vendredi 27 octobre 2017

Veine de cocu


Par Laurent Joffrin — 25 octobre 2017 à 20:46 Libé 



Satanés baby-boomers… Ils ont tout eu. Vont-ils en rendre un peu ? C’est un fait que la génération née après la guerre, qui arrive aujourd’hui à l’âge de la retraite sans pour autant abandonner son illusion d’éternelle jeunesse, a bénéficié de ce qu’on appelait dans le temps une veine de cocu. Une jeunesse dans une société en reconstruction, pleine d’optimisme, portée par le progrès matériel et la victoire des démocraties ; une adolescence protégée qui s’est brusquement émancipée ; un chômage inexistant à l’entrée du marché du travail ; un niveau de vie en augmentation constante ; une libération sexuelle éclose pendant la «parenthèse enchantée», entre l’introduction de la pilule et l’apparition du sida ; une impressionnante révolution culturelle et technologique source d’autonomie individuelle… Bref un monde sans cesse plus prospère, plus ouvert sur la planète et sur le champ des possibles. On oublie bien sûr le passif du bilan, des conflits angoissants, les duretés du travail dans les années 60 et 70, les vertiges d’un individualisme sans entrave, la menace nucléaire omniprésente, les rigidités d’une société hiérarchique, la petite police des corps et des mœurs, exaspérante, qu’il a fallu secouer. Mais l’un dans l’autre, aucun baby-boomer, on peut le supposer à bon droit, n’aurait aimé vivre à une autre époque. Et sur le plan économique, le fait est irréfutable : les retraités d’aujourd’hui, baby-boomers d’hier, ont un pouvoir d’achat en moyenne supérieur à celui des salariés en exercice, garanti pour de longues années puisque l’espérance de vie a connu un bond prodigieux en quelques décennies. Cette chance, autrement dit, vaut bien quelques efforts de solidarité intergénérationnelle. A l’automne d’une vie en moyenne favorisée, on peut tendre la main à ceux qui vivent un printemps difficile. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA «PARENTHÈSE ENCHANTÉE» 

Baby boomer je suis, baby boomer je reste. Oui, ma génération est née le cul dans le beurre et mourra les fesses dans la margarine. Non il n'y eut jamais meilleure époque et meilleur endroit pour naître.
Rien ne sera plus jamais aussi  bandant que les trente glorieuses et on ne sait pas ce qui nous attend après les trente calamiteuses.
Qu'on se le dise, entre pépés râleurs du muppet show.!
A bon boomeur grincheux, salut.
MG


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