dimanche 24 septembre 2017

Message à Theo Francken


Le Vif
Un tag a été inscrit sur le mur en face du bureau de Theo Francken, rue de la loi. Un mur qui, détail piquant, se trouve aussi être celui de l'appartement du Premier Ministre Charles Michel. 
   
    
© DR
Une phrase écrite en lettre noire trône désormais juste en face du bureau de Theo Francken. On peut y lire : "Theo kuist dit op", que l'on peut traduire par "Theo essaye de nettoyer ça."
Un avis qui diverge donc du gouvernement Michel qui reste derrière la politique du secrétaire d'Etat Theo Francken. En effet le vice-Premier ministre N-VA et ministre de l'Intérieur Jan Jambon a déclaré hier encore à la chambre que "Moi et tout le gouvernement restons derrière la politique du secrétaire d'Etat Theo Francken". En l'absence du Premier ministre Charles Michel et de Theo Francken, retenus à New York, c'était lui qui était chargé jeudi de porter la parole du gouvernement après le tollé suscité par l'annonce d'une collaboration entre les services de Khartoum et leurs homologues belges visant à l'identification de ressortissants soudanais arrêtés au parc Maximilien, en vue de leur éventuel rapatriement.
Le ministre de l'Intérieur a assuré que la politique menée l'était conformément aux engagements internationaux et, notamment, dans le respect des garanties offertes par la Convention européenne des droits de l'Homme empêchant le refoulement vers un Etat dans lequel l'intégrité n'est pas assurée. Il s'agit d'une "approche intégrale et multidisciplinaire, passant par l'information et la prévention et veillant au maintien de l'ordre public", a-t-il encore dit. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FRANCKENSTEIN? 

Soyons lucides: nous avons rendu hommage hier à l'honnêteté intellectuelle de Geert Bourgeois face aux étudiants chahuteurs de l'UCL. La N-VA ne compte pas que des honnêtes hommes de sa stature. Elle met volontiers en avant un profil franchement douteux, celui de l'homme qui est responsable de l'immigration et que le parti charge des basses besognes dont l'homme s'acquitte avec un zèle coupable: il s'agit de ramener au bercail les électeurs flottants que le Vlaams Belang attire comme un aimant. "On doit être plus humanistes" clame Joëlle du haut de son exil politique. Et le Ps de se précipiter dans la brèche pour créer l'incident au Parlement. Tout cela est de bonne guerre. Sale guerre en réalité. "Théo, kuis dit op..."
Sale temps pour Charles Michel qui à son retour de New-York va devoir s'expliquer devant la chambre.
Gros remous en perspective car Charlot qui cite Gandhi à l'ONU est conscient que jamais De Wever ne désavouera son poulain.
MG


MILQUET: "EST-CE QUE C'EST COMME ÇA QU'ON TRAITE LES GENS?"
Le Vif
L'ancienne présidente du cdH Joëlle Milquet, aujourd'hui députée bruxelloise, trouve la politique du fédéral envers les réfugiés problématique. "On doit être plus humanistes", a-t-elle estimé jeudi soir dans Jeudi en Prime, sur la RTBF.

Interpellée sur l'image diffusée par Ecolo J et montrant le secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken affublé d'un uniforme allemand de la Seconde guerre mondiale, Joëlle Milquet a fait remarquer qu'elle était l'oeuvre de jeunes. "Je ne pense pas que ça soit la chose de meilleur goût, mais ce sont des jeunes, et je trouve un peu facile de dire 'on va porter plainte'", a-t-elle commenté.
Pour Joëlle Milquet, cette polémique n'est pas le "premier souci du moment", et elle pointe "le grand problème par rapport à la politique du fédéral envers les réfugiés". "On doit être plus humanistes" avec des personnes qui fuient des situations de guerre ou de violences dans leur pays d'origine, a-t-elle expliqué. "Quand je vois ce que (la chancelière allemande) Angela Merkel a osé faire, je trouve que c'est très courageux." L'Allemagne a accueilli plus d'un million de réfugiés ces dernières années, loin des discours de repli parfois entendus dans d'autres pays européens.
L'ancienne ministre de l'Intérieur s'est aussi montrée très critique envers la collaboration avec le Soudan, pour l'identification de migrants ne souhaitant pas demander l'asile en Belgique. "Nous avons un accord dont on ne sait rien, dont on ne voit pas de trace écrite, avec un président accusé de génocide", le Soudanais Omar el-Béchir, a-t-elle accusé.
En attendant, on laisse des personnes dormir dans un parc, ou on les emmène en centre fermé. "Est-ce que c'est une réponse? Est-ce que c'est comme ça qu'on traite les gens, des gens qui ne sont pas des criminels?", s'est-elle indignée. "Ca me choque, oui, qu'on enferme à nouveau des enfants en centre fermé. Et oui, nous avons un devoir d'accueil. Il y a une forme d'égoïsme collectif en Europe."


"NAZIS", "RAFLE DE LA POLICE", "RACISME DE L'ETAT BELGE"... LA GAUCHE NE DOIT-ELLE JAMAIS S'EXCUSER ?
Etienne Dujardin in Le Vif

Commençons par l'essentiel, je réprouve les mots utilisés par Théo Francken lorsqu'il dit vouloir " nettoyer " le Parc Maximilien. Il est revenu sur ces propos, mais je trouve déplorable qu'un Secrétaire d'Etat utilise ce genre de vocabulaire.
Ceci étant dit, je m'étonne des indignations sélectives de certains qui condamnent à juste titre ce dérapage, mais qui ne réagissent pas lorsque les jeunes écolos caricaturent Théo Francken en soldat nazi. Groen s'est heureusement distancé de ce fait déplorable, Ecolo le cautionne. Dont acte.
Je n'entends personne s'indigner lorsque certaines associations parlent de "rafle de la police" réalisée au Parc Maximilien. On a beau sortir toutes les définitions du Larousse qu'on souhaite, le Parc Maximilien n'est pas un "endroit suspect" comme le demande la définition et le mot "rafle" a une connotation historique que personne ne peut nier. Qui peut croire que la police de Bruxelles dirigée par un socialiste, à savoir Philippe Close, ordonne à sa police de faire des "rafles" ? Pourquoi ne pas utiliser un vocabulaire plus nuancé à savoir le mot "arrestation" ?
Lorsque des députés ont manifesté en 2010 pour demander la libération d'Oussama Atar, cerveau des attentats sanglants qu'on a connus, en portant à tort des accusations graves, notamment que la Belgique ne faisait pas assez de démarches pour demander sa libération à cause d'un soi-disant "racisme d'Etat" des autorités belges, c'était totalement inacceptable. L'histoire leur a donné tort et à quel point. Malgré cela aucune excuse de ces députés ou de leurs partis n'a été présentée ni sanction prise.
Autre exemple : lorsqu'on entend Marc Goblet traiter le gouvernement de "bande de gamins de merde", on ne voit, là encore, personne s'indigner de tels propos, à l'exception de membres de la majorité. Imaginez un seul instant un ministre traiter Monsieur Goblet de "gamin de merde", le tollé général qui se produirait pendant des jours, et ce, à raison.
Venons-en maintenant à la dernière polémique concernant la coopération de Théo Francken avec les autorités soudanaises. Je ne sais pas si des agents secrets sont présents ou non pour repérer des opposants politiques à ce régime. Si c'était le cas, je serais le premier à le condamner avec force, mais l'information avancée a été démentie. De nombreux pays européens ont aujourd'hui des contacts avec le Soudan sans que cela pose problème. Quelqu'un a-t-il demandé de couper tous liens diplomatiques avec le Soudan et de fermer son ambassade à Bruxelles du temps où Elio Di Rupo était Premier ministre ? Avoir des liens avec le Soudan posait moins de problèmes lorsqu'un Premier ministre était socialiste ? Comment peut-on simplement identifier des personnes et vérifier leur origine soudanaise sans aucun contact avec les autorités du pays ? La même question se poserait pour beaucoup de pays qui n'ont pas nos valeurs que cela soit le Tchad, l'Arabie Saoudite, le Yémen et des dizaines d'autres pays sur la carte du monde. Parler avec ces pays ne veut pas dire collaborer à renvoyer des opposants politiques, ce qui serait certes inacceptable. Avant que certains se permettent de traiter Theo Francken de "nazi", il faudrait savoir quelle est la nature des contacts qui ont été entrepris.
Dans les temps difficiles que nous traversons, faisons tous attention aux mots que nous utilisons et ne donnons pas l'impression vraie ou fausse qu'un certain microcosme peut tout se permettre dans le choix des mots. Vit-on dans une société où il faut faire le buzz en utilisant uniquement un vocabulaire qui choque pour faire passer un message ? Ne courons-nous pas le risque de vouloir crier toujours plus fort que son adversaire ? À ce petit jeu-là, ce ne sont pas les plus sages et nuancés qui se feront entendre. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TIRER LA PRISE? 

"Ne courons-nous pas le risque de vouloir crier toujours plus fort que son adversaire ? À ce petit jeu-là, ce ne sont pas les plus sages et nuancés qui se feront entendre."
On se demande combien de temps le CD&V qui en principe incarne des valeurs chrétiennes et de progrès va encore supporter ces dérives "franckiennes" subtilement préméditées? Et si, comme Lutgen, Beeke se décidait à tirer la prise?
MG





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