vendredi 6 octobre 2017

Jean-Claude Van Cauwenberghe : "Jamais encore, les Flamands n'ont eu autant de pouvoir en Belgique"


Han Renard Le Vif
Source: Knack
D'après une enquête de l'analyste Jan Callebaut, les Flamands seraient plus attachés à la Belgique que les Wallons. Interrogé par notre consoeur de Knack, Jean-Claude Van Cauwenberghe (PS) n'y croit pas. 

       
Jean-Claude Van Cauwenberghe © BELGA
"Il y a des années que j'approfondis cette question", déclare l'ancien ministre-président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe, "parce que je trouve dommage que l'identité wallonne soit aussi faiblement développée comparée à la flamande. Mais tout ce que j'ai lu sur le sujet montre que fondamentalement, dans l'ADN du citoyen flamand, c'est toujours l'identité flamande qui prime. Du côté wallon, c'est exactement l'inverse : là c'est l'identité belge qui prime."
Cependant, les sentiments d'identité sont également passagers et sujets au changement, reconnaît "Van Cau". Quand les Diables rouges s'en sortent, bien, il y a inévitablement une recrudescence du sentiment pro-belge.
"Et si aujourd'hui, les Flamands semblent remettre la Belgique à l'honneur, c'est parce que - en l'absence de confédéralisme ou d'indépendance flamande - les Flamands ne sont pas mécontents du fonctionnement actuel de la Belgique : une Belgique gouvernée par trois partis flamands et un parti tronc francophone. Les Flamands n'ont jamais au autant de pouvoir en Belgique. Et c'est ce qui évidemment ne plaît pas aux francophones."
Du côté francophone, on entend beaucoup de voix anti-belges, admet Van Cauwenberghe. "Mais c'est un instantané", pense-t-il, une conséquence du contexte politique actuel. "Si on creusait plus profondément, il en ressortirait certainement que pour les Flamands la Flandre est prioritaire, et que pour les Wallons, la Belgique reste leur championne. Je donne souvent des conférences sur ce thème, et puis j'explique que les raisons en sont impérativement historiques. Les Flamands, qui ont été longtemps opprimés au sein de la Belgique, éprouvent des sentiments d'identité plus forts que les Wallons qui n'ont pas souffert de cette hégémonie linguistique et culturelle francophone. On ne peut donc déduire de grandes conséquences politiques de cette enquête, hormis que les Flamands se reconnaissent beaucoup plus dans le gouvernement Michel - ce qui n'est guère étonnant."
La N-VA est-elle en train d'atteindre son objectif: dégoûter les Wallons de la Belgique au point qu'ils finissent par demander plus d'autonomie ? "Je ne pense pas", déclare Van Cauwenberghe. "Les Wallons détestent le thème communautaire. Et aucun politique francophone ne demande une septième réforme de l'état. Cependant, de plus en plus de francophones sont favorables à une réforme institutionnelle francophone et la suppression de la communauté francophone, ce que les régionalistes comme moi défendent depuis des années. Mais chacun se dépêcher d'ajouter, Paul Magnette (PS) en tête, que c'est possible sans septième réforme de l'état, et sans céder un millimètre aux Flamands." 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L'ETAT CVP EST MORT, VIVE L'ETAT N-VA. 

L'Etat CVP (ancien CD&V) a longtemps dominé la Belgique. L'Etat N-VA a pris le relais. Il est intéressant de voir comment ce parti qui domine en Flandre se situe par rapport aux événements de Catalogne.
Apparemment, le N-VA ne va pas revendiquer l'indépendance à l'issue du scrutin de 2019. De fait De Wever est conscient qu'il a grand avantage à tirer de la situation actuelle qui permet à son parti de gouverner la Belgique avec la tacite complicité du MR.
Van Cau, éternel  ressuscité du PS, en profite pour emboucher la trompette régionaliste. Que tout cela est difficile à suivre et à comprendre.  Pas étonnant que le grand public en ait par dessus la tête.
MG 


"UNE QUESTION DE JOURS" AVANT QUE LA CATALOGNE NE DÉCLARE SON INDÉPENDANCE
Le Vif 
 
Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a indiqué dans un entretien accordé à la BBC que le gouvernement régional, engagé dans un bras de fer avec Madrid au sujet des visées indépendantistes des Catalans, "agirait en fin de cette semaine ou début de la suivante".
Alors que l'Union européenne, notamment, a appelé les autorités espagnoles à entamer un dialogue après le référendum interdit de dimanche, il n'y a actuellement aucun contact entre Madrid et l'administration catalane décentralisée, selon Carles Puigdemont.
La Catalogne, dont la consultation populaire a été jugée inconstitutionnelle et illégale par les autorités nationales, déclarera son indépendance dans les prochains jours, a assuré le leader catalan. Il s'exprimait face aux journalistes de la chaîne britannique peu avant que le souverain espagnol ne s'adresse aux citoyens via un discours télévisé au ton très dur.
Felipe VI a souligné, dans ses paroles, que "depuis longtemps, certaines autorités de Catalogne, de manière réitérée, consciente et délibérée, ont bafoué la Constitution et leur statut d'autonomie", allant même jusqu'à dire que "ces autorités, d'une manière claire et catégorique, se sont situées totalement en marge du droit et de la démocratie".
"Aujourd'hui, la société catalane est fracturée et polarisée", a constaté le souverain, qui en a rejeté la responsabilité sur les autorités indépendantistes régionales, à la "conduite irresponsable" et d'une "déloyauté inadmissible vis-à-vis des pouvoirs de l'Etat."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Reste à savoir comment réagira De Wever si l'indépendance est proclamée et que fera le gouvernement où domine largement N-VA.
Reconnaître ou ne pas reconnaître  un Etat catalan indépendant? Ceci pourrait déboucher, selon nous, sur une crise gouvernementale majeure au sein du gouvernement fédéral. La politique est l'art de gérer l'imprévisible.
MG


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