lundi 9 octobre 2017

Viaduc Herrmann-Debroux: pour Pascal Smet, il y aura réouverture à court terme et destruction à long terme


Le Vif
Même si le gouvernement bruxellois a l'ambition de parvenir à une réouverture rapide du viaduc Herrmann-Debroux, l'objectif à long terme est la démolition de l'ouvrage "qui n'a plus sa place dans la mobilité régionale", a indiqué lundi le ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet (sp.a) en commission du parlement bruxellois. 
   
                                   
© Belgaimage 

Pour le ministre, la destruction du viaduc d'Auderghem ne sera toutefois pas aussi facile, tant en termes d'impact que de coûts, que celle du viaduc Reyers, il y a deux ans. "La démolition (du viaduc Herrmann-Debroux) ne sera donc plus pour cette législature", a-t-il expliqué devant les députés.
Passablement remontés par les événements, certains élus n'ont pas manqué de confronter le ministre avec ses déclarations d'il y a quelques semaines encore où celui-ci s'était voulu rassurant concernant l'état des ponts bruxellois. "Soit vous êtes incompétent, soit vous êtes irresponsable! ", a attaqué le chef de groupe MR, Vincent De Wolf. "Il est peu compréhensible qu'il ait fallu attendre jusque jeudi dernier pour avoir un audit approfondi du pont le plus important de notre Région. Ce contrôle a montré que l'état du viaduc Herrmann-Debroux est tellement mauvais que celui-ci ne peut plus être ouvert à la circulation", a enfoncé Cieltje Van Achter (N-VA). Pour les Verts Bruno De Lille (Groen) et Céline Delforge (Ecolo), vaut-il la peine de dépenser autant d'argent pour réparer un viaduc appelé à disparaître à terme?
Devant le parlement, M. Smet a détaillé les différentes étapes qui avaient conduit à la décision de fermeture du viaduc samedi. Il a ainsi expliqué qu'une enquête interne avait permis d'identifier un tronçon d'une dizaine de mètres où la capacité de soutien pourrait ne plus être optimale. Dès lundi, un laboratoire de l'Université de Liège va analyser l'ampleur des dégâts et des risques à l'aide d'analyses mécaniques, et tenter de comprendre le problème à l'aide de tests physiques et chimiques du béton, a détaillé M. Smet.
Dès mardi, une analyse des risques à court terme sera lancée, tandis que les résultats de premiers tests sont attendus dès mercredi. Une évaluation, avec une décision sur le maintien de la fermeture du viaduc, suivra ensuite, a-t-il précisé. Pour le gouvernement bruxellois, il est toutefois clair que le viaduc Herrmann-Debroux n'a plus sa place dans la mobilité bruxelloise à terme, selon M. Smet. Plusieurs études sont menées pour le moment sur l'avenir du site Hermann-Debroux. "Pour fermer le viaduc, il nous faut d'abord le RER, et nous savons qu'il y a pas mal de retard à cet égard", a glissé M. Smet. Il a précisé que d'autres ponts bruxellois faisaient actuellement l'objet d'évaluation approfondie de sécurité. Cet inventaire devrait être terminé d'ici novembre, moment où le ministre compte présenter son plan d'investissement pour les ponts de la capitale. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES SE MEURT 

C'est par centaines de milliers que depuis quatre ou cinq décennies,  les Bruxellois ont déserté la capitale et sa calamiteuse gestion par un personnel politique peu inspiré et sans vision à long terme. Résultat des dizaines de milliers de navetteurs demeurant dans la zone métropolitaine bruxelloise (qui correspond grosso modo aux deux Brabants) entrent et sortent chaque jour de Bruxelles en voiture où ils continuent à trouver du travail. Désormais ils payent leurs impôts ailleurs qu'à Bruxelles qui, de surcroît,  s'est considérablement appauvrie et dont la composition sociale s'est fortement précarisée. Résultat, il n'y a pas assez de budgets pour entretenir et moderniser les infrastructures: voiries, ponts,  tunnels , viaducs, égouts sont dans un état lamentable.  Bruxelles se meurt et étouffe de sa médiocre mobilité.   Le dossier Herrmann-Debroux n'est que la partie visible d'un iceberg qui menace une cité Titanic en plein déclin.
Pascal Smet, le lampiste de service en charge du dossier est tout au plus un fusible qui risque de sauter face à la pression molle de l'opposition.
En réalité c'est le bilan de trente années de non gestion bruxelloise qui est pointé du doigt.
Bruxelles qui n'est plus que l'ombre d'elle même a été brutalement  dégraissée par la politique de dévolution générale inspirée par la Flandre. On se demande vraiment comment elles survivrait à une possible évaporation du royaume de Belgique.
Réduite à 19 communes et coupée de son riche hinterland métropolitain brabançon, Bruxelles devient carrément invivable financièrement. La crise des tunnels, des viaducs et celle des égouts qui s'effondrent va nous en convaincre de plus en plus. L'avenir de la capitale est beaucoup plus sombre que les Bruxellois  n'imaginent.  Les rodomontades d'un bourgmestre imprévisible et globalement incompétent nommé Mayeur n'ont rien arrangé.
Les élections communales de 2018 et les régionales de 2019 en seront de toute évidence fortement influencées.
Mais qui sont les hommes et les femmes politiques déterminé-e-s à sauver la capitale?
MG



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