jeudi 28 septembre 2017

"L'indépendance de la Catalogne, c'est la fin de ce qu'est l'Europe", dit Manuel Valls

La Libre


L'ancien Premier ministre français Manuel Valls, né à Barcelone, s'est prononcé mercredi soir contre une indépendance de la Catalogne, qui supposerait selon lui "la fin de ce qu'est l'Europe" en tant qu'union d'Etats-nations, quatre jours avant un référendum d'autodétermination interdit.
"Ce qui se passe en Catalogne et en Espagne c'est très important pour l'Europe", a déclaré en catalan le député, à l'antenne régionale de la radio Cadena Ser.
Né à Barcelone le 13 août 1962 d'une Suisse italophone et d'un artiste catalan, Manuel Valls, a rappelé que sa famille était encore dans la ville. "J'observe les événements avec inquiétude car je connais les conséquences possibles pour l'Espagne et la Catalogne, mais aussi pour l'Europe et la France", a-t-il dit.
"L'Espagne est l'un des Etats-nations les plus importants d'Europe, comme la France et l'Angleterre. Qu'une région d'Espagne et surtout la Catalogne puisse être indépendante, cela suppose... d'une certaine manière la fin de ce qu'est l'Europe parce que l'Europe est l'union d'Etats-nations", a dit l'ancien chef du gouvernement socialiste (2014-2016).
"Je ne crois pas qu'il y ait un avenir possible pour une Catalogne seule en Europe. Cet avenir est dans le cadre espagnol", a-t-il ajouté en s'inquiétant du fait que le sujet ne soit pas plus abordé en France.
L'ancien candidat à la présidentielle de 2017, né Espagnol et naturalisé français, a confié avoir vécu sa première manifestation à 14 ans, pour le "Statut" de la Catalogne, en 1977.
"Je connais cette histoire. mais la force de Catalogne.. c'est qu'elle est devenue une force pour l'Espagne et ces deux forces doivent se retrouver de manière pacifique et dans le respect de tous et de toutes les opinions".
L'Espagne, déjà exposée, au nord, à l'indépendantisme d'une partie de la société basque, vit depuis le début du mois de septembre sa pire crise politique depuis presque 40 ans, selon l'avis de tous ses dirigeants: le 6 septembre, le Parlement catalan a adopté une loi pour organiser ce référendum malgré son interdiction, arguant du fait que les indépendantistes le réclament depuis 2012.
Une majorité d'habitants de cette région du nord-est, représentant 20% du PIB, souhaite un référendum légal même s'il sont divisés sur l'indépendance.
Le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy et la justice sont décidés à l'interdire, quitte à faire bloquer l'accès aux bureaux de vote par les forces de l'ordre.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CATALANS,ECOSSAIS,FLAMANDS, MÊME COMBAT

"Je ne crois pas qu'il y ait un avenir possible pour une Catalogne seule en Europe. Cet avenir est dans le cadre espagnol"
On en saura plus dimanche, mais ce qui est sûr, c'est que ces trois régions prospères aspirent égoïstement à leur indépendance et qu'elles finiront par l'obtenir. A quand la Bavière indépendante?
C'est un véritable dilemme pour l'Union européenne: reconnaîtra ou ne reconnaîtra pas? Le forces centrifuges semblent vouloir prendre le pas sur les forces centripètes. Pauvre Europe


JAN PEUMANS: "AUJOURD'HUI, NOUS SOMMES TOUS DES CATALANS"
Le Vif

"Avui som tots Catalans! Aujourd'hui, nous sommes tous des Catalans". C'est en ces mots que le président du parlement flamand, Jan Peumans, a accueilli sa consoeur du parlement catalan, Carme Forcadell i Lluis, en visite dans l'enceinte de la rue de Louvain.


© Belga Image
Les Catalans sont appelés par leur gouvernement régional à participer dimanche à un referendum que le gouvernement central de Madrid a interdit. La présidente du parlement de Catalogne se trouvait ces jours-ci à Bruxelles. Mardi, elle a reçu un prix du centre d'études Maurits Coppieters, lié à l'alliance libre européenne (ALE) qui regroupe les partis régionalistes européens.
"Le pouvoir central à Madrid ferait mieux de traiter de manière démocratique les aspirations légitimes de la Catalogne et d'écouter la voix du peuple", a déclaré mardi M. Peumans. "Lorsque les résultats du referendum seront connus, tout le monde devra s'y plier, y compris l'Union européenne. Les forces conservatrices, et parmi elles un ancien président du Conseil européen issu de ce pays (Herman Van Rompuy), ont proclamé dans le passé qu'un pays qui se sépare de la mère patrie quitte automatiquement l'Union européenne. Une telle menace peut uniquement être interprétée comme une épée dans les reins, soufflée par des hommes de pouvoir réactionnaires".
Le nationaliste flamand dit reconnaître ses idéaux dans le travail de Mme Forcadell. "Vous vous battez depuis des années pour la diversité, la décentralisation, les réformes régionales, l'autodétermination et une autonomie pacifique de l'entité culturelle Catalogne". Le lauréat précédent du prix Coppieters était l'ancien premier ministre écossais, Alex Salmond.

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