dimanche 17 décembre 2017

Jean-Pascal Labille (Solidaris) et Thierry Bodson (FGTB) lâchent Di Rupo


BELGA  La Libre Belgique

Le socialisme, en Belgique, c'est trois grands piliers: le mouvement socialiste, la FGTB et les mutualités socialistes. Aujourd'hui, Jean-Pascal Labille, secrétaire général des Mutualités socialistes, et puis Thierry Bodson, secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB, ont clairement avoué vouloir prendre leurs distances avec le président historique du PS.
Le secrétaire général de Solidaris Jean-Pascal Labille ne croit pas le PS capable de se relancer avec Elio Di Rupo à sa tête, confie-t-il dans une interview au Soir publiée samedi.

Pour lui, c'est Paul Magnette qui incarne l'avenir du parti. Jean-Pascal Labille "salue le travail qui a été accompli pour le Chantier des idées" mais regrette que "le parti soit resté dans le rendu vertical, il n'y a pas eu de débat au congrès de Liège" au mois de novembre dernier.
"Cette stratégie qui a consisté pour Elio Di Rupo, quelque part, à s'autolégitimer n'est pas à même de replacer le PS dans un bon rapport de force. (...) Les idées sont plus fortes qu'un homme, le parti est plus important que telle ou telle personne."
"Je pense qu'on a besoin d'un nouvel élan, un nouvel essor, avec une nouvelle équipe", dit encore le secrétaire général des Mutualités socialistes, qui s'exprime dans cette interview au nom de Solidaris. "Celui qui incarne le mieux l'avenir, c'est Paul Magnette.", conclut-il, appelant à des élections internes au parti.
«Les gens me disent qu’avec Elio, ça ne marchera pas», dit Bodson
Puis ce fut au tour de Thierry Bodson, secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB, de donner son avis.
"Je partage l’analyse de Jean-Pascal Labille qui est en trois points, commente-t-il. D’abord, de dire que si nous n’avons pas un PS et une gauche renforcée en 2019, ce sera un cataclysme social dans les cinq ans qui viennent. Ensuite, qu’il est stupide d’avoir un parti dirigé par un seul homme, même avec un G5 ou un G10. Je suis militant depuis près de quarante ans et j’ai l’impression qu’on phagocyte mon parti. Il faut que le PS soit dirigé de façon plus collégiale."
Le 3ème point de l'analyse n'est autre qu'Elio Di Rupo, explique Le Soir.
"Quand je vais dans une assemblée syndicale ou une manifestation, les gens me disent : avec Elio, ça ne marchera pas. (...) Les gens ne comprennent pas qu’on puisse passer du rôle de Premier ministre à celui de chef de l’opposition du jour au lendemain. Ce n’est pas l’homme qui est ici visé ; ce n’est tout simplement pas crédible et cela pèse beaucoup. C’est incroyable à quel point cela revient dans les discussions. Maintenant, c’est à l’intérieur du parti que les décisions doivent se prendre."
Robert Vertenueil, le secrétaire général du syndicat, a préféré ne pas prendre position. Du côté du parti, c'est silence radio, même si quelques sources anonymes ont voulu dédramatiser la situation.
Di Rupo est l'architecte, il doit piloter la refondation jusqu'au bout, dit Flahaut
Le ministre francophone du Budget, André Flahaut (PS), défend son président de parti Elio Di Rupo après l'appel du secrétaire général de la mutualité socialiste Jean-Pascal Labille à un PS sans Elio Di Rupo pour retrouver les 30% aux élections. Fidèle de l'appareil, André Flahaut, qui a répondu à l'Agence BELGA après avoir été sollicité par la RTBF, estime qu'Elio Di Rupo est l'"architecte" de la remise en marche du parti; il doit continuer à piloter le chantier jusqu'au bout. "J'ai été ministre de tutelle de la Régie des bâtiments. J'ai pu constater que chaque fois qu'on changeait d'architecte en cours de travaux, c'était le bordel", commente M. Flahaut. Ce dernier voit en Elio Di Rupo le président de la synthèse entre Guy Spitaels, qui avait ramené les socialistes au pouvoir en 1988, le plaçant à 40% avec le retour du coeur, et Philippe Busquin, qui avait dû nettoyer les écuries après l'affaire Agusta. Pour André Flahaut, Elio Di Rupo fait le job, il n'y a pas lieu de remettre cela en cause. "Nous avons besoin d'une ligne claire et de discipline. Le parti a décidé statutairement que la présidence serait renouvelée après la mise en place des coalitions en 2019. Paul Magnette aussi a indiqué qu'il serait candidat le moment venu", rappelle-t-il.
"Le PS a été renvoyé dans l'opposition par ce gouvernement fédéral qui rappelle les pouvoirs spéciaux des années 1980. Nous avons aussi été éclaboussés par certaines affaires. Le président Di Rupo a pris les choses en main, convoquant un vaste chantier des idées et oeuvrant à une réforme statutaire pour une meilleure gouvernance. Il a aussi poussé vers la sortie les fauteurs de trouble, dans le respect du droit à la défense", résume le Brabançon wallon.
La mutualité socialiste et la FGTB déplorent de ne pas avoir été invitées au congrès de refondation du 26 novembre. "Le congrès des idées a conclu ce vaste chantier, en adoptant à 98% les 170 recommandations, y compris en matière de santé et de travail, nées de débats intenses entre militants dans les fédérations. C'était le moment de l'expression des militants", réplique M. Flahaut. "Il y a des moments où chacun s'exprime dans son organisation, d'autres où l'action commune prend le relai. Il y aura d'autres congrès où FGTB et mutualité socialiste seront invitées. Elles le sont d'ailleurs au Bureau de parti. On nous dit assez ailleurs que la mutualité et la FGTB sont à la remorque du parti ou son porte-voix", ajoute-t-il.
Le ministre d'Etat appelle à "l'unité et à la cohésion" des socialistes. "Personne ne nous fera de cadeau en 2019. Ni le MR, ni le cdH, on vient de le voir. On ne peut pas compter non plus sur le PTB. Ecolo observe la situation et Maingain récolte les fruits", conclut M. Flahaut. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TU QUOQUE THIERRY BODSON 

La vraie question est de savoir si la FGTB lâche seulement Di Rupo ou si elle renonce aussi à soutenir le PS au profit du PTB qui monte, qui monte.  Il faudra y revenir.

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