samedi 23 décembre 2017

"C'est tout pour moi" : Le caprice Nawell Madani, une jeune femme qui s’aime beaucoup


HUBERT HEYRENDT 
La Libre Belgique


La Bruxelloise Nawell Madani met en scène son parcours, des Marolles à Paris.
Star chez les plus jeunes et sur les réseaux sociaux (avec près de 500 000 abonnés sur Instagram !) depuis son passage éclair par le "Jamel Comedy Club" - dont elle sera la première femme à intégrer la troupe en 2012 -, la Belge Nawell Madani se tourne désormais vers le cinéma. On l’a vue il y a quelques mois à l’affiche du pathétique "Alibi.com" de Philippe Lacheau. On retrouve la jeune humoriste belge d’origine algérienne à l’affiche d’un film sous forme d’autobiographie, qu’elle co-réalise avec Ludovic Colbeau-Justin.
Bon, à l’écran, elle s’appelle Lila et passe par la case prison. Mais sinon tout y est : la petite fille fan de hip hop, le père chauffeur de taxi à Bruxelles, la brûlure au troisième degré quand elle était gamine, l’adolescence façon garçon manqué, l’envie de percer dans la danse, avant de se tourner vers le stand up puis le one-woman-show…
Tout y est à tel point qu’on se demande pourquoi utiliser des clés dont les cadenas sont aussi énormes - pas difficile de deviner en effet derrière le "Stand Up Show" le "Jamel Comedy Club"… Sans doute parce que le portrait qu’elle dresse du petit milieu des humoristes black-blanc-beur n’est guère reluisant. Reste que cela déforce quand même un peu le propos…
Car si ce n’est pas une autobiographie de Nawell Madani, qu’est-ce que le film ? Sans doute le caprice d’une jeune femme qui s’aime beaucoup pour nous imposer ainsi, pendant plus d’une heure et demie, le récit de son parcours façon star de la téléréalité. Tout cela manque sacrément de recul pour offrir un quelconque intérêt…

© IPMRéalisation : Ludovic Colbeau-Justin&Nawell Madani. Photographie : Thomas Lerebour. Avec Nawell Madani, François Berléand… 1 h 43.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAS D'ACCORD DU TOUT 

Ce commentaire franchement odieux est celui de quelqu'un qui s'est montré incapable d'entrer dans une histoire, un vrai récit de vie.
Deux monde culturels se heurtent de plein front et la tension extrême est sublimée par un épisode interculturel très réussi.
Mais je renvoie sans hésiter à une autre critique, celle d'un cinéphile averti sans préjugé qui m'a donné très envie de voir ce film que j'ai savouré pleinement. "Un film qui fait rire et pleurer, qui amuse et interpelle, un exemple de ce que tout le monde devrait voir car il illustre que c'est possible, mais pas facile. Les vues de Bruxelles, les scènes qui s'y déroulent ont un sens dans la narration de l'histoire"
Le public largement maghrébin qui s'y précipite ne s'y trompe pas et c'est plaisir de partager avec lui les moments forts de ce récit à l'arraché:  une incroyable leçon de persévérance.
Ca  manque tellement d’exemples de combattantes, de nanas d’aujourd’hui qui serrent les virages et roulent sur les obstacles qui en arrêtent tant d’autres !

C’est parce qu’elle met en perspective les galères de sa vie que la misogynie de ses pairs apparaît tellement triviale et franchement dérisoire.
Nawell Madani fait des blagues drôles sur la virginité, les règles, la religion, et même son père. L’humour et le sacré coexistent, au sein d’une même famille !
C’est tout pour moi n’oppose pas les « Charlie » et les autres, il transcende le débat. Il y a tellement de manières de faire rire, autres que la moquerie. L'autodérision par exemple.
MG

C'EST TOUT POUR MOI de Nawell Madani et Ludovic Colbeau-Justin
Et elle l'a bien mérité : le film est magnifique. Certes pas dans la catégorie " prise de tête pour intellos " mais c'est tout pour nous : Quels talents, quelle émotion, quelle énergie. Quel superbe film débordant de vie, de vivacité. Un hymne à la multiculturalité, à la jeunesse, à cette culture émergente qui est une nouvelle vague de talents, de joies, d'émotions. Et de militantisme social et intergénérationnel. Féministe aussi dans le sens le plus riche du terme.
L'histoire se déroule suivant une chronologie simple sur plusieurs années. Celles qui vont de la petite enfance, à l'accession enfin au but recherché par une femme exceptionnelle, certes, mais tellement en empathie avec les siens, avec ses semblables, avec les personnes qui l'entourent, la stimulent, l'inspirent et parfois la combattent. Le rythme du film ne faiblit jamais, les personnages existent, tous, même si ils ne sont qu'évoqués. Il y a une modestie dans les choix des événements qui nous rend l'histoire infiniment proche. Et Nawell Madani est exceptionnelle de talent, de beauté, d'énergie. Un film qui fait rire et pleurer, qui amuse et interpelle, un exemple de ce que tout le monde devrait voir car il illustre que c'est possible, mais pas facile. Et pour le coup, le Tax Shelter est utilisé à propos me semble-t-il. Les vues de Bruxelles, les scènes qui s'y déroulent ont un sens dans la narration de l'histoire. Et si Olivier Gourmet veut apprendre ce qu'est un bon acteur, vrai, qu'il regarde bien Mimoun BENABDERRAHMANE le père chauffeur de taxi qui en est lui à son premier rôle.

NAWELL MADANI
Nawell Madani, née le 25 octobre 1983 à Watermael-Boitsfort, est une humoriste et animatrice belge. Elle est révélée au public en 2012 grâce au Jamel Comedy Club.
Née le 25 octobre 1983, d'origine algérienne, Nawell grandit en Belgique, se brûle au troisième degré à 2 ans (subissant ensuite les quolibets de ses camarades à l'école), et est une bonne partie de son enfance et de son adolescence, un garçon manqué (d'après ce qu'elle raconte dans ses spectacles). Son père est chauffeur de taxi (désapprouvant un moment le départ de sa fille, lui en voulant de quitter le foyer familial) et sa mère est infirmière dans un hôpital.
Elle s'installe à Paris à 21 ans avec pour ambition première de devenir chorégraphe et danseuse professionnelle, connaît des difficultés financières, revient en Belgique, puis repart dans la capitale française. Elle fait plusieurs petits boulots : « Pour gagner ma vie, j'ai fait dame pipi, physio, vendeuse de crêpes ». Après plusieurs tournées en tant que chorégraphe (elle apparaît dans le clip de DJ, de Diam's), elle abandonne cette carrière : « les directeurs artistiques nous demandaient surtout de nous mettre en bikini. Ils se foutaient de la danse », déclare-t-elle. Elle est un moment directrice artistique d'une boîte de nuit à Anvers. Elle découvre le théâtre et veut devenir actrice. Fin 2008, elle intègre alors le Studio Pygmalion où elle se forme pendant plusieurs mois. Elle suit également les cours de Damien Acoca, ceux du « Laboratoire de l'Acteur » dirigé par Hélène Zidi-Chéruy... Elle est ainsi repérée dans la petite salle Le Pranzo par le directeur artistique du Jamel Comedy Club qui l'invite à passer le casting pour intégrer l'équipe créée par Jamel Debbouze. Seule femme retenue pour intégrer la troupe, Nawell Madani commence en septembre 2011 en tant qu'humoriste. Elle quitte cette troupe six mois plus tard : « je pensais intégrer une grande famille, j'ai découvert un monde plein d'ego et de compétition » Elle reconnaît cependant que « ça a forgé mon caractère. J'ai appris le métier plus vite »3.
Sur Télé Sud, elle anime l'émission Backstage où elle reçoit des artistes tels que Rick Ross, Shaggy, Wyclef Jean, Kery James, Nas ou Chris Brown. En 2011, elle présente l'émission Shake Ton Booty sur MTV aux côtés de Cut Killer. En septembre 2012, elle rejoint en tant que chroniqueuse l'équipe du Grand Journal qui cherche à se renouveler9. Elle fonde ensuite en 2013 le collectif des Jam’Girls, émission télévisée qui réunit une nouvelle génération humoristes féminines, diffusée sur Chérie 25 et Comédie. Elle se lance dans son premier one-woman show en 2014 : C'est moi la plus belge, au palais des Glaces à Paris et fait la tournée des Zéniths en France. Elle y aborde des sujets tabous, comme la virginité chez la femme maghrébine ou encore l'homosexualité. Elle participe au festival Juste pour rire de Montréal (Canada) en juillet 2014.
En 2015, elle est récompensée aux Globes de Cristal dans la catégorie Meilleur one-man-show.
Elle est présente dans le film Alibi.com, en salles le 15 février 2017. Le 29 novembre 2017 sort en salle son premier film, C'est tout pour moi, qui raconte son histoire. Elle joue également dedans, aux côtés de François Berléand. 

FRANÇOIS BERLÉAND 
(...) Sa grand-mère Berthe, a été comédienne de théâtre yiddish et son grand-père, homme facétieux et mythomane, qui parlait treize langues, aurait été metteur en scène à Odessa. Ainsi, leur petit-fils François a pris le flambeau de la fibre théâtrale de la famille.
Il raconte son enfance dans Le Fils de l'homme invisible, paru en 2006 ; il y relate le traumatisme qui le conduisit à onze ans à un dédoublement de la personnalité, aux portes de la folie, étrangement causée par une unique affirmation de son père : « De toute façon, toi, tu es le fils de l'Homme invisible », allusion au célèbre feuilleton de l'époque. Cela a construit sa personnalité d’acteur.
Il fait des études durant 2 ans dans une école de commerce et se fait embaucher brièvement dans la publicité. C'est lors d'un cours de théâtre de cette école qu'il découvre les « planches »7. Aussi, parallèlement à ces études, il suit une formation théâtrale, et débute sur scène dans une pièce intitulée Sur une plage de l'Ouest. Ses études terminées, il s'inscrit au cours d'art dramatique de Tania Balachova et rencontre Daniel Benoin, un metteur en scène sous l'égide duquel il travaillera de 1974 à 1981, participant à une quinzaine de spectacles, classiques comme contemporains. Il joue des grands rôles dans le théâtre subventionné. Vers 1990, il quitte le théâtre public pour le théâtre privé où il rencontre Nicole Garcia avec qui il partage sa vie quelques années . Elle lui donne confiance en lui-même et l'incite à suivre une psychanalyse.
Il commence sa carrière cinématographique en 1978. Mais il enchaîne alors surtout de la figuration, des rôles de « troisième couteau » (second plan) et quelques rares seconds rôles dans des comédies à succès pendant les années 1980.
Ce n'est qu'à 45 ans, en 1997, qu'il se révèle réellement au grand public dans son rôle du film Le Septième Ciel de Benoît Jacquot... Ce qui n’a fait que confirmer la prédiction que Tania Balachova, sa professeur d’art dramatique, lui avait faite à 20 ans : « Vous, si un jour vous devez être connu, ce ne sera pas avant l’âge de 40 ans. »  (Wikipedia)

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