mardi 16 janvier 2018

C'est « le » mal dont souffre notre enseignement: l’organisation précoce en filières a tout faux


ERIC BURGRAFF Le Soir 

La concentration, dans les mêmes classes, d’élèves aux histoires et aux parcours difficiles pèse inéluctablement sur leurs performances.
   

L’établissement fréquenté et, partant, le regroupement d’élèves en fonction de leurs performances, influence lourdement la notation finale. © Le Soir | Joakeem Carmans (st.) - LE SOIR Joakeem Carmans (st.)
C’est bien connu, une série de caractéristiques personnelles influencent les performances des jeunes aux fameux tests Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) : le genre, l’origine socio-économique, le fait d’être allochtone ou autochtone, le retard scolaire…
C’est moins connu, quoique régulièrement mis en lumière par des pédagogues de tous pays : l’établissement fréquenté et, partant, le regroupement d’élèves en fonction de leurs performances, influence lourdement la notation finale.
COMMENTAIRES
L'allongement du tronc commun équivaut à dégoûter des jeunes dont l'intérêt pourrait être stimulé dans les filières techniques, puis dans les contrats d'apprentissage, où beaucoup révèlent leurs aptitudes qu'ils développent alors souvent avec intérêt. Mélanger par contrainte et non par choix les élèves d'origines socio-culturelles et de niveaux divers équivaut à un nivellement par le bas assuré. Il est préférable d'organiser de façon plus optimale la remédiation en vue de la mise à niveau des élèves accusant des lacunes, de les "tirer vers le haut", pour les amener à un épanouissement auquel, dans le fond, ils aspirent pour la plupart. Posté par De Cuyper Thierry, aujourd'hui 13:45
Je partage tout à fait votre avis concernant l'allongement du tronc commun car je vis ,au quotidien, dans le secondaire actuel avec deux ans ,seulement, obligatoires et identiques pour tous et c'est une véritable catastrophe à la fois pour ceux qui n'en n'ont "rien à cirer" comme ils disent et qui chambardent à longueur d'heures de cours, et ceux qui ont envie de travailler et qui ont des difficultés à se concentrer dans "le brouhahas" généralisé! Ont peut imaginer ce que cela donnera avec trois années communes obligatoires!!!Par contre, je vous trouve irréaliste quand vous imaginez que l'on peut organiser de façon optimale la remédiation .Êtes-vous enseignant?Dans quel cours? Qu'entendez-vous par "de manière optimale"?Je puis vous assurer que faire de la remédiation en maths en 2° S ,même avec 7 élèves seulement, qui ne connaissent RIEN du cours de 1°S, qui comptent sur les doigts, est pratiquement impossible si on vise la maîtrise de la matière et que l'on ne se satisfait pas d'une réponse à une question dont ils ne comprendront par la portée car celle repose sur des connaissances de 1° qu'ils n'ont pas. Si vous voulez atteindre votre but, il faudra passer un temps relativement long à revoir en profondeur la matière de première!  Et vous ferez cela quand?
o Après les maigres avancées (une diminution d’une moitié des redoublements, alors que nous sommes les champions de cette pratique et un tronc commun jusque seulement 15 ans et non 16 comme la plupart des pays européens) craignons par-dessus tout des phrases comme : « l'allongement du tronc commun, c’est vraiment un des points pour lequel j’appelle à une reconsidération. ». Avec le Pacte d’Excellence où nous avions l’espoir que la scolarité de nos enfants puisse un jour être basée sur un principe important « l’éducation fondée sur des preuves », l’Evidence Based Education (p.8 dans le pacte d’excellence), plutôt que de se baser sur une "idéologie basée sur la sélection des élèves et la relégation des élèves plus faibles vers des filières pour lesquelles ils n’ont mûri aucun projet". Notre association saluait le travail de réflexion opérée par les acteurs du Pacte d’excellence, elle saluait tout particulièrement la réflexion effectuée sur notre système scolaire à savoir que « les élèves les moins favorisés redoublent plus, décrochent plus, sont plus souvent orientés négativement vers le qualifiant et plus nombreux dans l’enseignement spécialisé » (p.11) et la volonté de réformer ce système. Posté par De Cuyper Thierry,
o Après les maigres avancées (une diminution d’une moitié des redoublements, alors que nous sommes les champions de cette pratique et un tronc commun jusque seulement 15 ans et non 16 comme la plupart des pays européens) craignons par-dessus tout des phrases comme : « l'allongement du tronc commun, c’est vraiment un des points pour lequel j’appelle à une reconsidération. ». Avec le Pacte d’Excellence où nous avions l’espoir que la scolarité de nos enfants puisse un jour être basée sur un principe important « l’éducation fondée sur des preuves », l’Evidence Based Education (p.8 dans le pacte d’excellence), plutôt que de se baser sur une "idéologie basée sur la sélection des élèves et la relégation des élèves plus faibles vers des filières pour lesquelles ils n’ont mûri aucun projet". Notre association saluait le travail de réflexion opérée par les acteurs du Pacte d’excellence, elle saluait tout particulièrement la réflexion effectuée sur notre système scolaire à savoir que « les élèves les moins favorisés redoublent plus, décrochent plus, sont plus souvent orientés négativement vers le qualifiant et plus nombreux dans l’enseignement spécialisé » (p.11) et la volonté de réformer ce système.
o Marcus Missal Je pense que l'enseignement se doit d'être ouvert, mais il faut respecter les aspirations et talents de tout en chacun. Un tronc commun risque en effet de démotiver les élèves ayant une intelligence manuelle et pratique et risque aussi de ralentir les élèves qui possèdent des capacités plus abstraites et qui pourraient progresser plus rapidement dans ces matières. L'excellence nécessite la différentiation des talents de manière précoce, et pas le mélange des genres. L'égalité, ce n'est pas l'uniformisation, mais la chance donnée à chacun de pouvoir développer ses propres talents.
o Colette Uytterhoeven-Seifarth · Si un enfant est doué, ce n'est pas parce qu'il a dans sa classe des enfants moins doués qu'il va être ralenti. Il faut au contraire encourager les meilleurs à tirer les moins bons vers le haut.
o Marcus Missal: Colette Uytterhoeven-Seifarth, je pense que l'idée que les meilleurs vont tirer les moins bons vers le haut est très idéaliste mais ne correpond pas à la réalité. Les enfants doués étant (malheureusement) moins nombreux, pour des raisons que nous ne contrôlerons jamais, le souci de mimétisme et de conformisme qui caractérisent l'adolescence va plutôt avoir un effet négatif sur les bons.
o Michel Pieront Je ne crois pas qu'il soit question de prolonger le tronc commun jusqu'à l'université mais il peut être intéressant de donner du temps et l'occasion aux enfants de s'essayer à des choses différentes. Croyant bien faire , on croit que l'on va accélérer la formation en proposant très tôt aux enfants des matières pour lesquelles ils ne sont pas mûrs, ils échouent et se dégoûtent alors de l'étude. Une matière présentée en temps voulu est vite assimilée. Combien de fois ai-je rencontré des gens qui regrettaient amèrement d'avoir été poussés par leurs parents dans des directions qui ne les intéressaient pas, certains ont changé changé d'orientation une fois adultes, d'autres se sont traînés dans la vie.
o Jean-Marc Agnano · Athénée Royal de Péruwelz La logique acuelle de mettre au sommet l'enseignement général et ensuite dénigrer le technique et le professionnel ne colle vraiment pas à la réalité du marché de l'emploi. Un élève ayant terminé ses humanités techniques ou professionnelles dans une bonne école est 100% opérationnel chez un employeur. Il faudrait avoir plus de considération pour ces deux circuits d'enseignement et les adapter à l'évolution des métiers tant en qualité de l'enseignement prodigué que du matériel mis à disposition.

Guy Puttemans
Avec la robotisation et l'IA nous aurons besoin de gens super intelligents qui comprennent cette technologie et peuvent la mettre en pratique. Pas des jeunes avec un niveau moyen, résultant de la mixité et du tronc commun, sorti d'un enseignement de niveau médiocre. L'Europe investi aujourd'hui 1.000 milliards pour des super ordinateurs et si nos jeunes ne maitrisent pas cette technologie nous serons a la merci des asiatiques et des américains. Ces derniers ont en ce moment déjà une grande avance sur nous. Beaucoup de nos jeunes ne pourront pas suivre cet évolution et seront donc inemployables et pour cette raison les socialistes parlent déjà maintenant de revenu universel pour prévenir les guerres sociales dans nos villes avec des chomages de 40%.
Fioge TikaiJ'étais à Montréal dans les années '80 quand le gouvenerment du Québec s'est mis dans la tête d'investir dans l'industrie du multimédia et des jeux vidéos (ils étaient déjà très forts en transport et aérospatial). Aujourd'hui, c'est plus de 10.000 personnes qu'emploie ce secteur avec plus d'un milliard et demi $ de chiffre d'affaire.

Aujourd'hui, le Canada, avecToronto en tête de proue (le Québec a quand même mis 100M$ dedans), investit dans l'IA et courtise Google et cie:


Marc Riche ·
Institut Technique Supérieur Cardinal Mercier Une équipe de foot composée de 3 champions et de 8 bras cassés ne gagnera jamais la coupe de Belgique et les meilleurs risquent de baisser les bras à attendre les autres. Ce n'est pas le job des meilleurs de donner cours à ceux qui ne progressent pas. Et pendant ce temps-là, eux aussi ne progressent pas.
Guy Puttemans
L'unique matière première Wallonne sont les cerveaux de leurs enfants, ils doivent les développer avec le plus grand soin. Une erreur serait fatale pour toute la région. Le temps presse.
Nadine Verhoustraeten ·
Athénée Royal de Woluwé-Saint-Pierre "Crommelynck"
Je viens d'entendre l'interview de Willy Borsu ce matin sur la Première RTBF : suis d'accord avec lui qu'il est souhaitable de laisser libres les élèves de choisir une orientation professionnelle assez tôt, mais à une condition, que Willy Borsu ne souligne pas : c'est de garder EN MEME TEMPS un enseignement de base en français (orthographe notamment), math et sciences qui permettra toujours une réorientation de l'étudiant. Quand je dis enseignement de base, je veux parler d'enseigner l'ESSENTIEL de la matière sans leur imposer par ex. des lectures totalement inutiles et contreproductives comme "Balzac" en 5ème à des élèves de 15-16 ans qui ont déjà choisi une orientation technique-professionnelle !! C'est stupide et ne fait que les dégoûter de lire. Alors qu'il y a tant d'écrivains contemporains plus intéressants, amusants, instructifs ! Il est important de MOTIVER et de CAPTER l'intérêt des Jeunes. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CLASSES HOMOGENES OU HETEROGENES? 

C'est toute la question.
Autrefois on ne jurait que par les classes homogènes, les très bons dans la classe A, les moins bons dans la classe B, les cancres dans la classe C. On parlait alors volontiers d'élitisme et d'écrémage. Les meilleurs des meilleurs avaient un taux élevé de réussite à l'université. C'était même un argument marketing majeur dans le cadre d'un véritable marché scolaire.
Les ministères progressistes PS et CDH ont voulu casser cette dynamique et ils y sont parvenus.
Il leur reste à prouver que le système hétérogène non sélectif et non élitaire est le plus efficace. Il est certes infiniment plus égalitaire mais quid des performances des élèves?
En sport on raisonne autrement: on ne s'intéresse qu'aux meilleurs et on les drille pour l'excellence olympique.
Ce qui est sûr c'est que dans un système comme dans l'autre, il faut former les enseignants à l'excellence. Surtout dans l'option homogène.



1 commentaire:

Pr S. Feye a dit…

Quand les Belges sauront-ils
1)que l'école n'est pas obligatoire en Belgique mais uniquement l'enseignement de 5 à 18 ans ?
2)que les parents constituent constitutionnellement un P.O. privé ÉGAL à celui de l'enseignement Provincial, Communal, Libre subventionné, ou Étatique ?
3)que l'État, voulant régir TOUTE la population, ne peut prendre que des mesures totalitaires (à l'idéologie parfois douteuse et sans respect pour celle des parents) ?
3) Que l'enseignement est très coûteux et que les contribuables paient grassement un service qui ne les satisfait pas ?
4)qu'il suffit d'enseigner ou de faire enseigner soi-même ses enfants ?
5)que la vraie égalité des droits serait de réclamer un chèque scolaire pour ne pas se ruiner en payant deux fois l'enseignement de ses enfants ?
6)qu'il est stupide de considérer les parents comme capables d'élire ses dirigeants mais incapables d'éduquer à la place d'un État incapable de le faire ?

Tout cela n'est pas théorique. J'ai fondé SCHOLA NOVA en Brabant wallon il y a 23 ans. Que des centaines de parents nous imitent donc !