vendredi 29 septembre 2017

Merkel annonce un "large consensus" avec Macron sur l'Union européenne

La Libre
AFP 



    Il existe "un large consensus entre l'Allemagne et la France" sur l'avenir de l'Europe, a estimé jeudi la chancelière allemande Angela Merkel, peu avant une rencontre bilatérale à Tallinn avec le président français Emmanuel Macron.
"Il y a un large consensus entre l'Allemagne et la France. Toutefois nous devons naturellement parler encore des détails. Mais je suis fermement convaincue que l'Europe ne peut pas en rester là", a argué Mme Merkel, réagissant pour la première fois au discours sur l'Europe prononcé mardi par M. Macron.
"Je vois de toute façon dans le discours du président une bonne base afin de continuer à travailler de façon intensive entre l'Allemagne et la France", a insisté la chancelière.
Emmanuel Macron a prononcé mardi à La Sorbonne un discours de plus d'une heure et demie sous forme de plaidoyer en faveur d'une Europe "à plusieurs vitesses", autour d'un couple franco-allemand consolidé. Ses propositions doivent être évoquées lors d'un dîner réunissant les dirigeants de l'UE dans la soirée.
M. Macron a aussi proposé à Berlin "un partenariat nouveau", l'invitant à signer un nouveau Traité de l'Elysée le 22 janvier 2018, pour le 55e anniversaire de cet accord conclu en 1963 par Charles De Gaulle et Konrad Adenauer et qui scellait la réconciliation entre la France et la République fédérale d'Allemagne.
"Nous pouvons donner une impulsion franco-allemande décisive et concrète", a plaidé M. Macron, proposant par exemple d'"intégrer totalement" d'ici à 2024 les marchés français et allemand "en appliquant les mêmes règles à nos entreprises".
Parmi ses suggestions pour l'UE, la création d'un gouvernement économique de la zone euro, avec un ministre et un budget propres, contrôlés par un parlement, ou encore une force commune d'intervention européenne pour 2020.
"Je vois de façon positive les initiatives en direction d'une Europe de la Défense et aussi d'une Europe dans laquelle nous gérons ensemble la question de la politique migratoire", a affirmé la chancelière allemande.
Outre le discours du président français, Mme Merkel a salué le discours-programme sur l'état de l'Union prononcé mi-septembre par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "L'ensemble donne une impulsion", a-t-elle résumé.
Après une difficile victoire aux législatives dimanche, Mme Merkel n'a d'autre choix que de trouver un accord pour gouverner avec deux partis que tout oppose a priori, les Libéraux du FDP, opposés aux idées de Paris sur la zone euro, et les Verts.
M. Macron "a clairement dit que l'Allemagne et la France voulaient une collaboration étroite (...) Cela va sûrement influer sur les négociations pour un nouveau gouvernement (allemand)", a-t-elle expliqué. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"NOUS POUVONS DONNER UNE IMPULSION FRANCO-ALLEMANDE DÉCISIVE ET CONCRÈTE" 

C'est dire que le, dernier mandat d'Angela Merkel sera résolument européen. Les projets ambitieux du nouveau Président français doivent ils être pris au sérieux par l'Allemagne? "Soll man ihm also applaudieren - oder ihn freundlich ignorieren?" se demande la Süddeutche Zeitung. Et de répondre que les Allemands seraient bien inspirés de prendre très au sérieux cet homme qui ne parle pas à la légère et qui propose des mesures vitales pour la survie du grand dessein européen. Macron entend rien moins que de refonder l'Europe et de la rapprocher des gens.
Il importe que les chefs d'Etat des 28, pardon 27,  répondent à ce jeune Président français qui dit clairement ce qu'il souhaite et qui nous a habitués à faire ce qu'il dit conformément à la vieille devise attribuée à Napoléon: "impossible n'est pas français"
Quand cet ovni politique tenta de prendre l'Elysée sans  le soutien d'un parti structuré on s'est écrié: impossible. Il a cependant remporté les élections. Les commentateurs  ont alors pronostiqué une impossibilité pour lui de remporter les législatives. Il y est cependant parvenu. Ensuite les meilleurs éditorialistes  ont prédit la chienlit dans les rues de Paris suite à l'instauration de sa réforme du travail. Les réformes sont graduellement mises en place.
Très affaiblie sur le plan intérieur après les élections fédérales, Angela Merkel a enfin un partenaire pour faire bouger les choses en Europe et elle n'a pas manqué de le faire savoir relativement vite.
Bref, l'Europe aurait grand tort, dit encore la SZ, de sous estimer cet homme neuf.
"Derrière les mises en scènes pompeuses, les costumes de bonne coupe, les discours bien ciselés, se cachent une vision ambitieuse et une volonté de fer. C'est dire si la France est en train de reconquérir sa place dans les concert européen, chose qui paraissait totalement orréaliste il y a encore un an."
La chancelière Angela Merkel a enfin un partenaire solide à la tête de l'Europe. Mais il faut qu'elle s'habitue au style flamboyant de ce nouveau venu exigeant.
Ses discours prononcés à Athènes à l'ombre du Parthénon et en Sorbonne, deux décors symboliques choisis avec soin, sont des appels musclés qui en appellent à la rupture et au sursaut.
Ces prises de position téméraires  sont autant pied de nez au velléités nationalistes et souverainistes  et plaident pour un réveil de l'esprit européen en contraste avec le ronron routinier de la grande administration eurocrate bruxelloise. Macron veut renforcer le Parlement européen, exige un droit fiscal commun plus équitable, il propose une défense commune plus réactive...Bref il esquisse le dessein dune Europe de l'avenir.
Depuis Schuman, Mitterrand ou Delors, il y a très  longtemps que ne s'est plus imposé en France une grand figure européenne déterminée à franchir hardiment les limites de l'hexagone.
"Europa braucht Realisten wie Angela Merkel, die die EU in Krisen stabilisieren" Mais l'Europe a besoin également conclut la SZ de visionnaires qui osent l'impossible et font rêver les gens.
Certes, Macron n'a pas encore fait la démonstration qu'il était ce grand Européen que l'Europe attend mais il en a assurément le potentiel. Ce qui est sûr, c'est qu'il a battu la nationaliste Le Pen avec un programme délibérément européen ce que beaucoup regardaient comme insensé. Voilà qui est de bon augure.
MG

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