vendredi 19 janvier 2018

20 janvier: une date cruciale pour l'avenir de l'enseignement du latin


Jean-Philippe Mogenet
Ex-professeur de latin-grec et ex-directeur de college in Le Vif

20 janvier: une date cruciale pour l'avenir de l'enseignement du latin
Qu'on ne s'y trompe pas: le paragraphe qui, au sein du Pacte d'Excellence, fait l'éloge de l'étude du latin, est un leurre, en tout cas en partie.

© Belga Image
La ministre M.-M. Schyns a dû imposer sa présence dans la troisième version du Pacte, après avoir constaté l'absence pure et simple du mot "latin" dans la deuxième version, il y a une quinzaine de mois. Une absence qui relevait bien entendu d'un choix idéologique, le cours de latin étant ouvertement jugé -par certains- trop "élitiste", "inégalitaire". Mais en dépit de ce paragraphe apparemment rempli d'enthousiasme, le projet du tronc commun ne réserve qu'une période/semaine à l'apprentissage de la langue et de la culture latines (et plus rien pour le grec ancien), au lieu de quatre actuellement dans la plupart des athénées, et de deux ou trois dans l'enseignement libre: une peau de chagrin qui ne permettra plus qu'une approche superficielle d'une discipline jusqu'ici exigeante et formatrice.
Pourtant, la grande majorité des professeurs se battent avec une énergie et une inventivité renouvelées pour partager leur passion avec leurs élèves, qui proviennent de milieux socioculturels de plus en plus variés.
Leurs objectifs sont multiples. Il s'agit d'abord -pour ne citer que les principaux- que la langue française ne soit pas privée de son Histoire, sans laquelle elle se décomposera inéluctablement. Internet nous montre à suffisance que ce processus délétère est d'ailleurs largement en route, avec de grosses conséquences sociétales; "sans racines, l'arbre meurt; nos racines, c'est l'Histoire", affirment à juste titre les historiens; c'est aussi le cas pour notre langue, donc pour notre pensée.
Ensuite, les cours de langues anciennes permettent d'établir un contact concret avec la culture et la pensée antiques, d'où les nôtres sont issues, en particulier notre attachement pour la démocratie; un ancrage dans le passé qu'il est important de se remémorer, surtout en cette époque où nos traditions culturelles et manières d'exister sont menacées, parfois jusque dans notre intégrité physique.
Enfin, ces leçons contribuent, par le biais de la traduction des auteurs -un exercice aussi passionnant que délicat- à affiner l'esprit de logique et d'analyse des adolescents, à l'instar de l'enseignement des mathématiques, mais d'une manière sans doute plus nuancée, et bien entendu plus adaptée aux sensibilités littéraires.
Puisque les langues anciennes et les mathématiques se valent, pourquoi ne songerait-on pas à équilibrer leur volume horaire hebdomadaire, au lieu de continuer à accorder de nombreuses périodes à l'une, et de réduire l'autre à la portion congrue?
A propos des mathématiques, venons-en à la journée du 20 janvier, où une réunion de consultation de professeurs et de parents devrait aboutir à des décisions concernant le volume horaire alloué aux différentes disciplines du tronc commun. Puisque ces deux formations (les langues anciennes, les mathématiques) se valent, pourquoi ne songerait-on pas, par exemple, à équilibrer leur volume horaire hebdomadaire, au lieu de continuer à accorder de nombreuses périodes à l'une, et de réduire l'autre à la portion congrue? Personne ne niera l'importance universelle des mathématiques, la question n'est pas là, mais il est interpellant de constater qu'aucune réforme dans l'enseignement n'a imaginé une seconde en diminuer l'importance quantitative, qui paraît démesurée eu égard au gain escompté, et aux effets pervers constatés.
En effet, seuls trois élèves sur cent environ -un chiffre approximatif représentant essentiellement ceux qui sont amenés à présenter l'examen d'entrée dans les écoles supérieures et universités à vocation mathématique- utiliseront les notions apprises pendant le secondaire, dont l'essentiel, pour eux, est concentré dans le degré supérieur; car c'est avant douze ans que sont vues les notions arithmétiques servant à tous, quotidiennement, ou intervenant, par exemple, dans les calculs comptables ou statistiques. D'autre part, en caracolant en tête des disciplines productrices d'échec scolaire -un effet quasi inexistant du côté des langues anciennes-, les maths indiquent que leur enseignement et leur évaluation, en tout cas tels qu'ils sont conçus actuellement, entrent en contradiction avec l'objectif principal du Pacte: réduire les inégalités, en même temps que l'échec scolaire; où donc se situe réellement l' "élitisme" tant décrié? Il est surprenant de constater par exemple qu'en juin 2016, au CE 1D (épreuve certificative externe de fin de deuxième année), selon des statistiques officielles, tous les adolescents qui obtinrent tel jour le score (honorable) d'environ 70% en français, devinrent apparemment "stupides" en l'espace de 24 heures, et échouèrent lamentablement, le lendemain, en mathématiques, avec à peine 39 % en moyenne. Mais le Pacte d'Excellence ne semble pas se poser la question de la cohérence des évaluations, ni des programmes: serait-il politiquement incorrect de se la poser?
Les mathématiques - très vénérables par ailleurs, nous sommes d'accord - ne détiennent pas le monopole de l' "élitisme" lié au taux d'échec généré. Les langues modernes, autre discipline dont la réduction horaire paraîtrait sacrilège aux yeux de beaucoup, les suivent de près. Pourtant, l'élève le moins doué de 6ème année, en anglais ou en néerlandais, celui qui a déjà doublé deux fois essentiellement à cause de ses faiblesses linguistiques, devient systématiquement plus compétent en langues que tous ses condisciples s'il a la chance d'aller se promener six mois en Angleterre ou en Flandre après ses études secondaires: absurde, n'est-il pas? Oui, absurde, mais tel est notre enseignement: rempli d'absurdités, qu'on tolère par simple fidélité à une certaine tradition, et par manque d'imagination. Au lieu de ralentir ainsi des jeunes dans leur développement quasi biologique, pour ces raisons linguistiques, et au lieu de nous engager dans un tronc commun aux résultats plus qu'aléatoires, ne ferions-nous pas mieux, puisqu'il est de toute façon question de profondes réformes, d'imaginer un système dans lequel une fois par trimestre, en néerlandais et en anglais, pendant deux semaines pour chacune des deux langues, l'ensemble des élèves seraient soumis d'une manière ou d'une autre à une immersion totale, dont il est prouvé qu'elle est la seule manière d'accéder à une réelle maîtrise d'une langue moderne? Serait-ce réellement plus difficile à organiser et à financer qu'un tronc commun pour lequel les équipements et locaux techniques, pour ne citer que ce gros inconvénient, parmi tant d'autres évoqués notamment par les syndicats (mais pourquoi donc ont-ils alors accepté??) feront bien entendu défaut dans bon nombre d'établissements?
LES EFFETS PERVERS VONT ALORS LARGEMENT SUPPLANTER LES AVANTAGES. IL NE FAUT PAS ÊTRE GRAND CLERC POUR LE PROPHÉTISER.
Cela dit, l'idée de permettre à tous les élèves, dans toutes les écoles, quelle que soit leur vocation globale (enseignement général, technico-professionnel, ou les deux) de toucher à toutes les disciplines, n'est certes pas mauvaise. Mais il paraît inadéquat de chercher à prolonger cette expérimentation au-delà d'un an; or, le tronc commun, c'est-à-dire exactement les mêmes cours pour l'ensemble des jeunes, durera trois ans. Les effets pervers vont alors largement supplanter les avantages: bien des adolescents apparaîtront démotivés par des disciplines peu en accord avec leurs personnalités; leur comportement en classe s'en ressentira, les professeurs s'épuiseront, et les élèves intéressés, comme les autres, paieront la note finale. Il ne faut pas être grand clerc pour le prophétiser.
Il vaudrait beaucoup mieux, je pense, prendre davantage en compte la multiplicité des intelligences, produire des campagnes en faveur de l'enseignement professionnel -trop souvent décrié- et des métiers liés, selon des méthodes relevant d'un marketing moderne, tout en tâchant de compenser, quand c'est possible et nécessaire, les lacunes familiales en matière éducative -parfois criantes, et pas seulement dans l'enseignement professionnel-, et pousser le gouvernement à présenter aux jeunes des plans précis et motivants quant aux métiers nécessaires et en pénurie probable.
Pour revenir au problème du latin (et du grec), c'est d'en haut, systématiquement, que sont portés les coups, toujours pour les mêmes raisons; ce n'est pas la population qui choisit. En 1970, déjà, le "rénové" s'en était pris à l'enseignement des langues anciennes, en réduisant fortement le nombre d'heures qui y étaient consacrées. Puis, à l'époque de la ministre M. Arena, il devint une simple "activité complémentaire" pendant les deux premières années, avec interdiction absolue -le décret "premier degré" insiste sur cette dimension- d'y enseigner des "prérequis" avant d'entamer l'option latine en troisième année, c'est-à-dire, concrètement... d'y voir de la matière (officiellement, nous en sommes toujours là. Quand on vous parle d'absurdités...)!
Et voici, alors que dans beaucoup d'écoles l'intérêt pour cette formation ne s'est jamais démenti, et qu'un regain d'attention se manifeste dans pas mal d'autres établissements, voici, donc, qu'une nouvelle menace structurelle pourrait réduire à peu de chose cet enseignement jusqu'ici considéré comme essentiel (parmi d'autres) chez nous comme dans bien des régions et pays: cet acharnement idéologique est anormal. Ce n'est pas sans raisons que l'option latine existe encore dans près de la moitié des écoles en communauté française de Belgique. Mais que pourra la foule de ceux qui y tiennent, mais ne détiennent aucun pouvoir de décision, contre la poignée d'idéologues qui, voici un an et demi environ, faisant fi de la règle selon laquelle les propositions ne seraient acceptées qu'à l'unanimité des participants aux réunions de travail, avaient commencé par décréter que le Pacte n'en parlerait pas?
La réunion du 20 janvier apportera peut-être un début de réponse. La personnalité -sensée, je pense, de la ministre Schyns- pourrait jouer en faveur des langues anciennes, si elle prend conscience qu'au final, c'est à elle de prendre les décisions.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE LATIN ET LE GREC, COMBIEN DE DIVISIONS?
Les professeurs de langues mortes sont une corporation aux abois qui défend ses prérogatives avec une belle pugnacité. Cela mérite le respect mais ce combat, si noble soit-il, ne relève-t-il pas d'un autre âge? Il semblerait que la Chine offre un beau débouché pour les latinistes qui seraient mis en disponibilité...
Elève, j'ai connu le temps où on consacrait huit heures aux langues anciennes contre trois à l'anglais et deux à l'allemand/espagnol et quatre au néerlandais.  Neuf heures pour les langues modernes contre huit pour les langues mortes. Imaginons qu'on chamboule tout ça et qu'on le remplace par huit heures d'anglais (je suis germaniste, donc je prêche pour ma chapelle comme font les latinistes et désormais aussi les historiens).
Mais encore faut-il qu'on forme à cette fin des anglicistes de qualité.
Pourquoi l'anglais? Cela va sans dire. Chacun sait d'expérience combien est utile une vraie maîtrise de la plus internationale des langues que privilégie l'enseignement dans les pays nordiques ou l'Inde.


QUAND LES CHINOIS CRAQUENT POUR LE LATIN
La Libre Belgique

Une opinion de Julien Claeys Bouuaert, professeur de latin auprès de l'Académie Vivarium Novum à Frascati (Rome). Revient de Wenli en Chine.

Pendant que nous abandonnons le latin et le grec, l’Université des langues étrangères de Pékin se prépare à lancer, l’an prochain, une première faculté de lettres classiques occidentales.
Qui lira ces quelques lignes sera certainement surpris d’apprendre qu’à l’heure où le latin et le grec disparaissent de nos écoles, on assiste en Chine à un regain d’intérêt envers les langues qui ont fait la civilisation occidentale : certains, j’en suis sûr, auraient été curieux d’assister à la rencontre, en ce début d’année, entre Luigi Miraglia, fondateur de l’Académie Vivarium novum, près de Rome, et le professeur Wang Caigui, fondateur de l’Académie Wenli, en Chine orientale.
LES LANGUES CLASSIQUES EN IMMERSION
A première vue, ils ne semblent avoir rien en commun : le premier est surtout connu en tant que promoteur d’une méthode d’enseignement des langues classiques, héritée de la Renaissance, qui en prévoit l’usage actif. Dans l’Académie qu’il dirige, les étudiants ne parlent que les langues de Cicéron et de Platon. Cette immersion, jointe à une étude méthodique de la grammaire et du vocabulaire, permet en peu de temps de lire couramment les textes fondamentaux des littératures latine et grecque, sans le besoin de consulter dictionnaires et grammaires. Ils peuvent ainsi nouer un riche dialogue avec les grandes voix du passé : celles de Platon, Sénèque ou saint Augustin, mais aussi celles de Pétrarque, Erasme et Descartes. Cette Académie qui accueille gratuitement, par un système de bourses d’étude, une cinquantaine de jeunes chaque année, premier pas dans la constitution d’un grand Campus d’humanités classiques, veut rétablir le contact avec ces auteurs, qui ont encore beaucoup à nous dire.
Quant au professeur Wang Caigui, l’un des fondateurs du mouvement néoconfucianiste contemporain, ses études l’ont mené à redécouvrir les méthodes pédagogiques du confucianisme. Dans l’école qu’il a fondée, les enfants sont exhortés dès le plus jeune âge à entraîner leur mémoire : ils étudient les langues et littératures classiques d’Orient et d’Occident en apprenant de nombreux fragments par cœur. Ils acquièrent ainsi en grandissant un patrimoine sur lequel exercer à tout moment leur jugement critique et dans lequel puiser les enseignements de ceux qui ont le plus influencé la civilisation humaine. A la fin de ce parcours, forts de leur mémoire et de leur discipline, ils étudient la littérature, la philosophie et l’histoire avec un enthousiasme et une joie contagieux.
A ce sujet, il serait intéressant de pointer la correction et l’élégance du chinois qu’ils parlent et écrivent dès l’enfance : serait-ce là une piste de sortie à la crise que le français traverse en ce moment ?
FORMATION HUMAINE ET MORALE
Ce qui réunit ces deux hommes, c’est leur volonté de remettre au centre de l’enseignement la formation humaine et morale. Ils prônent une école qui donne aux jeunes la conscience de ce qu’ils sont et de leurs devoirs envers les autres, compensant ainsi l’utilitarisme qui sclérose notre instruction; ils prônent une école qui forme l’esprit critique lié à l’altruisme. Mais ce qui unit de manière surprenante les confucéens aux humanistes occidentaux, c’est une parole désuète, datée, que personne n’ose plus prononcer : la vertu, qui pourtant est le fruit du progrès philosophique millénaire de chacune de ces deux civilisations.
Leur enseignement prend appui sur la littérature et les sciences − rappelons que les fondateurs des sciences modernes, Newton, von Linné ou Gauss, imprégnés de culture classique, écrivaient en latin − et vise à rendre l’homme vertueux car, comme l’écrit Cicéron, la vertu se suffit à elle-même pour mener une vie heureuse.
A l’heure où tous se concertent pour savoir s’il faut conserver ou non l’enseignement des langues anciennes, il est étonnant qu’aussi peu se lèvent pour parler de la formation morale et culturelle des jeunes générations. Faut-il rappeler que le mot culture vient de l’expression latine cultura animi, culture de l’esprit, comparé à un jardin duquel il faut extirper les mauvaises herbes pour y semer et faire pousser à grand-peine de bonnes plantes ?
LE SIGNE D’UNE CIVILISATION VIDE
Si le latin est aujourd’hui considéré comme inutile − au mieux lui est concédée la faculté de former l’esprit au raisonnement, ce que d’autres matières font tout aussi bien − n’est-ce pas un signe que notre civilisation a été en grande partie vidée de sa substantifique moelle et qu’il ne reste qu’une coque à moitié vide ? Ne nous serait-il pas utile de relire le "De pace fidei" de Nicolas de Cues et l’"Heptaplomeres" de Jean Bodin qui préconisent un dialogue entre les religions, de voir où porte le fanatisme en assistant à la mort de Giordano Bruno, d’écouter Erasme et Horace blâmer ensemble les guerres et les écoulements de sang, ou les discours de Platon sur la justice, harmonie de notre être et de notre société, ou encore de prêter l’oreille au dialogue intérieur de Pétrarque, qui nous incite à résoudre nos malaises par une analyse de notre conscience ?
L’an prochain, à l’Université des langues étrangères de Pékin, une première faculté de lettres classiques occidentales verra le jour, en partie grâce à l’apport de l’Académie Vivarium novum. Se peut-il qu’entre-temps l’Europe ferme les siennes ? Les Chinois se pressent à apprendre le latin pour comprendre l’histoire de leur pays : c’est en effet dans cette langue que les missionnaires européens qui y ont vécu du XVIe au XVIIIe siècle ont écrit leurs observations, des dizaines de milliers de pages qui attendent encore qu’on les étudie, les traduise et les analyse avec attention.
AVEC PASSION
Si vous aviez pu assister aux cours de latin et de grec qui ont eu lieu à l’Académie Wenli, lors de la visite de Luigi Miraglia, vous y auriez vu cent cinquante Chinois de tous les âges lire avec passion les vers de Virgile et d’Homère. Mais ce qui plus encore vous aurait frappé, c’est de constater que le message de Platon, Sénèque et Pic de la Mirandole trouve une analogie dans celui des confucéens : l’homme a en lui deux forces qui s’entrechoquent et doit apprendre à être digne de son nom en faisant prévaloir la meilleure sur celle de l’égoïsme.
Pendant qu’eux les apprennent, nous abandonnons ces langues et semblons avoir honte du message qu’elles portent. Demandons-nous alors non seulement s’il faut conserver le latin et le grec, mais aussi comment et pourquoi les enseigner : car si nos élèves, après de longues années d’étude, ne peuvent que difficilement déchiffrer quelques textes comme s’il s’agissait de casse-tête, le jeu n’en vaut peut-être pas la chandelle. L’expérience ici reportée montre en revanche que ces langues, approchées de manière différente, peuvent rester une source indispensable pour former nos jeunes et faire vivre notre société.
Le titre, l’introduction et les intertitres sont de la rédaction. Titre original : "Ex oriente lux : la Chine sera-t-elle le théâtre de la prochaine Renaissance ?"


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LATIN, UNE LANGUE VIVANTE?

Nombreux sont les profs de langues qui enseignent l'anglais ou le néerlandais comme si c'était des langues mortes. Montaigne se l'est vue enseigner autrement. Son père qui était fortuné lui choisit un précepteur qui ne parlait que latin avec lui ce qui lui valut une familiarité surprenante avec la langue de Cicéron. Montaigne adorait le latin dont il avait une maîtrise prodigieuse. C'était pour lui une langue vivante et non point lettre morte.  "Demandons-nous alors non seulement s’il faut conserver le latin et le grec, mais aussi comment et pourquoi les enseigner"
MG

1 commentaire:

Pr S. Feye a dit…


Et on continue à discuter de manière coûteuse. Pendant ce temps-là, ceux qui ont compris depuis longtemps paient deux fois l'enseignement (une fois aux contributions, une autre fois aux écoles privées), en faisant de gros sacrifices, pour que leurs enfants aient droit à ce qu'on leur offrait normalement il y a 50 ans. Ah si l'État venait copier ce que nous faisons à Schola Nova depuis 23 ans!
Mais non ! Crétiniser le peuple rapporte plus de voix. Comment supportez-vous, vous que l'on juge dignes d'élire vos dirigeants, de ne pas être considérés comme capables d'éduquer vos enfants ? Je rappelle que l'enseignement est LIBRE en Belgique. Tout parent a le droit constitutionnel d'enseigner lui-même ses enfants.
L'égalité des chances n'est pas l'égalité actuelle de la malchance pour tous.
Horaire ou pas horaire, votre enfant doit connaître la royauté, la république et l'empire romains. Il doit pouvoir parler latin, ce qui donne accès à 85% de la littérature de l'Europe. Et le grec, hein ? En un mot, il doit être instruit. Gagner sa vie est une chose (parfois bien pénible, il est vrai). Être instruit en est une autre. Que ferez-vous quand votre enfant, même devenu milliardaire, restera un con ? Ne vous retournerez-vous pas dans votre tombe ? Virgile, au secours ! Les Barbares sont partout ! Et ils coûtent si cher ! Et ils prêchent la liberté de penser comme tout le monde !