lundi 31 décembre 2018

Gilets jaunes et récits de l’insurrection : quelles conséquences en Belgique


Une opinion de Sami Pieczynski, doctorant en Information et Communication à l'UNamur. (La Libre)

Il interroge autant qu’il passionne : le mouvement des "Gilets jaunes" semble vouloir s’inscrire dans la durée. De ce constat plusieurs questionnements émergent. Comment analyser : le processus et les réponses gouvernementales qui y ont été amenées ? La différenciation constatée entre le mouvement en France et en Belgique en termes de mobilisation ? Quels traits d’union et divisions sont mis en place par les intellectuels ? Questions qui méritent réponse dans un débat qui fait émerger des peurs et des doutes sur la colère populaire. Quelle légitimité à ce mouvement et quelles pistes de solutions ?

(...) Depuis les années 80, comme le démontre l’observatoire des inégalités, le renversement de la pression fiscale des classes possédantes vers les classes travailleuses est devenu la norme qui transforme l’appareil étatique en une machine à redistribuer les richesses du bas vers le haut. La conséquence n’est plus à établir : une inégalité croissante des revenus et des conditions de vie. Dans une situation où le poids de l’évasion fiscale française est largement connu du grand public, devenu la cible, par défaut, de la taxation, l’égalitarisme comme fondement moral de la prédation étatique apparaît donc comme une relique fissurée des Trente Glorieuses.
C’est dans ce contexte que, l’annonce de la hausse des taxes sur le carburant et la suppression de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune), fait naître un sentiment faisant perdre à l’exploitation matérielle sa légitimité. Le travail hégémonique ne suffit plus à rendre compte de la pénibilité des conditions de vies des travailleurs. Plusieurs tactiques furent mises en place, pour faire disparaitre toute résistance : le discours de rationalisation des mesures prises, c’est à dire, l’argument de la fuite des capitaux. Le discours de l’instrumentalisation tantôt par l’extrême droite, tantôt par l’extrême gauche. Le discours de division du mouvement avec d’autres mobilisations. Le discours "classistes" : les acteurs dominants se sont habitués à ridiculiser ou priver de parole les classes populaires faisant preuves d’un violent ethnocentrisme de classe illustré par le président Macron lors de ces déclarations.
LA PLACE DANS LE PROCESSUS DE PRODUCTION
Pourtant, aucune de ces tactiques ne semblent porter leurs fruits : les acteurs ne sont pas aveugles à l’aliénation dont ils sont les cibles. La volonté de vouloir les positionner sur un échiquier politique traditionnel est une preuve de l’incapacité de politiques et spécialistes de pouvoir les identifier sur des bases salariales, géographiques, politiques... Cette identification est finalement possible à travers un prisme : la place dans le processus de production. La définition ne se fait que sur une base économique qui se définit de manière différenciée dans les dimensions qui se jouent autour de cette identité. La réponse donnée par le président Macron se révèle donc insuffisante. Ce qui importe c’est de questionner la manière dont est répartie à la fois la production mais également la place de ceux qui définissent cette répartition. Ainsi, la réelle augmentation à constater est celle de "la prime d’activité" de l’ancien RSA (revenu de solidarité active). L’annonce faite était celle de la continuation, tout au plus de l’accélération, d’un programme déjà en place. Ensuite, les premières recherches montrent que les discours identitaires sont minoritaires au sein du mouvement. En revanche, la question sociale, fer de lances des partis de gauche radicale, si elle est présente, doit-elle servir de justificatif à la marginalisation du mouvement ? Ensuite, il semble que le mouvement puisse offrir des points d’ancrage à l’ensemble des autres luttes, donnant à voir ce que Chauvel nomme "une synchronisation des frustrations". Enfin, le discours classiste n’a pas réussi son objectif puisque les taux d’acceptation populaires se sont maintenus à de hauts niveaux.
POURQUOI N'Y A-T-IL PAS PLUS DE CONTAGION EN BELGIQUE?
Néanmoins, une question demeure : pourquoi n’observe-t-on pas une contagion plus importante en Belgique ? Ici, le contexte belge est à prendre en compte. Si le syndicalisme est un syndicalisme militant en France, il convient de parler d’un syndicalisme de masse en Belgique. L’hypothèse ici est donc la nécessité d’une évolution des pratiques syndicales. Cette hypothèse semble confirmée par le faible taux de syndicalisation de ceux qui constituent les "Gilets jaunes". L’hypothèse ne dicte pas aux syndicats la conduite à tenir mais ouvre des portes de réflexion sur des manières d’amener un cadre de mobilisation différent. Ce qui ressort, des premiers résultats des enquêtes sociologiques (Coquard), c’est que ce sont les personnes les plus susceptibles de subir cette a-moralisation de l’économie qui se retrouvent dans les blocages. Ce qui semble se traduire reste, la volonté d’avoir une "voix" conçue comme un moyen d’obtenir un pouvoir réel sur des décisions. Pour cela, l'affirmation d'une identité politique capable d'organiser les travailleurs en tant que classe aux intérêts communs est nécessaire. En ce sens nous parlons, de phase insurrectionnelle car le mouvement amène le double constat d’échec de politiques libérales mais, également, de la social-démocratie à préserver le contrat social. L’insurrection ne pourra être établie dans sa finalité que si le mouvement rencontre une force politique capable d’organiser concrètement les aspirations populaires. Se donne donc à voir une remise en cause de la finalité de nos sociétés. A travers l’Europe s’élèvent des voix issues des mouvement populaires mais également de certains syndicats et partis qui propagent cette analyse.


DES GILETS JAUNES FÊTENT NOËL SUR LEUR ROND-POINT
Le Vif 

"C'est un Noël comme à la maison" : à Somain, dans le Nord, une trentaine de "gilets jaunes" ont fêté lundi soir Noël avec "leur deuxième famille" sur un rond-point où un prêtre devait célébrer la messe de minuit.
Oeufs mimosa, toasts au foie gras, chapons et bûches pâtissières... "si on fêtait Noël chez nous, on n'aurait même pas ça", sourit Xavier, 44 ans, en levant son verre.
Depuis le 17 novembre, la plupart militent chaque jour sur ce rond-point de Somain, ville communiste de quelque 13.000 habitants où des "gilets jaunes" se relaient jour et nuit. Ils y ont même construit une petite cabane en bois et planté un sapin de Noël "pour l'occasion".
Pour Christine, 51 ans, fêter Noël ici, "c'était obligé". "Au début, on manifestait pour protester contre le prix de l'essence, puis on est devenu amis, on s'est dit +on n'est pas tout seul+", raconte-t-elle, assise au milieu du rond-point, drapeau français dans une main, amuse-bouche dans l'autre.
"Ce qui nous rassemble, c'est qu'on en a marre de galérer", résume Alexandre, ouvrier de 38 ans, venu avec sa femme et ses deux enfants.
Souvent, des automobilistes klaxonnent au passage, en guise de soutien. "Joyeux Noël !", crient certains.
"On est encore aimé, malgré les critiques !", s'enthousiasme Christian, militant de 57 ans, guirlande de Noël en bretelles. "Des passants nous ont même distribué des pâtisseries, des boissons, des chips...", ajoute Emmanuelle, 38 ans.
"Au départ, je ne connaissais personne, mais nous sommes devenus une famille, c'est la seule chose que Macron a réussi à faire de bien: nous rassembler, resserrer les liens entre les gens", pense Christopher Damiens.
Derrière lui, un panneau publicitaire est tagué "Macron dégage".
"Plus il tapera sur les gens, plus y aura de monde ici et plus nous serons soudés !", lance le manifestant, casquette grise vissée sur la tête.
"L'ÉGLISE EST DU CÔTÉ DES PERDANTS"
"L'autre, il mange du caviar avec les soldats, il devrait venir voir son peuple, nous écouter !", s'emporte à ses côtés Jean-Luc Leclerc, cariste à la retraite, dans une allusion au réveillon de Noël, ce week-end, du président Emmanuel Macron au Tchad avec un millier de militaires français de l'opération Barkhane.
"Moi, j'avais vraiment envie de faire Noël ici, avec mes camarades de combat, car entre nous est née une amitié sincère", ajoute le retraité.
Puis note: "Les ronds-points remplacent les petits cafés qui existaient dans le temps, on retrouve une solidarité et on quitte le métro-boulot-dodo".
Alain 48 ans, poissonnier, a tenu à passer après le boulot, "par solidarité". Et ajoute : "de toute manière, je n'avais rien de prévu ce soir".
Pour Laurent, les "gilets jaunes" sont "sa deuxième famille"; c'était donc "normal" de "fêter Noël ici". "On a pris l'habitude de se voir chaque jour depuis un mois, on parle de tout et de rien, on se marre bien", dit-il, agitant un drapeau bleu-blanc-rouge à côté d'un poêle artisanal.
Il est venu avec Kévin, son fils de 19 ans en CAP paysagiste: "A la maison, je m'ennuie, je préférais fêter Noël ici, il y a une bonne ambiance, c'est convivial", témoigne le jeune homme qui tient une pancarte "Klaxonnez s'il vous plaît".
"J'espérais tant qu'un mouvement comme celui-là émerge. Ici, on s'entraide, on n'est pas dans la société individualiste", se réjouit de son côté Thérèse, 61 ans.
"Même en ne connaissant personne, je discute beaucoup, avec tout le monde, ici", poursuit l'infirmière.
Le prêtre Joseph Nurchi, gilet jaune sur le dos, est déjà là. Il a programmé de célébrer la messe à minuit.
"L'Église est du côté des perdants", lance-t-il aux militants.
A côté de l'autel improvisé, il assure: "Je voulais être ce soir au côté des plus fragiles, c'est une révolte qui m'a touché". (AFP)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"ON RETROUVE UNE SOLIDARITÉ LOIN DU MÉTRO-BOULOT-DODO" 

"Les ronds-points remplacent les petits cafés qui existaient dans le temps, on retrouve une solidarité et on quitte le métro-boulot-dodo".
"Ici, on s'entraide, on n'est pas dans la société individualiste", se réjouit de son côté" Thérèse.
C'est une révolte qui m'a touché, dit le prêtre qui se prépare à y improviser une messe de Noël.
Autrement dit, les rassemblements de gilets jaunes sur les ronds points tissent du lien social ou si on préfère utiliser le terme cliché: créent de la "cohésion sociale" là où de plus en plus elle venait à manquer.
Les "gilets jaunes" sont regardés comme  "une deuxième famille" où d'aucuns ont trouvé "normal de fêter Noël " ensemble et demain j'imagine le nouvel an. "On a pris l'habitude de se voir sur les rotondes  chaque jour depuis un mois. C'est peinard, "on y parle de tout et de rien, on se marre bien", dit-un gilet jaune, agitant un drapeau bleu-blanc-rouge à côté d'un poêle artisanal.
Emmanuel Macron avait fait campagne avec un bouquin au titre tonitruant: "révolution". Mais voilà qu'au grand dam du jeune et hardi Président la révolution a surgi sous forme d'une jacquerie en gilet jaune qui menace  de tout chambouler et de ruiner son quinquennat. N'avait-il pas parié sur une grande victoire aux européennes de mai 2018 comme test devant confirmer le succès de sa politique?
MG


ELECTIONS EUROPÉENNES : LE RN EN TÊTE DES INTENTIONS DE VOTE MAIS SERAIT PÉNALISÉ PAR UNE LISTE "GILETS JAUNES", LES RÉPUBLICAINS S'EFFONDRENT 

Le parti de Marine Le Pen recueille 24% des intentions de vote, en progression de trois points par rapport à la précédente enquête du mois de septembre. Derrière, La République en marche est créditée de 19% des intentions de vote.
franceinfoRadio France
LES RÉPUBLICAINS, GRANDS PERDANTS
Le grand perdant de ce sondage est le parti Les Républicains, crédité de 8% des intentions de vote, en baisse de six points en trois mois. Le parti de Laurent Wauquiez ne profite pas du mouvement des "gilets jaunes", au contraire. Il est désormais talonné par Debout la France, la formation de Nicolas Dupont-Aignan qui obtient 7% des intentions de vote. A gauche, la liste France insoumise est en baisse d'un point en trois mois à 11,5%. Le Parti socialiste progresse de 2,5 points à 7% et les écologistes sont crédités de 6,5% des intentions de vote (+1,5 point).
UNE LISTE "GILETS JAUNES" RECUEILLERAIT 8%
Par ailleurs, ce sondage s'est intéressé à la possibilité d'une liste conduite par des "gilets jaunes". Celle-ci recueillerait 8% des suffrages selon cette enquête. Un score qui se ferait principalement au détriment du Rassemblement national, qui ne serait alors crédité que de 21% des voix mais qui resterait encore en tête. Les élections européennes auront lieu le dimanche 26 mai en France. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FIN DU JAMBON 

Les nationalistes ont le vent en poupe. Si cette tendance française qui est la même que celle qui se dessine ailleurs en Europe et singulièrement en Flandre où NVA/Belang totalisent ensemble 40% des intentions de vote devait se confirmer le 26 mai, nous  nous réveillerions le 27 avec un Parlement européen rebelle et hostile à l'Union. Il est vrai que c'est dans cinq mois et qu'une demi année c'est long, très long en politique. Ayons donc comme nous y invite Edgar Morin foi dans l'imprévisible.
"Comment se réinventer ? C’est la question à laquelle se trouve confronté Emmanuel Macron, alors que la mobilisation des "gilets jaunes" a entamé depuis le week-end dernier un mouvement de reflux. Une tendance que l’acte VI, prévu ce samedi, devrait a priori confirmer, si l’on en croit la moindre mobilisation ces derniers jours sur les réseaux sociaux." Just wait and see.
MG



mardi 25 décembre 2018

Voici le discours de Noël du roi Philippe

Les fêtes de Noël et de nouvel an sont l’occasion idéale de prendre du recul, d’arrêter notre course à la poursuite du temps. De faire le point. Mais aussi de se souvenir que la vie est un chemin que nous ne faisons pas seuls, mais avec des compagnons de route, qui, comme nous, ont besoin d’une présence, d’une écoute et de conseils.
Pour la plupart d’entre nous, les fêtes de fin d’année sont des moments de retrouvailles et de partage, des moments où l’on prend du temps avec des proches. En particulier pour ceux qui traversent de lourdes épreuves, connaissent la solitude, ou qui ont perdu un être cher, la présence et l’écoute d’un proche a une valeur inestimable.
Cette période festive est l’occasion d’avoir une attention particulière pour les plus fragiles de notre société. Mais aussi pour tous ceux qui les entourent et les accompagnent avec soin et dévouement, pour qu’ils puissent vivre dignement.
Avec ceux qui ont des enfants, nous avons en commun, la Reine et moi, le désir de vivre avec eux des moments vrais, de réelle présence les uns pour les autres. Nous savons à quel point ils sont importants, mais aussi à quel point il est facile qu’ils nous échappent. Ce sont des moments où l’on peut recevoir nos enfants tels qu’ils sont et avoir la joie de les redécouvrir.
Des moments aussi où ils peuvent se rendre compte que nous, parents, et tous ceux qui œuvrent pour leur éducation, sommes également vulnérables. Ils comprendront que notre force intérieure se construit en surmontant les difficultés et non en s’y enfermant ou en les évitant. C’est grâce à cette force intérieure que nous pouvons réellement nous ouvrir aux autres et assumer nos responsabilités.
Notre pays traverse une période mouvementée. Des sujets importants préoccupent à juste titre nos concitoyens. Aujourd’hui nous sommes confrontés à de vives tensions politiques. Je fais confiance au sens des responsabilités de nos dirigeants pour agir dans l’intérêt du pays et de la population.
Les inégalités, la pauvreté, l’intolérance, le changement climatique, sont des questions qui demandent des réponses exhaustives. Ces problèmes cruciaux de notre société demandent de notre part à tous écoute et ouverture, courage et esprit d’initiative.
La démocratie exige cette écoute et ce dialogue. Préparons-nous aux élections fédérales, régionales et européennes en tenant des débats ouverts et vrais, où l’on se respecte. Car le moment du vote doit être le résultat d’une mûre réflexion.
"Donnez-moi un point fixe et un levier et je soulèverai la Terre", disait Archimède. Habiter pleinement notre temps, cultiver une force intérieure qui nous ouvre aux autres, ce sont ces points fixes et ces leviers qui peuvent nous faire soulever des montagnes.
La Reine et moi et toute notre famille vous souhaitons une joyeuse fête de Noël et une bonne et heureuse nouvelle année.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEUX DISCOURS POUR LE PRIX D’UN. 

Ecrit en pleine crise politique, alors que la N-VA avait déjà quitté le navire gouvernemental le discours royal a été enregistré lundi dernier. Ce que nous avons entendu est sans doute une seconde version dans laquelle  Philippe aborde le sujet de cette défection par fines allusions.  Pas directement sur le fond puisque le Roi se doit d'être constitutionnellement neutre politiquement. Philippe a toutefois  eu à coeur de lancer un appel à la préservation de l’intérêt général.
Voilà qui assurément nécessita de modifier le discours. Voilà qui est carrément surréaliste! Pauvre Philippe. Déjà que ce souverain pataud marche sur le oeufs avec des prudences de sioux.
Quelle sera la place et le rôle du roi dans une Belgique confédéraliste? La question n'est pas encore d'actualité mais après le 26 mai?
"Un message  plus audacieux que les années précédentes", observe le politologue Dave Sinardet (VUB), constatant dans le Vif que ce genre de discours est un difficile exercice d'équilibre pour le souverain qui doit rester au-dessus de la mêlée politique tout en ayant un message suffisamment fort que pour ne pas passer inaperçu.
"Agir dans l'intérêt du pays et de la population."  "Les inégalités, la pauvreté, l'intolérance et le changement climatique sont des questions qui demandent des réponses exhaustives".
"Ces thèmes  renvoient implicitement aux contestations et manifestations des derniers mois et notamment au mouvement des gilets jaunes et à la marche pour le climat", selon le politologue.
"J'ai confiance dans le fait que nous resterons unis, citoyens d'un pays ouvert, où la grande majorité des compatriotes d'origine étrangère ont saisi les chances qui leur étaient offertes et partagent les valeurs de notre pays. Ils sont les fils et les filles de ce pays. Ne confondons pas ceux qui dévoient leur religion avec ceux qui la pratiquent dans le respect des valeurs universelles de l'humanité", devait rappeler le roi.
"Mais sur la migration, qui est quand même à l'origine de la chute du gouvernement, il se tait", analyse encore le politologue.
Le Roi se réfère, de manière plutôt inhabituelle, à la récente crise politique qui a entrainé la démission du gouvernement fédéral, qu'il a chargé d'expédier les affaires courantes. "Notre pays traverse une période mouvementée. Des sujets importants préoccupent à juste titre nos concitoyens. Aujourd'hui nous sommes confrontés à de vives tensions politiques. Je fais confiance au sens des responsabilités de nos dirigeants pour agir dans l'intérêt du pays et de la population", déclare Philippe.
Le souverain appelle au dialogue et au respect mutuel. "La démocratie exige cette écoute et ce dialogue."
Le Roi rappelle également que cette période festive "est l'occasion d'avoir une attention particulière pour les plus fragiles de notre société" ainsi que pour ceux qui les entourent et les accompagnent "avec soin et dévouement".
"Ils comprendront que notre force intérieure se construit en surmontant les difficultés et non en s'y enfermant ou en les évitant. C'est grâce à cette force intérieure que nous pouvons réellement nous ouvrir aux autres et assumer nos responsabilités." "'Donnez-moi un point fixe et un levier et je soulèverai la Terre', disait Archimède. Habiter pleinement notre temps, cultiver une force intérieure qui nous ouvre aux autres, ce sont ces points fixes et ces leviers qui peuvent nous faire soulever des montagnes", conclut le souverain.
Intéressant: ne disait-on pas jadis en terre catholique que seule la foi est capable de soulever des montagne...
MG

LE PAPE CRITIQUE «LA VORACITÉ CONSUMÉRISTE» DE L'HUMANITÉ
•Par  Le Figaro.fr avec AFP
Le pape François a vivement critiqué lundi soir la "voracité consumériste" des hommes, en les appelant à réfléchir au sens spirituel de leur vie et au partage avec les plus pauvres, dans son homélie de Noël. "L'homme est devenu avide et vorace. Avoir, amasser des choses semble pour beaucoup de personnes le sens de la vie"(...) Une insatiable voracité traverse l'histoire humaine, jusqu'aux paradoxes d'aujourd'hui; ainsi quelques-uns se livrent à des banquets tandis que beaucoup d'autres n'ont pas de pain pour vivre", a-t-il souligné, s'exprimant sous le baldaquin dessiné par le Bernin, où seul le souverain pontife est autorisé à célébrer la messe. "On doit dépasser le sommet de l'égoïsme, il ne faut pas glisser dans les ravins de la mondanité et du consumérisme", a encore plaidé François lors de la messe de la nuit de Noël, qui commémore la naissance de Jésus de Nazareth placé dans une mangeoire dans la tradition chrétienne.
"Le petit corps de l'Enfant de Bethléem lance un nouveau modèle de vie: non pas dévorer ni accaparer, mais partager et donner", a plaidé le pape, rappelant que le nom "Bethléem" signifie "maison du pain". "Demandons-nous : ai-je vraiment besoin de beaucoup de choses, de recettes compliquées pour vivre? Est-ce j'arrive à me passer de tant de garnitures superflues, pour mener une vie plus simple? Demandons-nous: à Noël, est-ce je partage mon pain avec celui qui n'en a pas?", a égrainé le souverain pontife.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAROLE D'ÉVANGILE

Plutôt que de s'empiffrer des restes de foie gras, de dinde farcie et de bûche de Noël dégoulinante de crème, plutôt que de râler sur les cadeaux reçus et de se préparer à les refiler ou à les revendre, il ne serait sans doute pas inutile  de relire en ce 25 décembre, croyant ou non, chrétien, athée, juif ou musulman, les versets que Mathieu consacre à la naissance de Jésus. On s'apercevra, ce faisant, du caractère éminemment éthique du texte chrétien fondateur. Et puisqu'on est dans Mathieu qu'on en profite donc pour méditer Mathieu XXV que Pierre de Locht regardait dans son indépassable "foi décantée" comme le centre de gravité du message de Jésus.
MG

dimanche 23 décembre 2018

Affaire courantes : une coalition des bonnes volontés? Chiche!

 
PAR BÉATRICE DELVAUX Le Soir 

« Le monde politique belge est invité par le Palais à un test de maturité. »
Esprit de Noël, es-tu là ? On pourrait y croire : après quelques semaines en enfer et neuf journées ubuesques, la Belgique retrouve un gouvernement. La logique aurait voulu que l’électeur ait droit à des élections en bonne et due forme. Mais comme la logique n’était pas au rendez-vous de cette crise provoquée pour de très mauvaises raisons par la N-VA, on est en droit de se dire que le choix du Roi n’est pas le plus parfait, mais bien le plus raisonnable, à cinq mois des élections. Les dégâts démocratiques de ce non-passage aux urnes anticipé sont donc limités, vu les circonstances.
Regardons maintenant le bébé, « Michel bis », un gouvernement en affaires courantes : un semblant de gouvernement ou un gouvernement pour faire semblant ?
C’est a priori ce deuxième destin qui attend une formation minoritaire qui risque de rencontrer sur son (court) chemin plus de mines que de bonnes volontés. Pas certain d’ailleurs que cette trêve de Noël soit le dernier épisode de crise avant les élections de mai prochain.
PS et N-VA, les deux partis les plus importants dans chaque partie du pays, tous deux désormais dans l’opposition, vont-ils collaborer avec « Michel bis » ou se borner à des appuis très ponctuels ? Le danger serait pour le PS de perdre des plumes sur son profil d’ultra-gauche au bénéfice du PTB et pour la N-VA de se déforcer à l’extrême droite, au profit du Vlaams Belang. Et comme depuis les élections communales, la plupart des partis se sont surtout profilés en fonction des points à gagner ou à perdre dans les urnes, il faudrait un revirement pour les pousser à changer d’attitude, à quelques brasses du rivage électoral.
SERA-CE UN GOUVERNEMENT POUR FAIRE SEMBLANT ?
Un revirement sous forme de « coup de cravache » royal ? Hier, le Palais a en tout cas forcé tout ce petit monde politique à se positionner et à se dévoiler. Ce gouvernement en affaires courantes ne sera en effet ambitieux que si les hommes politiques, ou une majorité d’entre eux, le veulent. Coalition des bonnes volontés qu’ils disaient ? « Prouvez-le », renvoie le Roi.
La balle est donc dans le camp de ceux et celles qui jurent depuis des jours, la main sur le cœur, toutes couleurs confondues, qu’ils ont « entendu le citoyen », sont « responsables  » et ne veulent pas que le pays, confronté à tant de défis et d’inquiétudes soit « immobile ». Vendredi, le Roi a donné l’avantage aux partis de la « coalition pacte migratoire » en refusant à la N-VA ses élections anticipées : il va falloir s’en montrer digne.
Le monde politique belge est invité par le Palais à un double test de maturité. Sur le fond : il a cinq mois pour prouver sa capacité à apporter ces fameuses réponses aux défis et attentes de la population – le climat, autre chose qu’un nouveau slogan, vraiment ? Sur la forme : il devra montrer que ses deux institutions clés, le Parlement et le gouvernement, peuvent réinventer la démocratie. Chiche !, leur a dit un Roi qui a repris ce vendredi sa place sur l’échiquier. Et a fait, lui, sa part du boulot. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SITUATION GRAVE OU DÉSESPÉRÉE? 

En 1916 l'écrivain Joseph Roth (qui s'exilera à Ostende avant l'Anschluss de 1938) devisant dans un café viennois avec un ami allemand lui dit tout de go: "La situation en Allemagne est grave mais non désespérée mais en Autriche la situation est désespérée mais ce n'est pas grave."
Il se pourrait que cela soit d'actualité pour la situation en Belgique cent ans plus tard.
MG


Elio Di Rupo : "Le PS ne gouvernera pas avec la N-VA, un parti qui n'a aucun intérêt pour l'État!"


DH

Le président du Parti socialiste Elio Di Rupo affirme que son parti "ne négociera pas le confédéralisme".
"Notre volonté c'est de ne pas gouverner avec la N-VA, un parti qui n'a aucun intérêt pour l'Etat", assure-t-il dans un entretien accordé à L'Echo samedi. "Le confédéralisme, ça veut dire qu'on a quasiment plus de pays. Il y a deux ciments à la Belgique. Il y a d'abord le sentiment d'appartenance à la Belgique, je pense qu'il est majoritaire tant côté francophone que côté flamand. Les gens sont fiers d'être Belges. En marge de cette dimension affective, on a un second ciment qui est la sécurité sociale. Cette dimension, cette solidarité entre un Nord aisé et un Sud qui a des difficultés, si vous scindez cela, le pays éclate", poursuit le socialiste qui déplore que ce scénario soit "le rêve" de la N-VA.
Fatigué des "hypothèses qui circulent", le président du PS compte observer ce que feront les autres partis flamands: "vont-ils encore s'associer à la N-VA ou pas? Beaucoup va dépendre de l'attitude du CD&V et de l'Open Vld", pointe le Montois. "C'est aux Flamands à s'exprimer", lance-t-il.
Il balaie l'idée de tendances régionalistes au sein du Parti Socialiste. "Nous ne voulons pas du confédéralisme, c'est seulement l'imagination de De Wever qui pense cela. Personne au PS ne plaide pour négocier le confédéralisme", assure-t-il.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TOUS CONTRE UN, UN CONTRE TOUS 

Tous c'est qui? PS-SPa/VLD-MR/CD&V-CDH/ECOLO-GROEN!
Tous contre la NVA et la NVA contre tous.
Et défi? Défi en sus contre la NVA, c'est dans son ADN.
Olivier Maingain craint que les ultra-régionalistes wallons n’ouvrent la boîte de Pandore. Il a accordé une interview à la DH.
La N-VA l’a annoncé : le confédéralisme sera une priorité pour elle en 2019. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
"C’est une des raisons pour lesquelles la N-VA a provoqué la crise et la chute du gouvernement. Pour démontrer que nos institutions ne fonctionnent pas et que la Flandre est entravée dans sa volonté politique. On savait que la N-VA se manifesterait à nouveau, tôt ou tard, sur le plan institutionnel. Le premier verrou qu’on doit mettre, c’est de ne pas ouvrir la porte à une révision de la Constitution. "
Voilà qui est clair et bien vu.
Donc quels que soient les choix de l'électeur une mobilisation de tous (PS-SPa/VLD-MR/CD&V-CDH/ECOLO-GROEN) contre un (la NVA)  est possible et sans doute souhaitable et au fédéral et en Flandre et à Bruxelles et en Wallonie. Raisonnement simpliste me direz -vous et vous aurez raison.
Je ne vois pas d'autre hypothèse d'autant qu'en Flandre le VLD et le CD&V semblent très montés contre la NVA. Le point faible du raisonnement: ce scénario serait de nature à rapprocher la NVA du Belang. Mais en politique, disait feu André Cools, c'est toujours le pire qui se produit. Voyez par exemple ce qui se passe Anvers, bastion de Bart De Wever où se construit une alliance NVA-SPa. Never say never.
Qui vivra verra.
MG

Elections européennes : le RN en tête des intentions de vote mais serait pénalisé par une liste "gilets jaunes", Les Républicains s'effondrent


Le parti de Marine Le Pen recueille 24% des intentions de vote, en progression de trois points par rapport à la précédente enquête du mois de septembre. Derrière, La République en marche est créditée de 19% des intentions de vote. 
 
franceinfoRadio France
LA NEWSLETTER ACTU 

Le Rassemblement national arrive largement en tête des intentions de vote pour les prochaines élections européennes, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo publié ce vendredi. Le parti de Marine Le Pen recueille 24% des intentions de vote, en progression de trois points par rapport à la précédente enquête du mois de septembre.
LES RÉPUBLICAINS, GRANDS PERDANTS
Derrière, La République en marche est créditée de 19% des intentions de vote, en nette baisse  (-2,5 points en 3 mois). Mais le grand perdant de ce sondage est le parti Les Républicains, crédité de 8% des intentions de vote, en baisse de six points en trois mois. Le parti de Laurent Wauquiez ne profite pas du mouvement des "gilets jaunes", au contraire. Il est désormais talonné par Debout la France, la formation de Nicolas Dupont-Aignan qui obtient 7% des intentions de vote. A gauche, la liste France insoumise est en baisse d'un point en trois mois à 11,5%. Le Parti socialiste progresse de 2,5 points à 7% et les écologistes sont crédités de 6,5% des intentions de vote (+1,5 
point). 
UNE LISTE "GILETS JAUNES" RECUEILLERAIT 8%
Par ailleurs, ce sondage s'est intéressé à la possibilité d'une liste conduite par des "gilets jaunes". Celle-ci recueillerait 8% des suffrages selon cette enquête. Un score qui se ferait principalement au détriment du Rassemblement national, qui ne serait alors crédité que de 21% des voix mais qui resterait encore en tête. Les élections européennes auront lieu le dimanche 26 mai en France.
Le sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo a été réalisé les 19 et 20 décembre auprès d'un échantillon de 995 Français interrogés par internet. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FIN DU JAMBON 

Les nationalistes ont le vent en poupe. Si cette tendance française qui est la même que celle qui se dessine ailleurs en Europe et singulièrement en Flandre où NVA/Belang totalisent ensemble 40% des intentions de vote devait se confirmer le 26 mai, nous  nous réveillerions le 27 avec un Parlement européen rebelle et hostile à l'Union. Il est vrai que c'est dans cinq mois et qu'une demi année c'est long, très long en politique. Ayons donc comme nous y invite Edgar Morin foi dans l'imprévisible.
"Comment se réinventer ? C’est la question à laquelle se trouve confronté Emmanuel Macron, alors que la mobilisation des "gilets jaunes" a entamé depuis le week-end dernier un mouvement de reflux. Une tendance que l’acte VI, prévu ce samedi, devrait a priori confirmer, si l’on en croit la moindre mobilisation ces derniers jours sur les réseaux sociaux." Just wait and see.
MG




vendredi 21 décembre 2018

Oui, l'adoption du pacte migratoire valait bien une crise.

Béatrice Delveaux 

Hier soir à Bruxelles, tout le monde semblait soudain s’en moquer comme de colin-tampon. Et pourtant... Imaginez la scène. L’hémicycle des Nations unies à New York, mercredi soir, au moment du vote du «Global Compact for Migration», avec la Belgique dans le groupuscule des cinq pays qui votent «non». Ou, si on en croit les secrets d’alcôve politiques version N-VA, dans le groupe des 12 pays qui se sont abstenus. Ou, version lâche, «oubliant» comme 24 autres d’appuyer sur le bouton…
Mais non, rien de tout cela. Cette honte nous a été épargnée: notre pays figurait hier dans le camp des 152 «oui» au pacte migratoire. Et qu’on arrête de faire croire qu’il s’agit de 152 dangereux naïfs ou de criminels partisans des frontières ouvertes, autorisant une «invasion». Cette vision du pacte toujours aujourd’hui déversée par les partis d’extrême droite et les populistes, le Vlaams Belang et la N-VA en Belgique, relève de la propagande mensongère et, plus grave, torpille l’un des mécanismes qui permet non pas de faire exploser la migration, mais de la réguler. Le pacte est un outil pour gérer les flux, pas un laissez-passer.
Et donc, oui, l’adoption de ce pacte, qui ne suscitait hier chez nous qu’un grand silence, valait bien une crise. Le seul regret aujourd’hui est que le débat public belge sur ce texte ait eu lieu en fin de course, plombé, perverti et dénaturé par la guerre de communication menée contre lui depuis le camp nationaliste.
Rappelons donc: la véritable vertu de ce pacte, au contenu pour le reste assez vide, est d’acter 1) que la migration est de fait un problème qui se pose au monde et 2) qu’il se résout, mais en coopération, et jamais seul.
Quoi? Les flux migratoires, cela se gère? Oui, et pas en dressant des murs. Deux exemples récents sont venus le montrer. EnAllemagne, c’est le patronat qui vient de saluer le «wir schaffen das» auquel il ne croyait pas: il loue l’adaptation de la main-d’œuvre «réfugiée» et demande un assouplissement des procédures d’accueil. En Hongrie, où le manque de main-d’œuvre est également criant, on résout le problème par l’absurde en faisant voter une loi qui prévoit un quota d’heures de travail «gratis» pour la population «d’origine», histoire de ne pas recourir à l’apport d’étrangers. Les experts n’ont cessé de le répéter depuis des mois: le monde occidental a besoin des migrants pour combler son déficit démographique. D’où la nécessité d’une politique migratoire ordonnée et coordonnée.
Osons ce débat ouvert, sans tabou, adulte avant les élections: la migration est un sujet qui mérite des arguments, des confrontations. Le monde politique ne doit pas ignorer les questions légitimes des citoyens ou plaquer des solutions morales, politiquement correctes ou caricaturales. La Belgique francophone est d’ailleurs le lieu parfait pour s’y risquer: notre espace public ne sera pas directement pollué en campagne par les outrances des extrêmes et des nationalistes. C’est une occasion rêvée de montrer que le politique traite les citoyens avec respect, comme des adultes responsables, qu’ils sont: ne la ratons pas.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"Osons ce débat ouvert, sans tabou, adulte avant les élections: la migration est un sujet qui mérite des arguments, des confrontations. Le monde politique ne doit pas ignorer les questions légitimes des citoyens ou plaquer des solutions morales, politiquement correctes ou caricaturales. La Belgique francophone est d’ailleurs le lieu parfait pour s’y risquer"
La crise actuelle est une occasion manquée pour la démocratie parlementaire.  Les partis d'opposition de gauche ont refusé d' accepter la main tendue  du premier ministre et ont adopté au contraire une motion de censure; le premier ministre s'est aussitôt rendu chez le roi.
Le Parlement a clairement  manqué l'occasion de redevenir le centre du pouvoir et de la vie politique belge.
Avec sa proposition de " coalition des volontaires " pour former des majorités par thèmes,  le Premier ministre a clairement tendu une perche au Parlement qui n'en a pas voulu.  Le Parlement serait pourtant  redevenu l'enceinte où les propositions législatives orientent la politique générale.
Le Parlement a succombé une fois de plus à la maladie chronique dont souffre la démocratie parlementaire belge: la particratie, ce système où ce ne sont pas les députés qui choisissent les grandes  options mais leurs  directions convaincues que le parti sait  ce que les électeurs veulent est carrément non démocratique.
Qu'il fasse partie de la majorité ou de la  minorité, le député lambda n'a rien à dire. Il appuie sur le bouton que le bureau du parti lui indique. Et ont s'étonnera encore de la monté de l'apolitisme.
Le centre du pouvoir aurait pu revenir au parlement, si les partis avaient décidé de sortir du carcan de l'opposition et avaient libéré la décision de leurs députés  pendant les cinq mois qui viennent pour rechercher des coalitions à spectre variable selon les thèmes sans que la discipline de parti ne pèse sur eux.
Que voilà une belle  occasion manquée pour la démocratie parlementaire. Mais avec un gouvernement des affaires courantes, cela peut, peut-être  encore s'envisager. Mais surtout les vieilles obsessions communautaires vont sortir du frigo.
MG


2019 SIGNERA LE RETOUR DU CONFÉDÉRALISME
Le Vif

Pour la N-VA, le confédéralisme se réinvitera pleinement sur la scène électorale en 2019, au besoin, sans réforme constitutionnelle, puisque les nationalistes, désormais hors du gouvernement fédéral, risquent de voir leur échapper une liste de révision de la loi fondamentale, qui aurait pu satisfaire leurs ambitions.
"La Flandre a tout en main pour appartenir au gratin des pays européens. Le confédéralisme est la clé d'une prospérité accrue", a estimé vendredi matin le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) sur la VRT (radio).
L'agenda communautaire a été rangé au frigo durant quatre ans et demi d'une législature où, sur le plan sociétal, l'accent a surtout été mis sur la question identitaire, a souligné M. Bourgeois. Mais alors que ses ex-partenaires de la coalition suédoise répètent à l'envi que les nationalistes ont quitté le gouvernement après avor fait volte-face sur le pacte des migrations, la N-VA persiste à dire qu'elle a été jetée hors de l'équipe Michel. Le communautaire sera dès lors de retour.
"Le communautaire n'a jamais disparu des tablettes du parti mais nous avions convenu de ne pas le mettre à l'agenda", confirme Geert Bourgeois. "L'identitaire est un des fers de lance du parti, mais nous allons le décliner sous différentes formes. La Flandre a tout en main pour rejoindre les pays de la Hanse (en référence à l'alliance des villes marchandes prospères du nord de l'Europe au Moyen-Âge, Ndlr), le gratin européen, et le confédéralisme en est la clé. Nous allons jouer pleinement cette carte", a assuré le ministre-président flamand.
Pour réaliser un grand bouleversement communautaire, il siérait avant les élections de déclarer révisable la Constitution, via l'article 195, qui permet de réviser l'ensemble du dispositif, mais pour Geert Bourgeois, ce n'est pas la panacée. "Dans le passé également, il est arrivé que de grandes réformes soient réalisées sans que la Constitution fut soumise à révision", souligne-t-il.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CONFEDERALISME ET ENSUITE INDEPENDANCE?
Les paris sont ouverts!

mercredi 19 décembre 2018

Olivier Chastel réagit à la démission de Charles Michel (MR) : "L'opposition voulait son trophée de chasse"

La Libre 

Charles Michel a annoncé ce mardi soir qu'il allait présenter sa démission au Roi. La motion de méfiance déposée par une partie de l'opposition a démontré qu'il n'a pas réussi à convaincre le parlement de collaborer avec son gouvernement minoritaire jusqu'aux élections. Le Premier ministre avait tenté une dernière fois cet après-midi de rallier les partis de gauche à sa coalition Orange bleue, après avoir d'abord constaté que la N-VA émettait des exigences inacceptables à ses yeux.
Le président du MR, Olivier Chastel, qui a assisté aux débats à la Chambre en tant que député fédéral, "va-t-on vers des élections anticipées ou des affaires courantes ? Je n'en sais rien. Charles est allé très loin dans ses propositions de travail en collaboration avec le parlement, plus rien n'aurait été décidé sans l'aval des députés. Malgré tout cela, les socialistes et les verts ont déposé une motion de méfiance. L'opposition voulait son trophée de chasse... Il faudra qu'on m'explique la différence entre les affaires courantes qui commencent maintenant et ce que Charles proposait comme méthode de travail."
"Charles Michel n'a pas convaincu l'opposition démocratique. On n'a pas eu grand chose comme concessions. Il a sabordé lui-même son propre budget. Il a enfoncé le clou du cercueil du gouvernement. Charles Michel a créé de l'instabilité. Je vois une opportunité de redonner espoir à la population. Ce qu'on veut c'est qu'on vienne avec un vrai plan de relance social. C'est ça qu'on lui a demandé et il n'est venu avec aucune proposition concrète", a déclaré Ahmed Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre.
“Il faut tourner la page de ce gouvernement MR-N-VA. Après ça, il y a un Parlement, des propositions écologistes. Le fait d’aller en affaires courantes clarifiera les choses et cela permettra aux écologistes de faire des propositions pour résoudre les problèmes sociaux. N’y a-t-il pas moyen de trouver des majorités au Parlement sur ces sujets? Je pense que oui”, a réagi Jean-Marc Nollet.
DI RUPO : "LE PREMIER MINISTRE EST LE RESPONSABLE"
Le gouvernement a éclaté sous la pression de la N-VA, puis ce soir, de l'Open Vld, a indiqué mardi le président du PS Elio Di Rupo après le tweet envoyée par la présidente des libéraux flamands disant son attachement au budget et au jobsdeal, que le Premier ministre venait de soumettre à la concertation parlementaire. "A partir de là, la démission devenait inévitable", a réagi M. Di Rupo selon qui, en dépit de l'annonce du dépôt d'une motion de méfiance, l'opposition n'est "en rien responsable" de la démission.
"Le Premier ministre est le responsable. Ce n'est pas l'opposition qui a gouverné pendant quatre ans et demi et créé tant de déchirure sociale, surtout dans la partie francophone du pays", a précisé le président du PS.
M. Di Rupo n'est pas partisan du tout d'élections anticipées. Le scrutin devrait idéalement se dérouler le 26 mai. "J'imagine que le Roi va consulter", a-t-il conclu.
"L'opposition socialiste et écologiste voulait un trophée et l'a eu", a estimé mardi soir le chef de groupe MR David Clarinval après l'annonce de la démission du gouvernement Michel. "Il y a eu un refus de la main tendue alors que le Premier ministre avait été très loin dans des propositions concrètes" de coopération avec le parlement, notamment sur la baisse de TVA sur l'électricité, le pouvoir d'achat, l'accord interprofessionnel, a ajouté M. Clarinval. "On a bien compris durant l'interruption de séance que l'opposition voulait la tête du Premier ministre, cela a été confirmé avec l'annonce du dépôt d'une motion de méfiance".


'LANGZAAM MAAR ZEKER ZET BART DE WEVER BELGIË SCHAAKMAT EN WERKT HIJ AAN EEN VLAAMSE REPUBLIEK' 

Jules Gheude Knack
Jules Gheude, pleitbezorger voor de aanhechting van Wallonië bij Frankrijk, analyseert de politieke zetten van 'briljant strateeg' en N-VA-voorzitter Bart De Wever.
'De N-VA heeft alles georkestreerd.' Dat stelde MR-voorzitter Olivier Chastel vast nadat hij hoorde dat Bart De Wever afgelopen weekend vervroegde verkiezingen op tafel legde.
Nogmaals toont de leider van de N-VA aan dat hij een briljant strateeg is. Hij wou het terrein heroveren dat hij met de gemeenteraads- en provinciale verkiezingen verloren had aan het Vlaams Belang. Om dat te bereiken koos hij ervoor in te spelen op migratie, een thema waar het Vlaamse kiespubliek uiterst gevoelig voor is. En dus verzette hij zich tegen het VN-migratiepact en stapte de N-VA er zelfs voor uit de regering.
Aanvankelijk gaf premier Michel de indruk dat hij het spel goed gespeeld had. Hij verzocht de Kamer hem groen licht te geven om naar Marrakesh te gaan. Na het ontslag van de N-VA-ministers, belandde hij zo in Marokko aan het hoofd van een minderheidsregering (52 zetels op 150), maar kon hij toch de steun van België aan het pact uitdrukken: 'Mijn land staat aan de juiste kant van de geschiedenis.' Applaus.
De federale en regionale verkiezingen zullen op 26 mei 2019 plaatsvinden. Charles Michel wil de vijf nog resterende maanden gebruiken om inzake economie, veiligheid en klimaat knopen door te hakken. Daarvoor rekent hij nu op de verantwoordelijkheidszin van de oppositie voor steun dossier per dossier. Hij gaat er dan ook van uit dat de N-VA de voltooiing van projecten die de partij binnen de Zweedse coalitie heeft goedgekeurd niet zal ondergraven.
Voor de premier zet de herschikte coalitie het werk van de vorige verder en is er dus geen nood aan een vertrouwensstemming in de Kamer. Maar de dingen lopen vandaag niet zoals gepland. Een motie van wantrouwen zal door de PS worden ingediend en door SP.A, Ecolo, Groen, CDH en mogelijk ook N-VA worden ondertekend. De initiatiefnemers van deze motie vinden het noodzakelijk dat Charles Michel het programma van zijn nieuwe regering voor de Kamer komt toelichten. 'Tot nu toe zat u op een stoel en een stoel heeft vier poten. Nu zit u op een driepoot', zo stelde Francis Delpérée (CDH) het.
De premier zit in de val. Zijn hardnekkigheid zal tot het indienen van een motie van wantrouwen leiden. Die zal een meerderheid krijgen, met als gevolg dat de regering Michel II ontslag zal moeten nemen en er vervroegde verkiezingen komen.
De jongste peiling geeft aan dat de N-VA de grootste partij van het land blijft met 28 procent. Dat is een stijging van maar enkele procenten. Voor de eerste keer gaat die stijging overigens niet ten koste van het Vlaams Belang, dat van 11,3 procent klimt tot 11,7 procent. Mocht de PS de macht in Wallonië heroveren, met een progressieve coalitie, dan zou België totaal onbestuurbaar worden.
De Vlaamse regering heeft intussen ook een tweede klap aan Charles Michel toegekend met haar weigering om de verklaring van de 'High Ambition Coalition' op de klimaattop in Katowice te onderschrijven.
De premier zit in de val.
Langzaam maar zeker zet Bart De Wever België dus schaakmat en werkt hij aan een Vlaamse republiek. Misschien zal Charles Michel zich wanneer dit alles duidelijk wordt herinneren wat zijn vader Louis in 1996 aan de Franse krant Le Figaro vertelde: 'Ik zou niet meer beweren dat rattachisme (een voorkeur om Wallonië 'opnieuw' te doen aansluiten bij Frankrijk, nvdr.) een gek idee is. (...) Tussen een Waalse staat die in zichzelf terugtrekt en Frankrijk, kies ik Frankrijk, want Wallonië is een "cul-de-sac"op economisch, sociaal en cultureel vlak.'
Jules Gheude is politiek essayist en stichtend voorzitter van de Staten Generaal van Wallonië, dat pleit voor de aanhechting van Wallonië bij Frankrijk mocht België uit elkaar vallen. Zijn laatste boek 'Waals testament - Ongemakkelijke waarheden over de toekomst van België' werd in 2017 door Uitgeverij Doorbraak gepubliceerd, met een inleiding van Bart Maddens (KU Leuven).


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"LENTEMENT MAIS SÛREMENT, BART DE WEVER MET LA BELGIQUE  ÉCHEC ET MAT ET TRAVAILLE  A UNE RÉPUBLIQUE FLAMANDE". 

La N-VA a tout orchestré de mains de maître. Le président  MR Olivier Chastel le  confirme  après avoir appris que Bart De Wever avait opté pour des élections anticipées le week-end dernier.
"Une fois de plus, le chef de la N-VA se montre brillant stratège." Il entend bien, en effet, regagner ainsi le terrain perdu au profit du Vlaams Belang lors des élections municipales et provinciales. Pour y parvenir, il a choisi de mettre en avant le thème de la migration, auquel l'électorat flamand est très sensible. Il a donc refusé de s'associer à la signature du Pacte des Nations Unies sur les migrations et il a carrément quitté le gouvernement.
Le Premier ministre a considéré, à tort,  que  la coalition remaniée et amputée de la NVA poursuit le travail de la coalition précédente et qu'il  n'est donc pas nécessaire de procéder à un vote de confiance à la Chambre. Les choses ne sont pas vraiment passées comme il l'avait prévu. Une motion de censure déposée par le PS et signée par SP.A, Ecolo, Groen, CDH et la N-VA a eu raison de l'obstination de Charles Michel.
"Jusqu'à présent, vous étiez assis sur une chaise et une chaise a quatre pieds. Maintenant vous êtes assis sur un tabouret à trois pieds ", a commenté Francis Delpérée (CDH).
Le gouvernement Michel II est  démissionnaire et doit accepter des élections anticipées. La balle est dans le camp du roi! Johan Vande Lanotte (SP.A): " Désormais le gouvernement est en affaire courante. Le roi a le choix: accepter la démission de Michel ou la refuser. S'il devait l'accepter, il n'y aura pas d'élections anticipées.
" Il est probable que le roi va consulter jusqu'à nouvel an diverses peronnalités du monde politique et de la société civile.

"Si le PS devait reprendre  le pouvoir en Wallonie, avec une coalition progressiste, la Belgique deviendrait totalement ingouvernable." (Jules Gheude)
Entre-temps, le gouvernement flamand a également porté un second coup à Charles Michel en refusant d'approuver la déclaration finale  au sommet sur le climat à Katowice.
Lentement mais sûrement Bart De Wever met la Belgique  échec et mat et travaille à la construction d'une république flamande. Louis Michel, père de Charles  a déclaré au  Figaro en 1996 : " Je ne dirais plus que le rattachisme est une idée saugrenue. Entre un Etat wallon qui se replie sur lui-même et la France, je choisis la France, car la Wallonie est un cul-de-sac en termes économiques, sociaux et culturels."
Divercity partage depuis longtemps ce point de vue.
L'étau se referme sur Charles Michel. Le MR va  sortir meurtri et bosselé de la suédoise, qui aura fait de lui un parti kamikaze.
Il reste, nous l'avons écrit hier une solution de rechange pour gagner une législature: un coalition de tous  (les verts-groen/ PS-Spa/ CD&V-CDH) contre la NVA/Belang) au fédéral, au régional et à l'Europe. On n'en est pas encore la. Il faudra d'abord que l'électeur s'exprime. La situation est grave mais non désespérée.
MG 


Le gouvernement Michel démissionne: Et maintenant ?
Le Vif
Source: Knack
Maintenant que le Premier ministre Charles Michel (MR) a présenté sa démission au Roi, le gouvernement fédéral continuera en affaires courantes jusqu'aux élections prévues le 26 mai prochain, estime le politologue Carl Devos. D'autres options sont néanmoins envisageables. Le point.

Après la démission du gouvernement Michel, le palais a trois options : garder cette démission à l'étude, la refuser ou l'accepter.
Pour politologue Carl Devos de l'Université de Gand, on penche plutôt vers la dernière option. "Il me semble très improbable que le roi refuse cette démission. Je considère également qu'il est peu probable que la décision reste longtemps en suspens, puisque le Premier ministre Michel s'est retrouvé dans une impasse ces derniers jours", explique-t-il à Knack.(...)
L'ORGANISATION D'ÉLECTIONS ANTICIPÉES PARAÎT PEU PROBABLE
L'organisation d'élections anticipées paraît cependant peu probable. La majorité des partis politiques se montrent jusqu'à présent très frileux, à l'exception notable de la N-VA qui dit ne pas les craindre. Sont-elles pour autant exclues? Tout le monde est désormais passé en "mode électoral", confiait-on mardi soir dans un cabinet ministériel.
Devos : "Je pense qu'il y a de très bonnes chances que le roi finisse par accepter la démission et que le gouvernement démissionnaire se lance dans les affaires courantes, et je soupçonne qu'il le restera jusqu'au 26 mai".
"Le gouvernement peut également prendre l'initiative de dissoudre le Parlement. Si le Parlement donne son accord, des élections anticipées auront lieu. Celles-ci doivent avoir lieu dans un délai de 40 jours. C'est un scénario dont personne ne veut, sauf peut-être la N-VA', dit Devos.
Ces élections auraient alors lieu au début du mois de février, et il est de toute façon probable qu'aucun nouveau gouvernement n'en ressortira avant le 26 mai.
Rappelons qu'en affaires courantes, le gouvernement peut encore prendre des décisions, sous réserve de l'approbation d'une majorité au Parlement.
Le Premier ministre avait annoncé hier qu'il présenterait un budget avec des douzièmes provisoire. Si la Chambre l'approuve, le gouvernement peut encore dépenser et percevoir des impôts. Le budget mensuel ne peut dépasser un douzième du budget de l'année précédente.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MAUDITE NVA 

Une seule chose paraît évidente: Bart De Wever tient la Belgique en otage.
Sa NVA, fille de la Volksunie est sans doute son avatar le plus puissant et le plus accompli. La Volksunie  (union du peuple) transformée en NVA (Nieuwe Vlaamse Unie) est le bras politique du mouvement flamand de tendance droitière et autonomiste qui depuis le milieu du 19ème siècle conteste, non sans raison, le caractère très  francophone  de l'establishment belge volontiers autoritariste.
Le rapport de forces s'est modifié au fil des décennies et la morgue francophone incarnée aujourd'hui encore par Laurette Onkelinks et Olivier Maingain a baissé sa garde devant la Nieuwe Vlaamse Arrogantie. Bart De Wever est sans contredit le politicien le plus habile et le plus  madré du Parlement belge. Il sent toutefois que son étoile est en train de pâlir au profit de Théo Francken  et que c'est "nu of nooit."
Il n'y a personne en Wallonie Bruxelles qui soit capable de lui tenir tête. Il le sait et il monte à l'attaque avant que Paul Magnette, le nouvel homme fort du PS ne prenne la barre du parti socialiste.
2019 sera une "annus terribilis" et pas seulement en Belgique.
Le  Royaume Uni, la France et même l'Allemagne vont connaître de profondes turbulences et l'Union européenne risque l'implosion sous les coups de butoir des partis nationaux populistes hostiles à la pression migratoire laquelle deviendra sans doute le thème politique majeur de l'année qui vient. Les élections européennes seront un cap difficile à franchir. La civilisation européenne serait-elle  en train de jouer son destin?
MG






mardi 18 décembre 2018

Baromètre politique : la N-VA a tout intérêt à forcer des élections


ANTOINE  LA LIBRE

Incontournable. Si l’on votait aujourd’hui, la N-VA garderait une position archidominante dans l’arène politique flamande. Selon le dernier baromètre politique de La Libre, elle obtiendrait 28,3 % des voix. Certes, c’est une perte de 4,1 points par rapport aux élections de mai 2014. Pas négligeable. Mais, d’une part, il faut y voir une usure assez logique pour une formation nationaliste flamande qui s’est frottée pour la première fois de son histoire à l’exercice du pouvoir au niveau national. Les sondages la placent depuis quatre ans entre 32 et 26 % des intentions de vote. On reste dans cette fourchette. D’autre part, la N-VA conserverait près de… dix points d’avance sur la seconde force politique flamande, le CD&V. Un gouffre.
Le parti a bien compris qu’il y a une fenêtre d’opportunité électorale à saisir. La N-VA vient de quitter le gouvernement fédéral en raison du soutien de la Belgique au pacte migratoire de l’Onu. Inacceptable, pour elle. Or la question migratoire est désormais au centre du jeu politique. Dimanche, une manifestation contre le pacte de Marrakech a rassemblé à Bruxelles plus de cinq mille personnes (issues en partie de l’extrême droite flamande). La N-VA surfe sur cette thématique. Depuis quelques jours, elle a lancé une campagne de communication sur "la force des principes" . Theo Francken, ex-secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, réputé pour ses positions fermes en matière migratoire, est désormais la personnalité politique préférée des Flamands. Il recueille quelque 51 % d’opinions favorables. C’est beaucoup.
LA POUSSÉE DU VLAAMS BELANG RALENTIE
À l’analyse du baromètre, on constate que la N-VA parvient à contenir la progression du Vlaams Belang (extrême droite), pointé à 7,6 %. On observe depuis plusieurs années un jeu de vases communicants entre les deux formations. C’était encore le cas lors des élections locales du 14 octobre. Dans le sondage, 20 % des électeurs du VB disent avoir voté pour la N-VA en 2014. En revanche, pour la N-VA, cela ne se traduit que par une perte - limitée - de 5 % de ses électeurs. 8 % sont partis vers l’Open VLD et 6 % vers le CD&V. Cela signifie que la position stricte du parti sur les questions migratoires lui permet de conserver son électorat le plus droitier, mais elle effraie un électorat libéral ou centriste.
Bref, si le président de la N-VA, Bart De Wever, et son ancien vice-Premier ministre, Jan Jambon, ont laissé entendre qu’ils étaient favorables à des élections anticipées, ce n’est évidemment pas un hasard…
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la tension croissante sur le terrain politique. Charles Michel (MR) continue à chercher un appui au Parlement pour soutenir son gouvernement (MR, Open VLD, CD&V) devenu minoritaire depuis le départ des nationalistes. Durant le week-end, il a eu des contacts avec son ancien allié, mais pas avec les autres partis de l’opposition.
LA VOIE VERS LE CONFÉDÉRALISME
Selon De Tijd, la N-VA est prête à soutenir le gouvernement à quatre conditions : que la Constitution puisse être révisée lors de la prochaine législature pour dégager la voie vers le confédéralisme (en ouvrant à révision l’article 195) ; que la trajectoire budgétaire soit confortée jusqu’en 2019 sans nouvelles recettes (une manière d’éviter des cadeaux préélectoraux) ; que le job’s deal soit réalisé moyennant l’ajout de la dégressivité accrue des allocations de chômage qui était en préparation ; et qu’il soit tenu compte des exigences de la N-VA sur le pacte migratoire.
"Je ne me laisserai pas intimider par le chantage de la N-VA à propos du vote du budget", a réagi lundi le Premier ministre. "La N-VA conditionne son vote soit à l’acceptation d’élections anticipées et donc à une longue période d’immobilisme, soit à la fuite en avant confédérale. Dans les deux cas, ses conditions sont inacceptables." "Si la N-VA avait émis des conditions hors de proportion, j’aurais encore pu comprendre", a répliqué le député N-VA Peter De Roover. Mais, selon lui, toutes les demandes, y compris l’article 195 de la Constitution, ne sont que "la concrétisation des accords". Si c’est vrai, cela veut dire que l’article 195 faisait partie des accords tenus secrets lors de la mise en place de l’exécutif, en octobre 2014.
La fiche technique:
Ce sondage d’opinion a été effectué par téléphone fixe ou mobile, du lundi 19 novembre au samedi 8 décembre 2018, sur un échantillon représentatif de 2 797 électeurs belges à la demande de La Libre Belgique, la RTBF, la VRT et De Standaard.
Les enquêtes ont été réalisées dans chacune des 3 Régions de Belgique sur un échantillon aléatoire de n = 1 038 électeurs résidant en Flandre, n = 1 016 électeurs francophones résidant en Wallonie et de n = 743 électeurs résidant à Bruxelles.
La marge d’erreur maximale est de ± 3,1 % sur les échantillons de Flandre et de Wallonie et de ± 3,6 % sur celui de Bruxelles.


COMMENTAIRE DE DIVERSITY
REQUIEM BELGIUM?

"La N-VA est prête à soutenir le gouvernement à quatre conditions : que la Constitution puisse être révisée lors de la prochaine législature pour dégager la voie vers le confédéralisme (en ouvrant à révision l’article 195)"  Imbuvable pour le MR!
Les choses sont claires. Devenue ingouvernable, la Belgique risque de disparaître au bénéfice des régions qui la composent. Confédéralisme, prélude à l'indépendance. Le processus est en cours depuis des décennies.
Il y aurait donc demain un "NVA staat" autoritaire, en Flandre, dirigé par De Wever depuis Anvers  et présidé par le matamore Théo Francken et une république bananière dans la Belgique résiduelle où PS/PTB et écolo se partageraient le pouvoir.  
Cette fin de législature ne se passe pas du tout comme prévu ou souhaité pour les libéraux. Le MR comptait mener une campagne d’enfer sur le bilan socio-économique du gouvernement fédéral. Mais tout a vacillé !  C'est plié pour le MR.
Et Bruxelles? Cela demeure la grande inconnue du projet confédéraliste, voire indépendantiste de la NVA et de son allié psychologique le Belang, ci- devant Vlaams Blok. Caricature? A peine.
"La position stricte de la NVA sur les questions migratoires lui permet de conserver son électorat le plus droitier, mais elle effraie un électorat libéral ou centriste." "Theo Francken, ex-secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, réputé pour ses positions fermes en matière migratoire, est désormais la personnalité politique préférée des Flamands. Il recueille quelque 51 % d’opinions favorables. C’est beaucoup."
Plus rien ne sera comme avant. Wallobrux devra très bientôt renoncer aux milliards de transfert venus de Flandre. C'est une catastrophe. On se demande vraiment comment cette Belgique résiduelle va financer son enseignement avec ses réseaux concurrents et dispendieux.  Il va falloir ressortir des tiroirs le projet d'école pluraliste mono réseau, comme en Finlande.  Et il n'y a pas que l'enseignement à financer!
Mais il reste une botte secrète dont personne ne parle: une paix des braves et une union de tous contre la NVA. Car, tout bien réfléchi, si NVA et Belang totalisent ensemble environ 36% des intentions de vote en Flandre, cela signifie que 64% leur sont à tout le moins hostile.   C'est dire que dans l'état actuel des choses une grande coalition de tous contre la droite flamande est possible.
Ensemble VLD/CD&V totalisent plus d'intentions de votes que la NVA seule . Autre chose VLD/CD&V/GROEN ont à trois la majorité en Flandre et pareil en Wallonie et pareil à Bruxelles. Autrement dit, ce serait une coalition de rêve, vu qu'elle pourrait se constituer à la fois au niveau fédéral et au niveau régional et communautaire. Reste à déterminer qui obtiendrait le poste de premier ministre soit Chris Peeters, soit Paul Magnette. Il est clair que le PS qui des trois totaliserait vraisemblablement le plus de voix  aurait la main.
Paul Magnette a déclaré il y a quelques jours qu'il se voyait bien dans la posture de candidat premier ministre. Le scrutin du 26 mai 2016 pourrait lui donner raison. Ce parfait bilingue pourrait donc devenir le sauveur de la Belgique. On imagine qu'au Palais de Laeken on suit cela de très près.
MG

OLIVIER MAINGAIN AU «SOIR»: «J’INVITE LES PARTIS FRANCOPHONES À METTRE HORS-JEU LA N-VA»
Défi, le parti d’Olivier Maingain, ne votera pas de motion de méfiance avec la N-VA et appelle les autres partis à en faire autant.

dimanche 16 décembre 2018

Une quarantaine d'organisations se rassembleront contre l'extrême-droite ce dimanche

La Libre

Une quarantaine d'organisations syndicales, associatives, étudiantes, antiracistes, féministes, citoyennes, antifascistes et de défense des droits humains appellent à un rassemblement ce dimanche à Bruxelles contre l'extrême droite.
Des organisations d'extrême droite ont en effet annoncé leur intention de manifester dans la capitale le même jour contre le pacte de l'Onu sur les migrations. Jeudi, le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort a confirmé l'interdiction de manifester dimanche sur le territoire de l'ensemble de la Région bruxelloise. "Nous considérons que cette mobilisation d'extrême-droite est une conséquence prévisible des déclarations provocatrices et de la campagne de propagande de la N-VA au cours des dernières années (avec la complaisance de ses partenaires du gouvernement Michel), en particulier autour du Pacte sur les migrations", dénoncent les organisateurs du meeting, parmi lesquels on retrouve notamment la Ligue des Droits Humains, la Plateforme citoyenne de soutiens aux réfugiés, Vie Féminine Bruxelles, l'Union des Progressistes Juifs de Belgique, le Collectif contre l'islamophobie en Belgique, la Confédération nationale des employés, Ecolo J, MOC Bruxeles et Jeunes FGTB.
"Cette marche de l'extrême-droite et des fascistes dans les rues du pays vise à faire une démonstration de force. Cela aggraverait la banalisation de leur idéologie dangereuse et toxique dans la société et encouragerait les passages à l'acte contre les minorités. Nous appelons à la plus grande vigilance dans le contexte pré-électoral belge et européen, dans lequel ces courants nauséabonds souhaitent opérer une percée historique", ajoutent-ils, en précisant s'engager à poursuivre la mobilisation dans les mois à venir et à soutenir une alternative sociale, basée notamment sur la défense des droits des travailleurs, des femmes, des personnes racisées, de la justice migratoire, des personnes LGBTI+ et des libertés démocratiques.
Une conférence de presse se tiendra à l'ouverture du meeting, ce dimanche à 10h00, au 17 - 19 rue du Congrès à Bruxelles. 


COMMENTAIRE DE DIVEFRCITY
MARCHE ET CONTRE MARCHE 

C'est un cas de figure dangereux et difficile à gérer par les forces de l'ordre chargées de faire tampon entre les deux.
La république de Weimar a connu cela dans les années vingt quand  les milices communistes s'opposaient violemment sur l'asphalte berlinois aux milices armées des nazis. On sait comment cela s'est terminé.
Les plus âgés d'entre nous se souviendront que la visite de Jean Marie Lepen au Neptunium de Schaerbeek à l'invitation de son ami Roger Nols. Une puissante contre manifestationprogressiste s'est déchaînée contre  le Neptunium dont toutes les vitres ont volé en éclat. Il se pourrait que le général hiver dissuade de nombreux militants de faire le voyage vers Bruxelles ce dimanche. Ce qui est évident c'est que les manifestants "anti Marrakech" viendront massivement de Flandre et les contre manifestants de Wallonie. De quoi nous donner un avant goût de ce que risque d'être la violence de la campagne électorale pour le élections du 26 mai, le scrutin le plus dangereux et  aussi le plus décisif de l'après guerre.
MG


samedi 15 décembre 2018

Bart De Wever favorable à des élections anticipées


Le Vif 

"Une demi-année d'arrêt complet et ce feuilleton au parlement (sur la question d'un vote de confiance ou non pour le gouvernement désormais minoritaire dirigé par le Premier ministre Charles Michel) qui ne peut qu'alimenter l'anti-politique, ce n'est démocratiquement pas la meilleure solution. Il faut écouter le peuple. Et je ne pense pas que le peuple veut voir cela pendant des mois", explique le président des nationalistes flamands, une semaine après la démission des ministres N-VA de l'équipe fédérale.
"Je ne suis pas partisan d'élections anticipées (...) mais si ce gouvernement (minoritaire) veut mener une (autre) politique en terme de migration, il ne faut pas venir me demander quoi que ce soit", a déclaré M. De Wever lors de l'émission "De afspraak op vrijdag" de VTM.
Il a ainsi placé le Premier ministre devant un choix: "ou les partis Marrakech ou la N-VA". Mais il faudra dans ce cas écouter les souhaits du parti nationaliste, a-t-il précisé.
Le président du parti nationaliste a ainsi jugé "impardonnable" que la nouvelle ministre de l'Asile et de la Migration, Maggie De Block (Open Vld), ait supprimé le quota limitant quotidiennement le nombre de candidats à l'asile en Belgique accueillis au centre d'accueil du Petit-Château, le long du canal à Bruxelles et ait renoncé à une campagne de dissuasion sur internet.
Cette sorte de politique "Marrakech" ou "de frontières ouvertes" doit cesser, a-t-il insisté.
M. De Wever s'adresse aussi aux milieux des affaires, qui a reproché à la N-VA d'avoir "débranché la prise" alors qu'il restait du travail à réaliser sur le plan socio-économique avant les élections, toujours en principe fixées au 26 mai, tout comme des régionales et des européennes.
"Je pense que je peux maintenant avoir plus d'influence qui si j'étais resté (au sein de la majorité gouvernementale) et si j'avais plié sous le poids de cette coalition Marrakech pour être écrasé", a ajouté le président de la N-VA et bourgmestre d'Anvers.
Il ne cache pas non plus que cette crise a laissé des traces. "La façon dont les anciens partenaires de la coalition nous ont poussés (dehors) m'a impressionné. Le discours du Premier ministre (lundi devant la conférence intergouvernementale des Nations unies sur le Pacte mondial sur les Migrations, ndlr) sur le mauvais côté de l'histoire a également causé des blessures. Mais bon, la question est désormais: comment retrouver la route de la gouvernance du pays ou éventuellement une autre solution?", se demande M. De Wever.
"Cela apparaîtra dans les jours à venir", a-t-il encore souligné. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IMPOSSIBILITÉ DE GOUVERNER? 

« La lecture des interviews de la N-VA me laisse penser que manifestement elle avait tout orchestré pour faire chuter le gouvernement et provoquer des élections anticipées avec le PS », a réagi sur Twitter Olivier Chastel.
La manoeuvre stratégique de Bart De Wever est lumineuse et imparable: faire la démonstration que la Belgique est devenue ingouvernable. Il est à craindre en effet que désormais elle le soit.
Dans le climat actuel, l'opinion publique flamande, volontiers identitaire et souverainiste, ne manquera pas de se raidir contre ceux que De Wever diabolise avec mépris  en les qualifiant de "coalition Marrakech". La marche "noire" de dimanche contre le pacte migratoire participe de cette stratégie.
Il est plus que probable que des élections anticipées déboucheront sur une impossibilité de former une majorité fédérale ce qui va paralyser le pays. Mais l'incapacité du gouvernement minoritaire Michel 2 (MR/CD&V/VLD) d'obtenir des majorités sans l'appui extérieur (soit de la NVA qui le snobe, soit de la gauche coalisée contre lui et qui a juré sa perte) risque de le condamner à n'être qu'un gouvernement d'affaires courantes jusqu'au  26 mai. Dans les deux cas, l'impossibilité de gouverner est clairement révélée et il ne restera à De Wever qu'à imposer le confédéralisme ce qui a toujours été son rêve, sa secrète priorité et le core business de son parti dont la première priorité est de détacher la Flandre du royaume de Belgique. Jan Jambon (N-VA): “We zullen het communautaire weer op tafel leggen.”
Bref on peut déjà imprimer les faire parts  du décès de la Belgique fédérale et se préparer à organiser le divorce entre la Flandre indépendantiste et la Belgique résiduelle autrement dit Wallobrux.
Nous ne disons pas autre chose depuis des semaines, des mois, des années. Bye Bye Belgium c'est pour 2019.
Il est clair que le thème majeur de la campagne risque fort d'être la problématique de l'immigration. Idem pour les élections européennes. A moins que le mouvement des de gilets jaunes ne prenne en Beglique des proportions comparables à ce qu'il est devenu en France: le parti des mécontents.
MG

vendredi 14 décembre 2018

L'ex-conseillère communale MR d'Ixelles Assita Kanko rejoint les rangs de la N-VA


La Libre 

L'ex-conseillère communale ixelloise du MR Assita Kanko, qui avait pris ses distances avec l'action politique directe en vue du dernier scrutin communal d'octobre, se présentera lors des prochaines élections de 2019 sur une liste N-VA, a annoncé vendredi la formation nationaliste flamande. En février dernier, celle qui était encore conseillère communale pour le Mouvement Réformateur, forte de 355 voix de préférence obtenues en 2012, avait annoncé vouloir prendre du recul pour se consacrer aux droits de la femme, et plus concrètement à Polin, un incubateur qu'elle a initié pour encourager les femmes à l'action politique.
Huit mois plus tard, Mme Kanko change de cap.
"Dans les circonstances actuelles, je ne veux pas suivre la politique de manière passive, mais jouer à nouveau moi-même un rôle et prendre la parole", a-t-elle dit, citée dans une communication de sa nouvelle formation, la Nieuw-Vlaamse Alliantie.
"La liberté de penser doit retrouver plus de place en politique. La N-VA apporte un récit clair et honnête, certainement à propos de la migration et de l'intégration", a-t-elle dit dans un commentaire relayé par la N-VA.


Dans ce contexte, Assita Kanko éprouve en particulier un "profond respect pour Theo Francken", l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration qu'elle qualifie, toujours selon la N-VA, de "chouette gars" et d'"homme politique fort" qui "ose venir avec des idées et les défendre". "Ce dont nous avons besoin, c'est d'une migration honnête, gérée, et tenable", a-t-elle encore dit, citée par la N-VA.
"Avec Assita, nous avions un énorme renfort à saisir", a commenté le président de la N-VA Bart De Wever.
Pour celui-ci, Assita Kanko "raconte depuis des années un récit sur l'importance des valeurs portées par l'esprit des Lumières et comment celles-ci nous mettent sur la voie d'une vraie émancipation. Je suis honoré qu'elle veuille raconter ce récit avec nous et qu'elle nous rejoigne", a ajouté le président de la N-VA. 


COMMENTAIRE DE DIVERITY
QUE DÉCIDERA RTL?

Pour  Bart De Wever, Assita Kanko "raconte depuis des années un récit sur l'importance des valeurs portées par l'esprit des Lumières et comment celles-ci nous mettent sur la voie d'une vraie émancipation". On croit rêver: le président de la Nieuwe Vlaamse Arrogantie se réclamant des Lumières. C'est du pur" newspeak" orwellien , de la "nova langue". Et surtout qu'est ce qui, hormis l'opportunisme matérialiste pousse cette jeune femme douée, intelligente bilingue parfaite et bonne débatrice à prendre le parti (au propre comme au figuré) de Théo Francken?   .
Cela dit ceci augure de la nouvelle stratégie de Bart De Wever qui, à l'évidence, entend avec cette belle prise de guerre partir à la conquête de Bruxelles en mai 2019.  Le MR appréciera. Surprendre, toujours surprendre!
Reste à savoir si la NVA va la placer sur une liste fédérale (Chambre) ou régionale (Parlement bruxellois).
On avait aperçu la moue gourmande et boudeuse d'Assita Kanko dans "ce n'est pas tous les jours dimanche" sur le siège éjectable encore chaud d'Emmanuelle Praet. Je suis curieux de voir si RTL choisira de garder ou de virer à son tour celle qui incite désormais à voter non pas pour les Verts mais pour la NVA. Suspense.
MG

Michel Houellebecq chante les louanges de Trump: "L'un des meilleurs présidents américains que j'aie jamais vu"

La Libre

"Donald Trump est un des meilleurs présidents américains que j'aie jamais vu": c'est ce qu'affirme jeudi le très provocateur Michel Houellebecq dans le magazine américain Harper's, estimant que la politique du milliardaire a notamment pour mérite de confirmer la fin de l'impérialisme américain.
Pour l'écrivain français habitué à cultiver la controverse, la politique de désengagement international engagée par Barack Obama et amplifiée par Donald Trump est "une très bonne nouvelle pour le reste du monde".
"Les Américains nous lâchent la grappe. Ils nous laissent exister", écrit Houellebecq dans cet article, où il se félicite aussi que les Etats-Unis aient cessé de "répandre" à l'étranger leurs valeurs selon lui contestables comme la démocratie ou la liberté de la presse.
En matière de commerce international, "Trump apporte une saine dose d'air frais", estime encore le Prix Goncourt 2010, qui doit sortir en janvier son premier roman depuis "Soumission". Ce dernier avait causé une vive polémique lors de sa parution au moment des attentats de Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015.
Donald Trump ne considère pas le libre-échange mondialisé comme étant en soi la panacée du progrès humain, "il déchire les traités et les accords quand il pense qu'il ne fallait pas les signer, et il a raison".
Selon lui, le milliardaire républicain "a été élu pour défendre les intérêts des travailleurs américains, et il défend les intérêts des travailleurs américains. On aurait voulu voir ce genre d'attitude en France plus souvent au cours des 50 dernières années."
L'écrivain français parmi les plus connus à l'étranger est aussi en phase avec l'hostilité de Trump envers l'Union européenne et son parti pris pour le Brexit: les Européens n'ont "ni valeurs communes, ni intérêts communs", "l'Europe n'existe pas", "c'est une idée stupide qui a tourné au cauchemar".
Et si Trump se proclame "nationaliste", au grand dam des démocrates qui y voient des relents d'extrême-droite, Michel Houellebecq aussi s'identifie à ce vocable.
"Les nationalistes peuvent se parler tandis que, bizarrement, cela ne réussit pas trop aux internationalistes", dit-il, estimant néanmoins que "sur un plan personnel, (Trump) est bien sûr assez repoussant", notamment pour "s'être moqué des handicapés" lors d'un meeting électoral fin 2015.
"Avec un programme équivalent, un conservateur authentiquement chrétien --une personne honorable et morale-- aurait été mieux pour l'Amérique", fait-il valoir.
En attendant, lance-t-il aux Américains anti-Trump, "autant vous habituer à l'idée: en dernière analyse, peut-être que Trump aura été une épreuve nécessaire pour vous." 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE ZEITGEIST NAUSEABOND OU L'EXECRABLE  ESPRIT DE CE TEMPS 

Il semblerait donc que l'écrivain le plus célèbre et sans doute pas le plus médiocre de France soit sur le point de publier un nouveau roman.
Pour assurer la promotion de son prochain bouquin, ce joli monsieur se félicite dans un media américain que les "Etats-Unis aient cessé de "répandre" à l'étranger leurs valeurs selon lui contestables comme la démocratie ou la liberté de la presse." Et d'ajouter:"Trump apporte une saine dose d'air frais".  Il partage son hostilité envers l'Union européenne et son parti pris en faveur du  Brexit: les Européens n'ont "ni valeurs communes, ni intérêts communs", "l'Europe n'existe pas", "c'est une idée stupide qui a tourné au cauchemar". "Trump se proclame "nationaliste", au grand dam des démocrates qui y voient des relents d'extrême-droite."
Michel Houellebecq s'identifie totalement  à ce courant de pensée. Et de conclure: "Avec un programme équivalent, un conservateur authentiquement chrétien --une personne honorable et morale-- aurait été mieux pour l'Amérique."
En somme, il ne lui manque plus que le gilet jaune pour peaufiner son look et ses convictions poujadistes. Mais personne n'est dupe. Il utilise leur registre pour surfer sur le Zeitgeist en vue de vendre beaucoup, énormément de livres dans un mois.
Avec Michel Houellebecq on s'éloigne à toute vitesse de l'esprit des Lumières qui n' entend faire triompher d'autre doctrine que celle de la liberté de conscience. qui participe de tous les enthousiasmes, de tous les espoirs, de toutes les douleurs des l'hommes dans le respect des droits humains. L'auteur de "Soumission" -un livre  que nous avons lu et commenté avec une vive curiosité- est aux antipodes  d'une pensée pluraliste qui supporte toutes les opinions sincères en réclamant le respect des siennes propres,  qui n'adhère à aucun culte hormis celui de l'éthique en toute liberté d'esprit. Bref qui s'insurge contre le prêt à penser, les "fake news", les velléités " complotistes", l'indifférence, la torpeur, l'opportunisme et toutes les formes de paresse de l'esprit et du cœur qui pullulent sur les réseaux sociaux. Bref, une pensée qui se présente un aspect résolument démocratique.
"La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être.", Henri Poincare (Fêtes du LXXVe anniversaire, 21 novembre 1909).
Cela  en effet est l'exact contraire de"Soumission"
MG

jeudi 13 décembre 2018

Malgré l'interdiction du bourgmestre Philippe Close, la marche "contre Marrakech" aura bien lieu dimanche à Bruxelles.


Malgré l'interdiction du bourgmestre Philippe Close, la marche "contre Marrakech" aura bien lieu dimanche à Bruxelles.
Les associations de droite et d'extrême droite flamandes KVHV, NSV, Schild en Vrienden, Voorpost et Vlaams Belang Jongeren avaient appelé à manifester dimanche à Bruxelles contre le pacte de l'ONU sur les migrations, formellement approuvé lundi dernier à Marrakech. Des hooligans de différents clubs de football belges s'étaient également engagés à participer à cette marche contre Marrakech.
"Il est hors de question de laisser une marche brune se dérouler à Bruxelles", avaient pour leur part répondu le ministre-Président de la Région bruxelloise Rudi Vervoort et le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close. "À la suite du Conseil Régional de Sécurité au cours duquel le bourgmestre de la Ville de Bruxelles a fait part de son intention d'interdire la manifestation prévue ce dimanche sur son territoire et sur la base des informations opérationnelles délivrées par la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles indiquant que la manifestation pourrait se propager à d'autres zones, le ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale prendra un arrêté d'interdiction de toute manifestation sur l'ensemble du territoire régional bruxellois", avaient-ils précisé.
Pourtant, plusieurs organisateurs continuent d'affirmer que la marche aura bien lieu.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ATTENTION DANGER

Le déséquilibre Nord-Sud en Belgique ne concerne pas que la croissance économique ou les situations budgétaires, il touche aussi au volume d’informations.

Béatrice Delvaux 

Chaque soir de la semaine, alors que les Belges francophones regardent un film,
une série ou un match de foot, un certain public flamand se régale d’une heure
d’information approfondie sur ce qui fait l’actualité de la Belgique et du monde.
Un régal!
Il faut que vous le sachiez: le déséquilibre Nord-Sud en Belgique ne concerne
pas que la croissance économique ou les situations budgétaires, il touche aussi
au volume d’informations. Alors que le Belge francophone est calé dans son
fauteuil après les JT devant une série, un film ou un match de foot, un certain
public flamand est, lui, en immersion dans un bain d’interviews longues,
d’analyses de haute tenue en lien avec l’actualité du jour. Et pas que flamande:
de tout ce qui se passe en Belgique, même francophone et dans le monde.
De 20 à 21h, chaque jour de la semaine, la Flandre peut se nourrir de
Terzake suivi de De Afspraak. Le premier talk-show est animé par un couple
d’intervieweuses redoutées car coriaces et très au fait de leurs dossiers.
Annelies Beck et Kathleen Cools sont ainsi autant louées qu’insultées sur les
médias sociaux par des obsédés de l’opinion.
D’un à trois thèmes sont abordés avec les protagonistes principaux en studio,
toujours l’aide d’experts et pour les sujets étrangers des entretiens avec
des correspondants des télés hollandaises en direct.
Le second talk-show est animé par Bart Schols ou Phara de Aguirre.
Ils invitent quatre intervenants d’horizons et d’opinions différentes à venir
parler de l’actualité et de leur actualité. Anne Teresa De Keersmaeker y est
écoutée religieusement par Jean-Marie De Decker dans une émission qui
évoque le corps comme lieu de spiritualité et les fraudes du football.
Le vendredi, c’est notre chroniqueur et journaliste politique à la VRT,
Ivan De Vadder qui s’empare de De Afspraak op Vrijdag pour faire avec trois
personnalités le tour très critique de la semaine politique écoulée.
EXPLICATION ET CONFRONTATION
C’est passionnant, intéressant et impactant parce que ces entretiens prennent
le temps de l’explication et osent la confrontation sur le fond avec des
intervenants de premier plan. Hors de question d’ailleurs pour le chef
politique du Soir de «fermer boutique» sans avoir regardé les deux émissions:
il s’y passe ou on y apprend – toujours quelque chose.
Ce lundi, Bart De Wever y balançait entre neuf citations de «Marrakech»,
son « quasi-coup d’Etat » pour qualifier le gouvernement minoritaire
Michel II. L’interview du président de la N-VA présentait deux intérêts:
ses réponses mais tout autant les questions posées par l’autre perle de cette
émission, Pieterjan De Smedt. Pour Terzake, ce jeune journaliste poursuit
les hommes et femmes politiques partout où ils se trouvent pour les soumettre
à un entretien sans concession et quasi sans fin. L’homme a désormais imposé
sa marque de fabrique.
Dans la même émission, vous pouviez découvrir un peu plus tard, une interview
chahutée de Steve Bannon, l’ex-inspirateur d’extrême droite de Trump, venu
passer le week-end à Bruxelles avec ses amis du Vlaams Belang et Marine Le Pen.
Le Pacte migratoire? Il y a été ausculté sous tous ces angles avec des politiciens
de tous bords, des professeurs de droit international – parfois durant plus
de 15 minutes. Le succès est d’ailleurs au rendez-vous: quelque
275.000 spectateurs étaient branchés dès 20h ce lundi sur Terzake.
RIEN DE COMPARABLE CÔTÉ FRANCOPHONE
Rien de tout cela en télé francophone? Rien de comparable en tout cas.
Jeudi en Prime a rempli avec succès une case le jeudi soir à la RTBF et
C’est votre avis a performé avec les gilets jaunes mercredi dernier.
Mais rien de quotidien à la flamande ou à la façon du C’est dans l’Air de
France 5. Des projets mis sur table par des journalistes de la chaîne publique
ont été refusés par peur du manque d’audience. La télé en continu LN24,
en train de se constituer, aurait l’idée de combler le vide.
Sur le terrain audiovisuel, c’est en fait la radio qui apporte cette
qualité d’approfondissement quotidienne, proche du travail des journaux, avec
le «CQFD» d’Arnaud Ruyssen sur La Première de 17h30 à 20h00
Le meilleur du nord à portée du sud?
C’est donc possible en direct mais c’était jouable aussi en différé via le site DaarDaar qui propose chaque jour au public belge francophone des
traductions de la presse flamande.
« Notre projet se trouve aujourd’hui dans une situation financière très difficile,
car nous ne sommes jamais parvenus à trouver suffisamment de subsides pour
nous soutenir, ni à développer un modèle nous permettant de tenir sur le long
terme », nous explique Joyce Azar qui a créé DaarDaar en novembre 2014
avec une petite équipe de bénévoles qui doit rémunérer les traducteurs et
verser les droits d’auteurs aux quotidiens flamands.
« Un vrai trésor », écrit l’écrivain Thomas Gunzig dans une lettre ouverte,
appelant sur les réseaux sociaux à soutenir le site. « Non, DaarDaar ne peut
pas disparaître. Parce qu’il nous permet, à nous francophones, de mieux
comprendre nos «voisins» flamands. parce qu’il leur permet à eux,
les Belges du nord du pays, d’être mieux compris au sud. (…)
Parce qu’il est toujours utile de s’intéresser à ce qui se passe juste à côté de
chez nous, au-delà des clichés et des idées reçues. Parce que DaarDaar
jette tout simplement des ponts entre les communautés ».
CONNAÎTRE L’AUTRE
Thomas Gunzig a été rejoint par l’écrivain et historien David Van Reybrouck,
le cinéaste Jaco Van Dormael, l’écrivaine Aline Dieudonné, le politologue
Dave Sinardet, Phara De Aguirre de la VRT etc.
L’auteur de ces lignes a signé également: Le Soir est depuis très longtemps
convaincu de cette nécessité de la connaissance de l’autre, au nord du pays.
Ce «Visa pour la Flandre», en alternance avec «La lettre d’Ivan De Vadder»,
n’en est qu’une petite incarnation.
Cet appel semble avoir été entendu: ce mercredi au Parlement de la Fédération
Wallonie Bruxelles, le gouvernement s’est dit ouvert à contribuer à la
pérennité de Daardaar, la RTBF évoquait, elle, un potentiel partenariat.
« A concrétiser mais des étapes positives ont été franchies » twittait l’écolo
Stéphane Hazée.
Allez ouf, le fil nord-sud n’est toujours pas rompu.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Une fois de plus, bravo Béatrice Delvaux! Quelle chance nous avons de l'avoir. Je confirme sans réserve ce qu'elle dit. Je suis accro de ces émissions quotidiennes flamandes et aussi  de "c'est dans l'air" sur la CINQ.  Il règne à la VRT un vrai esprit de Libre examen critique et vigilent au service du discernement citoyen.
D'accord aussi pour dire que la RTBF radio n'est pas en reste. Je l'écoute régulièrement lors de mes navettes Bxl-Ardennes .
Quel contraste avec la médiocrité de l'information brouillonne, rageuse, partisane, réductrice  et peu fiable que diffusent en boucle les réseaux sociaux.
MG

mardi 11 décembre 2018

Déjà plus de 10.000 participants annoncés à la “Marche contre Marrakech" organisée par l’extrême droite

La Libre Belgique
ANNICK HOVINE

Lancée dimanche sur Facebook, une “Marche contre Marrakech” devrait déferler dimanche prochain, 16 décembre, à 12 h sur Bruxelles.
Ni le nom (qui fait écho au “gouvernement Marrakech” inventé samedi soir par Bart De Wever, le président de la N-VA ), ni le lieu (la gare du Nord, à deux pas du parc Maximilien) de l’événement n’ont été choisis au hasard par la flopée d’associations flamandes nationalistes de droite et d’extrême droite qui appellent à marcher. Le postlaissé par un certain B. C. qui annonce sa venue ne laisse planer aucun doute : “La gare a l’air d’être un bon lieu de rassemblement. Suivez votre nez, où il y a le plus de puanteur”.
Ce n’est pas surprenant. Parmi les organisateurs, on trouve, pêle-mêle, les Vlaams Belang Jongeren, et, à titre personnel, leur président Bart Claes ; l’association des étudiants catholiques flamands (KVHV) ; l’association des étudiants nationalistes (NSV !) ; un groupe baptisé “Make Vlaenderen great again”, derrière lequel apparaît le sulfureux Dries Van Langenhove, fondateur du mouvement identitaire “Schild en Vrienden”, qui figure aussi dans la liste des initiateurs.
"POUR SAUVER NOTRE PAYS"
Les agissements de ce groupuscule appelant à la haine des étrangers, qui avait fait l’objet d’un reportage glaçant de la VRT, début septembre, sont sous le coup d’une instruction ouverte d’initiative par le parquet de Flandre orientale.
Mais, dans l’intervalle, l’étudiant aux allures de gendre idéal, qui termine un master en droit à l’Université de Gand, continue à galvaniser les jeunes Flamands nationalistes sur les réseaux sociaux. “Faites en sorte de pouvoir dire à vos enfants et petits-enfants que vous avez tout fait pour sauver notre pays”, lance-t-il dans son appel à marcher.
En 48 heures, plus de 10000 personnes annonçaient leur participation à la marche et plus de 30 000 sympathisants se disaient intéressés.
DES CONTACTS ONT ÉTÉ PRIS AVEC DES “GILETS JAUNES” WALLONS
Des contacts ont été noués de l’autre côté de la frontière linguistique, notamment avec des “kopstukken” (des “fortes têtes”) des “gilets jaunes” de Wallonie, qui sont aussi contre le pacte de Marrakesh, précise le même B.C., dans un échange public sur Facebook. “Ce serait bien de voir marcher des coqs wallons à côté de lions flamands dimanche”. En cours de journée, l’événement créé en néerlandais “Mars tegen Marrakesh” se doublait d’un appel, en français, à une “Marche contre Marrakech”…
Certains ne cachent pas leurs intentions violentes, annonçant vouloir faire “un petit Paris”, dimanche prochain. La réponse “niet doen  !” d’un intervenant qui tente de modérer les ardeurs du violent n’a pas grand effet. réplique (en néerlandais): “Je crois tout doucement que c’est la seule langue qu’ils (les politiques, Ndlr) comprennent. Celui qui ne veut pas entendre va le sentir passer  !”.
Lundi soir, aucune autorisation en bonne et due forme n’avait été accordée par la Ville de Bruxelles pour cette marche. “L’analyse de la demande est toujours en cours”, nous dit-on au cabinet du bourgmestre Philippe Close (PS).


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
“JE CROIS TOUT DOUCEMENT QUE C’EST LA SEULE LANGUE QU’ILS (LES POLITIQUES) COMPRENNENT. CELUI QUI NE VEUT PAS ENTENDRE VA LE SENTIR PASSER  !”

Les marches suivent et ne se ressemblent pas.
Après les gilets jaunes la marche pour le climat et maintenant ceci.
Le vrai danger viendrait d'une confrontation, d'un choc frontal de deux de ces marches  qui avancent  des objectifs antinomiques.
La République de Weimar a connu les affrontements entre groupement communistes et nazis. On sait comment cela s'est terminé. Elle n'y a pas survécu. Voici que les gilets bruns de Flandre et de Wallonie  se préparent à marcher dans Bruxelles. Danger!
MG

MACRON TENTE DE CALMER LA COLÈRE, SANS CONVAINCRE LES "GILETS JAUNES"

Le Vif 

Emmanuel Macron a tenté lundi de calmer la colère des "gilets jaunes", qu'il a jugée "juste à bien des égards", en annonçant une série de mesures sociales, notamment sur le Smic et les retraites, au cours d'une "adresse à la Nation" très attendue.

"Mon seul souci, c'est vous. Mon seul combat, c'est pour vous", a affirmé le chef de l'Etat en concluant son allocution de près de 13 minutes.
Ce discours, prononcé à l'Elysée, était présenté comme décisif pour le président, confronté à la crise politique la plus grave depuis le début de son quinquennat il y a 18 mois.
Il a été accueilli souvent avec déception par les "gilets jaunes" interrogés sur les plateaux de télévision ou sur les lieux occupés dans plusieurs régions. Si certains reconnaissent des "gestes", ils les jugent "insuffisants" ou "incomplets" pour stopper la lutte.
"Cette fois, il y a vraiment une avancée. Au fur et à mesure qu'il parlait, j'avais le sourire qui s'agrandissait", s'est réjouit Erwan, l'un des porte-parole des "gilets jaunes" de Rennes.
Mais, pour Pierre-Gaël Laveder, manifestant à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), "Macron n'a pas pris la mesure de ce qui se passait". "Chaque annonce a été huée et la première réaction a été: 'On se fout de notre gueule'", a-t-il témoigné.
Pour répondre à leur colère, Emmanuel Macron a annoncé que les salariés au niveau du Smic allaient percevoir une hausse de 100 euros par mois "sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur".
Cette hausse de 100 euros par mois "inclut l'augmentation du Smic déjà prévue, a ensuite précisé la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. "Le reste ça va être la solidarité, le budget de l'état, qui va permettre de compléter ces salaires sans avoir une charge supplémentaire pour les entreprises".
Les retraités touchant moins de 2.000 euros par mois seront exemptés de la hausse de la CSG, a-t-il ajouté, répondant ainsi à l'un des principaux griefs des "gilets jaunes". "L'effort qui leur a été demandé était trop important et n'était pas juste", a-t-il reconnu.
Par ailleurs, les heures supplémentaires seront versées "sans impôts ni charges dès 2019" et les entreprises "qui le peuvent" sont invitées à verser une prime de fin d'année, qui sera elle aussi défiscalisée et sans charges sociales.
"AUCUNE INDULGENCE"
Revenant sur les raisons de la crise, le chef de l'Etat a évoqué "40 années de malaise qui ressurgissent" et a dit ressentir "comme juste à bien des égards" la colère des "gilets jaunes".
Il a de nouveau esquissé un mea culpa sur son attitude, en reconnaissant qu'il lui était "arrivé de blesser certains d'entre vous par mes propos".
Depuis un mois, les "gilets jaunes" ne cessent de réclamer "Macron démission", en clamant parfois leur "haine" d'un président jugé "arrogant" et "déconnecté" de la vie des Français.
Emmanuel Macron est sorti de son silence après plus d'une semaine hors des regards durant laquelle il a laissé le Premier ministre Edouard Philippe en première ligne. L'urgence de l'exécutif est désormais de tenter d'éviter un "acte V" de la contestation alors que des appels à manifester sont déjà lancés sur les réseaux sociaux pour le 15 décembre.
L'acte IV a rassemblé samedi quelque 136.000 manifestants et s'est soldé par un nombre record d'interpellations, plus de 320 blessés et encore des dégâts dans de nombreuses villes, particulièrement à Paris, Bordeaux et Toulouse.
Ces "violences inadmissibles (...) ne bénéficieront d'aucune indulgence", a averti le chef de l'Etat.
Au total, 4.523 interpellations sur tout le territoire depuis l'acte 1 du mouvement des "gilets jaunes" le 17 novembre, a-t-on appris lundi de sources policières. Elles ont donné lieu à 4.099 gardes à vue.
"TROP PEU"
Avant de prononcer son allocution, Emmanuel Macron a reçu pendant quatre heures à l'Elysée les représentants des forces vives du pays, qui avaient regretté d'être ignorées depuis le début du quinquennat. Il les a écoutés affirmer leurs priorités.
Avec la crise, l'exécutif est en train de revoir largement son programme gouvernemental et parlementaire à partir de janvier. Ainsi, les séances de concertation sur la réforme des retraites prévues fin décembre ont été reportées à janvier.
D'ores et déjà, la crise va faire perdre 0,1 point de croissance à la France sur le dernier trimestre de cette année, a estimé Bruno Le Maire. La Banque de France a divisé par deux, à 0,2% contre 0,4% précédemment, le taux de croissance du PIB français pour le quatrième trimestre.
A droite comme à gauche, les premières réactions de l'opposition étaient plutôt négatives.
Pour Benoît Hamon, "la lutte paye. Macron a bougé. Un peu. Trop peu. Car le compte n'y est pas. L'augmentation du SMIC par la baisse des cotisations salariales veut dire que c'est la sécurité sociale qui financera les augmentations".
Jean-Luc Mélenchon (LFI) a pointé la "réalité bien crue" que "toutes les mesures annoncées" seront "payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes, ni les profits". "L'acte V du début de la révolution citoyenne dans notre pays sera un moment de grande mobilisation", selon lui.
A droite, Eric Woerth (LR) a estimé qu'il s'agissait de "réponses de court terme, de pouvoir d'achat nécessaires, mais avec leur part d'injustice".
"Il recule pour mieux sauter", a déclaré à l'AFP Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IL EST VENU, IL A VU, IL N'A PAS VAINCU 

Emmanuel Macron s'est enfin montré aux Français, livide, hébété, il s'est exprimé avec humilité, il a lâché beaucoup de lest sans s'élever, il n'a pas convaincu les millions de gilets jaunes des ronds-points ni leurs nombreux sympathisants.
Le quinquennat est plié, le charme est rompu, la confiance évaporée,  le cinquième acte de la tragédie est joué, le rideau va tomber, la tête présidentielle va-t-elle rouler?
Beaucoup  doutent de la possibilité d'un rétablissement.
Et quoi demain? Un cinquième samedi noir? Les forces de l'ordre sur les genoux? La dissolution? Un nouveau premier ministre à poigne?  L'article 16 qui régit la loi martiale? Ca dérape méchamment.
Les européennes du 26 mai donneront un blanc seing à Marine.  La fuite à Varenne?
Là où il y a impasse dit le proverbe chinois, il y a issue. Seul l'imprévisible dit Morin...
MG 


UN AMI M'ECRIT
Il est vrai que cela ne semble bien mal engagé mais Macron voit certainement plus loin que le cercle étroit des passions vulgaires de l’extrême-droite ou que l’horizon limité d’un peuple légitimement groggy par la précarité et les injustices sociales et fiscales.
Il faudra s’y atteler à ces injustices au risque de faire le lit des nationalistes ou autres populistes.
Les seules issues en ces matières sont une Europe renforcée - un noyau de pays pionniers pour commencer suffira - et une légitimation des visons multilatérales faisant de l’Humain et de sa condition un principe supérieur à celui des états.
La survie de la démocratie libérale en dépendra et cela passera par une remise en cause fondamentale des paradigmes économiques qui la rongent de l’intérieur.
En cela, Macron voit loin, peut-être trop, car s’il est vrai que pour soigner durablement il faut une conscience éclairée du temps long , il n’en est pas moins indispensable de prendre le pouls...  en fait toucher et écouter son patient pour l’apaiser et lui témoigner de l’empathie. 
Si Macron fût gauche ce soir, c’est peut-être bien parce qu’il vient d’emprunter ce chemin.