samedi 20 janvier 2018

Ecole : les patrons wallons s’invitent dans le débat


Par Eric Burgraff La Libre Belgique
« Les entreprises ont besoin de jeunes capables de savoir-être comme de savoir-faire », estime le directeur général de l’Union wallonne des entreprises.
  

© Joakeem Carmans | Le Soir 

Les espoirs dans le Pacte d’excellence sont énormes, tant du côté des élèves et de leurs parents que des enseignants, mais également des entreprises qui, sûrement, un jour, embaucheront ces petits francophones.
Lundi, le ministre-président wallon Willy Borsus (MR) a taclé un point de la réforme de l’école. Selon lui, « l’allongement du tronc commun est une erreur fondamentale ». Cette mesure serait contraire aux attentes « dans le monde de l’entreprise et ce que j’entends chez les jeunes : le souhait d’aller plus vite vers la formation qu’ils souhaitent ».
Alors aujourd’hui, dans Le Soir, le patron des patrons wallons donne sa vision de ce que l’école devrait fournir aux élèves.
DES IDÉES POUR L’ÉCOLE
« Nous ne sommes pas pédagogues. Le monde enseignant et les consultants doivent être capables de trancher cette question sans nous. » Si Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l’Union wallonne des entreprises, refuse de choisir entre un tronc commun jusqu’à 14, 15 ou 16 ans, il n’en a pas moins des idées pour l’école.
« Pour nous, l’enseignement et la formation sont des priorités. » Car les entreprises jouent leur développement et leur croissance sur ces questions. Elles « ont en effet besoin de personnel bien formé, en adéquation avec l’offre de travail. Ce qui est loin d’être le cas », tonne le patron des patrons.
Trop de postes sont inoccupés alors que de nombreux chômeurs peinent à trouver le chemin du travail : une preuve de plus que « les demandeurs d’emploi ne correspondent pas aux profils recherchés ».
REVALORISER DES FILIÈRES QUALIFIANTES
Alors de quoi rêvent les patrons pour leurs employés de demain ? « Le monde de l’entreprise a besoin de jeunes capables de savoir-être, de savoir-vivre, tout autant que de savoir-faire », explique Olivier de Wasseige, ce qui passe notamment par une revalorisation des filières qualifiantes en formations d’excellence. « L’école doit certes former des “citoyens responsables”, mais elle doit aussi préparer tous les élèves à être (…) capables de contribuer au développement d’une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres cultures. »
Alors, à choisir, l’administrateur délégué de l’UWE préfère des têtes bien faites à des têtes bien pleines. « Nous estimons important de renforcer les savoirs de base en mathématiques, en français et en science. Dans une formation qualifiante, par exemple, il est toujours difficile de revenir en arrière. » Il déplore par exemple que les employeurs « rencontrent trop de jeunes incapables de faire une règle de trois ou de lire un mode d’emploi en français ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"INCAPABLES DE FAIRE UNE RÈGLE DE TROIS OU DE LIRE UN MODE D’EMPLOI EN FRANÇAIS " 

On entend beaucoup dire cela en effet. Slogan creux ou réalité de terrain? « Pour nous, l’enseignement et la formation sont des priorités. » Car les entreprises jouent leur développement et leur croissance sur ces questions. Elles « ont en effet besoin de personnel bien formé, en adéquation avec l’offre de travail. Ce qui est loin d’être le cas », tonne le patron des patrons.
Le diagnostique est sévère. Il plombe l'avenir e la Wallonie et surtout de Bruxelles. Que faire? C'est précisément ce que veut le pacte d'excellence. Il semble bien qu'il ne réponde pas aux attentes de l'entreprise.  Le drame c'est que l'enseignement attire de moins en moins de jeunes. On  manque de profs de sciences  et surtout de profs de langues.  La ministre Schyns entend encourager les détachements d'enseignants entre la Flandre, la Communauté germanophone et la Fédération. Ce stratagème mis en place il y a quelques années n'a toutefois rencontré qu'un très faible succès.
Rien ne va plus, l'école est en panne.
On aimerait que les entreprises mouillent leur maillot et fassent des propositions concrètes de synergie avec les filières techniques comme en Allemagne ou en Suisse. Lors d'une visite des entreprises robotisées de usines Ford à Genk avec mes élèves de la section économique, l'un d'entre eux demanda à un des directeurs pourquoi ils avaient choisi Genk, située ai milieu de nulle part. La réponse fut immédiate et sans appel. Parce qu'il y avait d'excellentes écoles techniques dans cette région.
J'ai aussi visité les usines Renault de Vilvorde avec les élèves. Ce qui m'a le plus frappé: les dizaine d'autocars qui acheminaient les ouvriers depuis la Flandre profonde, autrement dit la mobilité des travailleurs. Vous me rétorquerez  que tout cela n'a pas empêché Renault et Ford de délocaliser leurs centres de fabrication et de déserter Vilvorde et Genk...
MG


UN NOUVEAU PROF DE LANGUES SUR QUATRE N'A PAS LE TITRE REQUIS OU SUFFISANT POUR ENSEIGNER
Le Vif
Signe de la difficulté grandissante à trouver des enseignants en langues étrangères en Fédération Wallonie-Bruxelles, un quart des profs nouvellement engagés pour dispenser ces cours ne disposent pas du diplôme requis ou jugé suffisant.

Cette pénurie est particulièrement marquée dans le secondaire inférieur, où le nombre de nouveaux profs de langues étrangères embauchés sans la formation ad hoc atteint 27%, selon des statistiques arrêtées début 2017 portant sur les profs de langues disposant d'un an d'ancienneté tout au plus.
"Cela constitue un véritable signal d'alarme", a commenté jeudi la ministre de l'Education, Marie-Martine Schyns (cdH) qui a livré ce chiffre lors d'un débat en commission du Parlement sur la réforme annoncée du tronc commun et l'élaboration de grilles horaires qui y seront liées.
Le phénomène n'est pas propre au secondaire. Dans le primaire également, plus de 22% des nouveaux profs de langues étrangères sont engagés avec un titre dit "de pénurie". Dans le secondaire, ceux-ci comptent pour 17,5% des nouveaux engagements. Il peut alors s'agir de diplômés issus de filières assez diverses (communication, sciences politiques...)
Le manque de profs de langues dotés du titre requis ou suffisant est quasiment aussi important pour le néerlandais que l'anglais dans le primaire et le secondaire inférieur.
Dans le secondaire supérieur en revanche, c'est surtout pour le cours de néerlandais et d'allemand que les directions d'écoles doivent se montrer moins exigeantes.
Face à cette situation, la ministre Schyns entend notamment encourager les détachements d'enseignants entre la Flandre, la Communauté germanophone et la Fédération.
Un programme mis en place il y a quelques années pour encourager cette mobilité entre Communautés n'a toutefois recontré qu'un très faible succès.
Une autre solution est aussi de permettre une plus grande mobilité des enseignants de langues étrangères entre le primaire et le secondaire inférieur, a défendu Mme Schyns.
La réforme annoncée de la formation initiale des enseignants devrait elle aussi s'attaquer à cette situation.




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