samedi 11 novembre 2017

Macron et Steinmeier inaugurent l'Historial franco-allemand


Par   Roland Gauron  
Figaro

- Appelant à la refondation de l'Europe, le président français et son homologue allemand ont inauguré ce vendredi l'Historial du Hartmannswillerkopf, dans le Haut-Rhin. Entre 20.000 et 30.000 soldats français et allemands y ont perdu la vie lors de la Première Guerre mondiale.
Son inauguration marque le début des commémorations du 11 Novembre. Emmanuel Macron s'est rendu vendredi, accompagné du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, dans le Haut-Rhin, pour inaugurer l'Historial franco-allemand du Hartmannswillerkopf. Les deux chefs d'Etat se sont présentés côté à côte dans la crypte du Monument national qui y a été construit en 1932 pour honorer la mémoire des milliers de soldats allemands et français tombés sur ce site entre début 1915 et 1918. Ils se sont donné une accolade, avant de présider la cérémonie d'inauguration du lieu. «Il y a une montée des extrêmes en Europe», a déclaré le chef de l'État français face à la presse, appelant à la refondation d'une Europe «souveraine, unie et démocratique».
Le Hartmannswillerkopf est un des champs de bataille les plus sanglants de la Première Guerre mondiale. À cette occasion, Le Figaro revient sur ce trop peu connu «Verdun vosgien», emblématique des combats de montagne du Front des Vosges.

POURQUOI ALLEMANDS ET FRANÇAIS SE SONT-ILS AFFRONTÉS ICI?
Le Hartmannswillerkopf, rapidement rebaptisé le «Vieil-Armand» ou la «mangeuse d'hommes» par les poilus, est un promontoire culminant à 956 mètres d'altitude qui offre une vue plongeante sur la plaine d'Alsace, entre Belfort, Mulhouse et Colmar. Cette situation géographique lui a conféré aux yeux des deux états-majors ennemis un intérêt stratégique de première importance. Ce promontoire revêt aussi pour les soldats un enjeu symbolique. Chacun des belligérants défendait un sol qu'il considérait comme sien. L'Alsace et la Moselle avaient été annexées après la défaite de 1870. Le Hartmannswillerkopf est la seule zone où des soldats français ont combattu en terre ennemie. Au fur et à mesure de combats acharnés, le sommet se transformera finalement en objectif de prestige.
     
          COMMENT SE SONT DÉROULÉS LES COMBATS?
Entre 20.000 et 30.000 soldats français et allemands y ont perdu la vie. Les premiers accrochages débutent à la fin du mois de décembre 1914. L'année suivante, les combats féroces font figure de feuilleton dans la presse française et allemande. Le sommet changera huit fois de mains. Sur place, le front se matérialise alors par près de 90 kilomètres de tranchées et quelque 6000 abris, parfois éloignés de quelques dizaines de mètres seulement. Chaque camp engagera dans la bataille quelques-unes de ses meilleures troupes. Côté français, les «Diables rouges» du 152 Régiment d'infanterie, surnommés ainsi par les Allemands en raison de leur bravoure, y écriront leurs lettres de gloire. Le front se stabilise en 1916 et les derniers soldats allemands quitteront les lieux le 15 novembre 1918.

QUE RESTE-T-IL AUJOURD'HUI DE CETTE BATAILLE?
La forêt vosgienne, rasée par les tirs d'artillerie, a repris ses droits. Une partie des tranchées et des fortifications bétonnées ont tout de même bravé le temps. Le Viel-Armand s'est aujourd'hui mué en lieu de mémoire. Avec sa crypte souterraine où reposent les restes de 12.000 soldats inconnus et son Autel de la Patrie, le site est l'un des quatre monuments nationaux de la Grande Guerre avec Notre-Dame de Lorette, Douaumont et Dormans. Le champ de bataille a lui été classé monument historique en 1921. Ces dernières années, les lieux ont subi d'importants réaménagements. En 2004, François Hollande et son homologue allemand, Joachim Gauck, posaient la première pierre d'un historial franco-allemand, ouvert cet été. C'est ce bâtiment de l'architecte Gilles Marty que viennent inaugurer leurs deux successeurs.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
RELANCER LE DIALOGUE FRANCO ALLEMAND  ENLISÉ 

A défaut de mobiliser Angela empêtrée dans la négociation d'une coalition laborieuse à mettre en place, Emmanuel Macron a convié le président Frank-Walter Steinmeier (ancien ministre SPD des affaires étrangères) à une commémoration du 11 novembre au Hartmannswillerkopf, rapidement rebaptisé le «Vieil-Armand» ou la «mangeuse d'hommes». Steinmeier " Der Nationalismus ist "ein Menschenfresser". Le "nationalisme est un bouffeur d'hommes" 

Le Président chamboule tout en a profité pour relancer le débat sur l'Europe.
«Il y a une montée des extrêmes en Europe», a déclaré le chef de l'État français face à la presse, appelant à la refondation d'une Europe «souveraine, unie et démocratique».
Puissent leurs messages être entendus car "ils ont tiré des leçons du passé pour construire demain". Sie sprachen vor allem über die Zukunft Europas.
MG


"ABER SIE SPRACHEN NICHT NUR ÜBER DIE VERGANGENHEIT, SIE REDETEN ÜBER DIE LEHREN AUS DEM GESTERN FÜR DAS MORGEN.
Sie sprachen also vor allem über die Zukunft Europas.
Europa benötige "dringend eine Neugründung", wie Macron wieder einmal betont.
Steinmeier : "Und ich bin mir sicher, dass dieser Schwung, der von der Sorbonne-Rede ausging, auch von einer neuen Bundesregierung aufgenommen werden wird".
Macron will "eine gemeinsame Lesart der Geschichte, weil das der Sockel für eine gemeinsame Zukunft ist". Darum geht es Macron ja. Er ist ungeduldig: 2018 stilisiert er zum Entscheidungsjahr - zum Jahr, in dem es "noch engere Zusammenarbeit auf dem Gebiet der Wirtschaft, der Sicherheit und der Verteidigung geben muss, aber auch bei den deutsch-französischen Initiativen, um Europa neu zu starten".
Steinmeier " Der Nationalismus sei "ein Menschenfresser".
Ja, es brauche Erinnerung - aber das werde nicht ausreichen, denn vor allem junge Leute fragten: Was hat das denn mit mir zu tun? "Die Vergangenheit verpflichtet uns nicht nur zum Gedenken - sondern verpflichtet uns auf die Zukunft", zitiert der den britischen Historiker Tony Judt. Steinmeiers Fazit für die Jugend: "Europa! Dieses Europa, die in Frieden vereinte Europäische Union, ist die Antwort auf die Verheerungen zweier Weltkriege." (Süddeutsche Zeitung)


EMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT DE CHOC
Par Alain Duhamel — Libération 


   Pierre de Villiers et Emmanuel Macron, à Paris le 14 juillet. Photo Etienne Laurent. AFP

Avec une culture de l’Exécutif dominant et autoritaire, le chef de l’Etat tient davantage de Bonaparte que de Ricœur
Cette semaine, cela fait six mois qu’Emmanuel Macron a été élu président de la République. S’il est beaucoup trop tôt pour mesurer l’efficacité de sa politique - lui-même a demandé dix-huit mois ou deux ans avant que l’on en évalue les effets- on peut déjà pressentir quel type de président est Emmanuel Macron : un président de choc, au style autoritaire, bien décidé à mener ses réformes au pas de charge. Un président transgressif, fort différent de ses trois derniers prédécesseurs parce qu’il mène une politique européenne très offensive, une politique économique très libérale et une politique sociale très centriste. Une chose est sûre : Emmanuel Macron a un projet ambitieux et ne craint pas de défier les tabous. C’est, en ce sens, un président iconoclaste.
Qu’il veuille imposer un tempo très rapide à l’ensemble de son action, c’est déjà une évidence. En un semestre, Emmanuel Macron a bousculé deux vaches sacrées de notre société française, l’ISF et le code du travail. Cela lui a valu une chute de popularité aussi immédiate que prévisible mais c’est - outre la mise en œuvre du programme sur lequel il s’est présenté - un signal envoyé à toute la France et à Bruxelles. Ce président ne connaît pas la «drôle de guerre» et l’attentisme, il part à l’assaut. Ce n’est qu’un début. Le programme qu’il déroule va toucher successivement l’apprentissage (en panne depuis vingt ans) et la formation professionnelle (un gouffre financier inefficace). Puis, ce sera le temps de l’assurance chômage (ouverture aux indépendants et, en partie, aux démissionnaires) et enfin de l’éternelle réforme des retraites qui, avec lui, ne risque pas d’être un simple replâtrage. Emmanuel Macron secoue la société tout entière.
Il le fait en guerrier. Si sa politique a des accents blairistes, son style a des couleurs bonapartistes. Emmanuel Macron est un enfant de la Ve République dans sa variante gaullo-mitterrandienne. Il est le monarque républicain qui emploie sans hésiter toutes les ressources institutionnelles de son autorité. Avec le surgissement de La République en marche (LREM), la campagne sur Internet, les adhésions numériques, les débats citoyens, l’ouragan politique qui a mis en pièces les partis traditionnels et a submergé la frontière gauche - droite, on aurait pu croire qu’il inaugurait la présidence du XXIe siècle. Pas du tout. Il relève clairement d’une tradition consulaire, avec un chef charismatique qui décide, tranche, commande, incarne et assume. Il est le leader vertical d’une nouvelle famille politique horizontale. Son rythme de réformes, sa volonté d’imposer son agenda et sa méthode aux mass-media, sa culture de l’exécutif dominant, tout cela tient bien davantage de Bonaparte que de Paul Ricœur. Emmanuel Macron ne cherche pas à concilier mais à ouvrir des brèches, à réussir des percées. Il charge.
Mais ce n’est pas un sabreur à la Murat ou à la Ney, c’est un stratège audacieux, méthodique et froid à la Davout. Il a une logique économique incontestablement libérale mais cohérente : alléger les charges des entreprises, restaurer leur marge de bénéfices, faciliter l’investissement, encourager l’innovation technique et la recherche scientifique, desserrer les contraintes, simplifier les procédures. Objectif : gagner au moins un point de croissance, moderniser l’industrie française, privilégier la créativité, replacer la France dans le peloton des nations qui gagnent et faire ainsi reculer le chômage. C’est un remède de cheval pour un pays qui se sentait fatigué. Dans un premier temps, cela ne peut pas être populaire, sinon auprès des chefs d’entreprise et d’une fraction des cadres. Au-delà, tout dépendra des résultats. Il faut cependant remarquer, car c’est rare, que selon les sondages, si sa popularité a chuté, les Français, contrairement à leurs habitudes, attendent pour juger. Là-dessus, quelque chose a changé. Pas de consensus mais pas de procès d’intention. Une expérimentation, une innovation dont on est prêt à juger les effets.
Sa chance tient en partie aux circonstances : une croissance plus solide (héritée de François Hollande et de l’environnement international), une opposition en miettes, des syndicats divisés, des partenaires européens intéressés et plutôt coopératifs. Encore faut-il qu’il parvienne à donner à sa politique sociale autant de cohérence qu’à sa politique économique. C’est sa principale faiblesse. Il a pris des mesures sociales (éducation, formation professionnelle, travailleurs détachés, bonus-malus sur les contrats courts, taxe d’habitation, baisse des prélèvements sociaux), il n’y a ni visibilité, ni perception d’ensemble, ni sentiment d’un équilibre entre l’économique et le social. Tout comme ses prédécesseurs. Il y a une forte ambition pour la France - tant mieux - une logique économique vigoureuse et assumée, et ce qui apparaît comme de simples correctifs sociaux. Bref, un calcul aléatoire : si l’économie progresse, le social suivra.
Alain Duhamel Libération


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ENCORE FAUT-IL QU’IL PARVIENNE À DONNER À SA POLITIQUE SOCIALE AUTANT DE COHÉRENCE QU’À SA POLITIQUE ÉCONOMIQUE. C’EST SA PRINCIPALE FAIBLESSE. 

Quelle plume! Quelle lucidité! Tout est dit en peu de mot avec une fluidité et une clarté sidérante. Un très bel édito comme on aimerait à en lire davantage. Les grands éditorialistes sont les pédagogues de notre temps. Ils nous aident à voir clair dans les brouillards polluants de l'actualité.








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