la situation difficile des étudiantes»


Le Soir
La présidente de l’Union des Etudiants de la Communauté française a annoncé qu’une plainte serait déposée ce mardi contre la campagne publicitaire menée à proximité des universités. 


   Photo d’illustration ©Belga
Un énorme panneau publicitaire sexiste autour de l’ULB a créé la polémique. Plusieurs étudiants et membres de l’université ont été choqués par la campagne d’affichage du site de rencontre « RichMeetBeautiful.be ». Un slogan qui s’adresse directement aux étudiantes et qui propose d’améliorer leur style de vie en sortant avec un « Sugar Daddy ». Une photo d’une jeune femme avec un imposant décolleté complète le slogan.

Opaline Meunier, la présidente de l’Unecof, l’Union des Etudiants de la Communauté française, était l’invitée de Matin Première sur la RTBF. Elle a annoncé que l’Union allait déposer plainte ce mardi. En faisant cela, elle espère qu’au niveau du parquet, «  une instruction soit menée pour savoir si oui ou non, en Belgique, cette campagne va être considérée comme une incitation à la prostitution et à la débauche  ».
LA PRÉCARITÉ ESTUDIANTINE A DE NOMBREUX VISAGES
L’Unecof est choquée par cette campagne car «  c’est exploiter la situation difficile des étudiantes  ». Aujourd’hui, la précarité du monde étudiant se traduit par de multiples visages. «  Ce n’est pas uniquement avoir des difficultés financières, c’est aussi une détresse affective, une détresse relationnelle ou sociale  ».
Sur le site de rencontre, la définition de la ‘Sugar Baby’ «  est une personne attirante, qui recherche les choses raffinées de la vie. Elle apprécie les voyages exotiques et les cadeaux. La Sugar Baby a ainsi la chance d’expérimenter un style de vie luxueux et rencontre des gens aisés de manière régulière  ».
«  C’est une catastrophe  », s’insurge Opaline Meunier. «  Et on se retrouve là à promouvoir cela sur le campus de l’ULB, promouvoir ce type d’entreprises. Je pense que sous tous les aspects, aussi bien moraux que pénal, on se doit de condamner ce genre de modèle qu’on impose aux jeunes femmes  ».
LES MINISTRES PORTENT PLAINTE
La ministre des Droits des femmes en Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis, et son collègue en charge de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, ont annoncé à leur tour lundi soir leur volonté de déposer plainte.
«  Pour une fois qu’il y a l’intervention en justice de la part du gouvernement pour faire cesser certaines pratiques, c’est une très bonne chose et ça me paraissait normal  », a conclu la présidente de l’Unecof.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ODIEUSE CAMPAGNE 

Tout ceci est évidemment lamentable. Et surtout ne voit-on pas que la caisse de résonnance médiatique  donne à cette provocation un écho complètement disproportionné? Et c'est évidemment en cela que réside toute l'habileté des initiateurs de cette campagne délétère.
Roger Nols l'avait compris. Il faisait dessiner une caricature montrant une oasis, quelques palmiers des femmes voilées des barbus en djellaba avec la légende: "avec Nols ils y seraient déjà". Il faisait afficher la caricature photocopiée dans deux ou trois cafés où il avait ses habitudes et ses partisans; faisait appeler quelques journalistes pour constater la chose et le lendemain les quotidiens ne parlaient que de cela autrement dit que de lui.
Question: l'arsenal juridique permet-il d'interdire ce genre de site et de condamner les responsables de cette odieuse campagne?
MG 










«Je te promets un miracle»: la chronique de Vincent Engel


VINCENT ENGEL
La fresque murale réalisée par Johan Muyle à la gare du Nord à Bruxelles est un chef-d’œuvre qu’il convient de redécouvrir alors que des centaines de réfugiés errent dans le quartier, privés de l’assistance et de la considération humanitaire la plus élémentaire.

  
En 2003, il y a presque 15 ans, l’artiste Johan Muyle achevait une stupéfiante fresque murale, dans le quartier de la gare du Nord à Bruxelles. Une fresque de 1.600 mètres carrés représentant 44 portraits (dont certains sont animés) d’artistes belges, amis du peintre (de Benoît Poelvoorde à Yolande Moreau, en passant par Jean-Pierre Verheggen et Michelle Anne De Mey. Aujourd’hui, des dizaines de migrants croupissent au pied de cette fresque et redoutent, jour après jour, les descentes policières. Ironie amère de la situation : le titre de la fresque. « Je vous promets un miracle »… Il est temps.
Oui, certains vont encore rugir et foncer sur les commentaires pour m’agonir d’injures ou m’envoyer cet argument imparable : «  Si tu veux soutenir les réfugiés, t’as qu’à en prendre chez toi !  » Et pourtant, je persiste et signe, car la situation qu’endurent ces hommes, ces femmes et ces enfants est intolérable et représente une atteinte inacceptable à la dignité humaine, qui est ce que, au minimum, nous partageons avec eux. Il faut le dire et le redire : ces personnes fuient la guerre et des menaces de mort. Selon les conventions internationales que notre pays a signées, que notre Culture Occidentale est si fière d’avoir imposées à un monde « barbare », nous DEVONS les accueillir et leur porter assistance ; au lieu de quoi, ces réfugiés (qui ne sont pas migrants) vivent dans une précarité dont nous ne voudrions pas pour nos animaux de compagnie. Ils dorment dans la rue, sous des cartons – et encore, quand ils osent installer ces cartons, les opérations de police impromptues leur imposant de dormir leur sac sur le dos pour pouvoir fuir le plus rapidement possible.
Cet accueil et cette prise en charge ne peuvent pas être supportés uniquement par des individus ou des associations non gouvernementales (pour répondre à l’argument imparable ci-dessus). D’abord, parce que les personnes qui viendraient en aide aux réfugiés risquent elles aussi, dans certains cas, des poursuites judiciaires. Ensuite, parce qu’il s’agit d’une responsabilité collective. L’État doit assumer les obligations issues des engagements légaux qu’il a pris au nom des citoyens qu’il représente. S’il y a quelque grandeur héroïque à compter les rares citoyens dignes et responsables dans une société qui se délite, comme Abraham argumentait auprès de Dieu désireux de détruire les villes pécheresses, il y a, avant d’en arriver à une telle extrémité, une première exigence : que des citoyens, les plus nombreux possible, alertent les pouvoirs publics et demandent qu’ils prennent en main, dans la dignité et le respect des traités internationaux, l’accueil de ces réfugiés.
DES VALEURS UNIVERSELLES
Dans le climat du multiculturalisme et du relativisme qui sévit actuellement, il devient difficile de défendre l’existence de valeurs universelles. Tout serait « culturel », n’est-ce pas ? Et rien n’est plus important que de respecter les « spécificités culturelles » des autres cultures. Si telle pratique l’excision, la peine de mort, la torture, l’interdiction de la liberté d’expression, à quel titre nous opposerions-nous à elle, puisque c’est « culturel » ?
Je m’inscris résolument en faux contre cette position. Il y a peu de valeurs universelles, mais il y en a, dont bénéficient aussi ceux qui les nient (par principe). La dignité humaine – qu’il faudrait d’ailleurs, comme me le faisait remarquer un de mes étudiants de l’Ihecs, élargir à la dignité du vivant – est à mes yeux la première de ces valeurs. C’est au nom de la dignité, comme l’écrit Camus dans L’homme révolté, que l’on s’insurge contre une situation qui bafoue cette dignité. «  Je me révolte, donc nous sommes  », dit encore Camus : cela signifie que la révolte est un acte individuel, que l’on ne peut déléguer à personne (il ne suffit pas de verser 10 € à Amnesty pour se révolter), mais qui implique l’ensemble des personnes touchées par l’injustice qui suscite ma révolte.
La dignité vise d’abord les conditions de vie : un toit, de la nourriture, de la chaleur, des vêtements, l’accès à l’hygiène et aux soins… Ensuite, elle implique la sécurité et la justice, l’éducation et les libertés fondamentales. Toutes choses dont sont privés les réfugiés, qui doivent de surcroît supporter tous les fantasmes propagés par les populistes et les extrémistes sur « les vagues », le « flux », la « déferlante » (je renvoie à mes chroniques précédentes qui démontent ces chiffres absurdes et rappellent que nous ne devrions accueillir qu’une marge infime des réfugiés des guerres – dont nous sommes souvent responsables –, puisque la majorité cherche refuge au plus près de chez eux, et que ce « flux » ne représente pas 0,2 % de la population européenne).
Au lieu de quoi, des tribuns fascisants comme Orban continuent à se prétendre les chevaliers sauveurs de l’Europe en bâtissant des murs ignobles, et chez nous, les politiques ont trop peur de perdre le peu d’électorat qu’il leur reste en adoptant les mesures élémentaires pour éviter les scènes de détresse et d’inhumanité que nos concitoyens, qui passent devant la gare du Nord, finissent par ne même plus remarquer. Jusqu’à notre Theo Francken qui multiplie les actes et les paroles infamantes sans susciter la réprobation de ses partenaires gouvernementaux, alors même qu’il bafoue ouvertement les valeurs du véritable libéralisme. Et c’est lui qui s’insurge lorsqu’on le représente vêtu d’un uniforme nazi…
MIRACLE : COUR OU PROMESSE ?
Ce hiatus a sauté aux yeux d’un autre de nos artistes, et non des moindres : Lorent Wanson, acteur et metteur en scène, qui compte à son palmarès certains chefs-d’œuvre du théâtre engagé belge (comme les récents et magnifiques Lehman’s trilogy, Le porteur d’eau, L’aube boraine, Les Bas-fonds…) Devant cette fresque superbe de Johan Muyle, qui met en valeur certains de nos plus grands artistes, se décline l’inhumanité quotidienne de nos temps égoïstes. «  L’art, écrivait encore Camus, est la distance que le temps donne à la souffrance.  » L’indifférence aussi. Un art qui se fige nourrit l’indifférence ; un art qui s’anime la combat. Mais la fresque de Muyle a perdu de son animation, semble-t-il ; ces beaux visages ne voient pas ce qui se déroule devant eux, pas plus que les passants qui défilent et détournent le regard. Ce n’est évidemment pas la faute de Johan Muyle ou des artistes qu’il a élus ; mais ne peuvent-ils pas se ranimer pour agir ? C’est en tout cas ce que tente de faire Lorent Wanson, cet homme à la sensibilité d’écorché que l’injustice tourmente sans relâche. Ce dimanche 24 septembre, de 11 à 13 heures, il convie un maximum d’artistes belges à rejoindre, Gare du Nord, ces réfugiés, pour ranimer la fresque et son titre : « Je te promets un miracle ». Parce que, sans doute, il faudra un miracle pour changer non seulement les pratiques de nos politiques, mais aussi (et surtout) les mentalités des gens face aux réfugiés. Mais dans ce titre et ce projet, tous les mots comptent : les miracles n’existent pas, peut-être, mais les promesses bien. Promettre un regard, de la considération, la prise en compte de besoins fondamentaux, la défense de droits inaliénables. Promettre que nous ne laisserons pas notre société glisser vers une dictature qui ne dit pas son nom et devenir plus injuste encore, plus égoïste. Promettre à ces êtres humains qui cherchent à vivre que l’on ne laissera pas leur dignité être ainsi piétinée.


NO COMMENT:RESPECT


PLUS D'UN HUMAIN SUR 3 SERA AFRICAIN EN 2100

Marie GathonJournaliste Levif.be
Source: Slate
Plus d'un humain sur 6 vit en Afrique aujourd'hui, soit plus d'un milliard. Selon les projections des Nations Unies, le continent devrait compter 2,5 milliards d'habitants en 2050 et plus de 4 milliards d'ici 2100.
     
© iStock
Un tel taux de croissance de la population africaine s'explique par une plus grande quantité de naissances que de décès. Même si le taux de naissance a largement diminué ces dernières années sur le continent, on compte aujourd'hui 4,5 enfants par femme en moyenne, alors que le taux était de 6,5 il y a 40 ans et 5,5 il y a 20 ans. Cela reste un taux très élevé comparé au reste du monde. De plus, le taux de mortalité a fortement diminué, bien qu'il reste l'un des plus élevés au monde. Malgré cela, il y a aujourd'hui quatre fois plus de naissances que de décès en Afrique, rapporte Slate.
En 1981, les projections des Nations Unies en matière de population mondiale prévoyaient un accroissement de la population mondiale de 10,5 milliards d'ici 2100. Les chiffres publiés en juin 2017 annoncent 11,2, soit 0,7 de plus. Les projections de 1981 n'étaient donc pas si loin de la vérité, mais c'est plutôt la répartition des populations sur le globe qui a évolué. L'ONU prévoit ainsi que les populations d'Asie et d'Amérique latine croissent beaucoup moins.
Cela s'explique par le fait que le taux de fécondité sur ces deux continents a déjà commencé à baisser il y 30 à 40 ans. En Afrique par contre, les Nations Unies prévoyaient que ce taux diminue également au fur et à mesure que le niveau socio-économique augmenterait, ce qui a été le cas en Afrique du Nord et en Afrique australe, mais en Afrique intertropicale (ou centrale), si la baisse est entamée, elle se fait plus lentement que prévu.
LE CAS PARTICULIER DE L'AFRIQUE INTERTROPICALE
Dans cette partie du globe, le taux de fécondité diminue dans les villes et dans les milieux instruits.
Mais plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi le nombre de naissances diminue moins vite qu'ailleurs.
- Le développement économique : s'il a bien lieu, il n'est toujours pas équivalent à celui qui a engendré une grande diminution de la natalité en Asie et Amérique latine il y a quelques décennies.
- L'éducation des femmes : qui dit développement économique, dit investissement dans l'éducation. Les femmes instruites font moins d'enfants. L'éducation progresse en Afrique centrale, mais elle n'a pas encore atteint le même niveau que l'Asie et l'Amérique latine au moment où leur taux de natalité a commencé à baisser.
- Le partage des coûts : dans ces pays, les coûts liés aux enfants sont souvent partagés par un autre membre de la famille que les parents (oncle, tante, grands-parents), ce qui peut faciliter la décision d'en avoir beaucoup.
- La contraception : les familles rurales africaines souhaitent utiliser la contraception pour espacer les naissances, mais le manque de moyens des États rend leur accès difficile. Sauf quelques exceptions, les États ne sont pas persuadés de l'intérêt de limiter le nombre de naissances par famille et n'investissent donc pas dans la contraception.
Tous ces facteurs réunis font que comparé au reste du monde, la population d'Afrique va continuer à croître rapidement. Et même si le taux de fécondité se met à diminuer rapidement, il faudra plusieurs décennies pour que l'inertie démographique s'estompe.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CONTRÔLE DES NAISSANCES?

Il est clair que si rien n'est fait pour instaurer une limitation des naissances, "le trop plein" d'humanité se déversera immanquablement vers les régions démographiquement déficitaires de l'hémisphère nord, une diaspora qui est déjà largement entamée.
Curieusement, on n'envisage jamais d'un politique de contrôle des naissances. Les Chinois s'y étaient essayés avec un certain succès. Mais pour l'Afrique, la chose semble tabou.
Il n'est pas impossible qu'avant la fin du XXIème siècle le continent européen se soit partiellement africanisé.

lundi 25 septembre 2017

L’extrême droite allemande entre au parlement et brise un tabou  


DELPHINE NERBOLLIER
ELECTIONS EN ALLEMAGNE
C’est essentiellement la crise migratoire qui a renforcé l’AfD. Ce dimanche l’AfD, ils ont réalisé un beau coup  (13%)en repoussant la scène politique allemande à droite face à une chancelière qui n’a eu de cesse d’occuper le centre.  
   

   Alexander Gauland et Alice Weidel. ©Reporters

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) avait choisi une grande tour d’immeubles du quartier d’Alexanderplatz, en plein cœur de Berlin, pour fêter sa victoire. A l’extérieur, plusieurs centaines de manifestants ont tenté de lui gâcher l’ambiance en hurlant des « AfD, dégage ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MUTTI TRES AFFAIBLIE ET LES NATIONALISTES À  13%

Décidément  son "wir schaffen es "ne passe pas et surtout pas en Saxe (capitale Dresde) où l' AFD ( Alternative pour l'Allemagne, sorte de N-VA à l'allemande) monte à 27 % devant la CDU en déroute.
La CDU plafonne à 32 % et perd 5%. Laminée la SPD (20%, son minimum historique) de Schultz opte pour l'opposition. Si elle veut demeurer chancelière, Angela Merkel devra se coaliser avec les verts( ) et les libéraux ( ) pour former une jamaïcaine. La CSU, allergique aux verts, renâcle déjà. Ce sera donc très difficile, un peu comme chez nous.
La jamaïcaine a bien fonctionné sur le plan local. Elle exigera de solides concessions des verts sur le plan fédéral. Ce sont les Realos du partis (les verts pragmatiques) qui auront le dernier mot au sein du parti.
Marine Le Pen n'a pas tardé à envoyer ses félicitations aux leaders de l'AFP qui enteront en force au Bundestag. ("Bravo à nos alliés de l’#AfD pour ce score historique ! C’est un nouveau symbole du réveil des peuples européens.")
Il va donc falloir s'habituer à le présence de 80 à 90 députés nationalistes sur les bancs du Bundestag, bien décidés à gagner les élections fédérales de 2021. Il s'agit selon le Frankfurter Allgemeine "d'une régression historique. Il s'agit rien moins d'une épreuve de force amère pour la démocratie". "Die AfD-Stimmen sind  eine Niederlage für die Zivilität des Gemeinwesens."
Certes la démocratie allemande est robuste.
L'AFB  accuse les partis traditionnels de précipiter "notre cher peuple dans le déclin" "Wir können Geschichte schreiben. Tun wir es. Viele Wähler haben es nun getan."
Certes il s'agit d'un vote protestataire contre la très généreuse politique d'asile de Merkel. Il n'empêche que le mauvais génie allemand est sorti de la bouteille ce qui est est plus que redoutable. (Hier sammeln sich, neben aufrechten Konservativen, neue Nationalisten, Rassisten und politische Gaukler)
Gageons qu'il ne s'agit pas là d'une particularité spécifiquement allemande. Le populisme de droite pousse la tête partout en Europe. Il est même au pouvoir en Hongrie et en Pologne tandis qu'il est en deuxième ou troisième position en Autriche , au Danemark , en Filnalande, en Norvège aux Pays-Bas et en France et on ne parle même pas de la Belgique où la NVA tient le haut du pavé.
Il symbolise le grand refus par rapport à l'Islam et la société ouverte et attire tous les échaudés  de la globalisation et de la postmodernité. Cela commence à faire beaucoup de monde.
Tout ceci fait penser à un alcoolique repenti qui se remettrait à boire. C'est redoutablement dangereux. L'Allemagne est à nouveau confrontée avec ses vieux démons. Danger.
Ce qui a sauvé Merkel provisoirement, c'est que l'Allemagne demeure un îlot de prospérité au milieu d'un océan de crises.
Merkel est entrée en campagne en chantant le grand air de la Piaf„ Non rien de rien , non je ne regrette rien“
Elle a échappé au désastre. Gageons que 2021 sera un cap redoutable pour la démocratie outre Rhin.
MG  

dimanche 24 septembre 2017

Message à Theo Francken


Le Vif
Un tag a été inscrit sur le mur en face du bureau de Theo Francken, rue de la loi. Un mur qui, détail piquant, se trouve aussi être celui de l'appartement du Premier Ministre Charles Michel. 
   
    
© DR
Une phrase écrite en lettre noire trône désormais juste en face du bureau de Theo Francken. On peut y lire : "Theo kuist dit op", que l'on peut traduire par "Theo essaye de nettoyer ça."
Un avis qui diverge donc du gouvernement Michel qui reste derrière la politique du secrétaire d'Etat Theo Francken. En effet le vice-Premier ministre N-VA et ministre de l'Intérieur Jan Jambon a déclaré hier encore à la chambre que "Moi et tout le gouvernement restons derrière la politique du secrétaire d'Etat Theo Francken". En l'absence du Premier ministre Charles Michel et de Theo Francken, retenus à New York, c'était lui qui était chargé jeudi de porter la parole du gouvernement après le tollé suscité par l'annonce d'une collaboration entre les services de Khartoum et leurs homologues belges visant à l'identification de ressortissants soudanais arrêtés au parc Maximilien, en vue de leur éventuel rapatriement.
Le ministre de l'Intérieur a assuré que la politique menée l'était conformément aux engagements internationaux et, notamment, dans le respect des garanties offertes par la Convention européenne des droits de l'Homme empêchant le refoulement vers un Etat dans lequel l'intégrité n'est pas assurée. Il s'agit d'une "approche intégrale et multidisciplinaire, passant par l'information et la prévention et veillant au maintien de l'ordre public", a-t-il encore dit. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FRANCKENSTEIN? 

Soyons lucides: nous avons rendu hommage hier à l'honnêteté intellectuelle de Geert Bourgeois face aux étudiants chahuteurs de l'UCL. La N-VA ne compte pas que des honnêtes hommes de sa stature. Elle met volontiers en avant un profil franchement douteux, celui de l'homme qui est responsable de l'immigration et que le parti charge des basses besognes dont l'homme s'acquitte avec un zèle coupable: il s'agit de ramener au bercail les électeurs flottants que le Vlaams Belang attire comme un aimant. "On doit être plus humanistes" clame Joëlle du haut de son exil politique. Et le Ps de se précipiter dans la brèche pour créer l'incident au Parlement. Tout cela est de bonne guerre. Sale guerre en réalité. "Théo, kuis dit op..."
Sale temps pour Charles Michel qui à son retour de New-York va devoir s'expliquer devant la chambre.
Gros remous en perspective car Charlot qui cite Gandhi à l'ONU est conscient que jamais De Wever ne désavouera son poulain.
MG


MILQUET: "EST-CE QUE C'EST COMME ÇA QU'ON TRAITE LES GENS?"
Le Vif
L'ancienne présidente du cdH Joëlle Milquet, aujourd'hui députée bruxelloise, trouve la politique du fédéral envers les réfugiés problématique. "On doit être plus humanistes", a-t-elle estimé jeudi soir dans Jeudi en Prime, sur la RTBF.

Interpellée sur l'image diffusée par Ecolo J et montrant le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken affublé d'un uniforme allemand de la Seconde guerre mondiale, Joëlle Milquet a fait remarquer qu'elle était l'oeuvre de jeunes. "Je ne pense pas que ça soit la chose de meilleur goût, mais ce sont des jeunes, et je trouve un peu facile de dire 'on va porter plainte'", a-t-elle commenté.
Pour Joëlle Milquet, cette polémique n'est pas le "premier souci du moment", et elle pointe "le grand problème par rapport à la politique du fédéral envers les réfugiés". "On doit être plus humanistes" avec des personnes qui fuient des situations de guerre ou de violences dans leur pays d'origine, a-t-elle expliqué. "Quand je vois ce que (la chancelière allemande) Angela Merkel a osé faire, je trouve que c'est très courageux." L'Allemagne a accueilli plus d'un million de réfugiés ces dernières années, loin des discours de repli parfois entendus dans d'autres pays européens.
L'ancienne ministre de l'Intérieur s'est aussi montrée très critique envers la collaboration avec le Soudan, pour l'identification de migrants ne souhaitant pas demander l'asile en Belgique. "Nous avons un accord dont on ne sait rien, dont on ne voit pas de trace écrite, avec un président accusé de génocide", le Soudanais Omar el-Béchir, a-t-elle accusé.
En attendant, on laisse des personnes dormir dans un parc, ou on les emmène en centre fermé. "Est-ce que c'est une réponse? Est-ce que c'est comme ça qu'on traite les gens, des gens qui ne sont pas des criminels?", s'est-elle indignée. "Ca me choque, oui, qu'on enferme à nouveau des enfants en centre fermé. Et oui, nous avons un devoir d'accueil. Il y a une forme d'égoïsme collectif en Europe."


"NAZIS", "RAFLE DE LA POLICE", "RACISME DE L'ETAT BELGE"... LA GAUCHE NE DOIT-ELLE JAMAIS S'EXCUSER ?
Etienne Dujardin in Le Vif

Commençons par l'essentiel, je réprouve les mots utilisés par Théo Francken lorsqu'il dit vouloir " nettoyer " le Parc Maximilien. Il est revenu sur ces propos, mais je trouve déplorable qu'un Secrétaire d'Etat utilise ce genre de vocabulaire.
Ceci étant dit, je m'étonne des indignations sélectives de certains qui condamnent à juste titre ce dérapage, mais qui ne réagissent pas lorsque les jeunes écolos caricaturent Théo Francken en soldat nazi. Groen s'est heureusement distancé de ce fait déplorable, Ecolo le cautionne. Dont acte.
Je n'entends personne s'indigner lorsque certaines associations parlent de "rafle de la police" réalisée au Parc Maximilien. On a beau sortir toutes les définitions du Larousse qu'on souhaite, le Parc Maximilien n'est pas un "endroit suspect" comme le demande la définition et le mot "rafle" a une connotation historique que personne ne peut nier. Qui peut croire que la police de Bruxelles dirigée par un socialiste, à savoir Philippe Close, ordonne à sa police de faire des "rafles" ? Pourquoi ne pas utiliser un vocabulaire plus nuancé à savoir le mot "arrestation" ?
Lorsque des députés ont manifesté en 2010 pour demander la libération d'Oussama Atar, cerveau des attentats sanglants qu'on a connus, en portant à tort des accusations graves, notamment que la Belgique ne faisait pas assez de démarches pour demander sa libération à cause d'un soi-disant "racisme d'Etat" des autorités belges, c'était totalement inacceptable. L'histoire leur a donné tort et à quel point. Malgré cela aucune excuse de ces députés ou de leurs partis n'a été présentée ni sanction prise.
Autre exemple : lorsqu'on entend Marc Goblet traiter le gouvernement de "bande de gamins de merde", on ne voit, là encore, personne s'indigner de tels propos, à l'exception de membres de la majorité. Imaginez un seul instant un ministre traiter Monsieur Goblet de "gamin de merde", le tollé général qui se produirait pendant des jours, et ce, à raison.
Venons-en maintenant à la dernière polémique concernant la coopération de Théo Francken avec les autorités soudanaises. Je ne sais pas si des agents secrets sont présents ou non pour repérer des opposants politiques à ce régime. Si c'était le cas, je serais le premier à le condamner avec force, mais l'information avancée a été démentie. De nombreux pays européens ont aujourd'hui des contacts avec le Soudan sans que cela pose problème. Quelqu'un a-t-il demandé de couper tous liens diplomatiques avec le Soudan et de fermer son ambassade à Bruxelles du temps où Elio Di Rupo était Premier ministre ? Avoir des liens avec le Soudan posait moins de problèmes lorsqu'un Premier ministre était socialiste ? Comment peut-on simplement identifier des personnes et vérifier leur origine soudanaise sans aucun contact avec les autorités du pays ? La même question se poserait pour beaucoup de pays qui n'ont pas nos valeurs que cela soit le Tchad, l'Arabie Saoudite, le Yémen et des dizaines d'autres pays sur la carte du monde. Parler avec ces pays ne veut pas dire collaborer à renvoyer des opposants politiques, ce qui serait certes inacceptable. Avant que certains se permettent de traiter Theo Francken de "nazi", il faudrait savoir quelle est la nature des contacts qui ont été entrepris.
Dans les temps difficiles que nous traversons, faisons tous attention aux mots que nous utilisons et ne donnons pas l'impression vraie ou fausse qu'un certain microcosme peut tout se permettre dans le choix des mots. Vit-on dans une société où il faut faire le buzz en utilisant uniquement un vocabulaire qui choque pour faire passer un message ? Ne courons-nous pas le risque de vouloir crier toujours plus fort que son adversaire ? À ce petit jeu-là, ce ne sont pas les plus sages et nuancés qui se feront entendre. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TIRER LA PRISE? 

"Ne courons-nous pas le risque de vouloir crier toujours plus fort que son adversaire ? À ce petit jeu-là, ce ne sont pas les plus sages et nuancés qui se feront entendre."
On se demande combien de temps le CD&V qui en principe incarne des valeurs chrétiennes et de progrès va encore supporter ces dérives "franckiennes" subtilement préméditées? Et si, comme Lutgen, Beeke se décidait à tirer la prise?
MG





samedi 23 septembre 2017

Diriger un pays comme une entreprise sera-t-il le futur modèle de gouvernance ?


Thierry Fiorilli
Rédacteur en chef du Vif/L'Express

Avant Berlusconi, maintenant Trump et Macron : les personnalités issues du monde de l'entreprise vont-elles à terme supplanter les formations politiques qui occupent le pouvoir depuis toujours ?
  
     
   Le président français Emmanuel Macron et Donald Trump, président des Etats-Unis. © AFP 

Dans les années 1990, en Italie, les enquêtes judiciaires contre la corruption généralisée enterraient la plupart des maîtres de la scène politique nationale. L'opération Mani pulite (mains propres), couplée aux révélations sur les liens supposés mafieux de certains dirigeants, provoquait la chute de monuments tels que Bettino Craxi, Giulio Andreotti, Claudio Martelli, Arnaldo Forlani ou Gianni De Michelis. Et la disparition, pure et simple, de leurs partis respectifs, tous historiques : la Démocratie chrétienne, le Parti socialiste, le Parti socialiste-démocratique, le Parti libéral. Au pouvoir depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, ensemble ou à tour de rôle, figures et formations jusque-là indéboulonnables étaient contraintes à faire place nette. Définitivement.
On a parlé alors d'une révolution soutenue et dopée par l'indignation de la population. Une révolution marquant la fin d'un régime. Et la naissance de ce qu'on a appelé, là-bas, la Deuxième République. Le paysage politique s'en est radicalement transformé. On a vu apparaître des dizaines de partis et de nouveaux acteurs par cohortes. Les différents scrutins qui ont suivi la tornade " mains propres " ont ainsi placé au pouvoir du pays, de régions et de villes, des post-néofascistes, des séparatistes lombards, des communistes, des verts, des radicaux. Et, surtout, un homme d'affaires, résolu à convaincre l'électorat qu'il saurait reconstruire et gérer le pays comme il avait réussi à bâtir puis gérer son empire industriel. Comme disent encore aujourd'hui beaucoup de citoyens italiens : on a fait dégager toute une classe d'élus et de dirigeants pourris, et on est s'est retrouvé avec Silvio Berlusconi.
L'élection présidentielle américaine, il y a bientôt un an, opposant Hillary Clinton à Donald Trump, a débouché sur un pareil résultat : la candidate incarnant " le monde politique traditionnel " a été battue par son improbable rival, symbolisant " une autre façon de faire ". Un homme d'affaires, lui aussi.
Pareil en France, au printemps dernier : effondrement des ténors et des formations qui occupaient le pouvoir depuis toujours et émergence d'un homme issu du secteur financier, Emmanuel Macron.
La Belgique francophone va-t-elle suivre l'élan ? Sa scène politique semble en tout cas s'écrouler et plusieurs de ses ténors, individus comme partis, qu'on pensait inoxydables, tombent bel et bien, l'un après l'autre. Et leurs héritiers, ayant déjà goûté ou non au pouvoir, frères et soeurs de partis ou pas, rasent désormais les murs, quasiment. Le rejet de la classe politique est tel qu'ils se retirent sur leurs terres, moins hostiles, ou s'interrogent ouvertement, dans nos colonnes : poursuivre en politique en vaut-il encore vraiment la peine ?
Le " place aux jeunes " lancé par Laurette Onkelinx ne trouvera pas si facilement écho. " Place à autre chose " aurait été plus pertinent. Mais quelle " autre chose " ? Des élus venant de mouvements citoyens !, rétorque-t-on. Pourquoi pas ? Sachant que, chez nous, jusqu'ici, ces mouvements-là, ces nouveaux partis sont lancés par des entrepreneurs, des managers, des businessmen convaincus qu'on peut diriger une entité, une région, un pays comme on dirige une entreprise. Le futur modèle de gouvernance ?
Pendant ce temps, en Allemagne, pays fédéral lui aussi, confronté lui aussi à la crise économique et sociale européenne, à la question des migrants, au terrorisme, à l'extrême gauche, à l'extrême droite, lui aussi habitué aux coalitions, les élections générales de ce dimanche 24 septembre vont offrir à Angela Merkel, 63 ans, parlementaire sans interruption depuis vingt-six ans, chancelière depuis douze, un quatrième mandat à la tête de son pays.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EN ATTENDANT LE SURSAUT POLITIQUE 

J'ai tenté, sans grand succès de diriger autrefois un athénée comme une entreprise. J'en suis sérieusement revenu.
Et voici que nous constatons que le pouvoir financier a pris le pas sur le pouvoir politique. Faut-il s'en inquiéter? Certes les exemples de Berlusconi et Trump sont pour le moins sources de dangereuses dérives. Et Macron? Laissons lui encore le bénéfice du doute quelques mois: l'homme est intelligent, pragmatique et volontaire...
Mais quid de la Belgique? Il semblerait, selon les observateurs les plus pointus, que De Wever s'orienterait vers une option de ce genre après les élections de 2019. Ce qui est clair, c'est que la VOKA (association patronale flamande) lui emboîte le pas sans vergogne.
Et du côté francophone? C'est là évidemment toute la question laquelle déterminera notre destin belge dans les années à venir.
En tout état de cause un réveil politique et un sursaut éthique s'imposent. Mais on ne voit rien venir. Si, Thierry Bodson nouveau leader flamboyant de la gauche syndicale wallonne rappelle le flamboyant André Renard. Slogan:  « Soyez prêts, soyez prêts à agir. »
MG