samedi 13 janvier 2018

"Pays de merde": l'Afrique outrée par les propos de Trump


LA LIBRE (EXTRAITS)

Le président américain Donald Trump a laissé entendre vendredi qu'il n'avait pas utilisé l'expression "pays de merde" lors d'une réunion avec des élus, la veille, sur l'immigration.
"Le langage que j'ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés", a-t-il tweeté.
S'appuyant sur des personnes présentes lors de la réunion à la Maison Blanche, plusieurs médias américains ont cité le président dénonçant l'immigration en provenance de "pays de merde" tels que Haïti ou des pays africains.
Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n'avait pas contesté ou démenti, soulignant simplement, dans un bref communiqué, que M. Trump se battrait "toujours pour les Américains".
Ces propos ont suscité une vague d'indignation aux Etats-Unis et à travers le monde.
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a jugé que, s'ils étaient confirmés, ces propos étaient "choquants et honteux" de la part du président des Etats-Unis.
Dans une longue série de tweets, M. Trump a par ailleurs une nouvelle fois défendu vendredi sa fermeté sur l'immigration.
"Je veux un système d'immigration fondé sur le mérite et des gens qui aideront notre pays à aller de l'avant", a-t-il écrit.
"Je veux la sécurité pour notre peuple", a-t-il martelé.
Trump a utilisé "plusieurs fois" l'expression "pays de merde"
Donald Trump a utilisé "plusieurs fois" l'expression de "pays de merde" au cours d'une réunion sur l'immigration jeudi à la Maison Blanche, a affirmé vendredi le sénateur démocrate Dick Durbin, qui y assistait.
"Il a prononcé ces mots remplis de haine et il les a prononcé plusieurs fois", a déclaré le sénateur, remettant en cause le démenti tweeté par le président américain vendredi matin face au tollé provoqué dans le monde entier.
L'ONU RÉCLAME DES EXCUSES À TRUMP
Les ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont exigé vendredi, dans un communiqué au langage très fort, "rétractation" et "excuses" au président américain Donald Trump, condamnant ses propos "racistes" rapportés la veille sur l'immigration en provenance de "pays de merde".(...)
Le président américain Donald Trump s'est emporté jeudi lors d'une réunion dans le Bureau ovale avec plusieurs sénateurs pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l'accord permettrait d'éviter l'expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux Etats-Unis.
"Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici? ", a demandé le président Trump, selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources anonymes assurant que le président faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti et au Salvador. Ces propos ont également été rapportés par le New York Times, qui cite des participants non identifiés à la réunion.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN PRESIDENT NE DIT PAS CELA

Certes ce que dit un président est toujours de nature à provoquer les commentaire. Mais voilà qu'on est de plus en plus sensible à "comment il le dit". De fait Trump, comme Wilders, comme Théo Francken, comme  Jean Marie Le Pen (sa fille se surveille) et comme Roger Nols autrefois sont ce qu'ils disent et surtout comment ils le disent. Quand Macron emploie le mot "bordel", la médiasphère s'emballe  Quand Trump parle de "pays de merde", il ne dit pas autre chose que quand Francken s'interroge sur la "valeur ajoutée" de certains pays africains. C'est du langage de corps de garde, du café du commerce lequel pullule sur le réseaux sociaux et les forum des meilleurs quotidiens.  Mais si maintenant le président le dit aussi pourquoi continuer à mettre un boeuf sur sa langue. On le sait, de tels propos orduriers  visent uniquement à faire écho sur l'électorat visé par ces déviants. En attendant, les dégâts collatéraux de tels dérapages  sont considérable et on bascule très vite  dans la rhétorique des "Unmenschen": le langage tel que le pratiquaient les dignitaires nazis. 
Quand les langues, toutes les langues se relâchent le mauvais génie fasciste sort de la bouteille et essayez de l'y faire retourner est aussi vain que de vouloir faire rentrer le dentifrice dans le tube  . Ainsi par exemple le nouveau ministre autrichien de l'Intérieur Herbert Kickl (FPÖ, extrême droite) a suscité jeudi la polémique en proposant de cantonner les demandeurs d'asile de façon "concentrée" dans des centres dédiés, un terme interprété comme faisant écho aux camps de concentration nazis.
Tout cela participe évidemment de la provoc mais ce n'est pas sans conséquences. "Der Verderb der Sprache ist der Verderb des Menschen" Sternberger. Le pourrissement de la langue renvoie à l'état d'esprit de celui qui l'utilise. Wie spricht der Unmensch? Er spricht genau wie Trump, wie Francken, wie Wilders oder wie Herbert Kickl...
MG
 

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