jeudi 28 septembre 2017

"C'est peut-être la fête de la Fédération, mais l'école, elle, n'est pas à la fête"


Le Vif
Source: Belga
La plate-forme contre l'échec scolaire, qui regroupe une série d'acteurs de l'école, a exprimé mercredi à l'occasion de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles ses craintes pour la bonne conduite du Pacte pour un enseignement d'excellence et la lutte contre les inégalités sociales à l'école. 
© Getty Images/iStockphoto 

"C'est aujourd'hui la fête de la Communauté française, mais ce n'est pas la fête pour l'école", a dénoncé Jean-Pierre Coenen, président de la ligue des droits de l'enfant au nom de la plate-forme lors d'une conférence de presse.
Vu la confiance ébranlée entre partenaires PS et cdH après la crise politique de cet été, la plate-forme redoute que le Pacte ne soit jamais complètement mis en oeuvre, à l'image du décret Mission adopté il y a 20 ans.
Les critiques adressées ces derniers mois envers l'allongement d'un an du tronc commun polytechnique jusqu'à 15 ans -l'une des mesures cardinales issues du Pacte- suscitent les craintes de ses membres qui voient dans la mesure un remède à la relégation et la ségrégation actuelle entre les filières générales et qualifiantes.
La plate-forme redoute aussi la révision annoncée du controversé décret Inscriptions, dont certains souhaitent l'abrogation.
"Si réforme du décret il y a, ce doit être uniquement pour assurer l'un de ses objectifs initiaux, à savoir la mixité sociale", insiste Jean-Pierre Kerckhofs, président de l'Appel pour une école démocratique (Aped).
Enfin, à l'heure où le gouvernement de la Fédération s'apprête à boucler son budget 2018, les membres de la plate-forme demandent que les moyens financiers nécessaires promis à la mise en oeuvre complète du Pacte d'excellence soient garantis.
Avant leur crise de ménage, PS et cdH ont en effet tracé une trajectoire budgétaire pluri-annuelle pour le Pacte. Mais depuis l'alliance nouée par le cdH avec le MR en Région wallonne où des économies ont été décidées, la plate-forme redoute que les centristes soient mis sous pression par le MR pour réduire la voilure financière aussi en Fédération.
"En vitesse de croisière, le Pacte nécessite un investissement (supplémentaire) annuel de plus de 50 millions d'euros", rappelle Eugène Ernst, de la CSC-Enseignement. "Le non-respect de la trajectoire budgétaire constituerait une rupture entre les partenaires de l'école au sein du Pacte et menacerait de facto sa concrétisation".
Créée il y a une quinzaine d'années déjà, la plate-forme contre l'échec scolaire regroupe une dizaine d'acteurs de l'enseignement, dont l'Aped, la fédération des parents de l'enseignement officiel, la fédération des écoles de devoirs, la Ligue des droits de l'enfant, la Ligue des familles, Lire et Ecrire, le MOC, la réseau wallon de lutte contre la pauvreté, l'association Tout Autre Ecole, ainsi que la CSC-Enseignement, le Setca-SEL et la CGSP-Enseignement. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN VIEUX FUSIL ROUILLÉ 

En somme la nouvelle majorité détricoterait tout simplement par souci budgétaire l'immense investissement temps qu'a exigé la "pacte d'excellence" qui devait constituer le fleuron de la législature. Autrement dit, ce fut une législature pour rien. "Le non-respect de la trajectoire budgétaire constituerait une rupture entre les partenaires de l'école au sein du Pacte et menacerait de facto sa concrétisation".
Mais c'est encore plus compliqué que cela puisque plus personne ne sait qui détient le pouvoir en Communauté française où se côtoient MR/PS/CDH.
Mine de rien, on est en pleine crise de régime dans une démocratie francophone enrayée comme un vieux fusil rouillé.
Et si la régionalisation de l'enseignement et de la culture était la solution?
MG



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